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Dans un communiqué daté du 02 mai 2008 le Ministre de la Justice, sur instruction du Président de la République, a demandé au Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Lomé d’ouvrir dans les règles de l’art, une information judiciaire sur les allégations faisant état de présumé viol d’une fille âgée de 16 ans élève de son état au cours du mois de mars 2008 dont un député de l’Assemblée Nationale serait l’auteur.
Selon le communiqué, «le Procureur de la République a été fermement instruit de traiter avec diligence et promptitude, dans le respect de la présomption d’innocence et des droits de la défense, toute plainte dont il sera saisi et qui mettrait en évidence les faits allégués».
A l’occasion du 27 avril 2008, des peines ont été remises mais les auteurs de crime sur mineurs ne sont pas concernés par cette mesure. 12 organisations de défense des droits de l’Enfant, redoutant des manœuvres visant à étouffer cette affaire ont dû interpeller le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé.
L’étau se resserre donc sur le tout-puissant Gabriel Améyi du RPT qui avait presque réussi à s’offrir la solidarité de personnalités influentes au sein de son parti aux fins de renvoyer l’affaire aux calendes grecques. Le député et ses fanatiques croyaient avoir gagné la guerre contre les parents de la jeune fille et les ONG alors que la bataille ne faisait que commencer.
Alors que l’homme fort de Fiokpo déployait son rouleau compresseur au plan interne pour éviter la levée de son immunité parlementaire, à l’extérieur, l’affaire est prise très au sérieux par des organisations internationales de défense des droits humains qui ne devraient pas tarder à mettre la pression sur les autorités togolaises.
C’était d’ailleurs une belle occase pour les organisations en lutte contre l’impunité pour montrer à la face du monde, la duplicité du pouvoir togolais qui, tout en proclamant solennellement, poursuivre leurs efforts en vue de mettre un terme à l’impunité, encourage le présumé auteur de viol à se passer de la justice.
L’affaire est plutôt mal tombée, au moment où le processus Vérité-Justice-Réconciliation vient d’être lancé. De plus, la modernisation de la justice en cours a reçu l’approbation de plusieurs partenaires en développement.
La démarche du gouvernement qui abandonne le député de la majorité à son sort vise sans doute à se débarrasser d’un cas encombrant. «Le gouvernement qui s’est engagé dans un vaste chantier de modernisation de la justice entend tout mettre en œuvre pour l’éradication de l’impunité.», souligne à juste titre le communiqué.
Aider Améyi à éviter la justice revient à mettre en doute, la volonté des autorités togolaises à engager de véritables réformes et à conclure à une mascarade. L’opposition qui doute toujours de la sincérité des tenants du pouvoir, ne pourra qu’en user comme une preuve supplémentaire de cette duplicité qu’elle a toujours dénoncée.
Mais là où Améyi s’est compliqué la situation, c’est qu’après avoir tenté un règlement à l’amiable avec les parents de la jeune fille, il s’est adressé à des membres influents de son parti, les suppliant de l’aider à s’en sortir. Entre le soutien à un partisan encombrant au risque de se décrédibiliser aux yeux de l’opinion pour se faire épingler par les organisations internationales de défense des droits de l’homme et laisser la Justice faire son travail, Faure Gnassingbé a sans doute choisi la solution la moins embarrassante.
Le processus de la levée de l’immunité parlementaire du député est lancé. Le Procureur de la République devra saisir à son tour le Président de l’Assemblée Nationale. Ce dernier en informe le Bureau et la conférence des Présidents. Une commission spéciale sera mise en place pour instruire le dossier. Les conclusions seront soumises à la séance plénière qui sera sanctionnée par un vote pour ou contre la levée de l’immunité. Il y va de l’honneur du député et de son parti que la justice tire cette affaire au clair. A suivre.
Les problèmes politiques sacrifiés sur l’autel de la vie chèreDans le DSP-PIN du 10e FED, il est prévu 6.795.000.000 F CFA pour le PAPES (Projet d’Appui aux Processus Electoraux y compris leur Sécurisation). Ce projet a pour objectif, d’appuyer l’organisation des élections présidentielles par un renforcement de capacités techniques et matérielles de l’institution électorale par l’éducation civique des électeurs et par la sécurisation du processus.
La sécurisation dont il est question vise vraisemblablement toutes les dispositions à prendre pour éviter des actes de nature à entraîner les contestations violentes des résultats. L’UFC, consciente qu’elle ne pourra pas, avec ses 27, élus changer grand-chose dans la manière dont le pays est géré, vise en priorité les élections. Mais avant la présidentielle de 2010, ce parti compte saisir l’occasion des élections locales pour rafler les mairies des communes urbaines en vue de contrôler la gestion du processus électoral. Mais dans le 10e FED, il n’est pas fait mention des élections locales. En outre, le parti de Gilchrist Olympio a bien des raisons de s’impatienter devant le peu d’empressement du pouvoir à ouvrir les négociations bilatérales en vue d’opérer des réformes constitutionnelles et institutionnelles souhaitées pour la bonne tenue de la prochaine élection présidentielle qui devrait se préparer dès maintenant pour éviter toute situation conflictuelle en cas de précipitation. Au Togo comme ailleurs, la vie chère qui stimule la demande sociale et fait monter la tension, constitue un redoutable adversaire de pouvoirs politiques, adversaire sur lequel peuvent s’appuyer les oppositions pour parvenir au pouvoir.
C’est sans doute en tenant compte du fait que le principal parti d’opposition peut user de l’argument de la vie chère pour séduire les électeurs le moment venu que les autorités togolaises sont engagées dans une campagne de mobilisation de moyens quitte à reléguer au second plan, toute discussion politique en vue des prochaines élections. Ce qui est important aujourd’hui, estime le Ministre Bawara «c’est une mobilisation générale de tous les Togolais. Nous allons le faire de sorte que le Programme Indicatif National soit traduit en plan d’action qui soit conforme aux besoins et aux attentes prioritaires de nos populations». Devant l’incapacité du régime à satisfaire les attentes des populations dans le contexte de la vie chère, le changement de régime, apparaît comme la solution appropriée.
Ceci explique sans doute pourquoi les autorités togolaises concentrent leurs énergies pour tenter de résoudre prioritairement les problèmes urgents auxquels sont confrontées les populations. Le problème de la flambée des prix des produits de première nécessité, pourrait donc entraîner la relégation des questions politiques et électorales au profit de la mobilisation des ressources additionnelles pour engager des actions de grande envergure. La table ronde qui aura lieu à Bruxelles en juin 2008 avec l’appui de l’UE s’inscrit dans la droite ligne de la mobilisation des bailleurs de fonds en faveur du Togo. Reste que le principal parti de l’opposition bataille dur seul contre tous y compris ses anciens alliés devenus aujourd’hui ses irréductibles adversaires pour contraindre le pouvoir en place à inscrire les élections futures dans ses priorités tout en poursuivant le combat contre la crise socio-économique. A. S.
Le prix du maïs a doublé malgré l’OSAT
La crise alimentaire s’est aggravée au Togo ces derniers jours, avec la montée en flèche du prix du mais. Le prix du bol varie entre 750 et 800 F CFA. Si cette augmentation met les populations à rude épreuve en milieu urbain, elle arrange certains paysans qui se plaignent de l’augmentation des prix de première nécessité. L’OSAT créée pour garantir l’autosuffisance alimentaire semble dépassée par les événements. On attribue cette situation à des éleveurs et des commerçants véreux qui exportent clandestinement les produits vivriers vers l’étranger. Les pays comme le mali le Burkina et le Niger sont cités mais c’est surtout au Gabon et en Guinée Equatoriale que la demande se fait sentir avec acuité. Ces deux pays victimes de la malédiction du pétrole sont confrontés à la malnutrition.
Au Gabon comme en Guinée équatoriale, le secteur des hydrocarbures offre de meilleurs salaires, y compris par rapport aux cultures de rente comme le café ; il a détourné de nombreux paysans de leurs activités. Cette évolution a parallèlement entraîné une profonde modification de la consommation des ménages depuis vingt-cinq ans. Une partie des Gabonais, qui a vu son pouvoir d’achat augmenter, plébiscite les produits importés, en particulier depuis l’Union européenne. En zones péri-urbaines et rurales, en revanche, d’autres couches de la population n’y ont pas accès et sont contraintes de se rabattre sur les cultures vivrières. D’où, malgré la richesse du pays, la persistance de la sous-alimentation et la malnutrition. Aujourd’hui, les productions locales (manioc, maïs, taro…), l’élevage et la pêche ne couvrent que 40 % des besoins alimentaires, ce qui rend le Gabon dangereusement dépendant de l’extérieur. Un déséquilibre qui pourrait constituer une menace encore plus sérieuse quand la production de pétrole déclinera davantage. La mise en place de programmes nationaux visant à relancer le secteur primaire est plus qu’urgente.
Selon l’OSAT toutes les dispositions seraient prises afin que l’exportation du maïs vers l’étranger soit dissuadée. Mais l’on sent dans les propos du Lt-Colonel AGADAZI un aveu d’impuissance. L. R. |