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En adoptant, lors du conseil des ministres du 16 avril 2008, le projet de loi relatif à la production, à la commercialisation et la consommation des cigarettes et autres produits du tabac, le gouvernement togolais veut désormais soumettre la publicité sur le tabac sur les médias à de fortes restrictions. Et minorer la consommation. Quitte au Parlement de vite transformer le projet de loi à lui soumis en début avril en loi et au gouvernement de mettre en place le Comité national de lutte contre le tabac.
Aux termes du texte proposé par le ministère de la Santé, il est interdit de fumer dans les locaux et véhicules à usage collectif suivants : établissements scolaires ; établissements hospitaliers ; salles de spectacles, de cinémas, de théâtres, de concerts ; salles de sports ; bibliothèques ; ascenseurs ; services publics ; véhicules de transports en commun et bâtiments gouvernementaux. A titre d’exemple, on ne devra plus se résigner à subir la fumée souvent propagée par ces chauffeurs insupportables de mini bus sur la Nationale n°1 ; ceux qui se soulagent de l’odeur nauséabonde des alentours du CASEF par la «baguette fumante» devront dorénavant subir ; les détenteurs de tous les pouvoirs dans leur bureau –pourtant administratif– doivent respecter les éventuels visiteurs, etc. Encore que les interdictions fassent l’objet de signalisations apparentes, lisibles et univoques.
Plus est, une liste limitative des espaces à usage collectif autorisant des places ou espaces aménagés aux fumeurs est établie : transports par mer, chemin de fer ou air ; gares routières, fluviales, maritimes, de chemins de fer, halls d’aéroports et autres transports en commun ; hôtels et restaurants.
Ainsi, il est interdit à tout fabricant, importateur, fournisseur, distributeur ou vendeur de cigarettes et autres produits de tabac de réaliser une publicité représentant une personne jeune (personne âgée de moins de 21 ans) ou une célébrité. De plus, toute publicité réalisée ou tout article publicitaire doit comporter l’avertissement sanitaire «Le tabac nuit gravement à la santé». Avec la précision que, dans tous les cas, aucune insertion publicitaire des cigarettes et autres produits du tabac dans une revue n’est autorisée, car on ne saurait mesurer l’assurance que la revue ne sera lue que des adultes. La publicité ne doit apparaître sur un panneau publicitaire. Ici, une polémique devra naître lorsqu’il est prévu qu’une publicité est autorisée dans les médias ou sur autres supports (radio, TV, Internet, cassette audio ou vidéo et compact disque, films, cinémas et théâtres), à condition de faire la preuve –trop difficile– que leur accès est réservé à une audience exclusivement adulte. La maîtrise des médias échappe plutôt aujourd’hui aux parents.
En attendant, aucune publicité ne peut être faite sur les articles principalement vendus aux jeunes ou majoritairement utilisés par eux ou les sachets plastiques. En cas d’activités promotionnelles sur les cigarettes, seules les personnes adultes y sont autorisées. Aucun parrainage au nom d’une marque de cigarettes ou d’un produit du tabac ne doit être apporté à un événement sauf si tous les participants sont des adultes. Il est interdit à tout jeune (moins de 21 ans) de vendre ou de distribuer des cigarettes.
Des pénalités Toute personne qui vend, offre à la vente ou autorise la vente de cigarettes et autres produits du tabac à un jeune est passible d’une amende de cinquante mille (50.000) à un million (1.000.000) francs CFA. La même sanction frappe celui qui produit, importe, fournit ou distribue les mêmes produits sans s’assurer que les emballages, boîtes, étuis ou paquets (portant la mention «Vente au Togo») mis à la consommation du public comportent l’avertissement sanitaire «Le tabac nuit gravement à la santé». Les infractions portées aux activités promotionnelles seront punies d’une amende –doublée en cas de récidive– de cinq mille (5.000) à vingt mille (20.000) francs CFA. Dans d’autres cas, des peines vont de cinq cent mille (500.000) à cinq millions (5.000.000) francs CFA. Rien que des projections que la Commission des lois du parlement pourra accentuer dans ses études de fond. Au finish, un délai d’un (01) an sera accordé pour s’y conformer, à compter de la date de promulgation de la loi.
Des précisions de taille De sources gouvernementales, la prochaine loi restrictive comporte des définitions qui doivent être connues de tous. Car, au moment de son application, nul ne sera censé ignorer la loi. Les feuilles de la plante de tabac ou Nicotiana tabacum constituent le tabac. La cigarette, elle, est le petit rouleau de tabac haché et enveloppé dans un papier fin tandis que les autres produits du tabac sont tout produit contenant du tabac, notamment, les cigares, les cigarillos, le tabac à pipe, les papiers à tabac et les rouleaux ou tubes de tabac préfabriqués. Le distributeur est toute personne physique ou morale exerçant habituellement ou occasionnellement la vente de cigarettes ou autres produits du tabac en gros ou en détail. La publicité s’entend tout moyen de communication, utilisé par ou au nom d’un fabricant ou distributeur de cigarettes ou autres produits du tabac, qui vise à encourager les consommateurs à choisir une marque de cigarettes plutôt qu’une autre. Le parrainage, c’est la contribution publique ou privée apportée à un tiers en relation avec un événement, une équipe ou une activité dont le but est la promotion d’une marque de cigarettes, tout en sachant que cet événement, cette équipe ou cette activité continuerait d’être sans cette contribution.
Constat Les études ont montré qu’un fumeur régulier sur deux meurt du tabac, en même temps que des milliers de personnes sont victimes du tabagisme passif chaque année. Au Togo, une enquête réalisée en 1989 auprès des élèves des collèges et des lycées de Lomé avait montré que 84% des élèves interrogés avaient déjà fait l’expérience du tabagisme. Dans 80% des cas, la première expérience avait été faite avant 16 ans et dans 22% des cas, avant l’âge de 10 ans.
En 2002, l’enquête globale sur le tabagisme en milieu scolaire au Togo a révélé ce qui suit : le tabagisme a touché 11,2% des élèves enquêtés ; 14,9% des élèves garçons sont des fumeurs, contre 4% de filles ; l’âge d’initiation au tabagisme était de 11, 35 ans ; 10% des non fumeurs utilisaient le tabac sous d’autres formes que la cigarette ; 65% des enquêtés étaient exposés au tabagisme passif surtout dans les lieux publics et à la maison ; plus de la moitié des enquêtés (56,4%) n’avait jamais bénéficié d’enseignement sur les dangers de la cigarette ; les déterminants du tabagisme chez les élèves étaient l’influence des copains et la publicité. Dans la population togolaise, en général, la prévalence du tabagisme est estimée à 31%. Sylvestre D.
Célébration du 1er Mai au Togo : Le dialogue social sur de nouvelles bases
• Plus de 40% de mise en œuvre des engagements Deux ans après sa conclusion, l’Accord social tripartite entre le patronat, le gouvernement et les syndicats a besoin d’une révision. En raison, bien entendu, des pressions sociales, ainsi que des nouvelles donnes telles que la vie chère et certaines urgences imprévues. Tel a été le message essentiel livré le 1er mai aux travailleurs, sur fond d’espoir. A l’inquiétude des syndicats qui frise le désespoir, et à la constance de leurs revendications, le gouvernement répond par le pragmatisme et la concertation. Depuis août 2006 que le dialogue social s’est tenu, les travailleurs «ont l’air d’être floués», d’après les propos de Norbert Gbikpi-Benissan, d’autant qu’ils estiment ne pas voir la concrétisation réelle des plus de 130 engagements souscrits au dialogue. Ils étaient encore à se tirailler avec le gouvernement, entre autres, pour la revalorisation des salaires, la révision des grilles salariales et autres payements d’arriérés et de pensions quand la vie
chère s’est invitée. Bien que revendiquant plus de 40% de mise en œuvre des engagements du dialogue social, il apparaît nécessaire pour le gouvernement de faire un état des lieux, ensemble avec les parties prenantes. Afin, indique le ministre du Travail et des Lois sociales, Octave Nicoué Broohm, «de mettre en exergue les atouts et les opportunités que nous avons, ainsi que le goulot d’étranglement que nous devons supprimer pour avancer».
Le partage et la franchise Une des démarches que les syndicats ont souvent reprochées aux gouvernants, c’est de n’en faire qu’à leur tête. Et de jouer à l’unilatéralisme dans la prise des décisions. Les 3% d’augmentation de salaires de janvier 2008 ont été décidés dans le dos des syndicats, s’il faut croire à leurs propos. Les propositions de revoir à la hausse les indemnités, c’était pareille, semble-t-il. Cela ne saurait continuer, comme pour faire ombrage sur les autres partenaires, vu qu’il y a encore du beau chemin à faire. Il est acquis que les parties prenantes au dialogue social seront, «dans les prochains jours» (dixit le ministre), conviées à réévaluer le protocole d’accord, afin de déterminer, indique-t-on, les voies et moyens susceptibles d’accélérer ou de dynamiser sa mise en œuvre pour le plus grand bien des travailleurs et des entreprises. «Ensemble, nous chercherons les solutions. Ensemble, nous les mettrons en œuvre. Ensemble, nous les évaluerons. C’est la voie de la réussite, c’est la clé du succès», a bien précisé le ministre Broohm. «Plus rien ne se fera sans vous, moins encore contre vous», a-t-il promis. Les acteurs sociaux seront donc bientôt à l’oeuvre, pour un dialogue franc, et pour une nouvelle dynamique à imprimer à la mise en œuvre du protocole. Le dialogue social, quelque peu enrhumé pour des raisons «exogènes», liées à des urgences non prévues dont les inondations au nord et au sud du pays et la vie chère, va enclencher un nouveau rythme pour le bien de toutes les parties. «Le SMIG sera révisé, la grille salariale dans les entreprises de la Zone franche sera également révisée», a lancé M. Broohm comme pour renouveler l’engagement de l’Etat. Il annonce en outre la création, en cette année, de plus de 4.000 emplois nouveaux directs, des programmes d’insertion de diplômés sans emploi dans le privé et le démarrage effectif des opérations du Fonds de soutien aux initiatives des jeunes doté de un milliard de francs Cfa de garantie. Les autorités sont d’autant plus confiantes de boucler le protocole qu’elles s’attendent à des retombées positives de la Table ronde des bailleurs de fonds sur le Togo prévue en juin à Bruxelles, ainsi que d’autres programmes en cours de négociations avec des partenaires financiers. Reste aux syndiqués et au patronat de jouer leur partition dans la relance de l’économie nationale. Jean Afolabi
Riz cher : De la nécessité de consommer local
La flambée des prix des produits de base, c’est la fâcheuse actualité aujourd’hui. Elle est devenue l’objet de tensions et d’affrontements sous certains cieux entre gouvernants et les populations, particulièrement les plus démunies. Elle a engendré des casses et des interpellations au Burkina Faso voisin, et même des victimes au Cameroun. Tirant leçon de ces incidents, les autorités togolaises tentent, vaille que vaille, de calmer le jeu. Et pense au local.
Pas de détaxe ! A l’opposé de mesures de détaxe instaurées notamment au Burkina Faso, au Niger ou au Cameroun, et préconisées au Togo par l’Association togolaise des consommateurs (ATC) d’Aladjou Agouta, Faure Gnassingbé et son équipe restent encore prudents. Entre autres produits de grande consommation, le club à Agouta met l’accent sur le riz, abondamment importé notamment de l’Asie. Refus catégorique de Faure. L’ATC s’est fait dire par les autorités togolaises qu’elles «ne vont pas créer la richesse en Asie en détaxant le riz importé, plutôt que d’amener les Togolais à consommer du riz qui est produit surplace et de très bonne qualité».
Faure Gnassingbé tient, d’autre part, à l’exécution au franc près du budget 2008 tel que prévu et convenu avec les institutions de Brettons Wood, quitte à trouver d’autres solutions avec les mêmes institutions à la vie chère. Sauf que, pour la population, cette solution tarde à pointer du nez.
Promouvoir le local En fait, après deux tentatives ratées de manifestations, l’on essaie de se comprendre entre l’ATC d’Aladjou Agouta et le pouvoir. Et l’on convient, sans vraiment se l’avouer, qu’il faut que, pour certains produits, le Togolais regarde un peu chez lui. Reste que le riz produit dans certaines localités togolaises est en quantité largement infime. D’après nos chiffres, le riz produit, notamment à Kovié et dans certaines localités du nord, avoisine péniblement 1.500 tonnes la saison. Sans réfléchir, il est évident qu’il faut investir désormais dans la production du riz et d’autres produits de grande consommation. Cela suppose notamment la maîtrise de l’eau – et ne jamais se fier au climat – afin de maintenir une production constante et suffisante pour la consommation locale. C’est curieux qu’on n’y ait jamais pensé toutes ces années où on a parlé de l’autosuffisance alimentaire. Et qu’on se rende compte enfin de l’évidence face aux caprices des prix du pétrole.
La tendance à la hausse De toute façon, on est contraints de réfléchir à présent par nous-mêmes, parce que le pétrole n’a pas fini de nous jouer des tours. Il a atteint la barre des 120 dollars sur les marchés la semaine dernière. Et les experts prévoient une tendance à l’augmentation. En tout cas, en l’espace de quatre ou cinq mois, le prix du riz sur le marché local a augmenté de 25 à 40% selon la qualité. Les plus fortes augmentations sont constatées sur le riz dit « parfumé », essentiellement importé d’Asie, dont la majoration varie entre 30 et 40%.
Ainsi, le sac de 5 kilos est vendu entre 3.200 et 3.500 francs, contre 2.500 francs précédemment, soit une augmentation de 40%. Celui de 15 kilos est vendu à des endroits à 8.500 francs, contre 6.500 francs, et le sac de 25 kilogrammes à 15.000 francs contre 11.500 francs. «Nous avons dû réduire notre rythme de consommation de riz, malgré les plaintes de mes quatre enfants ; parce qu’il faut également faire face aux autres aliments de base, principalement le maïs dont le bol est deux fois plus cher aujourd’hui», déclare Caroline A., 38 ans, couturière à Lomé. Quant au riz moins parfumé, il est vendu aujourd’hui à 15.000 francs pour le sac de 50 kilos, contre 12.000 précédemment (25%), et à 11.000 francs pour le 25 kilos, contre 8.500 francs (29%). «Le premier impact est au niveau nutritionnel. Le riz étant un aliment incontournable dans le quotidien des Togolais après le maïs», souligne Aladjou Agouta, porte-parole de l’Association togolaise des consommateurs (ATC). «Depuis qu’il connaît une hausse, beaucoup de ménages sont sevrés par rapport à cet aliment. C’est également le cas dans les restaurants des coins de rue où il faut désormais débourser près de 300 francs pour le plat de riz, au lieu de 100 ou même 75 francs précédemment», précise-t-il. K. Tchamdja
SIDA : L’espoir renaît pour les PVVIH
Les Personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH), en ruptures répétées ces dernières années de médicaments, peuvent encore souffler. Et jusqu’en mars 2009. Une table ronde avec les partenaires au développement, mercredi après-midi à l’Hôtel Mercure Sarakawa à Lomé, a permis de mobiliser plus de 1,2 million de dollars (environ 500 millions de francs Cfa) pour l’achat d’antiretroviraux (ARV). Ces médicaments vont permettre d’assurer la prise en charge des personnes vivant avec le virus du Sida au Togo. Les généreux donateurs sont notamment la France et le Fonds mondial.
Le Togo a été confronté ces deux dernières années à rupture d’ARV dues essentiellement à une «insuffisance chronique de financement», a déploré le professeur Paloukinam Pitché, directeur du Programme National de Lutte contre le SIDA. Pire, le pays a raté deux rounds successifs du financement du Fonds mondial, principal partenaire en matière de lutte contre le Sida. Ce qui représente une perte énorme. Une situation qui a poussé des centaines de malades du sida dans la rue en novembre dernier et à organiser un sit-in devant le Parlement. Début décembre, l’Etat a mis à la disposition de ces malades plus de 6.000 boîtes de Triomune pour une période de deux mois. Il urgeait de compléter le stock.
Le Fonds mondial de lutte contre le Sida, d’après son responsable Afrique de l’ouest et centrale, Mabigué Ngom, s’est engagé à maintenir les personnes sous ARV jusqu’à fin mars 2009 ce qui est une contribution additionnelle de 700.000 dollars, en plus des opérations actuellement en cours. Cela permet également de garder sous ARV les 2.300 personnes qui sont déjà prises en charge en attendant l’arrivée d’un nouveau round. «En plus de cette contribution additionnelle, le programme Corridor Abidjan-Lagos permettra de prendre en charge des personnes additionnelles qui ont besoin d’ARV», a ajouté Ngom. Au Togo, on dénombre près de 180.000 séropositifs, ce qui représente un taux de prévalence du VIH/SIDA de 3,2% d’après les derniers chiffres. Sur ce nombre, 12.865 personnes sont éligibles pour les ARV en 2008. Le taux de couverture thérapeutique est de 33 % avec un total de 8.865 PVVIH actuellement sous ARV dans le pays, selon des statistiques de mars 2008 citées par APA. «Le nombre de patients en attente de traitement ARV s’établit à 4 000 et le nombre estimé de PVVIH nécessitant un traitement ARV est de 26 232 en 2007», a expliqué docteur Pitché.
Depuis le 1er octobre 2007, 66,3% des malades sous ARV bénéficient de traitement gratuit. |