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La politique de Faure Gnassingbé en quelques mots : Folklore et effets d’annonce d’abord, le nécessaire après

Liberté Hebdo #349

C’est à cette portion congrue qu’on peut résumer la politique du « Leader nouveau », le tout saupoudré d’un manque de communication.

Parlant d’effet d’annonce, le « Leader nouveau » en a encore fait preuve à l’occasion de la célébration du 48e anniversaire de l’Indépendance. Il a procédé à la remise d’un quart de peines à des détenus de droit commun, à grand renfort médiatique. Les caisses de résonance du pouvoir étaient au rendez-vous de la libération de ces « heureux élus ». Tout ceci juste pour polir l’image du bienfaiteur. On s’en dissuaderait s’il avait aussi procédé à des libérations de prisonniers politiques. Car il y en a qui sont justement inculpés pour atteinte à la sûreté de l’Etat et de la vie du Président de la République, et gardés depuis lors en prison sans jugement.

Du folklore, il y en a eu aussi à cette occasion. C’est un Faure Gnassingbé tout souriant qu’on a vu en train de décorer des acteurs politiques nationaux et étrangers. Mais pour quels services rendus au peuple ? Dieu seul sait.

Le « Leader nouveau » semble se plaire dans cette voie. Et pourtant, ce ne sont pas les problèmes qui manquent. Parlant de problèmes, on ne peut s’empêcher de citer en premier la question de la vie chère. En effet depuis un certain temps, les prix des produits de première nécessité ne font que flamber. Produits alimentaires de base et manufacturés, tout est devenu plus cher. Le bol de maïs, l’aliment de base au Togo se vend aujourd’hui à 700 FCFA. Le ciment connaît aussi de la surenchère. Il y a même le spectre d’une nouvelle augmentation des prix du carburant,du ciment et de l’électricité. Les Togolais sont donc obligés de débourser beaucoup plus pour dormir au chaud. Sous d’autres cieux, les gouvernants se démerdent pour trouver des palliatifs à la crise, mais chez nous, ils en sont indifférents. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, toute initiative de manifestation contre la vie chère est étouffée.

C’est d’ailleurs tout le front social qui est en ébullition. La grogne des médecins est loin d’être à sa fin. Les travailleurs continuent toujours de réclamer de meilleures conditions de vie ; les retraités ne sont pas du reste. Les étudiants de l’Université de Kara se sont signalés entre-temps en engageant un bras de fer avec les autorités de tutelle pour l’amélioration de leurs conditions d’étude. La liste est longue.

Le bilan de ses trois ans de gestion du pouvoir n’est pas trop reluisant, à en croire le leader du Parti Démocratique Panafricain (PDP) qui en a fait une esquisse le jeudi 24 avril dernier. Même si le parti n’a pas que peint tout son bilan en noir, il a signifié que les points positifs sont noyés par le flot des problèmes.

Tous ces problèmes sont là, irrésolus. Les conseils des ministres périodiques qui sont des occasions de débat sur les problèmes sont tenus selon les humeurs du Chef de l’Etat. Pendant ce temps, le « Leader nouveau » est occupé aux effets d’annonce, aux folklores.

Le manque de communication de l’ « esprit nouveau » avec son peuple n’arrange pas les choses. Aucun compte rendu n’est fait sur la gestion de la chose publique. « Le Président de la République peut adresser des messages à la Nation. Il s’adresse une fois par an au Parlement sur l’état de la Nation ». Telles sont les prescriptions de la Constitution de la IVe République adoptée par Référendum le 27 Septembre 1992, promulguée le 14 octobre 1992 et révisée par la loi n°2002-029 du 31 décembre 2002. Ainsi dit, le Chef de l’Etat est donc astreint à l’obligation de s’adresser à la Nation devant les élus du peuple, pour faire l’état de la Nation. Si nos mémoires nous sont encore fidèles, la toute dernière fois qu’on a vu Faure Gnassingbé se sacrifier à ce rituel à l’Assemblée remonte en 2006. Depuis, plus rien. On était donc dans l’expectative que dans le cadre de la célébration du 48e anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale, le « Leader nouveau » allait faire une telle allocution. Mais il n’en a rien été.
TINO Kossi

Sans détour : Le 1er mai dans la dèche au Togo

« La pauvreté paraît bizarre aux riches. Ils ont du mal à comprendre pourquoi ceux qui ont faim ne sonnent pas pour qu’on leur serve le déjeuner » (Walter Bagehot)

Tout avait commencé en 1884 quand, au cours du IVe congrès de l’« American Federation of Labor », les principaux syndicats ouvriers des Etats-Unis s’étaient donnés deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable. Arrive le 1er mai 1886. Beaucoup de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction de leur employeur. Mais d’autres, moins chanceux, au nombre d’environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder. Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police. Des manifestants ont été interpellés et pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines. L’histoire raconte que sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l’un des condamnés, Augustin Spies : « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui ».

Parole prophétique ! Puisque trois ans plus tard, la 2e Internationale socialiste s’est, à son deuxième congrès, donné pour objectif la journée de huit heures. La date du 1er mai rentre dans les habitudes comme date fixe au cours de laquelle les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et de revoir leurs conditions de travail. Bien que la manifestation rituelle ait tourné au drame le 1er mai 1891 à Fourmies, une petite ville du nord de la France, cette date a fait son chemin et s’est imposée comme Fête du Travail. De par le monde, des manifestations sont organisées pour se rappeler un an de travail et soumettre des doléances à l’Etat ainsi qu’aux employeurs. Dans plusieurs pays, les travailleurs ont profité de cet événement pour manifester contre la cherté de la vie et la misère qui bat actuellement son plein dans toutes les sociétés.

Au Togo, les travailleurs ont encore fêté le 1er mai dans le dénuement total. En les voyant lors du traditionnel défilé, on s’est rappelé quelques vers de « Melancolia » de Victor Hugo : « Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit/Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit… ». Des vers que nous nous permettons de paraphraser pour les rendre conformes à la réalité togolaise : « Où vont tous ces gens dont pas un seul ne rit/Ces doux êtres conscients que la misère rabougrit… ». Pour parler comme le syndicaliste Gbikpi-Bénissan, « les travailleurs ne sont pas contents ». Depuis la signature en avril 2006 de l’accord tripartite entre le gouvernement, le patronat et l’Intersyndicale des travailleurs, seules quelques rares recommandations ont été respectées. Mais la situation s’est même corsée avec la flambée des prix des produits de première nécessité. Et on annonce pour bientôt la hausse du prix du ciment, du carburant et des produits de la brasserie. Les tentatives de manifestation des syndicats ont été toujours étouffées quoique la Constitution togolaise dispose en son article 29: « Le droit de grève est reconnu aux travailleurs. Il s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Les gouvernants trouvent toujours derrière ces initiatives des fantômes, mieux, des individus habillés aux couleurs d’un parti qui viendraient poser des actes de violence. Pourtant, eux, ils se la coulent douce et ne font rien pour faire baisser les prix sur les marchés. Conséquence, il y a de la désolation un peu partout dans le pays. En outre, ils nous ont fait pitié, ces employés des sociétés Amina, Nina et consorts. Ils ont porté des T-shirts à l’effigie de leur entreprise mais ils sont mal, très mal payés. C’est la galère.
Zeus AZIADOUVO


Prison civile de Lomé : Un assassin condamné à perpétuité a été interpellé sept mois après son évasion

Le jeudi 27 septembre 2007, le sieur Patass Nicolas condamné à perpétuité s’est évadé de la Prison civile de Lomé. A l’époque, un mandat d’arrêt international aurait été lancé contre lui.

Après sept mois de cavale, il vient d’être interpellé par les forces de l’ordre. Il a été appréhendé au niveau de Hihéatro mercredi dernier et reconduit le même jour à la prison d’Atakpamé.

Des sources proches des autorités pénitentiaires, son retour à la Prison civile de Lomé ne serait pas encore à l’ordre du jour. On indique qu’il a de bonnes relations ici et qu’il en a d’ailleurs profité pour prendre la poudre d’escampette en septembre dernier.

En fait, dans la mise en application des injonctions des organisations de défense des droits de l’homme, l’administration pénitentiaire essaie d’entretenir de bonnes relations avec les prévenus. C’est ainsi que Patass Nicolas (40 ans environ), un militaire réformé qui a assassiné son ami, un enseignant d’un Collège et qui fut condamné il y a plus de dix ans par la Cour d’assise à perpétuité, bénéficiait de la confiance des geôliers. Chef de cour adjoint de la prison civile (organisation interne de la geôle), il jouissait de certains avantages comme la circulation dans la cour de la prison et était même chargé de la répartition des nouveaux prévenus dans les différentes cellules. Profitant de cette ambiance, il passa quelques minutes avant la fermeture de la prison devant les gardes sous prétexte qu’il répondait à un appel du chef de la prison. Recherché quelques minutes plus tard pour prendre la fiche de répartition des nouveaux venus, on ne le trouvait guère. Les recherches et fouilles dans la prison et ses environs n’avaient rien donné. L’homme s’était évaporé dans la nature.
Interpellé depuis mercredi dernier, il va continuer à purger sa peine.
L. H.

Encore des jours sombres en perspectives pour les Togolais : L’ATC annonce de probables augmentations des prix du pétrole, de l’électricité et du ciment

Les prix de l’électricité, de la farine de blé, du ciment et des produits BB connaîtront une probable augmentation d’ici la fin de l’année. L’information a été révélée par l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) au cours d’une conférence de presse organisée mercredi au siège de l’Association. « Nous avons des informations de sources sûres que ces produits vont probablement augmenter de prix dans les prochains jours », a indiqué le Secrétaire Général de l’ATC, Aladjou Agouta.

Si ces augmentations interviennent, ce serait un coup dur pour les consommateurs togolais déjà durement frappés par la flambée des prix des denrées alimentaires et qui ploient sous une misère indescriptible. L’inquiétude est d’autant plus grande que l’ATC craint également une augmentation du prix des produits pétroliers. « Une quelconque augmentation du prix des produits pétroliers envisagée par le Gouvernement à l’état actuel sera catastrophique pour les Togolais à cause de son Incidence sur les prix des transports et des denrées alimentaires déjà trop chers », s’inquiète l’Association qui demande par conséquent au Gouvernement de maintenir sa subvention en vue de stabiliser les prix des produits pétroliers.

On rappelle que lors du conseil des ministres tenu le 25 mars 2008, le Gouvernement avait décidé de ne pas modifier les prix à la pompe. Toutefois, prévient-il, « l’intervention de l’Etat pour maintenir les prix à la pompe sur la période de janvier-avril 2008 représente un manque à gagner d’environ 10 milliards de F CFA pour le budget national ». « Il en résulterait, renchérit le Gouvernement, un déséquilibrement des prévisions budgétaires de la loi des finances 2008 car l’intervention de l’Etat en matière de soutien au secteur des produits pétroliers a atteint ses limites ».

Comme solution à la crise de la cherté de la vie au Togo, l’ATC demande à l’Etat de revoir à la hausse les revenus (salaires, pensions, allocations, bourses) des Togolais. Aux consommateurs, l’Association recommande la consommation des produits locaux afin de réduire les coûts des importations et développer la production locale source de revenus financiers non négligeables.

Quant à l’Assemblée Nationale, l’ATC demande de prendre dans les meilleurs délais les dispositions afin de modifier la loi 99-011 portant organisation de la concurrence afin de permettre légalement le contrôle des prix suspendu par le ministère du Commerce suite à la libéralisation du commerce.

« L’ATC appelle les partenaires sociaux à la mobilisation et à une action concertée pour faire pression sur le Gouvernement en vue d’une solution rapide à la flambée des prix des produits de base », exhorte Aladjou Agouta.
M.A.

 
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