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Le quotidien national ghanéen, « Daily Graphic » révèle dans son édition N°150347 du samedi 03 mai 2007 que le chef de l’Etat Faure Gnassingbé et son demi-frère Kpatcha, ancien ministre de la Défense et des Anciens Combattants, se sont réconciliés. Cette réconciliation est la résultante des efforts de médiation entrepris par les membres du clan Gnassingbé.
« Le climat tendu qui a commencé le 13 décembre 2007 quand le chef de l’Etat a, lors du remaniement ministériel, fait partir son frère du ministère de la Défense, tourné à une «guerre froide » entre les deux frères. Mais des sources fiables proches de la famille indiquent qu’à l’issue des efforts d’intense médiation interne qui ont eu lieu un week-end, les deux frères ont maintenant accepté d’enterrer la hache de guerre. Les sources font état de ce qu’il a été fait comprendre à Kpatcha Gnassingbé le besoin de respecter le chef de l’Etat du Togo, poste occupé par son grand frère. Les mêmes sources ajoutent que Kpatcha Gnassingbé a aussi accepté de respecter l’ordre établi dans la hiérarchie de la famille Gnassingbé », rapporte le confrère.
A en croire le quotidien ghanéen, il est admis que Kpatcha et son jeune frère Mey Gnassingbé, chargé de mission à la Présidence, pourraient aider leur grand frère Faure Gnassingbé à gérer de manière la plus transparente les affaires de la famille Gnassingbé. « Les sources indiquent qu’il est plus loin conclu que Kpatcha Gnassingbé pourrait représenter le Président Faure aux manifestations culturelles et coutumières en pays Kabyè au Nord du Togo afin de permettre au chef de l’Etat togolais d’avoir plus de temps pour se concentrer sur les questions essentielles et urgentes du pays », écrit notre confrère.
C’est une bonne nouvelle en soi puisque les ponts sont, depuis plus d’un an, rompus entre les deux fils du Général Gnassingbé Eyadèma. Kpatcha qui a déclaré qu’il incarne « à 100% l’héritage de son père » était en conflit larvé avec son frère le Président Faure accusé de se faire entourer des «nouveaux venus » qui n’avaient rien fait pour le parti. La tension était telle que l’ancien ministre de la Défense s’est plaqué dans la Kozah où on le voit souvent lors des manifestations culturelles.
Est-ce pour respecter les termes de la réconciliation qu’il a brillé par son absence aux festivités marquant le 48ème anniversaire de l’Indépendance du Togo ? La question reste posée. R. K.
Malaise au ministère des Enseignements primaire et secondaire : Un bras de fer oppose le ministre et la commission technique sur un projet de la BID
Il se passe actuellement quelque chose d’anormal au ministère des Enseignements primaire et se secondaire. Le ministre Nagou et une commission technique relevant de son département, ne sont pas sur la même longueur d’onde à propos d’un projet financé par la Banque islamique du développement (BID).
En effet, le gouvernement togolais a obtenu un prêt de la BID en différentes monnaies pour financer le coût du projet BID Education phase II dans le cadre du « Développement de l’enseignement de base au Togo ». Le projet est localisé dans les Régions des Savanes, de la Kara, de la Centrale, des Plateaux et Maritime où des salles de classe, des blocs pédagogiques, des points d’eau, des blocs sanitaires vont être construits. C’est ainsi que le ministère des Enseignements primaire et secondaire a, par le truchement de sa commission technique, lancé un appel d’offres le 2 février 2007. Les soumissionnaires de catégorie B étaient invités à présenter leurs offres sous plis fermés pour l’exécution des travaux en cinq (5) lots indivisibles. Quelques mois plus tard, la commission technique a rendu publics les résultats de cet appel d’offre. Mais le ministre des Enseignements primaire et secondaire d’alors Komi Selom Klassou, aurait remis en cause les résultats dudit appel d’offres et ordonné que le travail soit repris. La raison, c’est que les sociétés préférées » ne figurent pas parmi celles retenues. « Non satisfaits des pressions de certaines autorités gouvernementales, pressions auxquelles tentent de résister la Commission, certains entrepreneurs véreux dont les dossiers comporteraient même des pièces traficotées et falsifiées, approcheraient individuellement les membres de la Commission pour leur proposer une somme de cinq cent mille (500 000) F CFA dans le but de reprendre l’étude des dossiers », avions-nous écrit l’année dernière dans l’une de nos parutions (Liberté N° 220 du 25 juin 2007).
Entre-temps, la BID, voyant la lenteur dans le processus, a menacé de suspendre son appui à ce projet. C’est dans cet intervalle de temps qu’il y a eu changement à la tête de ce ministère.
Selon les informations en notre possession, la commission technique aurait repris le travail qui a donné les mêmes résultats. L’adjudicateur a reçu une lettre lui signifiant qu’il a gagné le marché. Bien que le délai pour le décaissement et le démarrage des travaux finissent en juin 2008, le ministre Yves Madow Nagou passerait outre le verdict de l’appel d’offres et proposerait que les lots soient partagés entre plusieurs entreprises. Une décision curieuse quand on sait qu’à l’appel d’offres, les lots étaient indivisibles. Des sources proches des membres de la commission technique, indiquent qu’il est anormal de renvoyer d’autres documents à la BID pour l’informer des changements intervenus dans la procédure. Ce bras de fer a abouti dans la foulée à la révocation, il y a quelques semaines, du Coordinateur général. Il est en outre fait état de ce qu’avec le partage des lots, le travail risque d’être bâclé. Pendant ce temps, la BID continue de presser.
Toutes nos tentatives pour joindre le ministre sont révélées vaines. Ce problème remet sur le tapis la question de transparence dans l’attribution des marchés au Togo, un sujet qui a été pourtant abordé en conseil des ministres. Affaire à suivre. R. Kédjagni
Sans détour : Médias privés : Mauvais procès
« La presse est un élément jadis ignoré, une force autrefois inconnue, introduite maintenant dans le monde ; c’est la parole à l’état de foudre ; c’est l’électricité sociale. Pouvez-vous faire qu’elle n’existe pas ? Plus vous prétendez la comprimer, plus l’explosion sera violente » (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe)
Le samedi 3 mai dernier, il a été célébré sur toute la planète la 18ème Journée de la liberté de presse. Une nouvelle fois, Reporters sans frontières (RSF) tire la sonnette d’alarme et se penche sur les difficultés d’informer dans certains pays. Le Togo qui était jadis épinglé, fait partie des bons élèves estimés par l’organisation. Cependant, certains mauvais esprits veulent remettre en cause le Code de la Presse dépénalisé. Ce qui se disait tout bas chez ceux qui croient avoir fait descendre le journalisme sur la « Terre de nos aïeux » était exposé au grand jour lors de l’émission « Au cœur de la nation » sur la télévision nationale. Nos tristement célèbres «doyens » n’étaient pas du tout contents de l’usage qu’ont fait du Code « toiletté » sous la pression de la communauté internationale. S’il était possible d’y introduire séance tenante des mesures répressives, ils le feraient.
Ces journalistes hors pairs venus tout droit du ciel et dont les publications sont devenues des « irrégulomadaires » (journal paraissant de façon irrégulière), se livrent à des manœuvres déloyales pour saborder la presse privée dans laquelle ils ont pourtant fait fortune ou grâce à laquelle ils ont aujourd’hui une place au soleil. Demandez-nous ceux qui étaient les acteurs redoutables d’« Atiké » (tisane), cette procédure qui consistait à rédiger des articles truffés de contrevérités et de grimoires pour permettre aux compatriotes réfugiés de régulariser leur situation dans leur pays d’accueil. Ils avaient assuré la parution de leur journal et leur quotidien par ces actes qui étaient aux antipodes de la déontologie de notre métier. Après en avoir profité pendant des années, ils sont aujourd’hui les premiers à jeter du discrédit sur les autres. Que nous sommes maudits. Ils oublient que leurs écrits sont là et qu’ils ne sont pas différents des prestations actuelles.
Un invité qu’on ne voit plus dans la corporation a offert l’une de ses forfanteries. Pour lui, les journalistes actuels sont des médiocres et qu’eux qui constituaient la génération intermédiaire ainsi que leurs prédécesseurs avaient fait un travail acceptable. Faut-il en rire ou pleurer ? En tout cas, avant la floraison des journaux privés en 1989, il y avait le néant et cette soif de changement au Togo. Ce qui a rendu leur travail visible. C’était aura popularis (la faveur populaire). Nous nous souvenons d’« Atopani Express », « Courrier du Golfe», « Forum Hebdo », « Parole », « Tribune des Démocrates », etc. Bien qu’étant de jeunes élèves à l’époque, nous les consommions avec gloutonnerie sans savoir qu’un jour nous allions être leurs successeurs. En leur temps, ils tiraient à des milliers d’exemplaires qui finissaient avant midi. Malgré tout, aucun d’entre eux n’a fait long feu. En 2005 par exemple, l’une des anciennes parutions «Atopani Express » a repris service avec le même ton. A-t-elle pu continuer ? Non, les temps ont changé et nombre de Togolais sont découragés suite à l’enlisement du processus démocratique. En outre, ce sont ces premiers acteurs qui ont enfermé les journaux privés dans les dédales politiques, en n’accordant pas assez d’importance aux autres aspects de la vaste condition humaine.
Ah, la génération intermédiaire de journalistes, parlons-en ! Ce Monsieur, connu pour son style enflammé et ses basses besognes, a eu le toupet de traiter ses confrères de « médiocres ». N’a-t-il pas écrit dans ce pays que l’imbécillité se trouve dans la barbe d’un ancien Président de l’Assemblée Nationale ? N’a-t-il pas traité des responsables politiques de tous les noms d’oiseaux et vendu ceux qui se sont confiés à lui ? Quelle leçon a-t-il à nous donner ? Comme l’a dit quelqu’un, on se connaît bien dans ce pays. Et nous ne sommes pas prêts à céder aux desiderata de ceux qui veulent conditionner la plume. Zeus AZIADOUVO |