Golfe Info #388 du 30 avril 2008
C’est le nouveau boulevard joignant Lomé II (la résidence privée de feu général Eyadema Gnassingbé) à la nouvelle présidence qui a accueilli le défilé militaire et civil marquant la commémoration du 48ème anniversaire de l’indépendance du Togo. C’était en présence du chef de l’Etat, du premier ministre, du président de l’Assemblée, des membres du gouvernement et de certains députés. Des leaders de partis politiques étaient également dans les tribunes pour assister à cette parade militaire et civile.
Les activités entrant dans le cadre de cette célébration ont démarré depuis vendredi avec la prière musulmane, suivie de la messe catholique, du culte protestant et de l’inauguration du nouveau siège de la CICA-RE. La soirée de cette journée a été marquée par la réanimation de la flamme de l’indépendance par le chef de l’Etat suivie de la retraite au flambeau à travers les artères de la capitale.
Le défilé militaire et civil
Arrivée aux environs de 8 heures, Faure Gnassingbé quittera les lieux trois heures de temps plus tard pour un cocktail organisé sous une tente dressée dans les jardins de Lomé II. Les différentes unités des FAT (Forces armées togolaises) ont montré leur détermination ‘’au service’’ de la nation à travers leurs musiques et leurs démarches. Les délégations des différentes régions et préfectures ont montré les richesses culturelles du pays à travers chants et danses. En prélude au défilé, le chef de l’Etat et le président de l’Assemblée nationale ont procédé à la décoration de plusieurs personnalités du pays. Parmi elles, on citera Me Bebi Olympio, premier procureur général du Togo indépendant et membre de la Cour constitutionnelle.
Les membres du bureau de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), des ministres (dont Aduayom de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche), des chefs d’entreprise comme José Syménouh, Ignace Klomégah ainsi que des chefs traditionnels ont été aussi décorés. L’artiste togolais de la chanson King Messan était aussi honoré. Un défilé visiblement à l’honneur de Faure Gnassingbé
Si du coté du gouvernement, on salue la réussite de cette fête, d’autres invités n’ont pas manqué de remarquer la confiscation de cette célébration au compte du régime en place. Pour certains observateurs, « du passage des unités des FAT (forces armées togolaises) à celui des délégations des différentes régions et préfectures du pays, les chants et les messages inscrits sur les pancartes n’ont fait que saluer la politique de ‘‘paix, de réconciliation et de développement’’ de Faure Gnassingbé».
Pas une seule pancarte qui mentionne ceux qui ont lutté pour graver cette date dans l’histoire du Togo. Des faits qui selon ces derniers, n’encouragent pas la réunification des Togolais autour de cette fête.
De son côté, le porte-parole du gouvernement, Pascal Bodjona considère cette date comme « une fête appartenant à tous les Togolais et regrette que certains cherchent à en faire une fête partisane en organisant d’autres manifestations en dehors de celles du gouvernement ».
D’autres hommes politiques présents sur les lieux ont déploré l’organisation même des cérémonies dans un jardin réservé aux manifestations du parti au pouvoir. Ils considèrent cela comme de la provocation.
Sedjrawodo A. ADRY
50 ans après les élections du 27 avril 1958 : Le bilan est négatif
A l’occasion de la célébration du 48e anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale, un séminaire national commémorant le cinquantenaire des élections de 1958 a eu lieu les 25 et 26 avril 2008 à l’auditorium de l’université de Lomé. Organisé par le département d’Histoire et d’Archéologie de ladite université, cette rencontre a permis aux participants de mener une réflexion et de faire un diagnostic de la situation sociopolitique et économique du pays. Ils ont également fait un bilan des 50 ans du Togo après ces élections. Un bilan que les organisateurs ont trouvé négatif. Voici 50 ans déjà que les nationalistes ont choisi, à l’issue des élections législatives de 1958, de se mettre sur la route vers l’indépendance.
Selon le président de l’Université de Lomé, Ahadji Nonon, l’enjeu de la commémoration de cet événement est de taille dans la mesure où, un demi siècle après, il est salutaire de faire un diagnostic de la situation du processus du parcours du Togo jusqu’à ce jour. Pour lui, 50 ans après cette date capitale, l’Etat-Nation tarde à se réaliser. L’enseignant chercheur et président du comité d’organisation de ce séminaire, Adovi Nbuéké Goeh-Akué, renchérira en déclarant que de nos jours, le tissu social est fragilisé alors que, a-t-il précisé, à l’époque, celui-ci était marqué par une unité nationale traduite par la victoire des nationalistes. Ce qui a permis à M. Goeh-Akué d’affirmer que le bilan de ces 50 dernières années est négatif. « Nous n’arrivons pas à produire et à nourrir nos populations. La faute est-elle imputable au colonisateur ou aux gouvernants ?», a-t-il demandé.
Pour sa part, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Messan Adimado Aduayom par ailleurs historien, a trouvé qu’à travers le scrutin de 1958, le Togo Français a fait le choix de l’indépendance. Pour lui, même si l’on considère que le « non » de la Guinée de Sékou Touré au référendum organisé par la France fut considéré comme le premier et seul refus politique que la France a essuyé de la part de l’une de ses colonies d’Afrique noire, il convient de rappeler qu’avant ce pays, le Togo avait déjà donné le ton à cet élan. Ce qui fait de ce pays, un modèle de lutte pour l’indépendance dont les spécificités continuent de caractériser l’exception. « Que reste-t-il de ce consensus national au regard de la fragmentation du tissu social secoué par les nombreuses crises politiques ayant marqué l’histoire de notre pays ? L’Etat-Nation est en crise», s’est alarmé le ministre.
Mais, rassure M. Aduayom, les différents thèmes de réflexion retenus pour ce séminaire permettront d’obtenir des résultats susceptibles d’impulser un élan nouveau pour la construction de la Nation togolaise.
Grégoire AWESSO
24 avril 2005, il y a trois ans, les togolais étaient aux urnes : Retour sur une page sombre de l’histoire du Togo
Avant sa tenue, les esprits avertis « présidaient » dans leur retraite que le scrutin présidentiel du 24 avril 2005 allait plonger le Togo dans une spirale de violences compte tenu de la tension qui s’est emparée du pays à la mort du Général Etienne Eyadèma Gnassingbé le 05 février de cette même année. A terme, le Togo aura connu dans son histoire électorale, le scrutin le plus meurtrier, enfonçant ainsi le clou de la division et de la haine.
Le samedi 05 février 2005 aux environs de 19 heures 30, la télévision nationale a suspendu ses émissions pour faire place au Premier ministre d’alors, Koffi Sama. Ce dernier, visiblement ému annonce ce qu’il va appeler « la catastrophe nationale» :« le Général Eyadèma Gnassingbé n’est plus… ». Cette disparition ouvrait automatiquement la voie à une élection présidentielle anticipée dans les 60 jours.
Suivant les dispositions constitutionnelles, la présidence intérimaire revenait au président de l’Assemblée nationale, Natchaba Ouatara Fambaré. A ce propos, l’article 65 de la Constitution dispose: « En cas de vacance de la présidence de la République par décès, démission ou empêchement définitif, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le Président de l’Assemblée nationale. La vacance est constatée par la Cour Constitutionnelle saisie par le gouvernement ». Mais,« absent » du territoire national au moment où on avait le plus besoin de lui, le « perroquet » du défunt président sera finalement et habilement mis sur la touche par ses amis d’hier. A sa place, on remettra Abbas Bonfoh qui était jusque là, le premier vice-président de la représentation nationale.
Entre-temps, les FAT (Forces Armées Togolaises) ont opéré un coup d’Etat constitutionnel en plaçant à la tête du pays, Faure Gnassingbé, fils du défunt dictateur alors ministre de l’Equipement. Ceci, au mépris des textes constitutionnels. La condamnation de ce putch fut totale aussi bien sur le plan national qu’international. Pris de panique, le pouvoir en place tentera par tous les moyensd’« habiller » constitutionnellement le coup d’Etat perpétré par son aile militaire. Ainsi, durant toute la journée du 06 avril 2005, les 2/3 des députés issus majoritairement du RPT ont procédé à des tripatouillages devant assurer à Faure Gnassingbé une « légitimation ». Ce qui accentuera les condamnations. L’opposition togolaise, dans une dynamique solidaire manifestait tous les jours. Le pouvoir en place répondait par la manière forte et les morts sont quasiment quotidiens.
Devant le désastre politique et humain, le président en exercice de l’UA(Union africaine), le Nigérian Olésugun Obasanjo et celui de la Commission de cette institution, le Malien Alpha Omar Konaré vont se montrer très déterminants dans la lutte du peuple togolais pour le retour à la légalité. Le premier est allé plus loin en menaçant le « groupe du 05 février » d’une intervention militaire….
Excédé par la pression internationale notamment celles des Etats-Unis d’Amérique, de l’UA, de la Francophonie et des autres puissances occidentales, Faure Gnassingbé va enfin se résoudre à abandonner tactiquement le pouvoir le 27 février pour le reprendre après. L’ « homme du 05 février » va dès lors se lancer dans une opération de charme à travers de multiples voyages auprès des dirigeants africains à savoir, le Gabonais Omar Bongo Odimba (que d’aucuns prennent pour le chef du pré carré français en Afrique francophone), le Libyen Mohammar Kadhafi et plus proche, le Burkinabè, Blaise Campaoré. Est-ce là que le sort du scrutin a été décidé ? Toujours est-il que Faure Gnassingbé avait lui-même déclaré que «le père de la nation» leur a dit que s’ils perdaient le pouvoir, il leur sera difficile de le retrouver.
L’élection proprement dite
Les antagonismes entre le régime en place englué dans sa logique de conservation contre vents et marrées du pouvoir et l’opposition qui veut à tout prix le conquérir ont de part et d’autre augmenté les risques d’implosion. La CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) qui, jusque là constituait un soutien de poids aux forces démocratiques, s’est muée à la surprise générale dans une forme de cécité intellectuelle par ses prises de positions en faveur du RPT. Face au risque de dérapage en perspective, l’opposition togolaise va exiger que l’élection présidentielle soit reportée à une date ultérieure afin que l’ensemble de la classe politique nationale se retrouve pour discuter de son organisation. Mais, le pouvoir de Lomé comptant sur ses stratégies de fraude, a opposé un refus catégorique au motif que les dispositions de la Constitution qui prévoyaient l’organisation du scrutin dans les 60 jours qui suivent le décès du président en fonction doivent être respectées.
Les adversaires au régime sont donc mis devant le fait accompli et n’avaient pas d’autre choix que de renter dans le moule confectionné par le RPT au risque de voir Faure Gnassingbé, le poulain du régime comme candidat unique au scrutin. Il faut reconnaître que si du côté de l’ancien parti Etat, le choix du « fils à papa » s’est opéré sans heurts, cela n’a pas été le cas au sein de la coalition de l’opposition. En effet, pendant que d’aucuns optaient pour le « vieux » Bob Akitani de l’UFC, d’autres pensaient plutôt que le professeur Messan Gnininvi serait l’homme de la situation. Il a fallu plusieurs jours de discussions pour qu’enfin la « fumée blanche ne sorte »: Emmanuel Bob Akitani, le premier vice-président du « Détia » et candidat « malheureux » en 2003 a été choisi pour défendre la « démocratie contre la dictature ». Pendant ce temps, la tension montait.
Des signes et non des moindres montraient que le scrutin du 24 avril allait être tout, sauf transparent. Sur ce plan, on citera la révision de la liste électorale faite sur fond de contestation de même que la distribution sur fond de discrimination politique.
La démission du ministre Akila-Esso Boko
Dans la structure organisationnelle du scrutin du 24 avril 2005, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité que dirigeait à l’époque, le chef d’Escadron François Akila-Esso Boko jouait un rôle très important. L’homme, on le sait, est l’un des artisans qui ont « forgé » la victoire du Général Etienne Eyadèma Gnassingbé en 2003 et jouissait à cet effet, d’une grande considération dans l’appareil politique du RPT.
Mais, contre toute entente, le jeune Officier des FAT a claqué nuitamment la porte de son ministère le 22 avril soit à 48 heures du scrutin. Au cours d’une conférence de presse (organisée à son cabinet vers 02 heures du matin), il y a dénoncé les risques de dérapage et surtout le plan de terreur que le régime a concocté pour conserver les rênes du pouvoir. D’après lui, la présidentielle du 24 avril est une « élection suicidaire pour le peuple ». Pour éviter le pire, il a souhaité que le scrutin soit reporté pour mettre en place des institutions transitoires. Pas question ! Rétorque le RPT. D’ailleurs, il sera traité de traite. Abbas Bonfoh, solidement installé dans son fauteuil de président par intérim a vigoureusement condamné l’acte posé par le ministre Boko et a déclaré que le processus doit aller à son terme. Quand au ministre Boko réfugié entre-temps à l’Ambassade d’Allemagne, il sera remplacé dans les heures qui ont suivi son départ par son collègue, Katari-Foli Bazi, alors ministre de la Justice. Plus rien ne pouvait dès lors empêcher les Togolais de se rendre aux urnes le 24 avril pour choisir le successeur du « grand Baobab de Pya ».
Le 24 avril, jour de tous les dangers
Bourrage d’urnes, absence de bulletins de vote dans certains bureaux de vote, votes multiples, interventions des éléments des FAT et des forces de l’ordre et de sécurité pour empêcher des citoyens d’accomplir leur devoir civique, refus des représentants de l’opposition sur les lieux de vote, dépouillement en catimini ; le tout couronné par des morts… sont les caractéristiques de l’élection qui a porté Faure Gnassingbé au pouvoir. L’image d’un militaire avec une urne sous les bras et des bulletins de vote qui s’y échappaient a fait le tour du monde….
La violence connaîtra son paroxysme le 26 avril, le jour de la proclamation des résultats de l’élection. L’opposition ayant contesté les résultas donné par Mme Kissem Tchangai Walla (présidente de la CENI, Commission Electorale Nationale Indépendante) a appelé ses militants et sympathisants à « descendre » dans les rues pour réclamer sa victoire. Erreur ! L’appareil répressif de l’Etat ne vas pas lésiner sur les moyens pour sauvegarder ses « acquis ». Même les forces de l’ordre seront mises à contribution. Au décompte final, c’est l’hécatombe : entre 154 et 1.000 Togolais ont perdu leur vie. D’autres (environ 40.000), pour sauver la leur, ont été obligés de prendre le chemin de l’exil le Ghana pour les uns, le Bénin pour les autres.
Malgré ces massacres, la communauté internationale a avalisé le scrutin en estimant que les « irrégularités constatées ne sont pas de nature à remettre en cause les résultats ». Une formule bien courante que les « observateurs » étrangers brandissent pour avaliser les parodies d’élections en Afrique.
Ainsi, Faure Gnassingbé, grâce aux « canons » des FAT et à la complicité des officines de la Françafrique succède à son père à la tête du Togo. Durant la campagne électorale, il a promis une « nouvelle ère » pour le peuple opprimé par les 38 ans de règne de son père. Trois ans après, le constat est là, le pays baigne dans une crise sociale très aiguë.
Faure Gnassingbé, tout le monde le sait, est apparu sur la scène politique dans des conditions dramatiques. Nonobstant cela, les analystes s’attendaient à ce qu’il pose des actes concrets, pourquoi pas historiques pour décrisper l’atmosphère. Mais hélas, si on peut se féliciter de ce qu’il a réussi à poser certains actes, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur sa volonté à aller au-delà de ces actes primaires pour finalement affronter de face les vrais problèmes du Togo.
Noël Y. A. GLISSOU
Me Atta Zeus Ajavon à propos de la célébration de la fête de l’indépendance : «Le programme de l’Etat ne peut empêcher d’autres citoyens de s’organiser...»
Le 48eme anniversaire de l’indépendance du Togo célébré hier, était l’essentiel de la question qui a constitué la nouvelle sortie médiatique de Me Atta Zeus Ajavon, avocat à la cour et membre de la société civile. Le professeur de droit à l’Université de Lomé en a profité pour donner son point de vue sur le processus Vérité, Justice et Réconciliation lancé par le chef de l’Etat le 15 avril dernier.
La célébration des 48 ans d’indépendance du Togo
D’entrée, Me Atta Zeus Ajavon a souligné l’importance du 27 avril dans l’histoire politique du Togo. « Le 27 avril est une date historique parce qu’elle est la date fondatrice de l’Etat togolais », a déclaré l’avocat à la cour avant d’ajouter que cette date ne peut en aucun cas être gommée de l’histoire de ce pays. Au contraire, dit-il, elle doit être mise en valeur. De là, il a regretté les divisions qu’engendre aujourd’hui cette fête entre les Togolais.
Faisant un retour dans le passé, Me Zeus a rappelé qu’au moment de la lutte pour l’accession du Togo à la souveraineté internationale, aucun Togolais n’était contre l’indépendance de son pays. C’est seulement, d’après lui, les méthodes pour y arriver qui divergeaient. « Même si le CUT et le PTP étaient divisés sur la date de sa proclamation, ils étaient tous d’accord que le Togo devra accéder tôt ou tard à l’indépendance », a t-il fait remarquer.
A propos des divergences entre les progressistes et les nationalistes, Me Ajavon a rappelé les mauvais souvenirs du Togo au lendemain de son indépendance. Ainsi, a t-il confié, après le 27 avril 1960, la victoire des nationalistes avait entraîné la chasse aux sorcières. Tous ceux qui avaient milité pour le progrès, d’après Me Zeus Ajavon, étaient mal vus. « Dès que les jeunes nationalistes voyaient un progressiste dans la rue, ils le battaient jusqu’au sang. Même les députés du PTP qui se sont rendus à la première session de l’Assemblée nationale après l’indépendance ont été copieusement molestés de telle sorte que certains furent contraints de s’exiler », a-t-il revélé. Ce qui était regrettable, selon ses explications, est que les autorités d’alors ne faisaient rien pour mettre un terme à cette situation. Et de conclure que s’il n’y avait pas eu ses événements dans l’histoire du Togo, ce pays aurait été « une démocratie extraordinaire ».
La célébration de cette année
« Elle n’a pas comblé les attentes », a fait remarquer Me Atta Zeus Ajavon pour qui, malgré les manifestations organisées par le pouvoir, la fête de l’indépendance du Togo a de la peine à prendre l’allure qu’elle a dans les autres pays. A propos des célébrations organisées en dehors des manifestations officielles, il estime que « le programme de l’Etat n’empêche pas d’autres citoyens de s’organiser et de faire la fête à leur manière ». Ce faisant, il s’insurge contre la récente tentative du gouvernement qui voulait interdire les manifestations que projetait l’UFC .
Il a par ailleurs fait remarquer que ce n’est pas la célébration consensuelle qui est la plus importante. L’essentiel, selon lui, serait de passer par tous les moyens pour désamorcer la division et la cassure qui existent entre les Togolais. « Si d’ici 2010 l’atmosphère se décante, le cinquantenaire de l’indépendance du pays sera fêté dans la joie et dans la liesse totale. Dans le cas contraire, le 27 avril sera célébré de la même manière que cette année ».
Commission Vérité, Justice et Réconciliation
Pour l’avocat à la Cour, le lancement de la commission Vérité-Justice et Réconciliation est une « bonne chose ». Mais, prévient-il la question est de savoir, si les victimes seront effectivement écoutées. Pour un bon déroulement du processus, le professeur de droit à l’Université de Lomé et de Kara préconise que la parole soit donnée aux victimes pour qu’elles puissent s’exprimer. « Que les victimes ne soient pas des gens choisis sinon ces consultations seront une peine perdue », a-t-il averti.
A la question de savoir si le processus vérité, justice et réconciliation pourra mettre fin à l’impunité, Me Zeus Ajavon semble pessimiste. « Au Togo, les auteurs et les commanditaires des violences sont ceux qui sont au pouvoir. Ils le sont encore. Et comme ils se sentent en situation de force, ils ne vont jamais vouloir demander pardon. Or, la réconciliation et l’impunité passent par là. Donc, il sera difficile dans ce cas de mettre fin à l’impunité », a t-il conclu.
Rodolph TOMEGAH
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