Comme à son habitude sur les sujets qui touchent la vie politique, économique et sociale, le président du PDP, M. Bassabi Kagbara a animé le jeudi 24 avril dernier au siège de son parti sis à Adidogomé, banlieue nord ouest de Lomé une conférence de presse sur les derniers développements de l’actualité nationale.
Faisant le bilan de trois ans de pouvoir du président Faure Gnassingbé après la présidentielle douloureuse d’avril 2005, M. Kagbara relève que l’accès à l’eau potable demeure un luxe, que l’électricité est une denrée rare, que les routes sont jonchées de nids de poules et que les salaires restent dérisoires, des faits qui, en se conjuguant, débouchent sur le phénomène de la vie chère. Devant un tel constat, le PDP estime qu’il n’y a pas d’autre moyen de pression plus indiqué que le parlement qui est en mesure de sommer l’Etat à vite trouver des solutions idoines à cette crise. D’où son appel aux honorables députés pour inciter le gouvernement à prendre les mesures suivantes : une réduction des taxes sur les produits de première nécessité, une revalorisation de la grille indiciaire des travailleurs, l’augmentation des frais alloués à l’agriculture et l’ouverture rapide des grands chantiers.
M. Bassabi Kagbara fustige le comportement des vendeurs de ciment qui se livrent à des spéculations délibérées en envoyant plusieurs tonnes à l’étranger. Il félicite pour cela le gouvernement pour les mesures qu’il a prises pour contrer ce phénomène. Il propose en plus de ces mesures que le gouvernement mette en place un dispositif permettant à tout citoyens d’alerter les forces de l’ordre quand ils constatent un cas.
Le PDP appelle le Président de la République à s’engager au nom de la bonne gouvernance et à rompre avec les injustices dans l’administration nationale et dans les grandes sociétés d’Etat : promotions sans compétence, cumuls de fonction et autres.
Sur les événements survenus à l’Université de Kara et qui ont entraîné sa fermeture momentanée, le PDP se félicite de sa réouverture et du dialogue instauré entre le gouvernement et les étudiants, ainsi que de la libération des étudiants. Par ailleurs, le PDP dit ne pas comprendre les traitements différents réservés aux étudiants selon qu’ils soient à Kara ou à Lomé et se demande si ce n’est pas un choix délibéré des autorités pour former au rabais les étudiants de l’Université de Kara. Le PDP espère une amélioration conséquente dans les conditions d’étude à l’Université de Kara, sur une base égalitaire et équitable.
M. Kagbara regrette qu’à ce jour, rien n’ait été fait pour l’organisation des élections locales. Toutes les raisons avancées pour justifier ce retard ne sont pour lui que des alibis. Les locales constituent, selon le président du PDP, des conditions principales de bonne gouvernance. C’est pourquoi il invite les parlementaires à se pencher sur ce problème en vue d’obliger le gouvernement à organiser cette épreuve électorale.
Un statut de l’opposition en cours d’élaboration au parlement a aussi retenu l’attention du PDP. Par la voix de son président, ce jeune parti qui a présenté des candidats dans toutes les circonscriptions électorales lors des législatives d’octobre dernier s’insurge contre l’exclusion des partis extraparlementaires des discussions pour l’élaboration du statut de l’opposition. Rappelant que la configuration actuelle du parlement issu des dernières législatives ne reflète en rien la réalité du terrain, le PDP propose que le statut de l’opposition à venir fasse la distinction entre l’opposition parlementaire et l’opposition extraparlementaire.
Convenu qu’il est du droit de chaque acteur politique d’apporter sa voix à la gestion de la chose publique, le PDP souhaite que les forces politiques écartées du parlement soient associées activement au débat politique.
Cette conférence de presse se tenant à quelques jours de célébration du 48e anniversaire de l’ascension du Togo à la souveraineté internationale, M. Kagbara a profité de l’occasion pour souhaiter à tout le peuple togolais une bonne fête de l’indépendance dans l’Union et l’Amour.
Nous vous proposons l’intégralité de la déclaration liminaire lue par M. Kagbara devant les journalistes de la presse nationale et internationale
Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Permettez, une fois encore, que je vous présente, au nom des membres du bureau national, ainsi que des militants de notre parti, nos sincères remerciements pour votre fidélité sans cesse renouvelée à notre endroit chaque fois que nous recourons à vos services.
Trois ans après la présidentielle d’Avril 2005
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Il y a de cela trois ans jour pour jour, que les Togolais se sont rendus aux urnes pour élire un successeur à feu Gnassingbé Eyadema, après trente huit ans de règne sans partage.
Vous conviendrez avec nous, que nul ne voudrait encore se rappeler ces tristes et déplorables scénarii dont notre cher pays a été le plateau avant, pendant et après la présidentielle 2005.
L’heure aujourd’hui, doit être plutôt au bilan de ces trois années de parcours. Le Parti démocratique Panafricain, a déjà eu à plusieurs occasions comme ces rencontres avec vous, à dresser son appréciation de la gestion que fait le pouvoir en place de notre pays jusqu’à ce jour.
L’accès à l’eau potable qui demeure un luxe, l’électricité qui est devenue une denrée rare, pendant que nos routes sont jonchées, à presque chaque mètre, de nids de pouls, jusque dans le centre ville même de la capitale. Les salaires demeurent dérisoires malgré le déblocage des avancements depuis janvier 2006 et les 3% d’augmentation faites récemment par le gouvernement. Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs, pendant que les moindres tentatives de revendications sur le front social sont aussitôt noyées par des raisons vite trouvées.
Et tout ceci vient être greffé par le phénomène de la vie chère. Phénomène face auquel la population a préféré la résignation et le stoïcisme plutôt qu’une quelconque velléité de protestation, qui serait vite dissuadée.
Le Parti Démocratique Panafricain estime donc qu’il n’y a pas de moyens de recours et de pression plus indiqué que le parlement pour sommer l’Etat à vite trouver des solutions idoines à cette crise.
C’est pourquoi le PDP appelle les honorables députés comme il a déjà à le leur demander pour la rentrée parlementaire, de s’investir, au nom de ce pouvoir que les citoyens qu’ils représentent leur ont donné, pour inciter le gouvernement a prendre des mesures concrètes pour juguler cette crise.
Dans ce sens le PDP propose en ce qui le concerne :
- une réduction des taxes sur les produits de premières nécessités surtout les denrées alimentaires importées, car nous estimons qu’au-delà de la hausse du prix du baril de pétrole, c’est les dernières augmentations que l’Etat a faite sur ces taxes qui font le plus peser la crise sur le consommateur.
- Une revalorisation de la grille indiciaire des travailleurs de sorte à entraîner une amélioration du revenu salarial des fonctionnaires.
- L’augmentation des frais alloués à l’agriculture de sorte à augmenter la productivité agricole.
- L’ouverture rapide des grands chantiers annoncés depuis par l’Etat maintenant que le Togo a repris la coopération avec presque tous les bailleurs. Ceci permettra l’injection de l’argent dans l’économie par l’emploi que l’ouverture de ces chantiers créera pour les désœuvrés.
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Au compte de la vague de crise que traverse notre pays, , le consommateur togolais est sujet depuis un temps à des spéculations délibérées de la part des vendeurs de Ciment, pendant que plusieurs tonnes sont convoyés vers l’étranger. Le PDP a félicité les dispositions sécuritaires mises en place par le gouvernement pour contrer ce dernier phénomène. Mais les spéculations créées par les grossistes nationaux semblent passées par les mailles de ces dispositions sécuritaires.
C’est pourquoi le Parti Démocratique Panafricain demande qu’en plus de la surveillance des convois des stocks par des forces de l’ordre, que le gouvernement mette en place un dispositif qui permet à tout citoyen d’alerter aussitôt les forces de l’ordre à chaque fois qu’il y a un cas de spéculation remarqué.
Le Parti Démocratique Panafricain ne voudrait pas ici peindre un tableau totalement noir des trois ans de pouvoir du président Faure.. Des efforts ont été faits, mais ces efforts par rapport à l’image que laisse aujourd’hui notre pays, ne semblent point exister.
C’est pourquoi le PDP voudrait appeler le Président de la République, à s’engager , au nom de la bonne gouvernance qu’il a toujours qu’il a toujours promis prôner à rompre désormais avec ces injustices jusqu’ici demeurant dans l’administration nationale comme à la tête des sociétés d’Etat à savoir : des promotions sans compétence, des cumuls de fonction, et autres. ces pour les deux ans
Le PDP demande donc qu’on rompe enfin avec les beaux discours d’intention, l’effet d’annonce et des démarches de diversion, pour se mettre réellement au travail, construire le pays, et qu’enfin les beaux 20 plus promis par Faure Gnassingbé lors de son élection deviennent des réalités.
Suite aux troubles à l’Université de Kara
Le Parti Démocratique Panafricain vient d’apprendre que le gouvernement a rouvert l’Université de Kara après les incidents, après sa décision au terme du conseil des ministres du 16 Avril dernier de fermer jusqu’à nouvelle ordre cette l’Université aux revendications des étudiants qui ont conduit à un affrontement entre ces derniers et les hommes en treillis le 15 Avril à Kara
Le PDP félicite cette solution sage du gouvernement de même que sa démarche judicieuse qui a suivi en ouvrant d’abord le dialogue avec les étudiants puis en libérant les deux délégués emprisonnés.
Mais le Parti Démocratique Panafricain regrette que les autorités, au lieu d’utiliser cette dernière solution sage et plus honorable, aient d’abord recouru à la manière forte avant de se rétracter. Le gouvernement s’y serait pris de la façon digne qu’il vient de faire, qu’on aurait évité ces tristes scènes offertes le 15 Avril dernier à Kara et qui ont poussé de futurs cadres du pays, dans les murs de la prison.
Déjà, sur le sujet des revendications des étudiants, le Parti Démocratique Panafricain ne comprend pas pourquoi, le gouvernement a décidé, de faire deux traitements différends selon que tu sois à Kara ou à Lomé. Pourquoi l’étudiant qui est à Kara doit parfois venir d’abord à Lomé pour faire ses recherches. Est-ce qu’on doit comprendre que c’est un choix délibéré de l’Etat de former aux rabais les étudiants de l’Université de Kara ?
Le Parti Démocratique Panafricain espère que, des discussions que vient d’ouvrir le gouvernement avec les responsables de l’UNEET, naîtront des améliorations conséquentes dans les conditions d’études de nos futurs cadres de l’UK, et pourquoi pas pour tous les étudiants en général, sur une base égalitaire, du moins équitable.
Les élections locales oubliées
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Le Parti Démocratique Panafricain s’est réjoui que le Premier Ministre, dans son programme de gouvernement présenté en décembre dernier devant le parlement, ait énuméré, au cahier de charge de son équipe, les élections locales comme l’une des tâches primordiales à exécuter.
Mais nous observons au PDP, qu’aucune action à ce jour, n’a été posée dans le sens de la marche vers cette épreuve électorale que notre pays n’a plus connu depuis 1985. Pourtant ces élections avaient été annoncées comme imminentes et avaient déjà été recommandées par les 22 engagements pris en 2004 devant l’Union Européenne en leur point 1.6 où le pouvoir togolais s’est engagé à « mettre en place les conditions nécessaires pour que les Assemblées municipales, démocratiquement élues, disposent du mandat et des ressources nécessaires pour assurer une administration locale efficace, et démocratiquement légitimée ».
Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration Territoriale de la Décentralisation et des Collectivités Locales, lors d’une récente sortie, a aligné une liste de problèmes qui entoureraient l’organisation de ces locales. Et on ajoute une certaine réticence de la part des bailleurs à investir encore de si tôt, dans de nouvelles épreuves électorales.
Le Parti Démocratique Panafricain trouve tout simplement que ce ne sont que des alibis pour éviter ce processus qui doit conduire à confier réellement le pouvoir au peuple. Toutes les attentions semblent être détournées sur la présidentielle de 2010.or, la réalité est que la présidentielle ne concerne, avant tout, que les leaders de partis, pendant que les locales donnent réellement le pouvoir à la base en l’associant à la prise de décision, sur une base participative.
Le PDP estime donc que l’organisation des locales est plus qu’un impératif pour le pouvoir, pour autant qu’il veut vraiment prouver au peuple sa bonne volonté d’asseoir un réel Etat de droit et une réelle démocratie et non une démagogie. Pour le PDP,les locales constituent une des conditions principales, de bonne gouvernance tant criée, puis de gestion démocratique. Et c’est à ce titre que notre loi fondamentale, en son article 141 souligne nommément que « la République togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de décentralisation dans le respect de l’unité nationale […] Les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus aux suffrages universels, dans les conditions prévues par la loi ». Et l’article suivant ajoute que «l’Etat veille au développement harmonieux de toutes les collectivités territoriales sur la base de la solidarité nationale, des potentialités régionales et de l’équilibre inter-régional».
C’est au vu de tout ceci que :
Nous lançons un appel aux honorables parlementaires Le Parti Démocratique Panafricain invite les représentants du peuple au parlement à se pencher sérieusement sur la question et à obliger le gouvernement à organiser cette épreuve électorale.
Les députés sont les premiers représentants du peuple devant l’Etat, et à ce titre il leur incombe de réclamer l’organisation de ces locales, afin que cette base ,soit elle aussi associé à la gestion de la chose publique. Ce n’est que de droit.
Sur la question du statut de l’opposition
Mesdames et Messieurs de la presse,
Le gouvernement dans le cadre de l’application de l’Accord Politique Global, a ouvert, il y a quelques semaines, des discussions avec les formations politiques représentées au parlement, pour l’élaboration du statut de l’opposition.
Le Parti Démocratique Panafricain voit à travers l’entame que le gouvernement a fait du sujet, que le statut en question va d’abord se baser sur la configuration actuelle de l’Assemblée Nationale, pour s’élargir après aux partis extraparlementaires. L’esprit de cette approche, selon le Pdp, peut être acceptable.
Mais seulement, nous voulons rappeler que malheureusement, la configuration actuelle du parlement issu des dernières législatives ne reflète en rien la réalité du terrain.
C’est pourquoi, le PDP propose que le statut de l’opposition à venir fasse la distinction entre l’opposition parlementaire et l’opposition extraparlementaire.
Pour une union de l’opposition extraparlementaire
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Convenu qu’il est du droit de chaque acteur politique d’apporter sa voix à la gestion de l’affaire publique, ,le Parti Démocratique Panafricain pense que les forces politiques écartées du parlement doivent être associés activement au débat politique.
Cela s’explique du fait que ces forces politiques représentent même s’ils sont aujourd’hui exclus du parlement, une frange de la population, et une frange assez importante, vu la grande audience de la plupart écartés malheureusement de la représentation nationale.
Pour finir, le PDP voudrait souhaiter à tous une bonne fête de l’indépendance, dans l’Union, l’Amour et un réel patriotisme digne du sang versé et de l’honneur défendu par nos aïeux, pour nous obtenir la Libération Nationale.