in

ACTUALITÉ / NEWS

118e session de l’Union Interparlementaire à Cape Town en Afrique du Sud : Gilchrist Olympio et l’UFC au tribunal de Me Yawovi Agboyibo

Liberté Hebdo #346

Le leader du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a fait une sortie le mercredi 16 avril 2008 à Cape Town en Afrique du Sud, à l’occasion de la 118e session de l’Union Interparlementaire. Si son intervention était un exposé liminaire de la situation politique au Togo, on retiendra tout de même que Me Yawovi Agboyibo s’est plu à exhiber le cul de l’Union des Forces de Changement (UFC) et son président Gilchrist Olympio qu’il tient tacitement responsables de la crispation politique togolaise, et a peint son parti le CAR tout en blanc.

L’UFC et son Président à la barre Tout au début de son intervention, Me Agboyibo a joué à l’équilibriste. « Si le cas togolais est d’une complexité singulière, c’est à cause des pesanteurs bio-historiques et géo ethniques du pays. J’aimerais préciser que j’entends :
  • par pesanteurs bio-historiques, le conditionnement du comportement politique actuel des Togolais par des choix exprimés par leurs parents dans le passé.

  • par pesanteurs géo-ethniques, la tendance des populations à se positionner politiquement suivant leurs affinités ethniques ou régionales avec les leaders des formations politiques». Mais comme chassez le naturel il revient au galop, il a retrouvé ses réflexes. A mots à peine couverts, il a conçu le retour de Gilchrist Olympio au Togo en 1991 comme la genèse des maux du Togo. «Pendant longtemps, la lutte entre Gilchrist Olympio, le fils de Sylvanus Olympio, et le feu Président Eyadema a été un combat personnel sur fond d’allégations de tentatives de renversement du régime par la force. Mais il prit une autre allure à la faveur du mouvement démocratique des années 90. Gilchrist Olympio rentra au Togo en juillet 91 suite à la loi d’amnistie promulguée le 12 avril 1991 par le Général Eyadema. Il créa un parti politique qui a rallié plusieurs des familles qui avaient milité autour de son père pour l’indépendance du Togo en entretenant autour de sa personne, par le réveil des slogans symboles et chants du passé, une solidarité bio historique à connotation revancharde. Le Général Eyadema en prit rapidement la mesure et en riposte, fit de l’Etat un véritable bouclier de protection de sa personne en organisant l’Armée, la Justice et l’Administration à base de la solidarité géo ethnique ».

Ce passage a fait tiquer plus d’un qui se demandent si le leader du CAR n’est pas par hasard en train de tronquer sciemment l’histoire, obnubilé par son dédain traditionnel de l’UFC. « Le Togo était-il un eldorado politique, social et économique avant le retour au bercail de Gilchrist Olympio ? Agboyibo voudrait-il faire croire que le pouvoir en place à l’époque était à l’écoute des populations ? » Voilà la question que s’est posée un observateur avisé.

La même animosité a été au rendez-vous lorsque l’orateur a abordé les difficultés qui ont caractérisé l’après APG. Le leader du CAR a laissé entendre que ces difficultés ont vu le jour dès que les pourparlers ont été engagés pour la formation du Gouvernement d’Union Nationale. « Pendant les discussions et dans les dispositions de l’Accord Politique Global, toutes les parties prenantes au dialogue ont accepté de laisser au Président de la République le choix du Premier Ministre et des autres membres du Gouvernement d’union nationale. Mais aussitôt le Premier Ministre désigné, le leader de l’UFC éleva des protestations au motif que le facilitateur Blaise Compaoré lui aurait laissé entendre en marge des discussions que le Chef de l’Etat togolais serait disposé à ce que le Chef du gouvernement émane de son parti », a-t-il déclaré.

Me Agboyibo a même nié l’existence de quelque compromis de cette nature. « Si un tel compromis avait eu lieu, personne ne s’en serait plaint. Il s’est trouvé que les parties prenantes au dialogue n’en ont entendu parler, ni à Lomé, ni à Ouagadougou. Le Président Faure Gnassingbé en a été surpris », a-t-il dit, comme s’il se trouvait dans le secret des dieux. A l’en croire, le refus de participation de l’UFC au GUN et la participation des autres partis de l’opposition -CDPA et CAR- l’ont fragilisée et créé des dissensions au sein de la famille politique qui ont ainsi affecté le processus de réconciliation. L’orateur va plus loin et charge son pair de l’UFC d’avoir offert la victoire sur un plateau d’or au RPT au cours des dernières législatives. « Le plus déplorable, c’est que la culpabilisation par Gilchrist Olympio de ses partenaires de l’opposition a tourné à l’avantage de l’ancien parti unique RPT sorti vainqueur du scrutin avec 50 élus sur 81 avec 27 pour l’UFC et 4 pour le CAR », lit-on dans son intervention.

Le CAR blanc comme neige
Dans son intervention devant les parlementaires du monde entier, il a peint son parti le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) tout en blanc. Selon ses propos, « les populations sont même inquiètes » et « se demandent si le climat de paix qui règne depuis quelques temps dans le pays ne va pas être remis en cause du jour au lendemain surtout à l’occasion des élections présidentielles de 2010 », et d’ajouter que « plusieurs acteurs politiques essaient d’apporter des réponses à ces inquiétudes ». Même si l’orateur ne l’a pas affirmé en substances, il a décrit son parti comme n’ayant fait que du positif. Il l’a fait passer comme la formation politique qui a fait naître de l’espoir au Togo, pour le simple fait d’avoir conduit le dialogue intertogolais. C’est dans cette droite lignée qu’il a encore peint son parti comme celui par excellence qui essaie d’apporter des solutions aux difficultés créées par son « ennemi intime » de l’UFC. Comme on devait s’y attendre, le fameux concept de cogestion s’est invité et il en a fait un exposé intéressé à ses interlocuteurs. « C’est pour le résoudre (NDLR, le problème) que mon parti politique, le Comité d’action pour le renouveau (CAR), a proposé que le Togo adopte à titre intérimaire le régime de cogestion pour assurer le brassage des forces antagonistes et préparer la voie à l’alternance démocratique », a-t-il dit dans son discours.

Vraiment immaculé ?
C’est à croire que le CAR et son leader, eux, n’ont aucune responsabilité dans cette situation délétère au Togo. Justement sur cette question, certains comportements de l’orateur et de son parti lors du Dialogue intertogolais reviennent à la mémoire. Beaucoup se rappellent encore que l’UFC fait partie des parties qui ont refusé de parapher le 06 juillet 2006 l’Accord Politique de Base, l’ancêtre de l’Accord Politique Global ( APG), à cause de ses nombreuses insuffisances. Des voix s’étaient élevées à l’époque pour accuser le leader du CAR d’avoir fermé les yeux là-dessus, tactiquement pour ne pas « vexer » ses bienfaiteurs qui lui faisaient miroiter le poste de Premier ministre. Il a aussi été reproché par après à Me Yawovi Agboyibo d’avoir cautionné l’organisation d’un scrutin bâclé le 14 octobre 2007. Et à raison. Il a entre-temps avoué dans une déclaration publique que les élections législatives n’étaient pas organisées dans des conditions optimales, reconnaissant sous cape que les résultats du scrutin ne reflètent pas la réalité du terrain. Il a aussi mis en cause les membres des Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI). A la suite de cette sortie, des voix s’étaient élevées pour fustiger le mutisme suicidaire qu’avait observé le CAR lors de la préparation du scrutin, se contentant de ses acquis de la Primature et voulant préserver ses chances de se voir reconduire, mettant du coup en minorité l’UFC qui était seule à crier à un simulacre d’élections en perspective. Me Yawovi Agboyibo et son parti auraient réagi un peu plus tôt qu’on n’en serait pas arrivé à ce score stalinien pour le RPT lors de ce scrutin. C’est dire que la responsabilité du CAR est aussi dégagée. Mais comme par enchantement, Me Yawovi Agboyibo ne voit qu’un seul responsable de cette situation : Gilchrist Olympio et l’UFC. Au demeurant on retiendra que l’Union des Forces de Changement et son Président ont été au tribunal de Me Yawovi Agboyibo à Cape Town.
Tino Kossi

 
Retourner à la page Accueil

Comments

 

KAMPFER said:

... comme le CAR et son leader vont quotidiennement au Tribunal de Glchrist et son parti.

Ainsi va l'opposition dans notre pays.

May 1, 2008 3:10 PM

About togoforum

togoforum a été créé en 1999 juste comme un forum de discussion, puis est devenu un site web en 2001 /// togoforum was first created as a discussiion forum in 1999 and then became a website in 2001
© 2005 www.togoforum.com All rights reserved