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Depuis le début de cette semaine, des informations faisant état de brouille entre Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l’UFC (Union des Forces de Changement) et Gilchrist Olympio, président national de ce parti circulent à Lomé. Il se dit que le premier aurait été approché à Paris (France) par de hauts responsables du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) qui lui auraient proposé un deal. Ceci, dans la perspective du scrutin présidentiel de 2010.
Au terme de ce pacte secret, Jean-Pierre Fabre devrait se porter candidat contre son patron, Gilchrist Olympio à la présidentielle de 2010. Il bénéficiera dans cette aventure du soutien du parti au pouvoir. Les tenants de ces informations soutiennent également que le secrétaire général de l’UFC aurait reçu une importante somme d’argent comme « avance » des mains des émissaires du RPT.
« Faux! », rétorque Jean-Pierre Fabre qui estime que les auteurs de ces ‘‘conneries’’ « racontent des choses inimaginables ». « Vous me voyez quitter mon parti pour servir cette cause ? C’est complètement fou de penser en ces termes », a-t-il martelé avant d’ajouter, « si je suis désigné président du groupe parlementaire de mon parti à l’Assemblée nationale, c’est parce qu’on m’a fait confiance ». Et de conclure : «Allez dire à ceux qui colportent ces informations qu’ils aillent au diable ! ». Par ailleurs, a-t-il expliqué « il revient au parti de désigner son candidat à l’élection présidentielle et ce dernier, précise-t-il, vous le connaissez, c’est bien le président national, Gilchrist Olympio ».
Crosby Quist, le chargé de Communication de cette formation politique abonde dans le même sens. D’après lui, ces informations sont de nature à intoxiquer les populations et à détourner leur attention.
D’après une source proche du pouvoir, il s’agit d’une stratégie concoctée par la majorité pour déstabiliser cette dernière poche de résistance et conserver le pouvoir au lendemain du scrutin de 2010 : « Le RPT cherche à créer la division au sein de l’UFC en faisant des yeux doux au plus radical du parti, à savoir Jean-Pierre Fabre pour qu’il y ait émiettement de voix en sa faveur si ce dernier acceptait, d’aventure, de se présenter au scrutin présidentiel », explique cette source. Au lendemain de cette élection, indique cette même source, un seul argument sera brandi pour expliquer la défaite ainsi programmée de l’UFC : « le parti aurait pu gagner le scrutin s’il n’y avait pas de dissensions entre ses hauts responsables».
Au-delà de toutes ces allégations, la question est de savoir si Jean-Pierre Fabre est prêt à renoncer à sa nationalité française pour se présenter à une élection présidentielle ou si Gilchrist Olympio est prêt à se séparer de l’un de ses plus fidèles lieutenants ? Ce, d’autant plus que la Constitution togolaise en vigueur n’autorise pas les personnes ayant la double nationalité de faire acte de candidature à une élection présidentielle et que la machine à fraude du pouvoir en place à Lomé n’est pas encore à court d’idées pour laisser passer tout occasion de s’attribuer une victoire en 2010.
Malgré les démentis formels venant de l’UFC et de l’intéressé lui-même, des sources persistent et soutiennent que des tractations sont actuellement en cours pour qu’au prochain congrès statutaire du parti, Jean-Pierre Fabre soit destitué du poste de secrétaire général au profit d’Eric Amerding, le conseiller politique de Gilchrist Olympio qui se trouve être également son beau-frère.
On se souvient qu’en août 2007, en prélude au congrès d’investiture des candidats de l’UFC aux élections législatives du 14 octobre de la même année, de « fausses » informations selon lesquelles, Patrick Lawson, le 3e vice-président de ce parti était en conflit avec son chef, Gilchrist Olympio, avaient fait la une des journaux. Les deux hommes, à l’époque, se seraient opposés sur le choix des candidats devant figurer sur les listes. Un démenti formel a été apporté par Patrick Lawson le 30 août 2007, le jour de l’investiture. Pour l’heure, la présidentielle de 2010 est encore loin et les jours à venir édifieront les uns et les autres. Noël Y. A. Glissou
Le pouvoir de Faure et la question de la manipulation : Un argument fallacieux
Les deux dernières semaines ont été très mouvementées sur le campus universitaire de Kara suite à des revendications estudiantines. Pour le pouvoir en place, les manifestants ont été manipulés. Cette façon d’appréhender les mouvements d’humeur de la part de l’Etat appelle un certain nombre d’interrogations et donne lieu à des réflexions.
La question de la manipulation et d’infiltration d’individus malintentionnés pour commettre des actes subversifs au cours des marches de protestation est devenue un refrain pour le gouvernement togolais. De ce fait, tous les mouvements de protestation sont interdits aux motifs précités. Dans sa logique, le pouvoir de Faure Gnassingbé cherche toujours à voir derrière chaque mouvement de protestation, des esprits « mauvais » tapis dans l’ombre et dont le seul objectif serait de pousser les « honnêtes » à descendre dans les rues.
Aussi, le gouvernement a-t-il vite fait de trouver derrière les évènements qui ont secoué l’Université de Kara (UK), des mains suspectes : « compte tenu des mouvements violents organisés par ce groupe (d’étudiants) sur le campus et dans la ville de Kara, il est apparu que d’autres objectifs non avoués guident ce noyau ».
A cet effet, les noms de Kpatcha Gnassingbé (l’ancien ministre de la Défense et des Anciens Combattants et actuel député au parlement) et de Fambaré Ouatara Natchaba, ancien président de l’Assemblée nationale, sont cités comme étant les instigateurs du mouvement et les manipulateurs. Par ailleurs, s’agissant de la grogne spontanée des anciens combattants devant les guichets de la CRT (Caisse des Retraités du Togo) pour toucher leur pension, on semble accuser encore le ministre Kpatcha.
La situation ainsi décrite amène à se poser un certain nombre de questions. Les étudiants de Kara ne sont-ils pas assez intelligents ou matures pour revendiquer leurs droits ? Ont-ils besoin forcément d’être manipulés avant d’exiger l’amélioration de leurs conditions de vie et d’études? De la même manière les anciens combattants ont-ils fait l’objet de manipulation ?
« Qui veut noyer son chien l’accuse de rage », dit un adage populaire. Le gouvernement togolais, on le sent, a peur de la rue. Pour preuves, le 04 août 2007 où, à quelques heures seulement de la tenue d’une marche pacifique de l’UFC et de certaines associations de la société civile visant à dénoncer la vie chère et les « mauvaises » conditions de préparation des législatives du 14 octobre, le gouvernement d’alors dirigé par Me Yawovi Agboyibo avait interdit le mouvement au motif qu’il allait être récupéré par un groupe d’individus susceptibles de porter atteinte aux institutions de la République.
Par la suite, toutes les marches de revendication ont été annulées avec les mêmes arguments.
De l’ATC (Association Togolaise des Consommateurs) aux syndicats des travailleurs, toutes les tentatives de manifestation dans les rues ont été étouffées. Le gouvernement a su mettre tout le monde au pas ! Les incidents intervenus lors des manifestations de rue dans certaines capitales africaines ne feront que le renforcer sa détermination à obliger tous les Togolais à « regarder dans la même direction ».
Pourtant, l’Etat dispose des forces de l’ordre et de sécurité (plus de 6.000 hommes) pour encadrer et canaliser les marches.
En interdisant les manifestations, les différents gouvernements qui se sont succédés depuis l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir ont « allègrement » violé l’une des dispositions de la Constitution du pays : celle qui reconnaît au citoyen, le droit de manifester.
Les arguments qui tendent à faire croire qu’il existe des « manipulateurs » cachent les réelles intentions du pouvoir. En réalité, il apparaît que le régime de Faure Gnassingbé ne veut plus entendre parler de revendications qui draineraient des foules dans la rue. Et si tel est le cas, nul n’aura tort d’affirmer que le Togo ne progresse pas sur le sentier de la promotion des droits humains élémentaires.
Noël Y.A. Glissou
Pour sortir le Togo de la crise sociopolitique Les acteurs proposent une transition politique
La scène politique togolaise foisonne depuis quelques jours de propositions visant à sortir définitivement le pays de la longue crise politique qu’il traverse. Différentes formations politiques énoncent ou rappellent leur vision de la gestion du pouvoir et des affaires publiques. Des idées qui, à quelques différences près, aboutiront au même résultat ; celui d’instaurer une transition politique. Mais encore faut-il que les différents acteurs s’accordent sur l’essentiel pour hisser le Togo au rang des pays émergeants.
Au lendemain de la signature de l’APG (Accord politique global), l’historien et politologue Atsutsè Kokouvi Agbobli a été l’un des premiers responsables politiques à proposer une autre formule pour la gestion du pays dans l’intérêt de tous ses fils et filles. Il s’agit du CPG (Compromis politique global) qui selon lui, doit permettre aux différents protagonistes de la crise politique nationale de faire des compromis et de s’entendre sur certaines modalités pour gouverner ensemble le pays ; le temps d’y asseoir une véritable démocratie et de le relancer économiquement avant de revenir aux luttes politiques partisanes et à la course aux élections. Aujourd’hui, cinq mois après les législatives, nombreux sont les partis politiques et autres leaders qui sortent des propositions allant dans le même sens.
La cascade de propositions Après les élections législatives d’octobre 2007, l’UFC (Union des forces de changement) a été la première à dévoiler ses intentions en réclamant des discussions bilatérales entre les deux formations politiques ayant obtenus le plus grand nombre de suffrages. Le but de ces discussions, selon ses initiateurs, est de redéfinir ensemble, les conditions pour une gestion commune et consensuelle du pays. Cette proposition a défrayé la chronique au sein de la classe politique togolaise. Le CAR, après l’avoir contestée, a sorti la sienne : la cogestion. Un mode d’organisation politique qui, selon Me Yawovi Agboyibo, peut instaurer la stabilité de longue durée dont le pays a besoin pour son redressement sociopolitique.
L’idée, à peine sortie, est critiquée et contestée par d’autres hommes politiques. Pour le Dr David Ekoudé Ihou, ancien ministre de la Santé, il s’agit d’ « un ‘‘machin’’ de diversion ». Le Pr. Aimé Tchaboré-Gogué de l’ADDI (Alliance pour la Démocratie et le Développement Intégral) quant à lui, demandera plus d’approfondissement.
Comme pour ne pas se faire oublier, la CDPA (Convention démocratique des peuples africains) du Professeur Messan Gnininvi sort de son mutisme pour proposer « un pacte historique pour enfin libérer l’avenir au Togo ». Ce même jour, le MODENA (Mouvement pour le développement national), parti de l’ancien ministre de la Communication, Atsutsè Kokouvi Agbobli, dans le cadre des festivités de son premier anniversaire organise une conférence-débat et propose aux Togolais l’adoption d’un régime parlementaire pour résoudre les problèmes politiques du pays.
Les mêmes idées exprimées différemment Des discussions bilatérales sollicitées par Gilchrist Olympio et sa base au pacte historique du Pr. Léopold Messan Gnininvi en passant par la cogestion de Me Yawovi Agboyibo, l’aboutissement n’est autre que d’arriver à instaurer une stabilité politique dans le pays et assurer le partage équitable de la richesse nationale.
En appelant les gagnants des dernières législatives à faire de leur avantage ‘‘une victoire modeste’’ afin d’associer tous les acteurs politiques à la gestion du pays, l’UFC exprimait à l’époque sa vision d’une gestion collective du pays. D’où l’idée des discussions bilatérales avec le RPT, parti vainqueur, au lendemain de la proclamation des résultats.
Niet ! Ont répondu le CAR et d’autres formations politiques. L’idée est partagée dans une certaine mesure par les chantres du ‘‘pacte historique’’ qui soutiennent qu’aucun parti politique ne peut à lui seul, mener les réformes constitutionnelles et institutionnelles et sortir le pays de la situation actuelle. Même son de cloche chez la CPP (Convergence Patriotique Panafricaine) d’Edem Kodjo qui parlait de la politique des «petits pas»; ou encore Dosseh- Anyron qui a inventé le «participationnisme».
En somme, il découle de tous ces modes d’organisation suggérés que le rassemblement de toutes les forces et compétences du pays est nécessaire pour la résolution des problèmes togolais.
Le RPT est-il prêt à s’ouvrir à cette dynamique ? L’idée principale qui résulte de toutes ces propositions n’est pas seulement de se partager les postes ministériels dans un gouvernement d’union nationale ou de large ouverture. Selon certains hommes politiques, il s’agira de revoir véritablement la gestion actuelle de l’administration publique et d’y apporter les solutions idoines en confiant les postes de responsabilité aux compétences disponibles dans le pays. Ceci, sans tenir compte de leur coloration politique. Pour les auteurs de ces propositions, aucun parti ne peut prétendre disposer en son sein de toutes les ressources humaines qualifiées pour assurer la gestion de toutes les structures et démembrements de l’Etat.
Or, le constat aujourd’hui, selon bon nombre de togolais, est qu’il faut être militant du parti au pouvoir pour prétendre à la direction d’une grande société ou être promu à des postes de responsabilité dans l’administration. « C’est de bonne guerre pour le RPT », estime un critique qui ajoute qu’«étant donné que le parti se sert de ces pions pour des intérêts partisans et électoralistes, il ne serait pas prêt à partager ces postes de décision avec les autres formations politiques».
Le problème, regrette un autre observateur, est que ces « pions » du pouvoir RPT n’ont pas toujours les compétences requises pour assumer la tâche qui leur est confiée. Ce dernier illustre son assertion par la lenteur souvent remarquée dans la nomination des responsables de certaines sociétés en cas de vacance de postes. « Cette lenteur s’expliquerait par le souci du RPT à trouver forcément un militant compétent ou à peu près compétent pour occuper ce poste ». D’après cet observateur, un gestionnaire des ressources humaines, en procédant ainsi, le RPT fait non seulement la promotion de la médiocrité et du nivellement par le bas, mais aussi, conduit lentement mais insidieusement le pays vers le désastre.
Si cette logique partisane n’est pas corrigée, les nombreuses suggestions faites par les partis et autres organisations pour trouver des solutions à la crise togolaise risquent d’être une «prêche» dans le désert.
Le RPT en se targuant de sa victoire aux dernières législatives, s’est en effet arrogé la quasi-totalité des responsabilités administratives et du haut de son piédestal essaie de tendre la main aux perdants pour participer, « s’ils le veulent », à la gestion des affaires du pays. Une démarche que certains partis politiques (notamment le CAR et l’UFC) n’épousent pas, étant entendu qu’il est évident aujourd’hui, que les élections ne résolvent pas les problèmes du pays. Une situation qui plus est, va aux antipodes de la réconciliation prônée par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé.
La réconciliation : un mode de vie et non un décret Depuis son arrivée au pouvoir en avril 2005, ‘‘le jeune’’ a toujours « œuvré pour la réconciliation nationale » et a fini par lancer le 15 avril dernier, les consultations nationales pour y arriver. Cette réconciliation, pensent certains togolais, ne consiste pas seulement à rétablir la vérité sur les violences politiques des années précédentes. Elle consiste aussi et surtout à mettre fin à la discrimination partisane et ethnique érigée en système dans les administrations et les sociétés du pays. Il s’agit ainsi d’éviter les frustrations dans lesquelles vivent certains togolais, face à l’inégalité sociale créée de toute pièce par la politique.
Par ailleurs, elle (la réconciliation) doit se vivre au quotidien à travers un partage équitable du bien commun et à travers l’humilité et la modestie des ‘‘gagnants’’ et ‘‘dominateurs’’ à l’endroit des ‘‘perdants’’ et ‘’dominés’’. La nécessité pour tous les Togolais de penser au ‘‘Togo d’abord’’ est alors urgente pour sortir le pays de cette crise qui n’a fait que trop durer.
Sedjrawodo A. Adry
Pour la relance de l’économie togolaise : Le FMI accorde un prêt d’environ 48,6 milliards de F CFA à Lomé
Le 21 avril dernier, le Conseil d’administration du FMI (Fonds monétaire international) a approuvé en faveur du Togo un prêt à faible taux d’intérêt, d’un montant d’environ 108 millions de dollars (soit environ 48,6 milliards de FCFA), pour l’aider à rebâtir son économie. Trois objectifs majeurs sont visés : il s’agit de l’amélioration de la situation budgétaire du pays, de la réduction de la dette publique et de la relance de la croissance économique.
Les élections parlementaires de l’année dernière ont, de l’avis des analystes, ouvert la voie à la reprise par les principaux donateurs internationaux de leur aide financière au Togo qui compte environ 6 millions d’habitants et coincé entre le Ghana et le Bénin. « Le Togo a bien progressé depuis 2006 dans la voie des réformes économiques et politiques», a déclaré Murilo Portugal, Directeur général adjoint et Président par intérim du Conseil d’administration du FMI. Ce dernier n’a pas manqué de souligner qu’avec ce prêt, le FMI marque son retour au chevet du Togo et devient par la même occasion la première grande institution financière internationale à reprendre l’octroi de ses prêts à un État d’Afrique de l’Ouest. Ceci après près de 15 ans de rupture de coopération entre ce pays et ses principaux partenaires financiers.
Amélioration de la situation budgétaire «Avec le soutien du FMI et dans le cadre d’un programme de référence réussi, précise Murilo Portugal, les autorités ont mis en place d’importantes réformes en matière de gouvernance des finances publiques qui ont accru les recettes fiscales et renforcé la maîtrise des dépenses. Il en a résulté une forte amélioration de la situation budgétaire et l’accumulation d’arriérés intérieurs s’est inversée. Par ailleurs, des réformes structurelles ont été engagées dans le secteur bancaire ainsi que dans les secteurs du coton, des phosphates et de l’énergie».
Le Conseil d’administration du FMI a approuvé à l’endroit de ce pays, un accord triennal au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) un prêt évalué à 108 millions de dollars soit 48,6 milliards de FCFA. Cette somme servira d’appui au programme économique du gouvernement pour les deux prochaines années (2008-2010). Le premier décaissement, d’un montant de 22 millions de dollars soit 9,9 milliards de FCFA sera disponible immédiatement.
D’après le responsable du fonds précité, «le programme économique à moyen terme des autorités togolaises, appuyé par le nouvel accord FRPC, aidera à préserver le dynamisme des réformes. « Fondé sur le Document intérimaire de stratégie pour la réduction de la pauvreté du Togo, ce programme vise d’après lui à raviver la croissance économique et à réduire la pauvreté dans un environnement macroéconomique stable».
Réduction de la dette publique L’un des objectifs fondamentaux de ce programme est de ramener à un niveau soutenable la dette publique excessive du Togo par un ajustement budgétaire et un allégement graduel. Le programme FRPC aidera ainsi le Togo à progresser vers un allégement global de sa dette dans le cadre de deux initiatives appuyées par le FMI.
«Le programme prévoit en outre une augmentation sensible des dépenses d’infrastructure, de santé et d’éducation dans le but de promouvoir la croissance économique et d’améliorer les conditions de vie élémentaires. Des politiques macroéconomiques prudentes et une coordination étroite avec les partenaires et donateurs régionaux seront essentielles face à des chocs extérieurs tels que la récente flambée des prix des produits alimentaires et pétroliers», a expliqué M. Portugal.
Relance de la croissance économique Selon le FMI, les réformes entreprises dans les secteurs du coton et des phosphates, la mise en place de mesures visant à résoudre les problèmes d’approvisionnement en énergie, la réalisation d’investissements dans l’infrastructure des transports et l’amélioration du climat des affaires aideront à raviver et à soutenir la croissance économique à moyen terme au Togo.
«Un effort concerté de rétablissement des relations avec les donateurs et créanciers sera essentiel au succès du programme. Une forte augmentation du financement concessionnel sera nécessaire à la réalisation des investissements et des dépenses sociales générateurs de croissance que prévoit le programme. Il sera indispensable d’accroître l’assistance technique pour remettre sur pied la capacité institutionnelle qui a été érodée par la crise sociopolitique et l’interruption de longue durée des concours des donateurs», a en outre souligné M. Portugal.
Premier du genre depuis les élections législatives d’octobre 2007, ce prêt du FMI marque de façon concrète le retour du Togo dans les bonnes grâces des institutions financières internationales. Il fait suite à de nombreuses missions conjointes du FMI et de la Banque mondiale et tout récemment de la BAD (Banque africaine de développement) à Lomé depuis la relance en 2005 du dialogue politique entre les acteurs de la crise sociopolitique de ce pays, mais aussi à la reprise de la coopération entre le Togo et l’Union européenne en décembre 2007. Au nombre des actes marquant le retour du Togo dans le concert de la communauté financière internationale, on citera aussi le protocole d’accord du processus d’annulation des arriérés de dette vis-à-vis de la Banque mondiale, et celui intervenu entre ce pays et la BAD la semaine dernière à Tunis, au siège de cette institution. Il en est de même des nombreuses visites d’hommes d’affaires français, italiens, roumains sans oublier le séjour d’une délégation du gouvernement allemand en terre togolaise.
Tout en se félicitant de la reprise de la coopération entre le Togo et ses principaux partenaires, nombreux sont ces hommes politiques qui pensent que des efforts doivent être encore faits à l’intérieur du pays pour que cette reprise profite à tous les fils et filles de cet Etat. La balle est désormais dans le camp de Faure Gnassingbé et compagnies qui, au lieu de céder au triomphalisme, doivent plutôt œuvrer pour une vraie réconciliation qui suppose l’association de toutes les compétences (qu’elles soient du RPT ou de l’opposition) à la gestion du pays et une redistribution équitable des richesses. (Source : Bulletin du FMI) Marc D. Kouakani-Assi |