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April 2008 - Posts

  • 118e session de l’Union Interparlementaire à Cape Town en Afrique du Sud : Gilchrist Olympio et l’UFC au tribunal de Me Yawovi Agboyibo

    Liberté Hebdo #346

    Le leader du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a fait une sortie le mercredi 16 avril 2008 à Cape Town en Afrique du Sud, à l’occasion de la 118e session de l’Union Interparlementaire. Si son intervention était un exposé liminaire de la situation politique au Togo, on retiendra tout de même que Me Yawovi Agboyibo s’est plu à exhiber le cul de l’Union des Forces de Changement (UFC) et son président Gilchrist Olympio qu’il tient tacitement responsables de la crispation politique togolaise, et a peint son parti le CAR tout en blanc.

    L’UFC et son Président à la barre Tout au début de son intervention, Me Agboyibo a joué à l’équilibriste. « Si le cas togolais est d’une complexité singulière, c’est à cause des pesanteurs bio-historiques et géo ethniques du pays. J’aimerais préciser que j’entends :
    • par pesanteurs bio-historiques, le conditionnement du comportement politique actuel des Togolais par des choix exprimés par leurs parents dans le passé.

    • par pesanteurs géo-ethniques, la tendance des populations à se positionner politiquement suivant leurs affinités ethniques ou régionales avec les leaders des formations politiques». Mais comme chassez le naturel il revient au galop, il a retrouvé ses réflexes. A mots à peine couverts, il a conçu le retour de Gilchrist Olympio au Togo en 1991 comme la genèse des maux du Togo. «Pendant longtemps, la lutte entre Gilchrist Olympio, le fils de Sylvanus Olympio, et le feu Président Eyadema a été un combat personnel sur fond d’allégations de tentatives de renversement du régime par la force. Mais il prit une autre allure à la faveur du mouvement démocratique des années 90. Gilchrist Olympio rentra au Togo en juillet 91 suite à la loi d’amnistie promulguée le 12 avril 1991 par le Général Eyadema. Il créa un parti politique qui a rallié plusieurs des familles qui avaient milité autour de son père pour l’indépendance du Togo en entretenant autour de sa personne, par le réveil des slogans symboles et chants du passé, une solidarité bio historique à connotation revancharde. Le Général Eyadema en prit rapidement la mesure et en riposte, fit de l’Etat un véritable bouclier de protection de sa personne en organisant l’Armée, la Justice et l’Administration à base de la solidarité géo ethnique ».

    Ce passage a fait tiquer plus d’un qui se demandent si le leader du CAR n’est pas par hasard en train de tronquer sciemment l’histoire, obnubilé par son dédain traditionnel de l’UFC. « Le Togo était-il un eldorado politique, social et économique avant le retour au bercail de Gilchrist Olympio ? Agboyibo voudrait-il faire croire que le pouvoir en place à l’époque était à l’écoute des populations ? » Voilà la question que s’est posée un observateur avisé.

    La même animosité a été au rendez-vous lorsque l’orateur a abordé les difficultés qui ont caractérisé l’après APG. Le leader du CAR a laissé entendre que ces difficultés ont vu le jour dès que les pourparlers ont été engagés pour la formation du Gouvernement d’Union Nationale. « Pendant les discussions et dans les dispositions de l’Accord Politique Global, toutes les parties prenantes au dialogue ont accepté de laisser au Président de la République le choix du Premier Ministre et des autres membres du Gouvernement d’union nationale. Mais aussitôt le Premier Ministre désigné, le leader de l’UFC éleva des protestations au motif que le facilitateur Blaise Compaoré lui aurait laissé entendre en marge des discussions que le Chef de l’Etat togolais serait disposé à ce que le Chef du gouvernement émane de son parti », a-t-il déclaré.

    Me Agboyibo a même nié l’existence de quelque compromis de cette nature. « Si un tel compromis avait eu lieu, personne ne s’en serait plaint. Il s’est trouvé que les parties prenantes au dialogue n’en ont entendu parler, ni à Lomé, ni à Ouagadougou. Le Président Faure Gnassingbé en a été surpris », a-t-il dit, comme s’il se trouvait dans le secret des dieux. A l’en croire, le refus de participation de l’UFC au GUN et la participation des autres partis de l’opposition -CDPA et CAR- l’ont fragilisée et créé des dissensions au sein de la famille politique qui ont ainsi affecté le processus de réconciliation. L’orateur va plus loin et charge son pair de l’UFC d’avoir offert la victoire sur un plateau d’or au RPT au cours des dernières législatives. « Le plus déplorable, c’est que la culpabilisation par Gilchrist Olympio de ses partenaires de l’opposition a tourné à l’avantage de l’ancien parti unique RPT sorti vainqueur du scrutin avec 50 élus sur 81 avec 27 pour l’UFC et 4 pour le CAR », lit-on dans son intervention.

    Le CAR blanc comme neige
    Dans son intervention devant les parlementaires du monde entier, il a peint son parti le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) tout en blanc. Selon ses propos, « les populations sont même inquiètes » et « se demandent si le climat de paix qui règne depuis quelques temps dans le pays ne va pas être remis en cause du jour au lendemain surtout à l’occasion des élections présidentielles de 2010 », et d’ajouter que « plusieurs acteurs politiques essaient d’apporter des réponses à ces inquiétudes ». Même si l’orateur ne l’a pas affirmé en substances, il a décrit son parti comme n’ayant fait que du positif. Il l’a fait passer comme la formation politique qui a fait naître de l’espoir au Togo, pour le simple fait d’avoir conduit le dialogue intertogolais. C’est dans cette droite lignée qu’il a encore peint son parti comme celui par excellence qui essaie d’apporter des solutions aux difficultés créées par son « ennemi intime » de l’UFC. Comme on devait s’y attendre, le fameux concept de cogestion s’est invité et il en a fait un exposé intéressé à ses interlocuteurs. « C’est pour le résoudre (NDLR, le problème) que mon parti politique, le Comité d’action pour le renouveau (CAR), a proposé que le Togo adopte à titre intérimaire le régime de cogestion pour assurer le brassage des forces antagonistes et préparer la voie à l’alternance démocratique », a-t-il dit dans son discours.

    Vraiment immaculé ?
    C’est à croire que le CAR et son leader, eux, n’ont aucune responsabilité dans cette situation délétère au Togo. Justement sur cette question, certains comportements de l’orateur et de son parti lors du Dialogue intertogolais reviennent à la mémoire. Beaucoup se rappellent encore que l’UFC fait partie des parties qui ont refusé de parapher le 06 juillet 2006 l’Accord Politique de Base, l’ancêtre de l’Accord Politique Global ( APG), à cause de ses nombreuses insuffisances. Des voix s’étaient élevées à l’époque pour accuser le leader du CAR d’avoir fermé les yeux là-dessus, tactiquement pour ne pas « vexer » ses bienfaiteurs qui lui faisaient miroiter le poste de Premier ministre. Il a aussi été reproché par après à Me Yawovi Agboyibo d’avoir cautionné l’organisation d’un scrutin bâclé le 14 octobre 2007. Et à raison. Il a entre-temps avoué dans une déclaration publique que les élections législatives n’étaient pas organisées dans des conditions optimales, reconnaissant sous cape que les résultats du scrutin ne reflètent pas la réalité du terrain. Il a aussi mis en cause les membres des Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI). A la suite de cette sortie, des voix s’étaient élevées pour fustiger le mutisme suicidaire qu’avait observé le CAR lors de la préparation du scrutin, se contentant de ses acquis de la Primature et voulant préserver ses chances de se voir reconduire, mettant du coup en minorité l’UFC qui était seule à crier à un simulacre d’élections en perspective. Me Yawovi Agboyibo et son parti auraient réagi un peu plus tôt qu’on n’en serait pas arrivé à ce score stalinien pour le RPT lors de ce scrutin. C’est dire que la responsabilité du CAR est aussi dégagée. Mais comme par enchantement, Me Yawovi Agboyibo ne voit qu’un seul responsable de cette situation : Gilchrist Olympio et l’UFC. Au demeurant on retiendra que l’Union des Forces de Changement et son Président ont été au tribunal de Me Yawovi Agboyibo à Cape Town.
    Tino Kossi

     
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  • 27 avril 2008 : La fête nationale encore célébrée dans la discorde

    Liberté Hebdo #347

    Le 48ème anniversaire de l’indépendance du Togo a été célébré hier sur toute l’étendue du territoire national. Encore une fois, cette date a été séparément commémorée par le pouvoir et l’Union des Forces de Changement (UFC), le principal parti de l’opposition. Les autres formations politiques n’avaient qu’à se partager sur les deux camps et selon les intérêts de chacun. Cependant, le pire a failli arriver quand le gouvernement avait voulu étouffer le programme de l’UFC, expliquant que ses manifestations sont ressenties comme « un acte de provocation traduisant une défiance à l’égard des autorités qui dans le même temps sont en train d’exécuter le programme officiel du 27 avril 2007 ». Un argument que Gilchrist Olympio et ses lieutenants ont balayé du revers de la main.

    Mais à l’issue de ce bref bras de fer, une question s’impose : est-ce que le gouvernement s’est mis dans des conditions normales pour interdire les festivités de l’UFC ? Non. En fait, la date du 27 avril a été pendant longtemps bannie dans les annales des fêtes nationales du Togo. Au temps du parti unique, le pouvoir du Général Eyadèma a rangé dans les placards tout l’héritage de l’indépendance. C’était la date du 13 janvier baptisée « Journée de la Libération nationale » - quoique Eyadèma soit arrivé au pouvoir le 14 avril 1967 - qui avait pignon sur rue. L’hymne national a disparu au profit de celui du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Le 27 avril n’a été réhabilité qu’en 1991 à la faveur du vent de l’Est. « La fête nationale de la République Togolaise est célébrée le 27 avril de chaque année », consacrent la constitution adoptée par référendum le 31 décembre 1992 et celle modifiée unilatéralement par le RPT en décembre 2002. En revanche, jusqu’à la mort du Général Eyadèma en févier 2005, cette fête n’a jamais été célébrée comme il se devait : le jour était férié et quitte à chacun de se réjouir chez lui. Et comme la nature a horreur du vide, les militants de l’UFC qui se réclament des nationalistes qui avaient conduit le Togo à la souveraineté internationale, en profitaient pour donner à cette date les honneurs dus. Ce parti organisait plusieurs manifestations qui recevaient l’adhésion des populations nostalgiques du passé. Arrivé au pouvoir en 2005, le chef de l’Etat Faure Gnassingbé avait annoncé que le 27 avril allait désormais être célébré avec la manière. Mais les actes n’arrivent pas à s’aligner sur les discours. Bien que la date du 13 janvier 1967 ne représente rien dans l’histoire du Togo, le jeune président la commémore avec le même entrain que ce qui se faisait au temps de son père. Il pérennise en somme la tradition au détriment du 27 avril. Dans son entourage, on continue de croire que le 27 avril est pour l’opposition et le 13 janvier pour le RPT. Compte tenu des difficultés du moment (la raison officielle), le pouvoir s’est résolu à fêter le 13 janvier 2008 dans la sobriété. Mais dans les faits, les manifestations furent grandioses et chaque militaire avait eu droit à 100 000 FCFA, un cadeau du Président. A cette occasion, il avait été annoncé aussi que le 27 avril serait fêté avec modération. Une nouvelle qui avait suscité à l’époque un tollé au sein de l’opinion qui n’a pas compris pourquoi le pouvoir tentait de mettre les deux dates sur un pied d’égalité. Comme par enchantement, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Anciens Combattants, Pascal Bodjona a, au cours d’une émission télévisée (TV7), enfoncé le clou en essayant de mettre en cause cette date. Pour lui, le 27 avril est sujet à caution puisqu’il correspondrait à la date anniversaire de la création du Comité de l’Unité Togolaise (CUT) et de la victoire de ce parti aux élections législatives du 27 avril 1958.

    Ces clichés font que d’autres partis notamment l’UFC ne s’associent pas au programme officiel, préférant faire cavalier seul. Pour éviter ce désordre constaté hier, il va falloir que le pouvoir s’approprie cette fête en lui donnant un caractère national. Il convient de bannir l’hypocrisie et la langue de bois pour que tous les Togolais se retrouvent dans les manifestations officielles. Si tout est bien fignolé avec un programme qui vide les préoccupations de l’UFC, ce parti n’aura plus aucun argument à continuer sa célébration en solo. Le mauvais rôle du CAR

    Au lendemain des élections législatives du 14 octobre 2007, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Agboyibo, s’est mué dans un rôle de « force tampon » entre le RPT et l’UFC, les deux principaux partis du pays. Malheureusement, ses positions paraissent ambiguës et ne font pas évoluer la situation. Abordant la discorde autour de la fête du 27 avril, Me Agboyibo a servi une autre version de l’histoire. En digne héritier des progressistes, il écrit : « L’affrontement entre les deux courants a pris un relief historique à l’occasion de la campagne pour le renouvellement, le 27 avril 1958, de l’Assemblée législative territoriale dont le mandat venait d’expirer. Le CUT et la JUVENTO ont promis qu’en cas de victoire, ils allaient proclamer l’indépendance dans l’immédiat, c’est-à-dire dès 1958, tandis que pour le PTP et l’UCPN, il fallait, quelle que soit l’issue du scrutin législatif, attendre 1960 conformément au processus qu’ils avaient arrêté en 1956 avec l’autorité de tutelle ». Le parti estime que le désaccord autour de la fête aurait pu être évité si « les pouvoirs publics s’étaient préoccupés de donner un caractère rassembleur à la commémoration et n’ont pas offert à certaines formations politiques, l’occasion de réveiller et d’exalter à des fins partisanes des moments douloureux que le peuple togolais a vécus dans sa marche commune vers l’indépendance ». Bonne remarque n’est-ce pas ? Qu’a-t-il pu faire l’année dernière lorsqu’il était Premier ministre ? A-t-il pris les « dispositions appropriées pour qu’à l’avenir, les Togolais commémorent ensemble l’anniversaire de l’indépendance nationale» ?

    Comme ses prédécesseurs progressistes (une autre conception biologique de la lutte), il continue de jouer le mauvais rôle au profit du pouvoir, au lieu de s’imposer réellement comme une troisième force qui puisse tenir les deux camps en respect.

    Comme on le voit, le Togo est profondément divisé et il est une nécessité aujourd’hui que le processus de réconciliation en cours prenne en compte ce désaccord autour de la fête du 27 avril. Tous les acteurs politiques doivent transcender les idées arrêtées et tenir un discours sincère. Ainsi, le 27 avril sera célébré avec ferveur puisque tous les Togolais se sentiront concernés.
    R. Kédjagni


    Fonction publique Nécessité d’organiser le concours dans la transparence

    Le ministre de la Fonction publique a lancé le 22 avril dernier un concours national de recrutement du personnel pour l’Administration Publique. L’information a été rendue publique par la télévision nationale puis reprise deux jours plus tard par le quotidien national « Togo-Presse ». Ainsi, tout jeune togolais ayant un diplôme et âgé de 18 ans au moins ou de 35 ans au plus à la date du concours peut postuler. Mais le nombre total des postes ouverts est fixé à 1692 pour les fonctionnaires des catégories A1, A2, B, C et D, et 1375 pour les employés de bureau et le personnel d’appui. La date limite du dépôt des dossiers de candidature est fixée au jeudi 22 mai 2008 à 17 heures 30 minutes.

    Il faut reconnaître que l’initiative n’est pas mauvaise en soi, vu le taux sans cesse croissant du chômage dans notre pays. Mais là où le bât blesse,c’est les conditions imposées par le ministère de la Fonction publique pour participer au concours. D’abord, les frais d’inscription fixés à 5000 F. En ce moment de vie chère où le peuple tire le diable par la queue, ce montant est jugé trop élevé. Cela empêchera bon nombre de jeunes de participer au concours. Aujourd’hui, force est de constater que nombreuses sont les familles qui n’arrivent pas à s’offrir un repas par jour et par conséquent ne sont pas en mesure de débourser cette somme.

    Il est connu de tous qu’au moins 60% des Togolais ont un revenu mensuel inférieur à 13 000 F CFA. Cela montre clairement qu’au moins 60% des jeunes diplômés ne pourraient pas participer à ce concours par manque de moyen. C’est pourquoi les droits d’inscription méritent d’être revus à la baisse. Nombre d’observateurs pensent également qu’en fixant ces droits à 5 000 F CFA, le gouvernement cherche simplement à remplir ses caisses. Parce que, vu l’engouement que suscite ce concours, les gens chercheront à s’endetter afin d’y participer. Et on risque d’avoir une pléthore de candidatures. Si l’effectif atteint 10 000 candidats et que chacun paye 5 000 F CFA, alors le gouvernement encaissera 50 millions. Et chaque candidat dépensera également au moins 5 000 F pour préparer les autres dossiers (légalisation des pièces d’identité, demande de carte de demandeur d’emploi, le casier judiciaire…). Plus de cent millions rentreront donc dans les caisses de l’Etat à l’issue de ce concours.

    En plus, nombreux sont ceux qui craignent les éventuelles fraudes. Connaissant bien le régime en place, on a peur qu’à l’issue du concours, on retrouve sur les listes, les noms des gens qui n’ont même pas fait les dépôts de candidature ou pire encore le degré de militantisme l’emporte sur l’excellence.

    Les autorités en charge de ce concours doivent faire preuve de transparence et donner la chance aux plus méritants. C’est comme cela que le pays pourra avancer. Comme quoi, la médiocrité dans l’Administration publique constitue un frein non négligeable au développement d’un pays. Le Togo appartient à tous les Togolais et il est temps qu’on se départisse des considérations politiques et ethniques dans le partage de ses biens
    G.K.


    48ème anniversaire de l’Indépendance du Togo Meeting, messes, match de football, réjouissances ont marqué les manifestations de l’UFC

    Après la conférence débat de la Jeunesse des Forces de Changement (JFC) et le point de presse de la Section Dames de l’UFC sur la vie chère et le 27 avril, les manifestations commémorant le 48ème anniversaire de l’Indépendance du Togo organisées par l’Union des Forces de Changement (UFC) se sont poursuivies le samedi et ont connu leur apothéose hier dimanche. Messes en mémoire des victimes des massacres du 26 avril 2005, dépôts de gerbes, tournoi de football, dégustations des mets d’antan, animations groupes folkloriques, meeting populaire, démonstration de danse des années 60, pique-nique ont marqué ces deux dernières journées.

    Samedi dans l’après-midi, les militants et sympathisants de Détia se sont retrouvés à la place Anani Santos pour un meeting animé par le président national, Gilchrist Olympio. C’est dans une sobriété que s’est tenue cette réunion publique. L’interdiction à grands renforts de spots publicitaires des manifestations de l’UFC par le Gouvernement a dissuadé nombre de militants à faire le déplacement. Néanmoins beaucoup ont bravé l’interdiction et c’est sur le lieu du meeting qu’ils apprendront que l’embargo a été levé in extremis la veille.

    Six interventions ont marqué cette réunion. D’abord c’est l’Honorable député Isabelle Améganvi qui a pris la parole pour saluer le courage et la détermination des militants qui malgré l’interdiction ont fait nombreux le déplacement pour écouter le message du parti. Elle a été suivie par M. Kaloukouey Diabacté. Le vice-président de l’UFC a entretenu l’assistance sur la vie chère. Il a demandé au gouvernement d’accroître le salaire des fonctionnaires, réduire les taxes, les impôts et les droits de douanes sur les produits, en somme prendre des mesures hardies pour soulager la souffrance des populations. Ensuite, M. Elliot Ohin ancien Secrétaire Général du parti est monté sur le podium. Il a au nom de la Diaspora aux Etats-Unis remercié les populations pour leurs adhésions aux idéaux du parti et les a exhortées à rester mobilisées derrière l’UFC pour sa victoire aux prochaines échéances afin que le changement tant désiré soit réalisé.

    L’assistance a eu également à écouter les messages de soutien des partis frères et amis notamment l’ADDI (Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral) et le Parti des Travailleurs. Pour M. Lamboni représentant M. Aimé Gogué, si ADDI est présent aux manifestations de l’UFC c’est que le parti a le même plumage que l’UFC. Il a rassuré les responsables de l’UFC que ADDI luttera à ses côtés pour que le « soleil se lève sur la terre de nos aïeux ».

    « Le régime d’oppression qui s’est installé depuis 40 ans n’a fait que détruire la société togolaise et assombrir l’avenir d’une jeunesse aujourd’hui dépourvue d’ambition et d’un bien-être meilleur », a-t-il fait observer avant d’ajouter : « ce régime s’est mué au fil des ans sous la pression des forces démocratiques et de la Communauté internationale en un régime de dictature pure et dure qui, sous les fausses apparences de démocratie continue de tromper et divertir certains hommes politiques du pays qui n’hésitent pas à prôner aujourd’hui la cohabitation ou la cogestion afin de justifier leurs propres errements ».

    Claude Améganvi du Parti des Travailleurs a, pour sa part, axé son intervention sur l’historique de l’indépendance du Togo. La rencontre s’est achevée sur le message de Gilchrist Olympio.

    Les manifestations se sont poursuivies le lendemain avec une messe catholique à la Paroisse St Augustin d’Amoutivé. Dans son homélie, le prêtre a exhorté les fidèles à jouir de l’indépendance dans sa plénitude, une indépendance qui doit s’obtenir dans la crainte de Dieu.

    A l’issue de la messe, M. Gilchrist Olympio entouré pour la circonstance par MM. Patrick Lawson, Jean-Pierre Fabre, Homawoo Jean-Claude et autres à la tête d’une foule de militants ont sillonné les artères de la ville de Lomé. La plage, le point de chute du carnaval, a servi de cadre aux réjouissances populaires.

    C’était une opportunité pour les équipes ayant participé au tournoi de football joué sur le terrain d’Akassimé de recevoir leur récompense. Il faut souligner que cette compétition a vu la participation des équipes venant de tous les arrondissements de la Commune de Lomé élargie à la Préfecture du Golfe, soit au total huit (08) équipes. C’est l’équipe du 1er Arrondissement qui a enlevé le trophée face à l’équipe du 2è Arrondissement. La 3è place est allée au 5è Arrondissement.
    M.A.


    Sans détour Zimbabwe : Mugabe acculé

    « On ne peut pas utiliser la machine d’Etat pour harceler un parti parce qu’il a gagné les élections. Ce n’est pas acceptable. Nous devons le condamner et ne pas permettre cela» (Jacob Zuma).

    Pour sa deuxième sortie après les élections générales du 29 mars 2008, Robert Gabriel Mugabe, 84 ans dont 28 passés à la tête de l’ancienne Rhodésie blanche, a mis en garde contre toute ingérence étrangère dans son pays : « Le Zimbabwe n’est pas à vendre et ne redeviendra jamais une colonie ». C’est bien dit. Mais il est malheureux qu’un Président de la République ait autant de mépris pour son peuple qui croupit dans le dénuement total. Le Zimbabwe, ancien grenier à céréales de l’Afrique, est, depuis une décennie, devenu un pays de la dèche. Le taux d’inflation ne cesse d’atteindre des records avec des taux dépassant plus de 100 000 % depuis le mois de février. Une réalité qui n’a jamais ému Mugabe et les siens. Ils n’ont jamais compris qu’en toute chose, il faut considérer la fin. Battu à plate couture aux élections générales, « Mukuru » (le vieux en langue shona) a fait bloquer les résultats de la présidentielle une fois qu’il s’est rendu à l’évidence qu’il a perdu la majorité au parlement. Les régions qui votaient traditionnellement la Zanu-PF, ont exprimé leur soif de changement en portant leurs voix sur les candidats de l’opposition.

    Après avoir entretenu le flou, la Zanu-PF a intimé à la Commission électorale de procéder à un recomptage des voix dans 23 des 210 circonscriptions. Des responsables électoraux avaient été accusés d’avoir été « payés » pour sous-estimer les voix en faveur du parti présidentiel. Une manœuvre pour reprendre la majorité au parlement. Mais la situation ne s’améliore guère pour le héros de l’indépendance. A en croire la commission électorale samedi 26 avril dernier, les résultats initiaux sont confirmés dans 14 des 23 circonscriptions où le décompte est terminé. On indique aussi que sur les neuf sièges à départager, la formation de Mugabe en a déjà perdu trois. « Notre position reste inchangée: nous ne reconnaissons pas le recomptage, qui est une mascarade. Pour ce qui nous concerne, les résultats initiaux sont les seuls valables », préviennent en revanche les partisans de l’opposant Morgan Tsvangirai. En rappel, cette opération de recomptage a été appuyée par des représailles exercées sur les militants de l’opposition. Human Rights Watch, organisation de défense des droits de l’homme, parle d’« une campagne organisée de terreur et de torture visant des opposants et des Zimbabwéens ordinaires ».

    Cependant, les résultats de la présidentielle se font désirer. On annonce leur publication pour aujourd’hui lundi. Mais l’opposition continue de revendiquer sa victoire dès le premier tour et exclut l’organisation d’un quelconque deuxième tour. Tsvangirai a reçu le soutien des Américains dont la Secrétaire d’Etat aux affaires africaines Jendayi Frazer. « Les résultats les plus crédibles dont nous disposons à ce jour montrent une victoire claire de Morgan Tsvangirai, et peut-être dès le premier tour, à un point tel que vous n’avez pas besoin d’un gouvernement d’unité nationale mais que vous devez juste accepter le résultat. Il est difficile pour nous d’accepter l’idée qu’un résultat, qui serait annoncé maintenant, ait une quelconque crédibilité », a-t-elle déclaré. Même son de cloche chez la centrale syndicale sud-africaine qui juge « le gouvernement de Mugabe illégal ». Même la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) dont certains membres sont des alliés traditionnels du pouvoir zimbabwéen, et la Chine embêtée par l’histoire de son cargo « An Yue Jiang » transportant des armes destinées au Zimbabwe, ont commencé à lâcher le dinosaure. Seule l’Union Africaine qui n’est pas très regardante sur le respect des résultats issus des urnes, s’est murée dans un silence sépulcral malgré l’appel de Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix. Acculé, le vieux propose un gouvernement d’union à l’opposition. L’autre trouvaille en Afrique pour pérenniser son règne.
    Zeus AZIADOUVO

     
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  • Solutions à la vie chère au Togo : Le Parti Démocratique Panafricain (PDP) propose l’augmentation des fonds alloués à l’agriculture

    AgoraPress Lomé - Alain Nococo
    Comme à son habitude sur les sujets qui touchent la vie politique, économique et sociale, le président du PDP, M. Bassabi Kagbara a animé le jeudi 24 avril dernier au siège de son parti sis à Adidogomé, banlieue nord ouest de Lomé une conférence de presse sur les derniers développements de l’actualité nationale.

    Faisant le bilan de trois ans de pouvoir du président Faure Gnassingbé après la présidentielle douloureuse d’avril 2005, M. Kagbara relève que l’accès à l’eau potable demeure un luxe, que l’électricité est une denrée rare, que les routes sont jonchées de nids de poules et que les salaires restent dérisoires, des faits qui, en se conjuguant, débouchent sur le phénomène de la vie chère. Devant un tel constat, le PDP estime qu’il n’y a pas d’autre moyen de pression plus indiqué que le parlement qui est en mesure de sommer l’Etat à vite trouver des solutions idoines à cette crise. D’où son appel aux honorables députés pour inciter le gouvernement à prendre les mesures suivantes : une réduction des taxes sur les produits de première nécessité, une revalorisation de la grille indiciaire des travailleurs, l’augmentation des frais alloués à l’agriculture et l’ouverture rapide des grands chantiers.

    M. Bassabi Kagbara fustige le comportement des vendeurs de ciment qui se livrent à des spéculations délibérées en envoyant plusieurs tonnes à l’étranger. Il félicite pour cela le gouvernement pour les mesures qu’il a prises pour contrer ce phénomène. Il propose en plus de ces mesures que le gouvernement mette en place un dispositif permettant à tout citoyens d’alerter les forces de l’ordre quand ils constatent un cas.

    Le PDP appelle le Président de la République à s’engager au nom de la bonne gouvernance et à rompre avec les injustices dans l’administration nationale et dans les grandes sociétés d’Etat : promotions sans compétence, cumuls de fonction et autres.

    Sur les événements survenus à l’Université de Kara et qui ont entraîné sa fermeture momentanée, le PDP se félicite de sa réouverture et du dialogue instauré entre le gouvernement et les étudiants, ainsi que de la libération des étudiants. Par ailleurs, le PDP dit ne pas comprendre les traitements différents réservés aux étudiants selon qu’ils soient à Kara ou à Lomé et se demande si ce n’est pas un choix délibéré des autorités pour former au rabais les étudiants de l’Université de Kara. Le PDP espère une amélioration conséquente dans les conditions d’étude à l’Université de Kara, sur une base égalitaire et équitable.

    M. Kagbara regrette qu’à ce jour, rien n’ait été fait pour l’organisation des élections locales. Toutes les raisons avancées pour justifier ce retard ne sont pour lui que des alibis. Les locales constituent, selon le président du PDP, des conditions principales de bonne gouvernance. C’est pourquoi il invite les parlementaires à se pencher sur ce problème en vue d’obliger le gouvernement à organiser cette épreuve électorale.

    Un statut de l’opposition en cours d’élaboration au parlement a aussi retenu l’attention du PDP. Par la voix de son président, ce jeune parti qui a présenté des candidats dans toutes les circonscriptions électorales lors des législatives d’octobre dernier s’insurge contre l’exclusion des partis extraparlementaires des discussions pour l’élaboration du statut de l’opposition. Rappelant que la configuration actuelle du parlement issu des dernières législatives ne reflète en rien la réalité du terrain, le PDP propose que le statut de l’opposition à venir fasse la distinction entre l’opposition parlementaire et l’opposition extraparlementaire.

    Convenu qu’il est du droit de chaque acteur politique d’apporter sa voix à la gestion de la chose publique, le PDP souhaite que les forces politiques écartées du parlement soient associées activement au débat politique.

    Cette conférence de presse se tenant à quelques jours de célébration du 48e anniversaire de l’ascension du Togo à la souveraineté internationale, M. Kagbara a profité de l’occasion pour souhaiter à tout le peuple togolais une bonne fête de l’indépendance dans l’Union et l’Amour.

    Nous vous proposons l’intégralité de la déclaration liminaire lue par M. Kagbara devant les journalistes de la presse nationale et internationale

    Mesdames et Messieurs les Journalistes,

    Permettez, une fois encore, que je vous présente, au nom des membres du bureau national, ainsi que des militants de notre parti, nos sincères remerciements pour votre fidélité sans cesse renouvelée à notre endroit chaque fois que nous recourons à vos services.

    Trois ans après la présidentielle d’Avril 2005

    Mesdames et Messieurs les journalistes,
    Il y a de cela trois ans jour pour jour, que les Togolais se sont rendus aux urnes pour élire un successeur à feu Gnassingbé Eyadema, après trente huit ans de règne sans partage.

    Vous conviendrez avec nous, que nul ne voudrait encore se rappeler ces tristes et déplorables scénarii dont notre cher pays a été le plateau avant, pendant et après la présidentielle 2005.

    L’heure aujourd’hui, doit être plutôt au bilan de ces trois années de parcours. Le Parti démocratique Panafricain, a déjà eu à plusieurs occasions comme ces rencontres avec vous, à dresser son appréciation de la gestion que fait le pouvoir en place de notre pays jusqu’à ce jour.

    L’accès à l’eau potable qui demeure un luxe, l’électricité qui est devenue une denrée rare, pendant que nos routes sont jonchées, à presque chaque mètre, de nids de pouls, jusque dans le centre ville même de la capitale. Les salaires demeurent dérisoires malgré le déblocage des avancements depuis janvier 2006 et les 3% d’augmentation faites récemment par le gouvernement. Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs, pendant que les moindres tentatives de revendications sur le front social sont aussitôt noyées par des raisons vite trouvées.

    Et tout ceci vient être greffé par le phénomène de la vie chère. Phénomène face auquel la population a préféré la résignation et le stoïcisme plutôt qu’une quelconque velléité de protestation, qui serait vite dissuadée.

    Le Parti Démocratique Panafricain estime donc qu’il n’y a pas de moyens de recours et de pression plus indiqué que le parlement pour sommer l’Etat à vite trouver des solutions idoines à cette crise.

    C’est pourquoi le PDP appelle les honorables députés comme il a déjà à le leur demander pour la rentrée parlementaire, de s’investir, au nom de ce pouvoir que les citoyens qu’ils représentent leur ont donné, pour inciter le gouvernement a prendre des mesures concrètes pour juguler cette crise.

    Dans ce sens le PDP propose en ce qui le concerne :

    • une réduction des taxes sur les produits de premières nécessités surtout les denrées alimentaires importées, car nous estimons qu’au-delà de la hausse du prix du baril de pétrole, c’est les dernières augmentations que l’Etat a faite sur ces taxes qui font le plus peser la crise sur le consommateur.
    • Une revalorisation de la grille indiciaire des travailleurs de sorte à entraîner une amélioration du revenu salarial des fonctionnaires.
    • L’augmentation des frais alloués à l’agriculture de sorte à augmenter la productivité agricole.
    • L’ouverture rapide des grands chantiers annoncés depuis par l’Etat maintenant que le Togo a repris la coopération avec presque tous les bailleurs. Ceci permettra l’injection de l’argent dans l’économie par l’emploi que l’ouverture de ces chantiers créera pour les désœuvrés.

    Mesdames et Messieurs les journalistes,
    Au compte de la vague de crise que traverse notre pays, , le consommateur togolais est sujet depuis un temps à des spéculations délibérées de la part des vendeurs de Ciment, pendant que plusieurs tonnes sont convoyés vers l’étranger. Le PDP a félicité les dispositions sécuritaires mises en place par le gouvernement pour contrer ce dernier phénomène. Mais les spéculations créées par les grossistes nationaux semblent passées par les mailles de ces dispositions sécuritaires.

    C’est pourquoi le Parti Démocratique Panafricain demande qu’en plus de la surveillance des convois des stocks par des forces de l’ordre, que le gouvernement mette en place un dispositif qui permet à tout citoyen d’alerter aussitôt les forces de l’ordre à chaque fois qu’il y a un cas de spéculation remarqué.

    Le Parti Démocratique Panafricain ne voudrait pas ici peindre un tableau totalement noir des trois ans de pouvoir du président Faure.. Des efforts ont été faits, mais ces efforts par rapport à l’image que laisse aujourd’hui notre pays, ne semblent point exister.

    C’est pourquoi le PDP voudrait appeler le Président de la République, à s’engager , au nom de la bonne gouvernance qu’il a toujours qu’il a toujours promis prôner à rompre désormais avec ces injustices jusqu’ici demeurant dans l’administration nationale comme à la tête des sociétés d’Etat à savoir : des promotions sans compétence, des cumuls de fonction, et autres. ces pour les deux ans

    Le PDP demande donc qu’on rompe enfin avec les beaux discours d’intention, l’effet d’annonce et des démarches de diversion, pour se mettre réellement au travail, construire le pays, et qu’enfin les beaux 20 plus promis par Faure Gnassingbé lors de son élection deviennent des réalités.

    Suite aux troubles à l’Université de Kara
    Le Parti Démocratique Panafricain vient d’apprendre que le gouvernement a rouvert l’Université de Kara après les incidents, après sa décision au terme du conseil des ministres du 16 Avril dernier de fermer jusqu’à nouvelle ordre cette l’Université aux revendications des étudiants qui ont conduit à un affrontement entre ces derniers et les hommes en treillis le 15 Avril à Kara

    Le PDP félicite cette solution sage du gouvernement de même que sa démarche judicieuse qui a suivi en ouvrant d’abord le dialogue avec les étudiants puis en libérant les deux délégués emprisonnés.

    Mais le Parti Démocratique Panafricain regrette que les autorités, au lieu d’utiliser cette dernière solution sage et plus honorable, aient d’abord recouru à la manière forte avant de se rétracter. Le gouvernement s’y serait pris de la façon digne qu’il vient de faire, qu’on aurait évité ces tristes scènes offertes le 15 Avril dernier à Kara et qui ont poussé de futurs cadres du pays, dans les murs de la prison.

    Déjà, sur le sujet des revendications des étudiants, le Parti Démocratique Panafricain ne comprend pas pourquoi, le gouvernement a décidé, de faire deux traitements différends selon que tu sois à Kara ou à Lomé. Pourquoi l’étudiant qui est à Kara doit parfois venir d’abord à Lomé pour faire ses recherches. Est-ce qu’on doit comprendre que c’est un choix délibéré de l’Etat de former aux rabais les étudiants de l’Université de Kara ?

    Le Parti Démocratique Panafricain espère que, des discussions que vient d’ouvrir le gouvernement avec les responsables de l’UNEET, naîtront des améliorations conséquentes dans les conditions d’études de nos futurs cadres de l’UK, et pourquoi pas pour tous les étudiants en général, sur une base égalitaire, du moins équitable.

    Les élections locales oubliées

    Mesdames et Messieurs les journalistes,
    Le Parti Démocratique Panafricain s’est réjoui que le Premier Ministre, dans son programme de gouvernement présenté en décembre dernier devant le parlement, ait énuméré, au cahier de charge de son équipe, les élections locales comme l’une des tâches primordiales à exécuter.

    Mais nous observons au PDP, qu’aucune action à ce jour, n’a été posée dans le sens de la marche vers cette épreuve électorale que notre pays n’a plus connu depuis 1985. Pourtant ces élections avaient été annoncées comme imminentes et avaient déjà été recommandées par les 22 engagements pris en 2004 devant l’Union Européenne en leur point 1.6 où le pouvoir togolais s’est engagé à « mettre en place les conditions nécessaires pour que les Assemblées municipales, démocratiquement élues, disposent du mandat et des ressources nécessaires pour assurer une administration locale efficace, et démocratiquement légitimée ».

    Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration Territoriale de la Décentralisation et des Collectivités Locales, lors d’une récente sortie, a aligné une liste de problèmes qui entoureraient l’organisation de ces locales. Et on ajoute une certaine réticence de la part des bailleurs à investir encore de si tôt, dans de nouvelles épreuves électorales.

    Le Parti Démocratique Panafricain trouve tout simplement que ce ne sont que des alibis pour éviter ce processus qui doit conduire à confier réellement le pouvoir au peuple. Toutes les attentions semblent être détournées sur la présidentielle de 2010.or, la réalité est que la présidentielle ne concerne, avant tout, que les leaders de partis, pendant que les locales donnent réellement le pouvoir à la base en l’associant à la prise de décision, sur une base participative.

    Le PDP estime donc que l’organisation des locales est plus qu’un impératif pour le pouvoir, pour autant qu’il veut vraiment prouver au peuple sa bonne volonté d’asseoir un réel Etat de droit et une réelle démocratie et non une démagogie. Pour le PDP,les locales constituent une des conditions principales, de bonne gouvernance tant criée, puis de gestion démocratique. Et c’est à ce titre que notre loi fondamentale, en son article 141 souligne nommément que « la République togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de décentralisation dans le respect de l’unité nationale […] Les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus aux suffrages universels, dans les conditions prévues par la loi ». Et l’article suivant ajoute que «l’Etat veille au développement harmonieux de toutes les collectivités territoriales sur la base de la solidarité nationale, des potentialités régionales et de l’équilibre inter-régional».

    C’est au vu de tout ceci que :
    Nous lançons un appel aux honorables parlementaires Le Parti Démocratique Panafricain invite les représentants du peuple au parlement à se pencher sérieusement sur la question et à obliger le gouvernement à organiser cette épreuve électorale.

    Les députés sont les premiers représentants du peuple devant l’Etat, et à ce titre il leur incombe de réclamer l’organisation de ces locales, afin que cette base ,soit elle aussi associé à la gestion de la chose publique. Ce n’est que de droit.

    Sur la question du statut de l’opposition

    Mesdames et Messieurs de la presse,
    Le gouvernement dans le cadre de l’application de l’Accord Politique Global, a ouvert, il y a quelques semaines, des discussions avec les formations politiques représentées au parlement, pour l’élaboration du statut de l’opposition.

    Le Parti Démocratique Panafricain voit à travers l’entame que le gouvernement a fait du sujet, que le statut en question va d’abord se baser sur la configuration actuelle de l’Assemblée Nationale, pour s’élargir après aux partis extraparlementaires. L’esprit de cette approche, selon le Pdp, peut être acceptable.

    Mais seulement, nous voulons rappeler que malheureusement, la configuration actuelle du parlement issu des dernières législatives ne reflète en rien la réalité du terrain.

    C’est pourquoi, le PDP propose que le statut de l’opposition à venir fasse la distinction entre l’opposition parlementaire et l’opposition extraparlementaire.

    Pour une union de l’opposition extraparlementaire
    Mesdames et Messieurs les journalistes,
    Convenu qu’il est du droit de chaque acteur politique d’apporter sa voix à la gestion de l’affaire publique, ,le Parti Démocratique Panafricain pense que les forces politiques écartées du parlement doivent être associés activement au débat politique.

    Cela s’explique du fait que ces forces politiques représentent même s’ils sont aujourd’hui exclus du parlement, une frange de la population, et une frange assez importante, vu la grande audience de la plupart écartés malheureusement de la représentation nationale.

    Pour finir, le PDP voudrait souhaiter à tous une bonne fête de l’indépendance, dans l’Union, l’Amour et un réel patriotisme digne du sang versé et de l’honneur défendu par nos aïeux, pour nous obtenir la Libération Nationale.

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  • Sylvanus Olympio : le père de l’indépendance

     

    Focus Info # 004

    Rayé pendant plusieurs années de l’histoire du Togo par le régime de  Gnassingbé Eyadéma et privé de reconnaissance officielle,  Sylvanus OLYMPIO sera réhabilité dans les années 1990 par la Conférence Nationale Souveraine. Mais c’est surtout grâce au combat de  compatriotes aux motivations historiques pour certains et politiques pour d’autres, que la mémoire du premier président togolais est toujours restée présente ; pour finalement être reconnu officiellement comme le « Père de l’Indépendance. »

    L’intellectuel au service de sa patrie.
    Né en 1902 à Kpando, (localité située dans l’ancien British Mandate of Togoland),  les  parents de Sylvanus Kwami Epiphanio OLYMPIO  lui ont très tôt donné les moyens d’avoir un bon niveau d’instruction. Il a étudié l’allemand, l’anglais et le français à Lomé avant de s’envoler à 18 ans pour l’Europe. Il passa sept années (1920-1927) à l’étranger  à étudier l’économie au «Commercial School of London», le Droit international à la Faculté
    de droit de Dijon et à l’Académie de droit international à Viennes. De 1928 à 1930, il fut l’adjoint de l’agent général de la compagnie Unilever à Lagos avant d’être muté comme chef de la société à Ho, la plus grande agglomération commerciale du Togo sous mandat britannique. En 1932, il est nommé au poste d’agent général de l’United Africa Company (UAC).

     Sa position sociale lui permit d’apprécier à sa juste valeur les dures épreuves que subissent les populations togolaises sous domination étrangère. Poussé par la volonté de mener un combat pour l’indépendance de son pays, il finit par s’intéresser à l’action publique et à la politique vers la fin de la décennie 1930. Et pour atteindre son objectif, il démissionna de ses fonctions d’agent général de la UAC pour se consacrer entièrement à la lourde tâche de libération du Togo. Ainsi il représenta plusieurs fois son pays à l’ONU et son premier passage fut spectaculaire du fait de son niveau intellectuel étalé. En effet, « quand on a dit qu’un Africain va venir de quelque part de l’Afrique de l’Ouest, les gens s’attendaient à voir quelqu’un vêtu de peau de bête. Mais malheureusement pour eux, ils ont vu venir un gentleman habillé en trois pièces mais parlant un anglais parfait et ils étaient ahuris» d’après un membre de son entourage.

    Pour Me AJAVON, Sylvanus OLYMPIO est l’homme qui a organisé la lutte intellectuelle.

    Le nationaliste farouche
    L’expression de sa fierté d’être togolais et  l’intérêt particulier qu’il portait aux valeurs culturelles de son pays firent de lui un « nationaliste farouche ». Au lendemain de
    la Conférence de Brazzaville en 1944, il s’opposa à toute forme d’assimilation et au projet de suppression des langues africaines dans les écoles en précisant : « les affaires françaises débattues au parlement ne nous intéressent pas. Nous demandons la présence à Paris d’un délégué permanent pour traiter uniquement des questions ayant rapport avec l’indigène togolais et non les questions européennes ». Et il renchérit : « Nous voulons rester Togolais et nous ne voulons pas avoir le statut européen. Nous avons une histoire, il y a donc intérêt pour nos enfants à apprendre leur langue… Je demande même que les administrateurs apprennent les langues indigènes ».

    Olympio apparaissait  souvent en public en tenue traditionnelle (du Kété) et n’hésitait pas à parler « Anlo » c’est-à-dire l’Ewé de la côte Ouest et militait pour la réunification des populations éwé (la cause éwé). Ses qualités de nationaliste ont favorisé la victoire de son parti le CUT (Comité de l’Unité Togolaise) aux élections du 27 avril 1958, et son accession au sommet  de l’Etat comme Premier Président en 1961.

    Le bâtisseur et ses ambitions
    Il nourrissait beaucoup d’ambitions pour son pays. Des nombreux projets de développement en instance, seule une infime partie a été concrétisée et la plupart de ses réalisations ont capoté après son assassinat le 13 janvier 1963.

    A son actif on peut retenir comme grandes réalisations :
    • L’Hôtel le Bénin (actuel hôtel IBIS):
      Il fut construit jour et nuit sans interruption par des Togolais pour abriter les invités de marque le 27 avril 1960. Il comptait cent chambres et son authentique nom est «Lébénè» qui signifie « prends en soin ». Ce nom sera « francisé » pour devenir « le Bénin »

    • La jeunesse pionnière agricole
      Pour remédier au chômage dans son pays,  Sylvanus Olympio, avec l’assistance technique d’Israël, mit sur pied le projet dénommé « jeunesse pionnière agricole ».Il s’était agi d’une brigade de jeunes travailleurs encadrés, dans des camps, sans fusils, par des officiers israéliens pour une formation paramilitaire du modèle « kibboutzien ».

      Un premier camp fut aménagé non loin de Tsévié, un second à Glidji, pour la culture de la terre. Ce projet a pris fin avec l’assassinat de  son initiateur.

    • La Société de Prévoyance et d’Action Rurale (SPAR)
      Ce sont  des coopéra­tives de production, de commercialisation et de consommation permettant aux paysans de juguler la crise pendant les saisons de soudure.

    • La maison d’édition nationale «  Editogo »  et le journal « Togo-Presse ». Le premier du journal « Togo Presse » a été édité pour la première fois  le 27 avril 1962, date du deuxième anniversaire de la proclamation de l’indépendance par Editogo.

    • La Société Togolaise d’Export Import (SOTEXIM) Société mixte autonome, elle était destinée à faciliter l’achat, la distribu­tion et la vente de produits d’importation, de même que l’écoulement de nos productions nationales.

    • La Banque Togolaise de Développement (BTD) Elle a été créée pour étayer l’action de la Banque Nationale d’Émission. La BTD a considérablement contribué à l’exten­sion de la ville de Lomé, dans la mesure où ses prêts ont servi essentielle­ment à construire de nouvelles maisons dans la capitale - notamment dans ses banlieues.

    • Le Secrétariat au Plan et à l’Organisation, le Service National de Développement Rural, la Commission d’Utilité Publique.

    • La Centrale hydroélectrique de Kpimé, réalisée avec le concours tech­nique et financier de la République Fédérale de Yougoslavie, a été inau­gurée en 1963.

    • Le Service de l’Africanisation des Cadres visait la décolonisation mentale des agents de la nouvelle administration publique du pays ainsi que la formation de cadres nationaux à tous les postes de cette administration. Ce service avait également pour but d’orienter, dès le départ, les étu­diants et stagiaires dans les meilleures directions.

    • L’École Togolaise d’Administration fut créée par décret n° 58-113 du 29 décembre 1958

    • La Togopharma : Pour pallier au problème lié à la cherté de médicaments d’origine occidentale, au regard du pouvoir d’achat moyen des populations, Sylvanus Olympio accepta la création d’une pharmacie d’État au Togo. Le projet qui consiste à acheter, en gros, les médicaments essentiels et à les conditionner sur place, la Togopharma pouvant ainsi obtenir des réductions de prix allant de 20 à 75 %  au profit du consommateur.

    Les Projets en cours de réalisation du vivant de Sylvanus Olympio

    • Le port en eau profonde et le grand marché de Lomé

    • La Brasserie du Bénin (à Agoué-Nyivé)

    • L’usine de textiles de Datcha - Projet de marais salant

    • Construction de routes

    • Les recherches minières

    Des études se poursuivaient. Elles déboucheront plus tard sur le contenu du tableau ci-après: Pour avoir les moyens de réaliser tous ces projets dans un pays qui a rejeté l’indépendance dans l’amitié avec la France et opté « pour l’indépendance avec toutes ses conséquences » Sylvanus Olympio a imposé une rigueur dans la gestion financière du pays.

    Une politique de stricte austérité financière.
    Les avis convergent sur ce qu’a été la gestion du Togo de 1960 à 1963. Même ses opposants reconnaissent que les comptes ont été clairs. Robert CORNEVIN affirmera ainsi que « le Togo a été géré pendant cette période comme une boutique ».*

    Le budget de la République Togolaise au titre de 1958 s’avérait largement déficitaire. Grâce aux énormes sacrifices du peuple, dès  1960, le Togo aura un budget équilibré.  Pour Jean de Menthon  « Sylvanus Olympio réussit à rétablir de façon remarquable la situation financière du pays. Le budget de 1960 fut équilibré sans subvention alors que celui de 1958 qu’il avait trouvé était largement déficitaire. Assumant lui-même le rôle de ministre des finances, il imposa beaucoup d’économies, y compris sur les charges de personnel. Les fonctionnaires furent privés de toute augmentation malgré une hausse des prix de l’ordre de 20% en deux ans. Le président tenait beaucoup à l’équilibre des dépenses courantes pour pouvoir négocier avec la France sans se sentir humilié. »

    « Jugeant la semaine de 40 heures prématurée pour l’Afrique, il institua celle de 45 heures. Et il entreprit une réforme très hardie des collectivités locales.  Olympio se voulait très libéral en économie, rêvant de faire du Togo une seconde Suisse, un accueillant carrefour financier, et il songeait déjà à une zone franche à l’arrière du futur port ».

    Mais les populations   comprenaient-ils la politique menée ? Car tandis que pour les dirigeants « la terre de nos aïeux ne pouvait être développée qu’au prix de l’effort », beaucoup  étaient sceptiques et désabusés. Cela s’explique selon Me Zeus AJAVON, par le fait que la  gestion drastique était accompagnée de la  récession dans le pays ; les togolais, surtout à l’intérieur du pays commençant à souffrir. Dans tous les cas, pour  René Dumont, dans son livre L’Afrique Noire est mal partie :« si la moitié seulement des dirigeants qui ont présidé aux destinés de notre continent depuis nos indépendances avait adopté la ligne politico-économique d’un Sylvanus Kwamé Epiphanio Olympio, notre alma mater, l’Afrique eut été superbe depuis belle lurette. »

    Les dérives autocratiques du régime
    La lutte pour l’indépendance avait été menée en symbiose par le CUT et
    la JUVENTO. D’après certaines sources, la plupart des décisions était alors prise de façon collégiale, au cours de réunions tenues régulièrement. Monsieur OLYMPIO se rendait d’ailleurs à l’ONU, toujours accompagné du leader de la JUVENTO, Me Anani SANTOS qui avait été pressenti par les français pour être premier ministre en 1958, à la place de Sylvanus OLYMPIO, alors emprisonné. Me SANTOS eut  cette belle phrase pour refuser l’offre des français: « lorsque la tête existe, on ne met pas la chapeau sur le genou. »

    Mais ainsi que le décrit Me AJAVON, Sylvanus OLYMPIO dégageait une forte personnalité. Après l’indépendance, tout ce qui se faisait de façon collégiale a laissé place à l’exercice solitaire du pouvoir. Il avait sa vision qui l’emportait sur tout le reste, n’écoutait pas les conseils et incarnait un de ces esprits brillants croyant tout savoir, tout faire tout seul.

    Aux élections présidentielles de 1961, OLYMPIO sera le candidat unique après avoir empêché les autres candidats de déposer leur candidature. Ceux-ci trouveront les guichets fermés à l’heure du dépôt. C’est de cette époque que date la candidature unique mais également la mise en place de la dictature, selon Me AJAVON. Monsieur OLYMPIO ira même jusqu’à férier, chômer et payer  le 06 septembre, date de son anniversaire.

    Sur la base de suspicions de coups d’état, ses ex-compagnons de la JUVENTO
    avec lesquels les relations étaient devenues tendues,  ainsi que  bien d’autres togolais seront arrêtés.

    Pour M. Godwin TETEH, notamment dans son livre  L’Histoire du Togo, le régime et l’assassinat  de Sylvanus Olympio : « les choses commencèrent à se gâter à partir du moment où, aux festivités de la proclamation de l’indépendance du Ghana, le 6 mars 1957, Kwamé N’krumah invita les membres présents de
    la Juvento à séjourner au Ghana et aurait exprimé clairement son souhait de voir le Togo se débarrasser du CUT et des unificationnistes. Et la Juvento aurait laissé entendre à N’krumah qu’elle « oeuvrerait à l’événement immédiat d’une fédération Ghana-Togo si toutefois elle parvenait à accéder au pouvoir au … Togo ». Cette idée aurait été en contradiction avec la cause de Sylvanus Olympio qui lutte pour la réunification des deux Togo.

    Quoi qu’il en soit, accusées d’être les instigateurs ou complices de ces  tentatives de coups d’état, des personnalités comme Anani Santos, Ben Apaloo, Firmin Abalo, Ernest Gbényédji, Emmanuel Nouboukpo, Robert Adéwi, Antoine Méatchi etc…seront emprisonnés.

    Mr  Anakpan Michel DRAVI, ancien Juventiste, que nous avons rencontré le 2 avril dernier dans sa retraite à Glidji-Kpodji témoigne: « Moi-même j’ai fait neuf mois de prison sans avoir rien fait. Leur alibi était que le jour où un jeune homme a été tué chez Olympio, moi j’ai dit que ce n’est que l’urine et que caca même arrive.  Nous étions enfermés à la gendarmerie et d’autres à la prison civile de Lomé. Chaque trois heures, 6h-9h-12h-15h-18h, nous prions. Tout le pays était tendu et les gens se demandaient si c’était ça l’indépendance. Si c’était pour ça qu’ils avaient lutté. Après ma sortie de prison, Olympio ne m’avait pas permis de réintégrer mon ancienne fonction. J’étais devenu vendeur de fruits au marché à Hanoukopé. »

    Un autre responsable de
    la JUVENTO en la personne de M. Djato MONSILA corrobore : « Cette période a été très courte, mais très désagréable. Les partisans de Sylvanus Olympio s’étaient formés en milices, pourchassaient et brûlaient les gens, cassaient les maisons. C’est pour cela qu’il a fallu revoir les élections de 1961, parce que dans ce laps de temps, Olympio avait perdu la confiance du peuple. L’Assemblée qui était issue des élections de 1958, elle non plus, n’avait pas la confiance du peuple. Pour avoir une Assemblée qui lui est favorable, Olympio avait cru bon dissoudre celle issue des élections de 1958.

     Le désordre a régné à ce moment là. Nous étions tous aux arrêts quand, grâce à Dieu, un coup d’Etat est venu. Personnellement, j’étais à la prison civile de Lomé, avec des chaînes aux pieds. Il n’y a pas eu de soulèvement populaire. En 1963, pas un seul village n’était pas épargné par la vague d’arrestations ». « Pour un petit pays comme le Togo à l’époque, nous étions 2500 prisonniers politiques » poursuivit-il sur un air de regret. Monsieur DRAVI ajoutera: « Olympio était rigoureux. Il était rigoureux parce qu’il avait voulu faire du Togo, un grand pays aussitôt. Ce qui n’était pas possible. Alors, il a demandé un abattement de 5% sur nos salaires qu’il nous retournera quand le pays sera bien stabilisé. Mais jusque là, le budget de l’Etat était toujours équilibré. Le jour de son assassinat, son fils Bonito était dans la rue pour inciter la population à réagir en criant en vernaculaire : « les braves de mon père, où êtes-vous ? Sortez !... » Mais les gens n’avaient pas réagi, n’avaient pas fait de bruit. Parce qu’avant le drame, Olympio était devenu impopulaire. A partir du moment où il dit plus de JUVENTO, plus de PTP, plus de UCPN, tout le monde dans un seul parti, lequel parti n’est autre que son parti, le Comité de l’Unité Togolaise (CUT), les troubles avaient commencé. Pour lui, le CUT aurait été jaloux de la montée  de popularité de la Juvento et les affaires de coup d’Etat n’étaient que pure invention.

    Cette version est nuancée par Me Bebi Lucien OLYMPIO qui nous confie ému dans son cabinet: « Dites-moi quel est le régime qui peut accepter qu’on fasse venir les armes pour le déstabiliser? C’est la question que je me pose. Je vais vous dire une chose. M.OLYMPIO ne s’est pas réveillé un beau matin et a commencé par emprisonner, torturer les gens. Loin s’en faut. Il y a sûrement des raisons. Le régime a commencé par se durcir quand on a découvert que des adversaires politiques ont fait venir des armes dans le pays. Ils ont été arrêtés. Moi j’ai vu tout cela, compte tenu de ma fonction. Des pistolets 9 mm
    , portant la marque 1942, fabriqués en Tchécoslovaquie ont été retrouvés au cours des perquisitions et ceci dans 41 caisses », avant de poursuivre : « la réalité est que N’Krumah qui a toujours eu des ambitions sur le Togo, a suscité et soutenu des rebellions contre Sylvanus Olympio. Mais elles furent toutes déjouées. Vous savez, on peut a priori dire que le régime avait utilisé des méthodes peu recommandables. Sur cela, je ne peux pas vous dire qu’il les a caressés avec des bouquets de rose. Mais j’insiste que les gens n’ont pas été arbitrairement arrêtés. Des armes et munitions ont été retrouvées chez eux. »

    Sylvanus Olympio et la question militaire.
    Il ne négligeait pas la chose militaire mais il en avait sa propre conception.
    La Force Nationale Togolaise a même vu le jour au cours de son règne,  le 3 novembre 1961. Il pensait que le Togo n’avait pas besoin de toute une armada militaire. Pour lui, le pays venait à peine d’avoir son indépendance et il donnait la priorité aux projets de développement. Il proposa une formation militaire pour tout citoyen togolais comme cela se fait en Suisse. Cette expérience avait débuté avant son assassinat et profitait aux élèves du cours secondaire.

    Quid des « Ablodé Sodja », une milice qui aurait été à la solde du CUT et qui aurait entrepris une chasse aux sorcières dès après la victoire de ce parti aux législatives de 1958 ?

    Mr Godwin TETEH qui vivait au Togo à cette époque écrivit à ce propos : «Si une telle chasse érigée en principe de gouvernement avait réellement existé, on l’aurait su. Les Ablodé-sodja étaient constitués par un noyau de militants chevronnés, chargés d’assurer le maintien de l’ordre aux réunions et meetings du CUT »

    Ce qui est aussi vrai, poursuit-il « c’est que de 1951 à 1958, les patriotes togolais radicaux allaient subir tout un arsenal de brimades, de vexations et d’autres affres imposées par l’Administration coloniale et colonialiste soutenue consciemment ou subconsciemment par des suppôts autochtones. On comprend qu’après la victoire patriotique du 27avril 1958, des éléments incontrôlables de la population se fussent livrés à des actes regrettables sur des togolais qui avaient cru devoir exhiber un excès de zèle  durant la période  1952-1958».

    Sylvanus OLYMPIO n’a pas été un parfait démocrate. Mais il avait de grandes ambitions pour son pays.

    Il fut et demeurera un des Grands Hommes de l’histoire de notre pays. Rendons lui cette justice.
    Etonam Sossou


    27 avril 1960 : journée historique
    Si, comme tous les peuples africains colonisés, les Togolais sont passés d’abord de la résistance à la capitulation devant l’envahisseur, face à un rapport de force qui leur était largement défavorable, ils n’ont jamais accepté l’idée de vivre sous la domination d’un peuple qui était venu leur  imposer sa façon de vivre, de sentir et de voir les choses. Quand on ajoute à cela les brimades quotidiennes de l’envahisseur, ainsi que le pillage systématique des ressources du pays, on comprend aisément que l’idée de se libérer un jour du joug colonial a toujours existé dans l’esprit des Togolais. La résistance farouche devant l’avancée des colons vers l’intérieur du pays démontre à elle seule le refus de la présence  et de la domination coloniale par la quasi-totalité des peuples du Togo. La date du 21 juin a été retenue pour célébrer la bravoure de ceux qui sont tombés sous les balles du colon parce qu’ils refusaient l’aliénation de leur territoire par des étrangers. Tous ces hommes courageux ont été érigés en martyrs. Il y en a eu presque partout : à Vogan, dans les plateaux Akposso, à Bassar, en pays Kabyè et Losso et à Mango, pour ne citer que ces localités. Aussi, à mesure que s’affirmait le nationalisme à travers les pétitions envoyées à l’ONU pour revendiquer l’indépendance du pays, les Togolais se prenaient-ils à rêver. Il faut dire que les travaux forcés et surtout les taxes avaient poussé bon nombre d’entre eux à l’exil. Peu à peu, les choses semblaient aller dans le sens d’une indépendance avec la proclamation de
    la République Autonome en 1956 et l’organisation de législatives en 1958 qui conduisirent à la nomination de Sylvanus Olympio, leader du C.U.T comme Premier

    Ministre du Togo. Le 27 avril 1960, ce dernier proclame enfin l’indépendance du Togo.

    Il ne serait pas exagéré de dire que le peuple attendait cet événement comme les juifs ont attendu  la naissance du Messie. C’est pour cela que les festivités ont été à la hauteur de la célébration d’un événement unique.

    Focus Infos propose à ses lecteurs de revivre l’ambiance de ce jour mémorable à travers le regard de quelques témoins qui ont vécu l’événement. Parmi les personnalités que nous avons pu rencontrer, certains étaient encore des enfants. Mais leurs souvenirs restent très vivants   et chargés d’émotions.

    Les préparatifs
    La jeune République du Togo qui s’apprête à fêter son accession à la souveraineté internationale ne disposait alors d’aucune infrastructure hôtelière. Le seul établissement de ce genre était l’hôtel du Golfe, résidence de prédilection pour les marins qui accostaient dans notre wharf. Les nouvelles autorités vont mettre tous les moyens pour construire au pas de charge un hôtel de classe internationale, l’hôtel «Lébénè» (Prends-en soin) francisé plus tard sous le nom de « le Bénin» et  connu aujourd’hui comme  l’hôtel Ibis. Il fallait loger convenablement nos hôtes de marque : le dernier gouverneur Allemand Adolph Frédéric de Mecklenburg, un des tous premiers gouverneurs français Bonnecarrère qui était encore vivant, le Ministre Allemand de l’agriculture Mr Schwartz, l’Inspecteur d’académie Robert Imbert, le représentant de
    la France Mr. Louis Jacquinot, un envoyé spécial du Président Tubman du Libéria ainsi que plusieurs autres personnalités.

    Il ne faut pas oublier le monument de l’indépendance dont la construction a été confiée à un architecte français de renom Coustère. L’administrateur Robert Cornevin le décrit en ces termes dans son ouvrage « Le Togo » : « … possède l’inestimable avantage (sous les tropiques) d’être mieux apprécié de nuit grâce à d’habiles jeux de lumière. ». Cet ouvrage d’art constitue une fierté que l’on peut toujours admirer de nos jours.

    La ville de Lomé et toutes les circonscriptions administratives du pays vivaient dans une certaine euphorie quelques jours avant le jour J. On sentait que quelque chose d’exceptionnel se préparait. Et cette euphorie est allée en grandissant à mesure que l’on approchait du 27 avril de l’année 1960. Tout le peuple s’est senti concerné par l’événement, du nord au sud. Mr TCHATCHIBARA, tout juste âgé de 13 ans et à l’époque pensionnaire du Séminaire St Pierre Clavère de Lomé est de cet avis. Personne ne s’est senti exclue de l’événement.

    La veille du jour J, personne n’a dormi à Lomé. Tout le monde chantait et dansait dans tous les quartiers de la ville. Cette nuit a dû sembler trop longue pour beaucoup qui attendaient avec impatience de voir les cérémonies grandioses qui allaient marquer l’événement unique. Aujourd’hui encore, Mr TCHATCHIBARA est toujours fier de dire : « le 27 avril 1960, j’y étais ».

    La journée mémorable du 27 avril 1960
    Le jour J arriva enfin. Très tôt le matin, les Loméens prennent la direction des lieux de la manifestation : le stade municipal de la ville. Mr N’GUISSAN Ouattara raconte ce qu’il a constaté sur le chemin qui le menait vers cet endroit : « les gens couraient partout, les foulards dans la main pour les femmes et les tapettes pour les hommes. Tout cela pour aller plus vite ». C’est finalement une foule nombreuse qui prendra d’assaut le stade municipal, personne ne voulant se faire conter l’événement.

    La couleur dominante de cette foule multicolore était le blanc, symbole de paix.

    Enfin, le Président Sylvanus Olympio arrive, dans une limousine décapotable, majestueux, drapé dans une tenue traditionnelle des notables de la côte du golfe de guinée : le Kété. Le sourire aux lèvres et saluant la foule,  encore plus ému que ses concitoyens  par ce qui est en train d’arriver. Les cris de joie, le tonnerre d’applaudissements et la liesse des hommes, femmes et enfants présents ici ne se calmeront que lorsqu’il prit place dans la loge officielle aux côtés de ses hôtes de marque. Après les coups de salves et la proclamation de l’indépendance à minuit, on touchait au clou des manifestations.

    Me Zeus AJAVON fait part de son émotion de jeune lycéen de l’époque quand au cours de son allocution qui allait proclamer l’indépendance du Togo, le Président Sylvanus Olympio a dit : « … la nuit est longue, mais le jour vient ». Selon lui, une phrase comme celle-ci fait voir à un lycéen quelque chose d’extraordinaire. Elle vous hante. « C’est une phrase qui m’est restée ».

    L’incident du drapeau
    Le drapeau français, symbole de domination et d’oppression allait à cette occasion descendre pour que soit hissé celui du Togo, symbole de liberté. C’était un instant très solennel, marquant le couronnement de plusieurs années de lutte qui avaient coûté beaucoup de larmes, de frustration et beaucoup de morts. Désormais, cela ne serait plus qu’un mauvais souvenir.

    La foule avait les yeux rivés sur les deux soldats impeccablement vêtus, les mains gantées de blanc, l’un tenant respectueusement le drapeau des deux mains, tandis que l’autre tirait sur la corde pour le hisser sur le mât.

    La foule en délire applaudissait en suivant la montée majestueuse des couleurs nationales. Puis soudain, c’est la stupeur : le drapeau ne monte plus, il est coincé à mi-parcours. Le soldat a beau tirer, rien à faire. Un silence de cathédrale s’abat sur la foule. « Pourquoi notre drapeau refuse de monter ? », se demande Mr TCHATCHIBARA ainsi que toute l’assistance.

    Combien de temps le drapeau est il resté coincé ? Les souvenirs des uns et des autres ne semblent pas s’accorder à ce sujet. Pas plus qu’une minute pour certains comme Zeus AJAVON, TCHATCHIBARA. C’est sans doute en raison de l’émotion des uns et des autres qu’on donne à l’incident une durée plus longue qu’il ne l’a réellement été. C’est un autre son de cloche chez Mr ANTHONY pour qui ce fut l’œuvre des ennemis de l’indépendance.

    De fait, il a fallu que quelqu’un monte pour décoincer le drapeau.

    On peut, en considération du fait qu’il a fallu se rendre compte de la nécessité d’envoyer quelqu’un là haut pour donner un coup de pouce au drapeau et du temps qu’il a fallu pour réaliser la manœuvre, déduire que l’incident a quand même duré quelques minutes. Cela dit, ce n’est pas tant la durée pendant laquelle le drapeau est resté coincé que la signification à donner à l’incident qui avait de la valeur aux yeux des Togolais.

    Comment fallait-il comprendre ce qui était arrivé ? Car, tout a une signification dans nos traditions africaines. Au regard de tout ce qui est arrivé par la suite à notre pays, aujourd’hui encore, certains pensent que c’était un signe qui annonçait l’avenir incertain que nous vivons actuellement. Mr MONSILA, membre de
    la JUVENTO est de ceux-ci : « C’était un présage. L’unité n’était pas complète à ce moment là pour proclamer l’indépendance ». Zeus AJAVON, lui, parle «d’incident purement technique ». Et Mr Godwin TETE affirme : « ça arrive…un petit incident de parcours ». Ce serait donc la crédulité, fille de l’ignorance, qui fait voir dans cet incident un mauvais présage. Le débat sur le sujet est loin d’être clos.

    Toujours est-il que tout est rentré dans l’ordre et le drapeau a enfin touché le haut du mât, sa destination finale. L’hymne nationale du Togo qui allait désormais saluer nos couleurs «Terre de nos aïeux» a été interprété pour la première fois par « Les Petits Chanteurs à la Croix
    de Bois», une célèbre chorale de Notre Dame de Paris que le Togo avait invitée. Pour le plus grand bonheur de l’assistance, ils ont chanté l’hymne en français et en Ewé.

    Puis le défilé a commencé, ouvert par la petite armée de l’époque, 600 hommes. Le défilé civil a été riche de diversités. Les élèves habillés de blanc ont fait un passage très remarqué, surtout les écolières qui, comme on le voit sur le film retraçant l’événement, étaient belles et gracieuses. Des groupes folkloriques venus de toutes les régions du pays ont été chaudement applaudis et ont permis aux hôtes de marque du peuple Togolais d’apprécier nos richesses culturelles. Ils ont également apprécié la démonstration des potentialités minières et agricoles du Togo à travers le passage de véhicules chargés de : phosphate brut, de plants de cocotiers, de palmiers, de caféiers, de cacaoyers, de maïs, etc.

    Après ce défilé monstre, la fête s’est poursuivie par un grand pique-nique à la grande cocoteraie Pa de Souza. L’avenir ne s’annonçait-il pas radieux, avec le départ des colons ?

    Plusieurs jours de suite, les Togolais fêtèrent la naissance de leur nouvelle République.

    Mr N’GUISSAN se rappelle que : « cette année là, la fête du 1er mai n’était pas la fête des travailleurs mais de tous les Togolais, quels qu’ils soient ».

    Le 27 avril 1960, selon Mr TCHATCHIBARA, « a été le début du sentiment d’être Togolais, avec la fierté de l’être ». Me Zeus AJAVON, lui, insiste sur le fait que : « ce jour là, les Togolais ont cru en un eldorado ».

    Bien que disposant de moyens limités, la jeune République a tout fait pour donner à la fête de l’indépendance un  éclat particulier dont se souviennent tous les témoins de l’époque.

    Ayant foi en l’avenir et désormais maître de son destin, le peuple a jubilé.

    Le départ du colonisateur était censé être pour le peuple le début de sa marche vers le développement.

    Quarante-huit ans sont passés, avons-nous vraiment avancé dans ce sens ? Le débat est ouvert.
    Wobedigna A

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  • La cogestion ou « avoir son œil dedans » du CAR

    Focus Info # 004
    Lors de sa journée de réflexion tenue à Baguida le 23 février dernier, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a proposé aux forces vives et aux pouvoirs publics de s’accorder sur un mode d’organisation politique qui instaure une stabilité de longue durée dont le pays a besoin pour son redressement socio-économique.

    D’après ce parti, le Togo ne peut connaître une telle stabilité nécessaire à la mise en confiance des bailleurs de fonds et des investisseurs nationaux et étrangers, que si les pouvoirs publics, les partis politiques, les syndicats de travailleurs, les corporations d’opérateurs économiques, les confessions religieuses et autres organisations de la société civile, font preuve de patriotisme pour conjuguer leurs énergies pour la gestion du pays. Ce concept politique a un nom : la cogestion. Le leader du CAR, Me Yawovi AGBOYIBOR dans une interview accordée à nos confrères de Golfe Infos et sur le plateau de la TV7 le 06 avril dernier, de même que le chargé de communication de son parti, Monsieur Jean KISSI lors de son intervention sur la télévision RTDS, ont défini les contours de ce concept, devenu aujourd’hui leur nouveau cheval de bataille.

    Si l’idée paraît séduisante, elle a cependant la faiblesse d’apporter de mauvaises réponses à de bonnes questions.

    Le CAR se trompe d’époque
    Malgré les graves problèmes socio-économiques que connaît notre pays, nul ne peut contester le fait que le climat politique est aujourd’hui apaisé ; un Accord Politique Global (APG) et des élections législatives étant passés par là. S’ils n’ont pas résolu entièrement les difficultés, ils ont cependant eu le mérite d’assainir le jeu politique. L’idée du CAR serait fondée dans une situation de crise profonde ou de circonstances exceptionnelles comme celles que notre pays a connues par le passé. Car il n’y a quasiment pas de pays au monde où les difficultés économiques aient justifié la mise entre parenthèses des institutions telles qu’établies ; le concept du CAR aboutissant à cela in fine.

    La cogestion ne s’explique souvent que par l’aggravation d’une crise politique, dernier exemple en date : le KENYA. Ainsi, aurions-nous pu applaudir des deux mains si le CAR avait eu son «illumineuse» idée par exemple, au lendemain du coup de force perpétré par l’armée le 05 février 2005 au profit de Faure GNASSINGBE, à la suite du décès du général Gnassingbé Eyadéma.

    Elle aurait pu également être très intéressante si elle avait été proposée après les élections sanglantes que le Togo a connues en avril 2005 ; puisque la légitimité du président élu à la suite de ces élections, était fortement contestée. Elle aurait pu enfin susciter notre adhésion si l’Accord Politique Global l’avait inscrite comme moyen de résoudre la crise, sur proposition du CAR. A ces différents moments, il a passé son tour.

    Le 14 octobre dernier, des élections législatives ont eu lieu. Une majorité parlementaire et une opposition s’en sont dégagées. Les résultats n’ont pas été contestés par ce parti. Seule l’Union des Forces du Changement (UFC) a juré les avoir gagnées.

    Un gouvernement est en place, de même qu’un parlement auquel participe le CAR. Reconnaît-il la légitimité et la représentativité de ces institutions ? Si oui, au nom de quel principe devra-t-on les mettre entre parenthèses ? Si non, pourquoi siège-t-il aux sessions du parlement ? Dès lors, la démarche du CAR nous semble bien anachronique. Après avoir été battu aux élections, après avoir échoué à montrer qu’il est le principal parti de l’opposition, le CAR découvre soudainement les vertus d’un partage de pouvoir. N’est-ce pas là une vaine tentative de revenir par la fenêtre, alors qu’on a été sorti par la porte ? N’est-on pas devant la volonté d’obtenir par des contorsions politiques ce que les électeurs, le 14 octobre, lui ont refusé ?

    Au surplus, alors même que son leader assure que la cogestion correspond à sa vision politique depuis l’époque du Front des Associations pour le Renouveau (FAR), nous n’avons pu trouver nulle part, trace d’une telle proposition au cours de la campagne électorale d’octobre dernier. Certes, il n’est jamais trop tard pour trouver de bonnes idées ou solutions en politique. Mais le tort du CAR est de n’avoir pas eu cette «brillante inspiration politique» lors de cette campagne. A l’époque, l’obsession de ce parti n’avait pas pour objet cet OPNI (Objet politique non identifié) mais « la conversion de tous à la démocratie. »

    C’est l’œuvre à laquelle son leader s’engageait auprès des électeurs à s’atteler, en cas de victoire. Malgré ce ton évangélique aux allures messianiques, les électeurs – certainement des mécréants en majorité - n’ont pas été séduits. Le CAR n’ayant pas gagné les élections, on peut donc supposer que la conversion n’a pas eu lieu.

    Comment parvenir alors à la cogestion en faisant cohabiter ceux dont la démocratie est la religion et ceux qui, par la faute des électeurs, n’ont pas pu être convertis à celle-ci? Vaste programme en tout cas ! Le CAR peut-il gager que sa cogestion permettra leur conversion ? Nos prières ne seront sans doute pas de trop pour ce faire.

    Une cogestion pour combien de temps ?
    Une autre faiblesse de l’idée du CAR est le silence quant au calendrier. Admettons que par extraordinaire, tous les acteurs politiques et les différentes couches socio-économiques arrivent à dégager un consensus pour la mettre en place. Ce sera pour combien de temps ? Deux (2) ans, c’est-à-dire jusqu’à la prochaine élection présidentielle ? Cinq (5) ans, jusqu’aux prochaines législatives ? En tout état de cause, une fois le délai retenu expiré, le principe majoritaire reprendra- t-il ses droits ? Mais alors, les mêmes causes ne risquent-ils pas de produire les mêmes effets ? Voilà autant de questions sur lesquelles il eut été intéressant qu’on nous éclairât.

    Un concept sur un air du « déjà vu »
    Le CAR a beau assurer que la cogestion « ne saurait être comme une reproduction du déjà vu »; pourtant sa trouvaille n’en est pas vraiment une et est loin d’être l’idée politique de l’année.

    En effet, d’autres ont suggéré en leur temps cette cogestion, en des termes différents et avec des desseins divers : « avoir son œil dedans» de feu Gnassingbé Eyadéma, « la politique des petits pas » d’Edem KODJO et dans une autre mesure, le «Compromis politique global» de Atsutsé AGBOBLI.

    Les objectifs et les motivations peuvent sembler différents, mais la démarche reste la même. D’ailleurs des motivations, parlons-en ! Quelles sont celles du CAR ?

    Erreur de diagnostic, mauvais remède
    Dans son état des lieux, le CAR dresse un tableau objectif des réalités socio-économiques, dont les voyants sont pour la plupart au rouge, d’après même certains chiffres rendus publiques par le gouvernement à l’issue du conseil des ministres tenu à Nangbéto le 07 mars dernier et cités par le CAR.

    Ne se contentant pas de «crier les problèmes sans proposer des solutions » pour paraphraser son leader, ce parti émet des pistes de réflexion, concernant surtout les jeunes, la « couche sociale la plus affectée par la pauvreté. » Cependant, le CAR ne va pas au bout de son analyse et surtout, n’identifie pas courageusement les causes de la situation inquiétante qu’il décrit. Comment en est-on arrivé là ? Voilà une question intéressante puisque la réponse qui y sera apportée impliquera les réformes à mener. A cette question, le CAR répond ceci : « Ailleurs, notamment en Occident, lorsque les jeunes eurent à vider les milieux ruraux, c’était pour se faire embaucher par les industries qui commençaient à se développer dans les centres urbains grâce au niveau assez avancé de l’agriculture.

    Au Togo comme dans la plupart des pays africains, l’exode des jeunes n’a pas obéi à la même logique. Ce, pour plusieurs raisons dont avant tout le défaut d’ajustement de la politique agricole du pays à l’évolution de l’économie mondiale. Cela a entraîné l’abandon précoce des terres par les jeunes.

    L’agriculture qui devait servir de socle au développement des petites et moyennes entreprises a pris un sérieux coup qui a tourné à l’avantage des secteurs de distribution et de redistribution des biens et services importés. » Et le CAR de conclure que « c’est tout cela qui a entraîné la régression de l’économie nationale et la pauvreté préoccupante de nos populations. » Pourquoi pas ? On veut bien le croire. Simplement, l’argument nous semble un peu court.

    En effet, on aurait aimé entendre le CAR sur les grands choix politiques qui ont influé directement sur le sort de nos populations. On aurait aimé que le CAR nous explique par exemple comment, en dehors « du défaut d’ajustement de la politique agricole du pays à l’évolution de l’économie mondiale », notre petit pays a réussi à cumuler une dette extérieure de l’ordre de 840 Milliards FCfa et une dette intérieure de 266,4 Milliards, soit une dette publique totale de 1,106.4 Milliards FCFA, équivalant presque à notre PIB qui est de 1,153.8 Milliards de francs Cfa. On aurait aimé connaître la part que représentent certains investissements à perte effectués par le passé, ainsi que des dépenses aussi somptuaires qu’inutiles, sur la situation aujourd’hui. On aurait aimé savoir si la faillite financière de notre pays n’est pas aussi due à des postes de dépenses non productifs mais budgétivores et à la gestion hasardeuse de nos finances publiques ainsi que de certaines sociétés comme la SOTOCO. On aurait aimé que le CAR nous dise si la corruption, la prévarication, la gabegie sont étrangères aux maux dont souffre notre pays.

    On aurait aimé que le «parti des déshérités » nous éclaire sur la responsabilité de la mauvaise gouvernance et du défaut de planification dans l’aggravation des conditions de vie des togolais. Car voilà comment on en est arrivé là. Et un peu de courage politique au lieu du grand écart politicien aurait permis au CAR de le relever.

    On a beau cogérer le pays, on a beau bénéficier des mannes financières des partenaires en développement, des opportunités peuvent nous être offertes à l’envi ; mais tant qu’on naviguera à vue, tant qu’une réelle vision de développement ne sera pas mise en place, tant que certains comportements de prédateurs de notre économie et des finances publiques ne s’arrêteront pas , alors le revenu mensuel des togolais n’augmentera pas, les pauvres seront de plus en plus pauvres, et la situation ira en s’aggravant. Et ce n’est pas la cogestion qui va apporter le changement escompté mais plutôt une vraie volonté politique et un grand sens de l’état et de la chose publique.

    Le principe majoritaire n’est pas le problème mais la solution
    Il est difficilement soutenable, surtout de la part d’un parti politique légalement constitué en vue de concourir à la conquête du pouvoir, de remettre en cause (même provisoirement) le principe majoritaire qui fonde toute démocratie. C’est un système imparfait mais c’est le meilleur des systèmes. La loi de la majorité constitue l’essence même de la vie politique dans une démocratie : une majorité qui gouverne, une opposition qui s’oppose. Ce schéma n’a jamais bloqué ni nui à un pays. Et ce n’est pas l’opposition à la majorité qui pose problème. Ce qui pose problème, c’est quand la majorité n’est pas aux affaires et que le pays est gouverné par la minorité. Ce qui pose problème, c’est le refus de faire droit à l’alternance.

    Loin donc d’être inapproprié à la situation actuelle de notre pays, le principe majoritaire constitue un début de solution. A quoi bon sinon d’avoir organisé et participé à des élections législatives ?

    Une des grandes figures de la chanson togolaise a dit récemment à peu près ceci : « quand vous êtes dix (10) dans une maison et que sur les dix, (huit) 8 tirent le diable par la queue pendant que les deux autres ont une vie de nabab, ces derniers ne sont pas en sécurité. » A méditer.
    La Rédaction

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  • Prétendue brouille entre Gilchrist Olympio et Jean-Pierre Fabre : Simple machination ou début d’une crise ?

    Golfe Info #386 du 23 avril 2008

    Depuis le début de cette semaine, des informations faisant état de brouille entre Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l’UFC (Union des Forces de Changement) et Gilchrist Olympio, président national de ce parti circulent à Lomé. Il se dit que le premier aurait été approché à Paris (France) par de hauts responsables du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) qui lui auraient proposé un deal. Ceci, dans la perspective du scrutin présidentiel de 2010.

    Au terme de ce pacte secret, Jean-Pierre Fabre devrait se porter candidat contre son patron, Gilchrist Olympio à la présidentielle de 2010. Il bénéficiera dans cette aventure du soutien du parti au pouvoir. Les tenants de ces informations soutiennent également que le secrétaire général de l’UFC aurait reçu une importante somme d’argent comme « avance » des mains des émissaires du RPT.

    « Faux! », rétorque Jean-Pierre Fabre qui estime que les auteurs de ces ‘‘conneries’’ « racontent des choses inimaginables ». « Vous me voyez quitter mon parti pour servir cette cause ? C’est complètement fou de penser en ces termes », a-t-il martelé avant d’ajouter, « si je suis désigné président du groupe parlementaire de mon parti à l’Assemblée nationale, c’est parce qu’on m’a fait confiance ». Et de conclure : «Allez dire à ceux qui colportent ces informations qu’ils aillent au diable ! ». Par ailleurs, a-t-il expliqué « il revient au parti de désigner son candidat à l’élection présidentielle et ce dernier, précise-t-il, vous le connaissez, c’est bien le président national, Gilchrist Olympio ».

    Crosby Quist, le chargé de Communication de cette formation politique abonde dans le même sens. D’après lui, ces informations sont de nature à intoxiquer les populations et à détourner leur attention.    

    D’après une source proche du pouvoir, il s’agit d’une stratégie concoctée par la majorité pour déstabiliser cette dernière poche de résistance et  conserver le pouvoir au lendemain du scrutin de 2010 : « Le RPT cherche à créer la  division au sein de l’UFC en faisant des yeux doux au plus radical du parti, à  savoir Jean-Pierre Fabre pour qu’il y ait émiettement de voix en sa faveur si ce dernier acceptait, d’aventure, de se présenter au scrutin présidentiel », explique cette source. Au lendemain de cette élection, indique cette même source, un seul argument sera brandi pour expliquer la défaite ainsi programmée de l’UFC : « le parti aurait pu gagner le scrutin s’il n’y avait pas de dissensions entre ses hauts responsables».

    Au-delà de toutes ces allégations, la question est de savoir si Jean-Pierre Fabre est prêt à renoncer à sa nationalité française pour se présenter à une élection présidentielle ou si Gilchrist Olympio est prêt à se séparer de l’un de ses plus fidèles lieutenants ? Ce, d’autant plus que la Constitution togolaise en vigueur n’autorise pas les personnes ayant la double nationalité de faire acte de candidature à une élection présidentielle et que la machine à fraude du pouvoir en place à Lomé n’est pas encore à court d’idées pour laisser passer tout occasion de s’attribuer une victoire en 2010.

    Malgré les démentis formels venant de l’UFC et de l’intéressé lui-même, des sources persistent et soutiennent que des tractations sont actuellement en cours pour qu’au prochain congrès statutaire du parti, Jean-Pierre Fabre soit destitué du poste de secrétaire général au profit d’Eric Amerding, le conseiller politique de Gilchrist Olympio qui se trouve être également son beau-frère.

    On se souvient qu’en août 2007, en prélude au congrès d’investiture des candidats de l’UFC aux élections législatives du 14 octobre de la même année, de « fausses » informations selon lesquelles, Patrick Lawson, le 3e vice-président de ce parti était en conflit avec son chef, Gilchrist Olympio, avaient fait la une des journaux. Les deux hommes, à l’époque, se seraient opposés sur le choix des candidats devant figurer sur les listes. Un démenti formel a été apporté par Patrick Lawson le 30 août 2007, le jour de l’investiture. Pour l’heure, la présidentielle de 2010 est encore loin et les jours à venir édifieront les uns et les autres.
    Noël Y. A. Glissou


    Le pouvoir de Faure et la question de la manipulation : Un argument fallacieux

    Les deux dernières  semaines ont été très mouvementées sur le campus universitaire de Kara suite à des revendications estudiantines. Pour le pouvoir en place, les manifestants ont été manipulés. Cette façon d’appréhender les mouvements d’humeur de la part de l’Etat appelle un certain nombre d’interrogations et donne lieu à des réflexions.

    La question de la manipulation et d’infiltration d’individus malintentionnés pour commettre des actes subversifs au cours des marches de protestation est devenue un refrain pour le gouvernement togolais. De ce fait, tous les mouvements de protestation sont interdits aux motifs précités. Dans sa logique, le pouvoir de Faure Gnassingbé cherche toujours à voir derrière chaque mouvement de protestation, des esprits « mauvais » tapis dans l’ombre et  dont le seul objectif serait de pousser les « honnêtes »  à descendre dans les rues.

    Aussi, le gouvernement a-t-il vite fa