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March 2008 - Posts

  • Conseil des ministres : Les dernières actions salutaires du gouvernement

    L'Union #119 du 28 mars 2008

    Les problèmes auxquels sont confrontés les Togolais en ce moment sont énormes.  Si bien que les efforts que déploie le gouvernement sont souvent noyés dans les immenses  attentes des populations.  Pour juguler la crise internationale caractérisée par la hausse des prix des produits, surtout de premières nécessités, le gouvernement a encore pris des décisions importantes lors du conseil des ministres du mardi dernier. Au nombre de celles-ci, on peut s’attarder notamment sur l’allongement de l’âge de départ à la retraite. 

    L’équipe Mally a compris que l’administration publique est l’outil par excellence par lequel elle  doit assurer l’exécution de sa politique de bien-être des populations.  C’est à raison donc que le gouvernement a décidé de mettre à la disposition de celle-ci des hommes et des femmes compétents, efficaces et en nombre suffisant.  Le projet de loi  adopté en conseil des ministres mardi dernier réaménage l’ancienne formule de départ à la retraite fixée à 55 ans  ou à 30 ans de service effectifs pour toutes les catégories de personnels de l’Etat. Il prolonge pour quelques années la limite d’âge en tenant compte de la qualification de chaque agent. L’objectif visé est de garder le plus longtemps possible les cadres de conception tels les magistrats et le personnel enseignant du supérieur admis à la retraite à 60 ans. Ainsi, l’âge limite d’admission à la retraite des agents de la fonction publique togolaise est fixé à 60 ans pour ceux des catégories A1 et A2, à 58 ans pour les catégories B et C des cadres du perso
    nnel enseignant et de la santé, à 53 ans pour les cadres B  des fonctionnaires  de et les autres à 55 ans d’âge.

    Un nouveau souffle pour la CRT
    Pour le gouvernement, le prolongement de l’âge de la retraite pour les agents concernés pourrait contribuer à réduire le déséquilibre financier de
    la Caisse de Retraite du Togo (CRT), qui débourse plus d’un milliard de francs Cfa par mois pour payer les retraités alors que ses ressources mensuelles se chiffrent à peine à 400 millions de francs, l’Etat étant obligé de subventionner chaque mois la différence. Par ailleurs, la performance des entreprises et autres unités de production est fonction de l’utilisation du capital humain. Cette adéquation gouverne la transmission des compétences ainsi que la capacité des entreprises à faire face à la compétitivité et à la productivité pour leur maintien dans un environnement national et international de plus en plus difficile.

    Les entreprises togolaises, compte tenu de la formule actuellement en vigueur en matière de retraite, se vident littéralement de leurs personnels les plus expérimentés. L’autre intérêt de la réforme de la retraite réside dans la nécessité de rétablir l’équilibre de la branche pension des organismes de sécurité sociale. La détérioration observée au niveau de ces institutions s’explique principalement par le système actuel de cessation définitive de carrière des travailleurs. Il est donc indispensable d’opérer un sauvetage de ces organismes en réformant le système. Ainsi, l’âge d’admission à la retraite est fixé à 60 ans pour les secteurs privé et parapublic au Togo. Toutefois, des régimes spéciaux prenant en compte la possibilité d’un départ avant ou après terme et d’un départ volontaire peuvent être institués.

    D’après le ministre de la Fonction publique, les effectifs de la fonction publique ne cessent de décroître à cause des départs à la retraite, des décès, des démissions. Le gouvernement, pour pallier les déficits d’effectifs, avait décidé d’organiser périodiquement des concours de recrutement. Cet effort avait permis, dans les années 80, de maintenir les effectifs autour de 34.000 agents toutes catégories confondues et avait, de ce fait, permis à l’administration publique d’assurer ses missions quotidiennes. Avec l’arrêt des recrutements au début des années 90, cet effectif a commencé à diminuer sensiblement, passant de 27.087 en 2000 à 20.527 agents en 2004. Et selon les prévisions, les départs à la retraite se chiffreront à 15.549 agents d’ici 2009 si aucune mesure appropriée n’est prise par le gouvernement pour renforcer ces effectifs en constante diminution.

    Les caisses se vident
    D’autre part, dans le système de répartition pratiqué par la Caisse de Retraites du Togo et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, il faut plusieurs agents actifs pour un retraité. Le minimum, selon les experts, est de cinq cotisants pour un retraité. A l’heure actuelle, nos caisses «jonglent» avec 1, 4 cotisant pour un retraité et ne seront plus en mesure de fournir leurs prestations à partir de 2010.

    Mais compte tenu des contraintes budgétaires auxquelles l’Etat fait aujourd’hui face, il a été proposé que ce relèvement ne puisse s’appliquer, pour le moment, qu’aux cadres A1 et A2 de l’administration générale et aux catégories B et C relevant des secteurs de la santé et de l’enseignement où des départs massifs à la retraite sont observés chaque trimestre. Toutefois, dans un souci d’harmonisation, il a été proposé lors de la réunion du Conseil National du Dialogue Social (CNDS) qui s’est tenue le 18 février 2008 que le secteur privé puisse suivre la proposition de relèvement de l’âge de la retraite suggérée par le gouvernement.  Mais le patronat et les syndicats ont systématiquement rejeté une telle harmonisation.

    Ils ont proposé que le secteur public évolue à son rythme et que le secteur privé puisse généraliser le relèvement de l’âge de la retraite à tous les travailleurs/ Mesure qui, selon eux, est indispensable et urgente.  De sources proches du gouvernement, des concours de recrutements dans la fonction publique sont en préparation en vue de combler dans les meilleurs délais les nombreux départs à la retraite. Les jeunes diplômés peuvent commencer à affûter leurs armes… Comme on peut le constater, des efforts sont fournis mais peut-être pas encore à la hauteur des attentes des populations qui viennent de sortir d’une crise de plus de 15 ans. On peut ne pas aimer le guépard, mais il faut reconnaître au moins qu’il court.

    Jean Afolabi


    Après 4 mois de charges imprévues au Togo : La subvention du pétrole atteint ses limites
    Que faire au-delà du mois d’avril ?
    «La dernière révision des prix à la pompe des produits pétroliers au Togo remonte au 1er décembre 2006, au moment où le baril de pétrole se vendait à 60 dollars US. Depuis lors, la situation s’est aggravée avec la flambée persistante des prix du pétrole brut sur le marché international (…) Ainsi, l’intervention de l’Etat pour maintenir les prix à la pompe sur la période janvier - avril 2008 représente un manque à gagner d’environ 10 milliards de FCFA pour le budget national. Il en résulterait, si l’on n’y prend garde, un déséquilibre des prévisions budgétaires  de la loi des finances 2008 car l’intervention de l’Etat en matière de soutien au secteur des produits pétroliers a atteint ses limites».

    Voilà le constat sur fond d’essoufflement que le conseil des ministres a fini par officialiser le mardi dernier. Pour un Etat fragile qui négocie le retour des vieilles amours avec ses partenaires financiers, il faut comprendre toutes les difficultés actuelles à sortir du cadre du budget en cours. Surtout qu’à côté, il urge de satisfaire d’autres exigences sociales, politiques et économiques. Ensemble des comptes décrivant les ressources et charges de l’Etat, le budget a cette particularité d’être équilibré et rigide pour être mieux contrôlé en fin d’exercice. Par sa malléabilité, on peut être amené à crever une partie pour en compenser une autre, mais sans démesure.

    Aujourd’hui, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les pouvoirs publics veulent éviter une autre désapprobation sociale qui viendra s’ajouter aux grincements de dents accompagnant la flambée des prix des produits de première nécessité.

    Jusqu’à quand ?
    La plus belle femme peut-elle donner plus qu’elle en a ? Une question que tout le monde doit se poser au lendemain du refus catégorique des pays producteurs de pétrole à augmenter leur production. Et comme par enchantement, le Togo résiste au temps et garde la décision, une nouvelle fois, de ne pas modifier les prix à la pompe. Du coup, le manque à gagner qui découle de cette mesure pour l’Etat est de 5,09 milliards de FCFA, un coût plafonné à 4,8 milliards jusqu’à la dernière hausse qui se maintient toujours au-dessus de la barre de 100 dollars le baril. «Le gouvernement a bloqué la hausse du prix du carburant parce que le carburant a été revu à la hausse depuis le 1er février 2008. Les Togolais ne le savent pas : le prix à la pompe est passé jusqu’à 595 FCFA. Mais, compte tenu de la dénonciation faite sur la flambée des prix, ces prix ont été bloqués dans les tiroirs du gouvernement jusqu’à ce jour. Donc, il a déboursé 4,800 milliards pour subventionner le carburant. C’est une compensation que l’Etat doit reverser aux pétroliers», reconnaissait à juste titre le porte-parole de l’Association togolaise des consommateurs, Aladjou Agouta (Union n°114 du 22 février 2008). Un effort que ne minimise point l’Intersyndicale des travailleurs du Togo.

    Selon le communiqué du conseil des ministres, le baril est à environ 106 dollars US. Et les causes de cette flambée sont, entre autres, les tensions géopolitiques et sociales dans les pays producteurs, la baisse des réserves américaines, la décision des pays producteurs de ne pas augmenter leur niveau de production actuel, l’augmentation de la demande en carburants (République de Chine et pays émergeants).

    Faut se préparer !
    Au Togo, les prix à la pompe des produits pétroliers sont fixés sur la base du mécanisme d’ajustement automatique des prix des produits pétroliers mis en place le 2 avril 2002 par le gouvernement. Ce système fait varier le prix des carburants à la pompe en fonction des fluctuations de leurs cours mondiaux dans une fourchette de plus ou moins 5 % par rapport aux prix de la structure de référence. Les variations des prix de la nouvelle importation par rapport au prix de référence du 1er décembre sont les suivantes : essence sans plomb (+ 15 % à 580, 94 F CFA contre 505 FCFA), pétrole lampant (+ 48 % à 547, 49 FCFA contre 370 FCFA), gasoil (+ 30 % à 648, 73 FCFA contre 500 FCFA).

    Sur le gaz domestique, le gouvernement affirme également subventionner jusqu’à hauteur de 8.500 francs sur la bombonne de 12 kg. «De ce qui précède, et au regard de nos consommations respectives, chacun de nous peut apprécier ce que le gouvernement déploie comme effort en vue de soulager les populations togolaises du poids de la cherté de la vie qui nous est imposée par la conjoncture internationale», a déclaré, jeudi sur radio Lomé, le ministre du Commerce, de l’industrie, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, Yendja Yentchabré. En se gardant, bien entendu, d’avancer une quelconque probable hausse des prix du carburant. Devine qui pourra.

    Rappelons qu’ayant supporté les coûts pendant plusieurs années, l’Etat a dû lâcher en 2007, ce qui avait conduit à une augmentation de près de 25% des prix des produits pétroliers. Et cela a créé le tollé qu’il devait créer au sein des consommateurs. Visiblement, une nouvelle hausse des prix des carburants, en l’espace d’un an, pourrait conduire au suicide des foyers, d’autant que le prix élevé du baril du pétrole est déjà assez ressenti sur le coût des biens de consommation. Juste un répit pour le conducteur de véhicule ou tout autre engin roulant à base de carburant… si l’on n’y prend garde !

    Sylvestre D.


    Littérature : 40 ans après sa disparition, Couchoro ressuscité
    Quarante ans après sa mort, l’écrivain Félix Couchoro se voit rappelé à la mémoire du monde  des lettres à travers un colloque organisé par le Département des lettres de l’Université de Lomé et l’Association togolaise des Bibliothécaires-Réseau Lecture publique les 26 et 27 mars à l’auditorium de l’Université ; lequel colloque se situe dans le cadre des journées internationales de la Francophonie. Au cours de ce colloque, les différents critiques littéraires, enseignants et chercheurs de l’Université de Lomé auront à décliner sur la vie et l’œuvre de Couchoro à travers de nombreux thèmes.

    Premier écrivain togolais, auteur prolifique de 21 romans dont un seul, L’esclave, fut édité en 1929, les autres parus en feuilletons dans les colonnes du quotidien national Togo-Presse, Félix Couchoro fut pourtant longtemps occulté par la critique, certainement à cause de sa non-édition, l’auteur étant boudé par les maisons d’édition. Une situation qu’explique l’universitaire Daniel Dosseh Lawson-Body dans le numéro 131 de la revue Notre librairie consacré au Togo par la posture littéraire de Couchoro. Une question d’opportunité littéraire tout simplement, de choix esthétique et thématique, Couchoro ayant choisi d’évoluer en marge des grands courants littéraires du XXème siècle. Lorsque la plupart des écrivains d’Afrique noire étaient engagés dans un combat culturaliste, nationaliste voire anticolonialiste, «Couchoro choisit un autre terrain d’élection et d’intellection, celui de la société togolaise en mutation», écrivait M. Lawson-Body. En clair, Félix Couchoro était victime du fameux procès de littérature rose fait à Camara Laye par Mongo Béti quant à ses romans L’enfant noir et Le Regard du roi.

    Pourtant, note Laté Lawson-Hellu dans son Introduction aux oeuvres complètes de Félix Couchoro (Mestengo Press, Canada, 2005), cette écriture pionnière de la littérature devrait être d’un grand intérêt pour la critique, ne seraient-ce que la dimension protéiforme de l’homme et de son oeuvre. Couchoro fut à la fois romancier, essayiste, nouvelliste et scénariste, journaliste, enseignant, homme d’affaires et propriétaire de plantation.  «Comme l’indique suffisamment la posture de l’écrivain face à ses textes et à ses univers fictifs, c’est une écriture qui porte les marques du fait identitaire devenu par la force des choses objets et projets à la fois», écrit  L. Lawson-Hellu. C’était l’écrivain de son époque et son témoignage mérite d’être connu pour comprendre cette période importante de l’histoire nationale.

    Le professeur Kuakuvi Kuami Mawulé, enseignant de philosophie, dit à propos : «Félix Couchoro a écrit des œuvres qui décrivent les réalités  sociales de son époque. Ses analyses romanesques ressemblent à des reportages d’ethnologue et d’anthropologue. Ce n’était pas de la fiction, ni de l’autobiographie». En fait, il s’agit dans le cas d’espèce de l’autofiction, genre romanesque dans lequel Couchoro devrait être considéré comme un pionnier.

    Ressuscité quarante ans après sa mort, l’écrivain né avec le siècle, mort en 1968, n’en continue pas moins d’alimenter une sourde polémique à propos de sa nationalité : les Béninois réclamant aussi le Togolais comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Né, il est vrai dans la ville esclavagiste de Ouidah, ayant grandi et fait ses études en cette ville, Couchoro enseigna au Togo et fut fonctionnaire au ministère de l’Information. L’homme même avait une origine nigériane lointaine et son œuvre concerne la sphère géographique Ewé-mina, avec un accent particulier sur les Guins, peuple dont il se considérait comme membre. 

    Mais le débat n’a plus lieu d’être, selon Martin Gbénouga, chef du Département des lettres modernes à l’Université de Lomé ; la question étant déjà tranchée quand on se réfère à la vie même du pionnier de la littérature togolaise. Couchoro est considéré comme un écrivain des frontières, selon un critique togolais. Au Bénin, il vivait à Agouè, territoire très proche du Togo ;  à Lomé, il vivait très près de la frontière ouest à Kodjoviakopé, la dernière maison avant la frontière du Ghana. Peut-être une manière de signifier qu’il se foutait royalement des nationalités.

    Reste l’importante question de l’influence de Couchoro sur la littérature togolaise. Un critique littéraire de la place se dit proche de Couchoro qui écrit des choses qui parlent à son imaginaire, contrairement, par exemple, au roman Femme infidèle de Sami Tchak. A voir. Si Kossi Efoui semble être l’écrivain à avoir marqué la littérature togolaise et les jeunes auteurs montants, il reste quand même à trouver des héritiers spirituels à Couchoro.

     
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  • Échos du dernier conseil des ministres : Probable hausse des prix du carburant en mai

    Golfe Info #375 du 28 mars 2008

    Échos du dernier conseil des ministres : Probable hausse des prix du carburant en mai
    Augmentera ou augmentera pas ? C’est cette double question que se posent bon nombre de togolais depuis la hausse continuelle du prix du baril du pétrole sur le marché international. Le gouvernement togolais vient de donner une réponse, somme toute laconique à cette interrogation qui taraude l’esprit des consommateurs.

    Réuni en conseil des ministres mardi dernier, le gouvernement togolais a écouté une communication du ministre du Commerce relative à la fixation des prix des produits pétroliers au Togo pour la période janvier-avril 2008.

    Dans sa communication, rapporte le communiqué ayant sanctionné les travaux du conseil des ministres, Yendja Yentchabré a laissé entendre que la dernière révision des prix des produits pétroliers à la pompe au Togo remonte au 1er décembre 2006, au moment où le prix du baril du pétrole se vendait à 60 dollars US (soit 30.000 FCFA avec 1 dollar à 500 FCFA à cette époque). Depuis lors, a fait remarquer le ministre du Commerce, la situation s’est aggravée avec la flambée des prix du pétrole brut sur le marché international. Ce dernier coûtant aujourd’hui environ 106 dollars US (soit 44.520 FCFA avec 1 dollar à 420 FCFA aujourd’hui). Donc une hausse de 14.520 FCFA.

    Après avoir indiqué que les prix des produits pétroliers à la pompe au Togo sont fixés sur la base d’un mécanisme d’ajustement automatique mis en place en avril 2002 par le gouvernement, M. Yentchabré a relevé que ce système fait varier le prix des carburants à la pompe en fonction des fluctuations de leurs cours mondiaux dans une fourchette  de plus ou moins 5% par rapport aux prix de la structure de référence. Ainsi, fait observer le ministre du Commerce, avec la hausse du cours du baril brut et les tensions géopolitiques, les variations des prix du carburant actuellement importé par rapport aux prix de référence du 1er décembre 2006 se présentent comme suit : 580 FCFA contre 505 FCFA actuellement pour l’essence sans plomb (plus de 15% d’augmentation) ; 547,49 FCFA contre 370 FCFA pour le pétrole lampant (plus de 48% d’augmentation) ; 648,73 FCFA contre 500 FCFA pour le prix du gaz oil soit une hausse de plus de 30%.

    Selon le ministre, le comité interministériel chargé de l’élaboration du mécanisme de fixation des prix « a décidé de ne pas les modifier à la pompe». Le communiqué du gouvernement précise par ailleurs que « le coût de cette décision  représente un manque à gagner de 5,09 milliards de FCFA pour l’Etat togolais ». Et pour la période janvier-avril 2008, ce manque à gagner s’élèverait à 10 milliards de FCFA pour le budget national. Ensuite, ajoute le communiqué, « si on n’y prend pas garde, il en résulterait un déséquilibre des prévisions budgétaires de la loi des finances 2008 ». Ce qui sous-entend que le gouvernement doit réagir.

    Les craintes
    Avec toutes ces explications, tout porte à croire que le gouvernement togolais n’entend pas ou du moins n’est pas à même de continuer à subventionner pendant longtemps encore le prix du carburant à la pompe.

    En limitant déjà à quatre mois son appui à ce produit, l’exécutif togolais semble vouloir dire aux consommateurs qu’à partir du mois de mai, si la situation ne s’améliorait pas sur le marché international, les produits pétroliers vont connaître une hausse. Comment en serait- il autrement quand on sait que dans quelques jours, le monde entier rentrera de plain-pied dans le quatrième mois de l’année et que le retournement de la situation du cours du baril ne peut s’opérer en l’espace de 30 jours.

    Toutefois, certains analystes veulent croire qu’avec la flambée actuelle des prix des produits de première nécessité et la montée de la grogne sociale, le gouvernement togolais ne saurait, à moins qu’il n’ait pas d’autres issues, admettre une nouvelle hausse du prix des produits pétroliers. D’autres estiment par ailleurs qu’il est temps que l’on réduise d’une part, le nombre de frais qui viennent grever (alourdir) le prix des produits pétroliers à la pompe. Et d’autre part, que l’on  révise à la baisse les  taux des différentes charges qui s’appliquent sur ces produits.

    Taxes et droits des produits pétroliers
    Au Togo, les taxes et droits que supportent les produits pétroliers sont au bas mot une dizaine. D’après la structure des prix décidée par arrêté ministériel en octobre 2005, on citera la taxe du port autonome de Lomé (comprise entre 0,2316 F/L et 0,274 pour l’essence sans plomb), celle  de quai (0,321F/L) et celle de la chambre du commerce (0,3F par litre de carburant).

    On dénombre ensuite une autre vague de droit, 7 dont ceux du Fonds d’entretien routier (FER) pour un montant de 35 FCFA sur chaque litre de carburant acheté à la pompe. Ensuite, viennent une quatrième, puis une cinquième et une sixième vague de droits destinés au financement du stock de sécurité. Ces derniers sont de 179,35 FCFA pour 100 litres de carburant. Enfin intervient la péréquation pour stabiliser les prix. Une marge bénéficiaire de 35 Fcfa/litre est par ailleurs accordée aux pétroliers. Ces montants qui sont ceux de la structure des prix d’octobre 2005 sont dans une certaine mesure les mêmes que ceux qui sont encore appliqués aujourd’hui.

    En plus de ces taxes et droits, on note l’existence de trois taxes sur la valeur ajoutée. Ainsi, on a la TVA au cordon douanier, celle sur les frais d’entreposage du produit à la STSL (société d’entreposage) et une dernière sur le transport du produit.

    Ainsi, en octobre 2005, le carburant qui était livré à 303 F le litre devait supporter des charges fiscales et parafiscales pour un montant total de 222 FCFA. Ce qui à l’époque avait plafonné le prix du carburant à 525 FCFA. On en était là lorsque est intervenue une légère baisse (de l’ordre de 10 à 25Fcfa) le 1er  décembre 2006. Celle-ci était consécutive aux recommandations du dialogue social tripartite.

    Au lendemain de la hausse opérée le 10 octobre 2005, un responsable d’une société d’importation et de distribution du carburant avait laissé entendre que le gouvernement togolais au lieu d’augmenter les prix à la pompe, aurait pu les maintenir et agir sur ses propres marges. D’après ce responsable, le secteur pétrolier togolais fait l’objet d’une gestion opaque. Car devrait il expliquer, certains dignitaires du régime togolais disposeraient dans leur maison de tanks de produits pétroliers. Selon lui, ces « marketers »  seraient exemptés des différentes charges fiscales. Ce qui représente pour ainsi dire un véritable manque à gagner pour le pays.

    En définitive, il apparaît qu’au lieu d’une éventuelle augmentation des prix des produits pétroliers après la période de subvention définie plus haut, le gouvernement togolais devrait plutôt penser à une réduction du nombre de charges fiscales que supportent les produits pétroliers, tout en veillant aussi à une réduction par endroit de leurs niveaux. Une éventuelle hausse dans les semaines à venir sera plus que suicidaire pour une population déjà aux abois.

    Marc D. Kouakani-Assi

    Réglementation de la publicité au Togo : La HAAC en a livré les modalités aux divers acteurs concernés
    La haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) a eu, mercredi 25 mars 2008 à son siège, une séance de travail avec les responsables des agences de publicité ou sociétés de productions audiovisuelles. Cette rencontre a permis aux membres de cette institution de porter à la connaissance de leurs interlocuteurs, le contenu du projet de décision portant réglementation de la diffusion de la publicité sur les médias togolais.

    Ledit projet  indique les conditions à remplir, la procédure à suivre par les annonceurs et agences de publicité, les délais de dépôt des messages publicitaires, le retrait du quitus de publication et les sanctions prévues en cas d’inobservance de ces dispositions.

    D’après les dispositions du texte de la HAAC, à partir du 23 avril 2008, toute publication ou diffusion de spots publicitaires devra au préalable recevoir l’aval de l’institution de régulation des médias au Togo. Ce contrôle s’exercera sur le contenu, l’objet et les modalités de programmation des messages publicitaires. Selon le Prédisent de la HAAC, Philippe Evégno, cette disposition a pour but de mettre de l’ordre dans ce domaine et revêt un « caractère obligatoire ».

    Conditions de dépôt
    Avant toute publication, l’annonceur ou l’agence de publicité doit passer au siège de la HAAC muni du message publicitaire (sur un support). Là, il remplit une fiche de dépôt sur laquelle figurent : le numéro d’ordre de dépôt, le nom de l’agence, celui de l’annonceur, l’objet, le support, la période de diffusion, les organes de diffusion ou de publication et la date de dépôt.

    La HAAC procède pour sa part au visionnage, à la lecture ou à l’écoute du message publicitaire puis donne son accord si elle trouve l’élément conforme aux normes établies.

    Le retrait du quitus se fait tous les jours ouvrables 72 heures après le dépôt au plus tard à 17 heures. L’annonceur procède alors à la duplication du spot sur d’autres supports (par rapport au nombre de médias sur lesquels la publicité va passer) et retourne à la HAAC pour un dernier contrôle et l’obtention des vignettes (originales) « bon à diffuser » sur chaque support, et ceci, dans un délai de 48 heures.

    En cas de rejet du spot, le producteur reprend la procédure en tenant compte des remarques de la Haute autorité.

    Les interdictions
    Selon le projet de décision de la HAAC, toute publicité à diffuser sur les médias togolais doit respecter un certain nombre de critères de véracité et de dignité de la personne humaine. Pour cela, il est interdit que les annonceurs passent par des procédés orthodoxes pour véhiculer des fausses informations tendant à attirer la clientèle, à l’induire en erreur ou à abuser de sa naïveté.  La publicité ne doit non plus choquer la conviction religieuse, politique ou porter atteinte à l’intégrité de l’Etat. De plus, les publicités de certains produits tels les boissons alcoolisées, les jouets de guerre, le tabac, les cartouches, les armes à feu sont interdites. Il en est de même pour les spots qui exploitent l’inexpérience ou la crédulité des enfants.

    L’article 14 de cette décision qui est relative au contenu du cahier des charges des médias stipule que les tradithérapeutes, les guérisseurs, les vendeurs d’illusion et autres pseudo pasteurs sont interdits de toute publicité sur les médias aussi bien que la publicité comparative (celle qui fait identifier implicitement ou explicitement le produit d’un concurrent dans le but de le dévaloriser).

    Au cours de cette rencontre, M. Evégno a déclaré  qu’après l’étape de la publicité, ce sera le tour des feuilletons. A cette étape, la HAAC entend s’attaquer aux scènes érotiques. Les échanges qui ont suivi les exposés des membres de l’institution de régulation des médias au Togo ont permis aux uns d’exprimer leurs inquiétudes (notamment, la durée d’études des textes ou messages publicitaires ainsi que les duplicata à fournir après l’accord de la HAAC) et aux autres d’y apporter des précisions. Ainsi donc, la HAAC a demandé à ses interlocuteurs de répercuter ses nouvelles dispositions auprès de leurs partenaires afin d’éviter des désagréments.

    Grégoire Awesso

    Ministère des enseignements primaire et secondaire : Les enseignants intégrés projettent une grève de 48 heures
    Les enseignants auxiliaires projettent observer un mot d’ordre de grève de 48 heures du 9 au 10 avril 2008 si jusqu’à cette date, leurs revendications ne sont pas prises en compte.

    La décision a été prise lors d’une assemblée générale tenue samedi 15 mars dernier à la bourse du travail de Lomé. Les enseignants déplorent le fait que depuis 2005, leurs arrêtés d’avancement et de titularisation ne leur sont pas encore notifiés. Ils réclament aussi le versement de deux mois d’arriérés de salaires des mois de janvier et d’octobre 1999 à leurs collègues auxiliaires non encore intégrés dans la fonction publique. Ce mot d’ordre de grève est lancé par le syndicat national des enseignants préscolaires et primaires du Togo et celui des enseignants du secondaire. Pour ces regroupements d’enseignants, la date butoir du 25 mars 2008 accordée dans un premier temps au gouvernement pour satisfaire leurs revendications est expirée.  

    Du côté des autorités en charge de ce département,  l’on se veut rassurant. «Tout a été signé et les copies ont été remises aux responsables des divers syndicats des enseignants », a déclaré le directeur des Enseignements Primaires et Secondaires, Kpemissi Amana Eyana. Pour lui, tout est fin prêt et les services techniques du ministère des finances travailleraient d’arrache-pied en ce moment pour régler définitivement ce problème.

    Grégoire Awesso

     
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  • Insuffisance des mesures gouvernementales : Les préoccupations du fonctionnaire moyen ne sont pas prises en compte

    Liberté Hebdo #334 du 29 mars 2008

    Au Conseil des Ministres, tenu le mardi 25 mars dernier, le gouvernement a cru avoir par des décrets pris, trouvé une solution à la misère dans laquelle pataugent les fonctionnaires togolais depuis des lustres. Mais, force est de constater que seule une infime partie des fonctionnaires a eu gain de cause.

    En effet, les mesures prises, particulièrement celles relatives aux indemnités, n’ont pas tenu compte réellement des recommandations du Dialogue Social. Et du coup, le fonctionnaire togolais moyen,  est  de nouveau mis à l’écart.

    De l’avis de nombreux observateurs de la politique togolaise, le gouvernement vient  une fois encore par cet acte, de passer à côté de la plaque. Dans la mesure où les autorités togolaises ont préféré des déjà nantis aux dépens de la grande majorité qui est la catégorie des fonctionnaires moyens. Sur ce plan, il y a une discrimination, et c’est une violation flagrante des droits de l’homme, indique-t-on. Sur le plan stratégiquement politique, le gouvernement a failli, en ce sens que les bénéficiaires de cette manne  restent minoritaires par rapport aux oubliés. Le gouvernement aurait pu pendre en considération, par exemple les 5.000 F par fonctionnaire, recommandés par le Dialogue National en vue de privilégier ses frais de déplacement. Ceci profiterait à l’ensemble des fonctionnaires et ne créerait pas de frustration ni de grincements de dents comme on y assiste aujourd’hui, soulignent des observateurs attentifs de la scène politique togolaise. En plus,  la chance n’est pas donnée à tout le monde d’être Chef Division, Conseiller ou Directeur central.

    « Ce que le Gouvernement a fait et qui, je peux dire profite à tous les Togolais, c’est le fait de rallonger l’âge de départ à la retraite. Mais, peut-on demander à des gens de continuer le travail? Parce que  cette façon de prolonger l’âge de départ à la retraite, c’est une façon de prolonger la misère du fonctionnaire togolais, dans la mesure où  on ne peut pas lui demander de continuer à  travailler dans ces mêmes conditions pendant plus de temps qu’il ne le faisait auparavant. C’est là une contradiction que d’avoir prolongé l’âge de départ à la retraite et qu’en même temps  on ne puisse pas améliorer les conditions salariales du fonctionnaire togolais », a commenté un fonctionnaire en courroux à l’annonce de la décision.

    Pour M. Norbert Gbikpi-Bénissanh, Secrétaire Général de l’UNSIT et Porte-parole de l’Intersyndicale des Travailleurs du Togo (ISTT) :

    « Nous, on est pour que les salaires puissent de manière équitable  avoir des améliorations (salaires, indemnité, etc…). Donc, on ne peut pas être contre le fait que  des catégories voient améliorer leurs niveaux d’indemnité etc.  Mais, que ça soit équitablement réparti. Par exemple, l’indemnité des
    5.000 F CFA qu’on avait demandée pour les déplacements pour tout le monde, c’est quelque chose qui n’a pas été pris en compte ».

    Cette situation de l’indemnité « choisie» ou « sectaire » des fonctionnaires, amène plus des grincements de dents dans la mesure où la question de la cherté de la vie n’a pas encore trouvé de solutions adéquates. « Pourquoi ne pas faire comme dans certains pays : supprimer
    la TVA sur certains produits de premières nécessités? Il y a question de l’amélioration des conditions financières des salariés et là, ce n’est pas une mesure suffisamment générale. Et elle ne touche que certaines catégories qui, pour leur majorité, sont déjà des catégories dites supérieures. Alors, d’autres mesures d’ensemble doivent être prises pour juguler la flambée des prix et protéger le pouvoir d’achat des travailleurs et des populations », a également déclaré le syndicaliste.

    « Ce que nous avons demandé, c’est une réelle revalorisation des salaires sur la base notamment d’un déplafonnement, sur la base de la révision de la grille indiciaire. Ça, ce sont des mesures assez déterminantes pour une vraie revalorisation des salaires. Qu’on augmente les salaires de 3 % par exemple, ça ne signifie absolument rien. Donc, on veut des mesures
    réelles qui demandent une étude approfondie. Il faut revoir le panier de la ménagère », a-t-il ensuite ajouté.

    Aujourd’hui que le panier de la ménagère est en dégringolade constante, et eu égard à cette injustice infligée aux fonctionnaires moyens, l’on a l’impression que cette catégorie d’hommes reste l’éternelle sacrifiée sur l’autel de la survie de la nation. Le pire et la grande crainte pour les « sacrifiés » que sont les fonctionnaires moyens tel qu’on commence déjà par les appeler affectueusement, résident dans la communication faite par le Ministre du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises et relative à la fixation des prix des produits pétroliers au Togo pour la période de janvier – avril 2008. « La dernière révision des prix à la pompe des prix des produits pétroliers au Togo remonte au 1er décembre 2006 au moment où le baril de pétrole se vendait à 60 dollars US. (…). Les variations des prix de la nouvelle importation par rapport au prix de référence du 1er décembre sont les suivantes :  - essence sans plomb : + 15 % à
    580,94 F CFA contre 505 F CFA (…). Eu égard à cette importation, le Comité lors de sa réunion du 4 mars 2008 a pris la décision, une nouvelle fois, de ne pas modifier les prix à la pompe. Le coût de cette décision est un manque à gagner pour l’Etat de 5,09 milliards de F CFA. (…). Il en résulterait, si l’on n’y prend garde, un déséquilibre, des prévisions budgétaires de la loi des finances 2008 (…) », a souligné la communication. Celle-ci sonne comme une alerte à une imminente augmentation des prix des produits pétroliers au Togo.

    Dans cette situation, si une classe de fonctionnaires qu’on peut compter au bout des doigts, a des indemnités et que la majorité, les fonctionnaires moyens en sont privés, alors, l’on se demande comment ceux-ci pourront se débrouiller pour accomplir convenablement leur mission.
    Didier Ledoux

     

     

    Dossier SOTOCO : Faure enfonce proprement son frère Kpatcha
    Au Conseil des ministres de mardi dernier, trois projets de loi et un projet de décret ont été examinés et adoptés et quatre communications écoutées. Au crédit des communications, la seconde faite par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche était consacrée au cas de la Société Togolaise de Coton (SOTOCO). Si d’importantes décisions ont été prises pour relever cette société moribonde, beaucoup de Togolais voient en cette attention particulière consacrée à cette société un acharnement contre un homme, Kpatcha Gnassingbé qui est le tout dernier à présider son Conseil d’Administration.

    Le communiqué
    « La 2è communication faite par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de
    la Pêche porte sur les principales actions de réformes engagées pour le redressement de la SOTOCO et de la filière cotonnière togolaise. La filière cotonnière en général et la Société Togolaise de Coton en particulier traversent depuis quelques années une profonde crise qui a affecté les revenus des paysans et l’économie du pays. Aujourd’hui grâce aux dispositions qu’il a prises, l’Etat a payé la dette relative aux revenus directs de production qui se maintient à 21,5 milliards de F CFA et entamé l’apurement de la dette bancaire qui était évaluée à 40 milliards de F CFA. De nouvelles actions engagées ont permis d’améliorer les relations entre la SOTOCO et les producteurs. Il s’agit à présent d’engager des actions de réformes profondes en exploitant au mieux les résultats des études.

    Concernant les comptes de l’exercice 2003, 2004, 2005 et 2006 dont les résultats sont largement déficitaires, le Conseil de Surveillance a, au vu des conclusions de l’audit financier de
    la SOTOCO, décidé de prendre tout simplement acte desdits résultats.

    S’agissant du Conseil d’Administration de
    la SOTOCO, le Conseil de Surveillance a noté quant aux dysfonctionnements, de nombreuses anomalies constatées dans la gestion financière et la valorisation de la fibre coton d’une part et le management de la société d’autre part sont imputables à une mauvaise gouvernance de la société mais aussi à un mauvais fonctionnement de son Conseil d’Administration. Ainsi le Conseil de Surveillance de la SOTOCO a  décidé de :

            -mettre fin aux fonctions de l’actuel Conseil d’Administration.

            -mettre en place un délai et selon les dispositions statutaires un nouveau Conseil

    d’Administration  pour la SOTOCO dont la composition sera : un représentant de la Présidence de la République, un représentant du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, un représentant du Ministère de l’Economie et des Finances, un représentant du Ministère du Commerce, de l’Industrie , de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, un représentant du Ministère de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement, deux représentants de la Fédération Nationale des Groupements des Producteurs du Coton et un représentant du secteur privé.

    Lors de la seconde réunion tenue le lundi 18 février 2008, le Conseil de Surveillance, après avoir examiné les propositions faites par chacune des institutions suscitées pour la composition du nouveau Conseil d’Administration de la SOTOCO, a pris une première résolution nommant les membres du Conseil d’Administration de la SOTOCO.

    Par ailleurs, le Conseil de Surveillance a retenu des orientations pour réaliser dans les meilleurs délais les actions telles que :

    -la mise en place d’une mission de vérification de la véracité ou non de surfacturation indiquée dans l’audit et qui concerne des intrants, fournitures et le manque à gagner sur la fibre.

    -la mise en place d’une comptabilité analytique, d’un contrôle financier afin de garantir la fiabilité de la gestion de l’information.
    -l’élaboration et la mise en place d’un mécanisme de fixation des prix du coton graine et producteur liés aux cours mondiaux.
    - l’évaluation de ressources humaines et la mise en œuvre d’un plan social

    - la prise de mesures pour la récupération des montants déclarés surfacturés à l’issue de la mission de vérification.

     Les actions 1 et 5 ont pour objet de déterminer de manière précise et détaillée les montants qui devront faire l’objet d’une procédure contentieuse et recouvrement auprès de certains fournisseurs et clients de la SOTOCO.

    Au vu des conclusions de cet atelier, le Conseil de Surveillance a décidé :
    - de maintenir une filière intégrée unique
    - de renforcer l’organisation des producteurs afin qu’ils puissent jouer un rôle de partenaire à part entière  dans la gestion de la filière et qu’ils puissent prendre en charge les fonctions d’appui du groupement de base.
    -       procéder à la création d’une nouvelle société sous forme d’une société d’économie mixte avec, dans un premier temps, une participation majoritaire de l’Etat et une participation minoritaire de
    la Fédération Nationale des Groupements de Producteurs de Coton
    -procéder au lancement en 2009 sur la base d’un cahier de charge exhaustif d’un appel d’offre et le choix d’un opérateur permettant ainsi dès 2010 ou 2011 la finalisation de la nouvelle société de coton», lit-on dans le communiqué ayant sanctionné ce conseil des ministres.

    Acharnement tacite
    Des Togolais restent convaincus que l’objectif réel de cette étude menée sur la SOTOCO est de salir davantage l’image de Kpatcha Gnassingbé. Car aussi bizarre que cela puisse paraître, elle intervient après que ce dernier a démissionné de son Conseil d’Administration, et les références coïncident avec la période de passage de ce dernier à sa tête. La période indexée est celle de 2003 à 2006 dont on dit les résultats financiers déficitaires, coïncide bizarrement avec son passage à la présidence du Conseil d’Administration. « Concernant les comptes de l’exercice 2003, 2004, 2005 et 2006 dont les résultats sont largement déficitaires, le Conseil de Surveillance a, au vu des conclusions de l’audit financier de
    la SOTOCO, décidé de prendre tout simplement acte desdits résultats », lit-on dans le communiqué. Le Conseil d’Administration de cette époque n’a pas non plus été épargné. Il lui a été révélé de « nombreuses anomalies…dans la gestion financière », son « mauvais fonctionnement ». «S’agissant du Conseil d’Administration de la SOTOCO, le Conseil de Surveillance a noté quant aux dysfonctionnements, de nombreuses anomalies constatées dans la gestion financière et la valorisation de la fibre coton d’une part et le management de la société d’autre part sont imputables à une mauvaise gouvernance de la société mais aussi à un mauvais fonctionnement de son Conseil d’Administration », dit le Conseil des ministres.

    Beaucoup se demandent si une telle étude pouvait être faite sur la SOTOCO, les résultats mis sur la place publique et indexant tacitement Kpatcha  Gnassingbé, si ce dernier était toujours au gouvernement et en de bons termes avec son frère Faure Gnassingbé. Cela sent donc à beaucoup d’ égards de l’acharnement, du lynchage médiatique contre sa personne.

    Le Conseil des ministres aurait pu nous donner tort si le cas des nombreuses autres sociétés étatiques moribondes était aussi abordé. La SOTOCO n’est pas la seule structure à être l’objet de mauvaise gouvernance. Le cas de l’ex-OTP n’était pas moins critique. Le Conseil d’Administration de cette société de gestion des phosphates, premières ressources du pays, était présidé par un baron du régime au moment où des malversations étaient signalées, au cours de la direction de la société par M. Kpanlou Patassé. A l’époque même, feu Eyadéma avait commandité un audit de la société. Mais jamais les résultats n’ont été rendus publics et ni le Directeur Général de l’OTP, ni le baron Président du Conseil d’Administration n’ont été désavoués. Bien que globalement l’audit ait relevé des malversations à couper le souffle, ce qui a poussé à la privatisation de la société, ces derniers n’ont été nullement inquiétés. Le fameux baron Président du Conseil d’Administration à l’époque est aujourd’hui dans l’entourage immédiat de Faure Gnassingbé, l’ « esprit nouveau». De quelle moralité peut-il donc se prévaloir ?

    Le cas de la Banque Togolaise pour le Commerce et l’Industrie (BTCI) n’est pas plus reluisant. Cette structure bancaire est des plus moribondes du pays et la gestion de son Conseil d’Administration est décriée. Les exemples sont légion.

    On espère bien que les gouvernants nous donneront sous peu tort en mettant aussi sur le tapis en conseil des ministres les cas de ces autres sociétés moribondes. Tout compte fait, le traitement fait du cas SOTOCO sent de l’acharnement contre Kpatcha Gnassingbé. Ce qui risque de raviver la tension entre les deux frères.
    Tino Kossi

     

    Méprise ou ruse avec le concept de la cogestion ?
    Le problème fondamental que posent les différents discours actuels de Me Yawovi Madji Agboyibo, Président national du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau) et ancien Premier ministre, c’est comme si le dialogue intertogolais et l’Accord Politique Global (APG) n’ont jamais eu lieu. Il s’exprime comme s’il n’avait pas pris part à ce dialogue et joué les premiers rôles, mieux, comme s’il n’a pas été (indûment,  c’est-à-dire contrairement à l’esprit de l’APG) le Premier ministre qui a entamé la mise en application de cet APG dans sa phase préélectorale pour déboucher sur la phase post-électorale.

    En s’offrant comme béquille au pouvoir RPT par l’énoncé de la cogestion qui consiste à « convier le pouvoir public et les forces vives à s’accorder » comme solution de sortie de crise au Togo, Me Agboyibo et son parti, le CAR rusent avec le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) qui avait déjà « ses ailes marchantes » : CNTT (Confédération Nationale des Travailleurs du Togo), UNFT (Union Nationale des Femmes du Togo), JRPT (Jeunesse du Rassemblement du Peuple Togolais) et CNCTT (Conseil National des Chefs Traditionnels du Togo) ; ils rusent également avec les forces vives ( les différents syndicats actuels et les organisations de la société civile) à qui on proposerait des « redénominations » et des agencements pour leur faire vivre des mirages. Me Agboyibo a goûté aux délices du pouvoir et est prêt à toutes les tromperies et évolue vers la dictature.

    Le présent article devrait s’intituler : « à mauvais diagnostic, traitement inapproprié du mal » pour montrer d’une part, l’insuffisance du diagnostic posé par le Conseil des ministres tenu le 07 mars 2008 à Nangbéto et qui est retenu par Me Agboyibo pour déduire l’objectif du régime de la cogestion qu’il propose, et d’autre part, l’incongruité tant du contenu de la cogestion que des modalités de mise en application en se référant à la réforme constitutionnelle et à la représentativité issue des élections, une référence qui ne semble pas s’entendre comme celle (réforme constitutionnelle et institutionnelle) contenue dans l’APG.  Me Agboyibo et son parti le CAR dénoncent-ils l’APG ?

    Diagnostic incomplet du mal togolais
    Quand un diagnostic est mal posé, forcément, on n’obtient pas le résultat escompté qui est la guérison du mal. Le corps social togolais souffre à l’extrême, c’est-à-dire que tout le peuple togolais est confronté à de multiples et graves défis comme la pauvreté caractérisée, la désespérance extrême. La flambée  des prix sur laquelle la presse interpellait désespérément  le gouvernement en place vient aggraver ces problèmes. Le pouvoir togolais a admis ce diagnostic, Me Agboyibo aussi. Mais quand on veut pousser la réflexion sur le mal togolais, on évoque des situations  de déséquilibre entre l’économie rurale (ou agricole) et les secteurs industriels et tertiaires ; on explique le problème  du chômage par l’exode rural, l’inadéquation de l’école, etc. On peut corriger les distorsions économiques, sociales, régionales, sectorielles, etc par la redistribution des ressources nationales, les défaillances de  l’école par des réformes scolaires et didactiques etc.  Si tout cela ne semble pas fonctionner, c’est que le problème togolais est toujours mal posé. Le mal dont souffre tout le peuple togolais, c’est le régime qui régente  le pays depuis des décennies qui est usé, saturé et obsolète.  Le régime togolais est comme une vieille machine. On a beau y mettre des pièces neuves, d’autres deviennent inopérantes. Il faut donc innover en affirmant que le mal togolais, c’est le régime lui-même dont les comportements au travers des structures économique, politique et étatique sont aux  antipodes des normes qui conduisent au développement économique et social durable d’un pays.  Tous les crimes économiques dont ce régime devrait répondre, dépassent tout entendement. Il a fait l’impasse sur :

    - la CNCA (Caisse Nationale de Crédit Agricole) par une dissolution inopinée par décret à un moment où cette banque détenait d’importantes créances (des dizaines de milliards de nos francs) sur  ses clients dont les ramifications aboutissent aux hommes du pouvoir ;
    - l’OPAT (Office des Produits Agricoles du Togo), la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale), la CTMB (Compagnie Togolaise des Mines du Bénin) devenue OTP puis SNPT), la SOTOCO (Société Togolaise du Coton) qui sont toutes des sociétés  très prospères disposant d’immenses ressources et réserves financières. Mais bien malin est celui qui peut dire aujourd’hui comment ces sociétés  sont tombées en déconfiture. Sur le dos de la SNPT, le port minéralier de Kpémé est utilisé par les hommes et les femmes du pouvoir pour fournir illégalement le marché togolais en marchandises de toutes natures : du pétrole à l’alimentation en passant par les tissus, les motos et les pièces détachées de voitures et motos de toutes marques etc.  Le même usage est fait du port de pêche ;

    Aujourd’hui encore, d’importants secteurs et services économiques et financiers souffrent des comportements antiéconomiques du pouvoir : le Trésor public togolais, les Douanes togolaises, le Port autonome de Lomé, Togocel, la Zone franche, la LONATO, les Impôts, etc. Les redressements fiscaux  à des montants colossaux sont significatifs des pratiques fantaisistes qui ont cours : 9 milliards contre Bassam  .... Tous ces secteurs échappent à tout regard. La presse dénonçait encore la semaine dernière le cumul par le même  Directeur Général des douanes avec la direction générale de Togocel. Lors de la présentation du budget du gouvernement Komlan Mally gestion 2008, les parlementaires avaient relevé l’insuffisance des mobilisations de recettes provenant de ces sociétés et services. Ils avaient relevé le manque de justification de la situation économique du pays par l’absence de nombreux documents et l’inexistence de la Cour des comptes. Voilà l’économie nationale livrée en pâture aux tenants du régime. Le fonctionnement clandestin et secret de ces services et sociétés est contraire à la transparence des règles de fonctionnement de l’administration publique. Comme pour corroborer les comportements antiéconomiques des hommes et femmes du régime  tant décrié, le gouvernement lui-même est passé à table. Le communiqué qui a sanctionné le conseil des ministres de mardi 25 mars  2008, dans ses paragraphes concernant la communication du ministre de l’agriculture relative à la SOTOCO est édifiant. Les loups se mangent. Les litanies de projets dressées à Nangbéto ne seraient que des vœux pieux et ne serviraient qu’à engloutir  les nouveaux financements que va générer la reprise de la coopération avec l’UE (Union Européenne) et les autres bailleurs de fonds internationaux. L’on ne serait pas étonné de constater dans quelques années après l’utilisation de l’important prêt de plus de 35 milliards de nos francs accordé à la SNPT, que ce montant reviendrait dans la liste des dettes à la charge de l’Etat togolais. c’est l’un des mécanismes de détournements de fonds au Togo.

    Pour couvrir la situation fortement dommageable pour l’économie nationale, il est établi « un glacis politique » que constitue le régime  togolais qui couvre tout le pays et strictement soutenu par les FAT (Forces Armées Togolaises). Pour lever ce «glacis politique » ce n’est donc pas une cogestion du pouvoir public avec les forces vives qui serait la panacée. Les forces vives désigneraient-elles des ministres à la place des partis politiques? Voilà  une part de l’incongruité du contenu de la cogestion que préconise Me Agboyibo. C’est en même temps de la mauvaise  foi que le président du CAR trouve, après avoir dirigé le dialogue intertogolais, conclu l’APG qu’il a quasiment obligé ou, pressé l’UFC et la CDPA de signer, qu’il faille se passer de tous ceux-là pour aller trouver  des ministres  au sein des syndicats et autres organisations et individualités dites «forces vives » pour composer un gouvernement qui puisse diriger le Togo de façon durable en évitant l’explosion sociale.  Me Agboyibo, en sa qualité de Premier ministre, avait reçu les syndicats des travailleurs qui lui avaient fait part des Accords tripartites avec les Syndicats-Gouvernement-Patronat dit « accords du dialogue social » signés avec son prédécesseur, Edem Kodjo. Il n’a pu rien offrir «  aux forces vives » durant tout son règne, tout comme son prédécesseur.

    Quelle cogestion ?
    La cogestion est une notion née dans les milieux populaires ruraux et urbains. Il ne s’agit pas, de but en blanc, d’aller co-gérer quoi que ce soit avec le pouvoir public. La toute première expérience de cogestion a vu le jour avec des ouvriers du textile à Rochdale (Grande Bretagne) en 1884.  Ils s’étaient dotés d’une coopérative de consommation et préconisaient qu’en s’approvisionnant en gros, ils réaliseraient des économies d’échelle, cumulées avec les résultats d’exploitation, ils apporteraient des solutions à leurs divers problèmes de consommation, de santé, d’éducation, de logement etc et progressivement ils prendraient le contrôle des industries qui les exploitaient et par suite, ils prendraient la totalité et l’universalité de l’économie, d’où l’idée de la «République coopérative ».  On énonce  aussi une expérience allemande à Raiffeinsen  deux siècles plus tôt dans « l’épargne-crédit » mais qui n’a pas eu la notoriété des Rochdaliens. Voilà  l’idée de cogestion à l’origine : « gérer ensemble» un projet dont tous les membres seraient à la fois « entrepreneur et utilisateur », en réaction contre le capitalisme oppresseur et liberticide. « Le Capital » de Max Hegel vit le jour peu de temps après que Lénine mit en application par la révolution d’octobre 1917 en prônant la suprématie de la force humaine, c’est-à-dire du travail sur le capital.  Les ouvriers, révolutionnaires, prennent le pouvoir. Il n’y a donc pas eu co-gestion entre les forces vives et le pouvoir public.  Les forces vives ou forces populaires, quand elles se sentent capables, prennent le pouvoir. Car elles savent que par leur spécificité, cogérer le pouvoir avec le pouvoir  ou les forces politiques (les partis politiques) est une tromperie.

    Il y a eu des variantes  par rapport au modèle Hegel-Lenine. L’autogestion Yougoslave, une formule politico-économique qui s’articule autour et au sein des communes (rurales et urbaines) et des Etats fédérés décentralisés. Il y a eu également des formules socialisantes où les dirigeants syndicalistes, les dirigeants des jeunesses et les dirigeants des femmes sont associés au pouvoir, devenant ministres, ambassadeurs, directeurs généraux, préfets etc.  La dictature togolaise peut être classée dans cette variante, mais le « glacis politique » n’a jamais accordé de pouvoir réel  à ces organisations.

    Dans les pays occidentaux, l’idée coopérativiste s’est propagée et a touché tous les domaines d’activité économique, à l’exception de l’industrie  lourde où il a été impossible de sauvegarder la double qualité «entrepreneur utilisateur ».  En France et dans nombre de pays d’Europe, le système de production, de transformation et de commercialisation du lait fonctionne sur une base coopérative. Le crédit agricole, l’une des premières grandes institutions financières de France est une coopérative à la base. Il y a bien d’autres institutions économiques et financières de même importance  au sein desquelles on parle de cogestion (cogestion coopérative), mais jamais de cogestion avec le pouvoir public. L’ensemble du mouvement coopératif est représenté auprès  du Premier ministre en France par un Conseil supérieur de la coopération, pour la sauvegarde des statuts, de l’évolution économique, sociale et juridique de la coopération. Après les évènements de mai/68, la notion  de cogestion a effectivement fait l’objet de débat abondant et débordant. La notion d’ « intéressement» a plutôt été retenue et mise en application dans les entreprises. Pour désamorcer la tension sociale née de la contestation généralisée dite « évènement  de mai/68», les recettes qui ont été servies étaient essentiellement l’intéressement des travailleurs aux résultats économiques des entreprises, la représentation des travailleurs au sein de certains organes de l’entreprise : le conseil (ou comité selon la taille de l’entreprise) de surveillance, le Conseil d’administration – en plus quelques aménagements   du pouvoir central : décentralisation, régionalisation et aussi des réformes universitaires qui ont abouti à la création des universités Paris I, Paris II, jusqu’à Paris XI aujourd’hui et peut-être plus.

    En tout état de cause, la cogestion ne semble pas se dessiner faisant table rase des évolutions en cours dans le contexte politique togolais. Mais la cogestion de Me Agboyibo ne serait qu’une coalition entre le RPT et le CAR qui ferait appel aux forces vives, au mépris de la géographie politique nationale.

    Nécessaire retour à l’APG
    La préoccupation de Me Agboyibo de contenir les forces vives  qui grouillent de misère  est tout à fait objective. Mais l’erreur qui apparaît comme une ruse, c’est la combinaison politique dont il veut se servir, abusant de la condition sociale actuelle du peuple togolais de laquelle doivent répondre tous les leaders politiques en général et particulièrement lui, Me Agboyibo, pour se soustraire à la dynamique politique née des élections. Il y a nécessité pour l’opposition de trouver une plate-forme  consistante et capable d’amener « le glacis politique » togolais, c’est le noyau pur et dur du pouvoir RPT, sans foi ni loi, léonin à outrance, à aborder les questions restées en suspens de l’APG. Il faut sortir de l’immobilisme auquel confine le faux débat de Me Agboyibo qui arrange le RPT.

    Sur le plan institutionnel, on ne voit pas très bien comment intégrer les forces vives au pouvoir public, si ce n’est pour rempiler avec « les ailes marchantes du RPT », ou alors, initier des formules d’embrigadement des chômeurs, des jeunesses, des femmes etc. pour les nombreuses et vastes vallées fertiles des cours d’eau du pays et pour les différents corps de métiers artisanaux. Tout cela n’est qu’un appel du pied à l’endroit des forces vives aux fins de donner un peu  de popularité au CAR et à son président national.

    Kodjo Afatsao Siliadin

     
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  • Y a-t-il quelqu’un à la primature ?

    Focus Info #003 du 28 mars 2008

    La nomination de monsieur  Komlan MALLY le 03 décembre 2007 par décret n°2007-131/PR portant nomination du Premier ministre, a été accueillie avec beaucoup de surprise et de scepticisme. Jusque dans son propre camp. Se soumettant aux dispositions de la Constitution en son article 78 alinéa 2, il a présenté le programme de son gouvernement le 17 décembre 2007 devant l’Assemblée nationale. Cent jours après, qu’en est-il ?

    Un manque de résultats
    Dans sa déclaration de politique générale, monsieur MALLY n’avait pas manqué  de relever les grands axes de sa politique. Il avait entre autres reconnu que la crise socio-économique qu’a connue le pays avait mise à rude épreuve la cohésion nationale. Il est vrai que le Togo s’est parfois retrouvé « au bord de l’implosion ». Il était donc urgent d’agir dans le sens de la consolidation de la nation togolaise. Aussi, se proposait-il de soumettre des projets de loi en vue de  la recherche de solutions à tous les problèmes qui ont divisé les Togolais. Une commission serait mise en place pour faire des propositions de mesures pouvant favoriser le pardon et la réconciliation nationale.

    Le Premier ministre avait également parlé de la croissance économique et de la lutte contre la pauvreté. Il assurait le parlement dont il était allé chercher l’onction, que son gouvernement allait prendre des mesures hardies et énergiques pour permettre à l’économie de retrouver le chemin d’une croissance forte, soutenue et durable.

    Le chef du gouvernement avait aussi à cœur de créer les conditions minimales d’accès aux services essentiels : la santé, l’éducation, la formation, l’eau,  l’assainissement et la protection sociale. Pour finir, il entendait œuvrer dans le sens de la réaffirmation du Togo dans le concert des nations.

    A l’époque, l’Union des Forces du Changement (UFC), principal parti de l’opposition, n’avait pas manqué d’exprimer le peu de foi qu’elle entendait accorder  aux capacités et à la réelle volonté du gouvernement de  mener à bien l’exécution d’un programme qu’elle ne considérait pour sa part que comme un « catalogue de bonnes intentions ». Cent jours après,  pour un mini bilan, les faits lui donnent raison.

    Certaines actions ont été certes  amorcées :
    - Le débat en cours pour doter l’opposition d’un statut,
    - Les projets de réformes engagées au sein de l’armée,
    - Les efforts pour humaniser l’univers carcéral,
    - L’extension des toiles de l’Opération Araignée à l’intérieur du pays,
    - L’appui au secteur cotonnier,
    - L’amélioration dans la fourniture de l’énergie électrique,
    - Les concours de recrutement dans les corps médical et enseignant,
    - La hausse des indemnités de fonction des autorités administratives,
    - Les subventions aux produits pétroliers.

    Même si cent jours sont un peu courts pour jauger de l’efficacité du premier ministre et pour avoir un jugement définitif, il faut cependant reconnaître que ce mini bilan est loin d’être brillant (c’est de l’euphémisme),  quasi-insignifiant par rapport aux urgences et aux impatiences.

    En effet,  face aux innombrables chantiers et défis majeurs auxquels devait s’atteler monsieur MALLY, les cent jours sont suffisants pour se rendre compte que  l’immobilisme semble être le mot qui caractériserait ses actions. A tel point  d’ailleurs qu’excédés, l’Inter Syndical des Travailleurs du Togo (ISTT)  et l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) par exemple sont montés au créneau pour appeler la population à manifester son ras-le-bol face à la cherté de la vie et à l’inflation galopante.

    Un premier ministre invisible
    Les cent jours sont également   suffisants pour apprécier  la personnalité de celui qui, selon l’article 78 de la  constitution, est le chef du gouvernement ; à qui  il revient de diriger et de coordonner  l’action gouvernementale.

    On évoque souvent la réduction des marges de manœuvre du Premier ministre au profit du Président de
    la République. Cependant, la personnalité du titulaire du poste peut l’aider dans la pratique, à aller au-delà du rôle auquel on le cantonne. Kodjo AGBEYOME, Edem Kodjo … en ont fait la démonstration.

    En l’occurrence, il ne s’agit pas de compétence. Mais de dynamisme, de pragmatisme, de visibilité. En somme, de personnalité face à la fonction.

    Le Chef du Gouvernement est un chef d’orchestre qui bat la mesure, imprime le rythme, rappelle d’éventuelles variations pour que la symphonie étatique puisse atténuer les cacophonies sociales.

    Le nôtre fait montre d’une invisibilité déconcertante qui fait d’ailleurs que beaucoup ignorent qu’il était ministre de la ville à sa nomination. Nous ne doutons pas de la compétence de cet énarque, mais nous déplorons son caractère trop discret, voire effacé. Car la fonction est hautement politique, essentiellement administrative, mais surtout publique.  Les Togolais attendent beaucoup de leur gouvernement. Un Premier ministre plus présent, plus entreprenant, plus visible, plus communicateur, c’est-à-dire, plus convainquant, les rassurerait davantage.

    Notre pays est  comme un organisme qui sort d’une longue et grave maladie. En convalescence, il a besoin de vitalité et d’audace. Le président de l’Assemblée nationale, monsieur Abass BONFOH a déclaré à la nomination de  monsieur MALLY, que la fonction change l’individu et qu’il sera un très bon Premier ministre. 

    On attend toujours de voir. Car pour l’heure,  il se contente d’«inaugurer les chrysanthèmes ». Pendant ce temps, la tension sociale  monte
    La rédaction

    Focus  Infos  solidaire de Lawson-Drackey Daniel de Nana FM
    Par décision N° 0001/ HAAC/08/P du 19 février 2008, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication ( HAAC) a décidé la « suspension définitive des éditoriaux, billets, réflexions, commentaires ou analyses de LAWSON-DRACKEY Daniel sur Nana FM. »

    FOCUS INFOS dénonce cette décision qui porte gravement atteinte à la liberté de presse et d’opinion, un droit garanti par la constitution togolaise, et manifeste sa solidarité avec le confrère LAWSON-DRACKEY.

    L’article 26 de
    la Constitution est claire et sans ambiguïté : « La liberté de presse est reconnue et garantie par l’Etat. Elle est protégée par la loi. Toute personne a la liberté d’exprimer et de diffuser par parole, écrit ou tous autres moyens ses opinions ou les informations qu’elle détient dans le respect des limites définies par la loi. La presse ne peut être assujettie à l’autorisation préalable, au cautionnement, à la censure ou à d’autres entraves. L’interdiction de diffusion de toute publication ne peut être prononcée qu’en vertu d’une décision de justice»

    La décision de la HAAC
    est tout simplement une censure, l’expression d’une tendance   de plus en plus affirmée de cet organe, à vouloir imposer  une « ligne éditoriale » définie par elle à toutes les rédactions. Que retenir d’ailleurs de la réunion organisée à son siège avec les patrons de presse le 22 février dernier, si ce n’est la quasi-formalisation de cette tendance?

    Quand le président de la HAAC invite quasiment les journaux à rechercher la réconciliation entre le Président de la République, Faure Gnassingbé, et son frère Kpatcha, plutôt que de faire des choux gras de leur différend ; quand le président de la HAAC estime que beaucoup trop d’articles sont consacrés à la crise de la FTF ; que fait-il ? Sinon une tentative d’enfermer toute la presse dans une logique de pensée unique.

    Non,  Monsieur le Président, si un journal veut consacrer toutes ses pages et chacun de ses numéros   à la relation tendue entre Faure et Kpatcha GNASSINGBE, c’est son droit le plus absolu.  Il ne vous appartient pas de déterminer la pertinence ni l’opportunité des sujets traités dans nos journaux, pas plus que l’angle sous lequel ils doivent être traités. Le problème Faure-Kpatcha est éminemment politique à partir du moment où il peut influer sur la conduite des affaires de l’Etat et sur notre avenir à tous.  Vous dites assez ? Nous disons encore !

    Non, Monsieur le Président, si un journal veut consacrer toutes ses pages et chacun de ses numéros à la crise interminable qui secoue la FTF, c’est son droit le plus absolu. Les matchs de nos Eperviers constituent les seuls événements permettant la communion de tous les fils de ce pays. L’élimination de nos footballeurs pour la qualification  à la CAN
    2008 a  ainsi plongé notre pays dans une grande tristesse. Il est donc logique que la crise à la FTF intéresse au plus haut point nos compatriotes, et fasse les unes des journaux. Vous dites assez ? Nous disons encore !

    La  mission  de la HAAC,  précise la Constitution, est de garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse et des autres moyens de communication de masse. Faites donc cela.

    Vous ne faites pas cela lorsque vous cherchez à contrôler la presse.

    Vous ne faites pas cela lorsque que vous tenez des propos méprisants envers des confrères en les accusant d’être cupides et mendiants, même s’il n’est de secret pour personne que la presse togolaise ne regorge pas que de saintes-nitouches ! Dans quelle corporation, dans quelle couche socioprofessionnelle n’existe-t-il pas de brebis galeuses. « Que celui qui n’a jamais péché,  jette la première pierre. »

    Les éditoriaux de Monsieur LAWSON sont acerbes, sans concession, virulents ? Et alors? Ils ont le mérite de poser de bonnes questions, et surtout d’exister. On ne peut obliger tous les Togolais à participer à cette « démocratie de velours » qu’on veut imposer à tout prix.

    Face à ces éditoriaux, il existe  le droit de réponse pour ceux qui estiment avoir été injustement pris à partie ; il existe des tribunaux pour ceux qui pensent avoir été diffamés ou atteints dans leur honneur et dignité. Pour tous les autres, qu’ils changent de politique ou de « comportement » comme dirait un autre animateur de radio.

    Quant à votre décision N°0002/HAAC/08/P portant suspension définitive des films ibos sur la télévision ZION, elle prive beaucoup de nos compatriotes des quelques instants de plaisir ou de détente  qu’ils s’offrent, souvent les soirs, en famille en regardant ce programme, et qui leur permettent de s’évader un tant soit peu de cette misère chronique qui constitue leur quotidien. Bien plus, elle est loin encore une fois, de respecter la liberté de la presse.

    Il ne s’agit pas ici de faire une plaidoirie en faveur d’un Luc ADJAHO, qui pour tout dire, ne nous est pas franchement sympathique. Il s’agit tout simplement de défendre la liberté de la presse, la liberté de parole, la liberté d’opinion et d’appeler à utiliser les voies judiciaires le cas échéant, comme l’exige la constitution.

    La liste commence à être longue de vos suspensions, avertissements etc. Il y a un réel danger en effet. Mais pas là où vous le pensez.

    FOCUS INFOS pour sa part, est et restera jaloux de son indépendance et de sa liberté d’expression. En leur nom, nous affirmons notre solidarité envers NANA FM et TV ZION et offrons une tribune mensuelle à notre confrère, LAWSON-DRACKEY pour ses billets et réflexions.
    Le Directeur de Publication

    La filière du coton dans la région des plateaux
    A Gléi, dans la région des plateaux nord, vivent des ménages dont  les revenus sont essentiellement liés à la culture de l’ « or blanc » : le coton.  Dans ce canton situé à 135 km de Lomé, les 76 villages qui le constituent sont  organisés en groupement de producteurs. L’un des plus importants en terme de production  est le GPC Tognon Abessahoun, avec en moyenne 130 tonnes de coton par saison. Son président, Houlali AKODE est plutôt désemparé par la situation de la filière. C’est le même sentiment qui prévaut partout, de Gléi à Atakpamé, en passant par Datcha.

    Égrenage et commercialisation
    Depuis la libéralisation des activités d’égrenage et de commercialisation du coton fibre en 2000, la Société Togolaise de Coton (SOTOCO)  ne détient plus le monopole ni de l’égrenage du coton graine, ni de la commercialisation du coton fibre. Trois sociétés de droit privé interviennent désormais dans l’égrenage conformément à un décret de juillet 1997. Il s’agit de la Société Industrielle de Coton (SICOT), la Société de la Production Industrielle (SOPIC) et la Société Cotonnière des Savanes (SOCOSA), avec une capacité cotonnière de cent quarante mille (140000) tonnes. Ces sociétés doivent toutefois s’approvisionner en coton graine auprès de la SOTOCO, avec qui elles sont en concurrence pour les activités d’égrenage. La SOTOCO dispose dans les zones à grande production cotonnière (Notsè, Atakpamé, Kara, Dapaong) d’usines d’égrenage de coton.

    Les producteurs
    Les producteurs de coton  d’une même zone sont constitués en groupements bien structurés, appelés Groupements de Producteurs de Coton (GPC). La relation entre ces groupements et la SOTOCO, notamment la Direction Industrielle, est assurée par des intermédiaires que sont les agents technico-commerciaux.

    Au village Abessahoun à Gléi  par exemple, la plupart des cotonculteurs font partie du GPC Tognon Abessahoun. Ce groupement  a à sa tête un bureau de onze membres élus par les villageois. A savoir : un président, un chef d’équipe, deux rédacteurs, deux magasiniers, deux peseurs et trois conseillers. Tous les GPC de la région des plateaux, sont regroupés dans l’Union Régionale des Groupements de Producteurs de Coton (URGPC), qui est affiliée à
    la Fédération Nationale des Producteurs de Coton,  une fédération créée par le gouvernement en 2005, et qui participe à la gestion de la filière coton.

    Les revenus des producteurs
    De  Gléi  à Datcha, les producteurs de coton s’accordent à relever trois grandes  périodes dans la production du coton dans leurs zones, au cours des 20 dernières années.

    D’abord de  1990 à 1996 : Au cours de cette période, le coton était très rentable. Le GPC récoltait en moyenne 100 à 120 tonnes à raison d’une à trois tonnes par producteur. A la vente, chacun pouvait gagner 350000 à 400 000fCFA. A cette époque, l’engrais coûtait 7500francs, les insecticides 3500francs et le coût unitaire du kilogramme de coton était de 200 francs le premier choix. Tous ceux qui avaient cultivé le coton pendant cette période avaient fait fortune, selon  Akodé, président du GPC Abessahoun.

    Ensuite, de 1996 à 2000 : Les surfaces cultivables se sont étendues et les producteurs plus nombreux. D’autres groupements se sont formés. La production au cours de cette période a  dépassé toutes les espérances. En moyenne, le GPC Abessahoun produisait 13 caisses soit 130 tonnes de coton graine et était classé parmi l’un des meilleurs producteurs de la zone. Il faut noter qu’à l’époque, l’engrais était à 9500 FCFA, mais cela n’avait aucun impact ni sur le rendement ni sur les bénéfices des paysans.

    Enfin de 2000 à 2008. C’est la période de toutes les difficultés. Plusieurs raisons à cela :
    - l’abondance ou l’irrégularité des pluies ;
    - la mauvaise qualité des intrants  (le NPKSB est parfois mélangé avec du souffre, et prend trois mois sans se dissoudre sous les plants)
    - leur  coût élevé (l’engrais  à 14500fcfa le paquet, l’insecticide à 4500fcfa le litre)
    -la suppression des ristournes par
    la SOTOCO.

    Toutes ces raisons ont provoqué la cessation de la culture du coton par certains GPC depuis la fin de la campagne 2005, notamment celui de Tofon à Datcha. Selon son trésorier, le GPC Tofon était lourdement endetté et ne pouvait plus continuer ses activités. De plus,  la SOTOCO devait à ce GPC  une ristourne évaluée à plus d’un (1) million de francs CFA.

    Pour illustrer les difficultés actuelles des producteurs du GPC Tofon, nous avons pris comme référence une surface d’un hectare. Pour cultiver cette surface, il faut :

    1- les frais des intrants : 86 650 FCFA, répartis comme suit :
    - 3 paquets d’engrais NPKSB à 14500 FCFA l’unité, soit 43500 FCFA
    - 1 paquet d’urée à 14500 FCFA 
    - 10 piles à 165 FCFA l’unité, soit 1650 FCFA
    -
    6 litres d’insecticides à 4500 FCFA l’unité, soit  27000 FCFA

    2- les frais de labour : 22 000 FCFA

    3- les frais de sarclage : 33 000 FCFA

    4- les frais de récolte : 35000 FCFA.

    Ces dernières saisons, à cause de l’état des récoltes,  avec un hectare, le producteur ne gagne environ  que 165.000 FCFA. Après déduction de toutes les charges précitées, le déficit subi serait de l’ordre de - 11.650 FCFA.

    Quand la SOTOCO
    payait aux différents groupements les ristournes et les surplus, le déficit était compensé et cela permettait aux producteurs de dégager  des excédents et réaliser  par exemple des travaux communautaires.

    Aujourd’hui, la situation est telle que certains groupements dont le GPC Tofon  ont préféré cette année semer plutôt du manioc, du maïs ou de l’haricot.

    D’autres groupements tels ceux des villages Obi, Kpodjivé, Atchakopé ou le GPC Tengué qui ont voulu assurer la campagne 2007/2008, se sont retrouvés très endettés, à cause non seulement des mauvaises récoltes dues aux pluies diluviennes, mais également du  coût élevé des intrants.

    La question des ristournes
    La ristourne est  une réduction accordée par le fournisseur à son client compte tenu de sa fidélité et calculée sur l’ensemble des opérations d’une période donnée. De sources financières et commerciales à la Direction Régionale de la SOTOCO à Atakpamé, les ristournes sont des primes que la SOTOCO a instaurées  pour encourager la production de coton. Selon les mêmes sources,  la SOTOCO ne donnerait  effectivement plus de ristournes aux producteurs depuis 1998. Mais d’après elles, cela  serait sans conséquence sur la production et étrangère  à la chute exponentielle du coton produit ces dernières années.

    D’après un haut responsable de la SOTOCO, les producteurs sont eux aussi débiteurs de la SOTOCO. En effet, selon lui  les intrants sont livrés aux producteurs à crédit, que peu remboursent parce que déjà très endettés. Ce qui constituerait  pour la SOTOCO, une perte financière considérable.

    La relation   entre les GPC et  la SOTOCO
    La relation  entre les GPC et la SOTOCO s’est dégradée ces dernières années à cause de la baisse du prix d’achat aux producteurs. En effet, le prix d’achat aux producteurs de coton graine  était  fixé à 200fcfa pour le premier choix et à 165fcfa le deuxième choix. Le choix, c’est un mode de valorisation de la fibre en  fonction de sa qualité. Au Togo, les qualités de tête sont : OTI, ALTO/S, ALTO, TANGO et les moins meilleures qualités OGOU, GOTO, TOLE, BUTO, LAGO. Le décret  N° 99/124/PR apporta une modification à ces prix qui étaient désormais fixés pour le coton graine à 180fcfa/kg le premier choix et à 145fcfa/kg le second.  Les raisons  étaient la baisse des cours mondiaux du coton fibre sur lesquels est essentiellement basée la détermination du prix aux producteurs, les multiples crises économiques et financières dans les pays importateurs, la baisse de la demande mondiale de coton, et la chute de la consommation en Chine. Ces mesures ont eu des impacts très négatifs sur la productivité. Selon un fonctionnaire de la société, la baisse du coût unitaire du kilogramme, et la faiblesse de la demande, ont mis  la SOTOCO en faillite.

    Dès lors, la société ne pouvait plus  honorer ses engagements envers les producteurs. Ainsi, une campagne entière (2004/2005) n’a pas été payée, et pour la campagne 2003/2004, une partie seulement des paiements a été effectuée. Pour survivre, certains paysans ont revendu les engrais  obtenus auprès de
    la SOTOCO. D’autres ont abandonné leur culture d’où la réduction des terres cultivables. De 10 hectares, les producteurs sont passés à 2 hectares parce que démotivés. Le coton est un produit qu’il faut entretenir et qui est soumis au respect d’itinéraires techniques pour avoir un bon rendement. Le suivi rapproché des exploitations de cotonculteurs montre le non respect des itinéraires techniques par la plupart des producteurs : premier sarclage tardif, sous dosage des engrais et pesticides…; ce qui démontre une certaine lassitude des paysans. 

    Les conditions de travail a l’usine d’égrenage d’Atakpamé
    L’usine transforme le coton graine en produit fini, appelé coton fibre. Il est ensuite mis en sacs, les balles.

    Elles pèsent environ 230 kg
    et sont rangées suivant la qualité des fibres qu’elles contiennent. Les meilleurs sont : AC, AE, AZ, et les autres sont Y, Z etc.

    Les ouvriers de l’usine sont répartis suivant les tâches : aligneurs, casseurs,  couseurs,  traîneurs,  marqueurs etc.… Cette équipe est appelée chargeurs de balles. L’usine  en compte 120  répartis en trois groupes. Pour  être chargeur de balles, il faut des années d’expérience, surtout  la rapidité dans l’alignement et dans le traînage des balles. Les chargeurs de balle sont payés en fonction du tonnage réalisé. Trois balles font une tonne équivalant à 350fca. Ils sont payés  par décade (chaque 10 jours). Dans le mois, chaque chargeur  peut au minimum percevoir 24000fcfa (à raison de 8000fcfa par décade). Mais depuis le  mois de février, il semble que les salaires ne sont plus perçus. Des doléances portant sur l’augmentation des rémunérations et adressées à la Direction Générale par l’intermédiaire de la direction industrielle sont restées pour l’heure, lettre morte.

    A l’intérieur de l’unité de production, travaillent les saisonniers sous le bruit assourdissant des égreneuses. Ici, le travail est fait à la chaîne et un manque d’attention peut coûter un membre, surtout le bras. Le salaire est bas et la protection sociale comme l’assurance inexistantes. En cas d’accident de travail, l’ouvrier bénéficie des premiers soins puis est renvoyé chez lui.

    La précarité touche également les ouvriers « aspirateurs ». Ils travaillent sur un gros tube appelé aspirateur par lequel le coton graine entre dans l’usine pour être transformé en coton fibre. La plupart n’ont pas de protection, notamment des cache-nez ; ce qui provoque selon l’un d’eux, des  cas de tuberculose. Les fins de journée de tous ces employés sont souvent difficiles avec des problèmes de rein, des difficultés à uriner et des douleurs musculaires

    La nécessaire réforme
    Tous les acteurs s’accordent pour reconnaître la nécessité d’une réforme en vue de relancer la filière. Pour les producteurs, la SOTOCO devra  diminuer le coût des intrants et rembourser les ristournes. Le président du GPC Abessahoun propose par exemple  que l’engrais soit à 10 000fcfa, l’insecticide à 3 000fcfa.  Certains proposent que les engrais et les graines leur soient livrés au même moment. « Nos sols sont devenus des sables fins, et nous pensons que cela est en partie dû aux engrais qu’on nous livre aujourd’hui. Aussi, nous proposons qu’on étudie les engrais pour savoir quel type d’engrais conviendrait mieux à nos sols.  Des moyens  doivent être mis à la disposition de  l’Institut des Recherches Cotonnières du Togo (IRST) de Kolocopé à Anié afin qu’il puisse nous proposer comme dans le passé de bonnes graines, celles utilisées  aujourd’hui étant de mauvaise qualité » souligne Boko Gnanvi, producteur au village Egbèdjrovi à Datcha.

    Quant aux  employés de l’usine d’égrenage, ils proposent que l’Etat puisse revoir la  grille salariale et les  conditions de travail, aussi bien des saisonniers, des contractuels que des temporaires. Selon l’un d’eux, « il faut revoir tout le système de travail à l’usine. Celle-ci ne dispose pas par exemple  d’un lieu de stockage du coton, faute d’un grand entrepôt. Les jours de pluie, il faut courir de gauche à droite chercher des bâches.  Et même avec des bâches, l’eau arrive à s’infiltrer dans les balles laissées en plein air. Le coton pourrit ainsi  et perd de sa valeur marchande, ce qui engendre des déficits pour la société.»

    Pour lui, les réformes passent également par l’assainissement de la direction générale de la SOTOCO
    , afin d’y mettre des gens qualifiés et compétents.

    Pour sa part, un haut responsable de la SOTOCO relève la nécessité pour la survie de cette société, que l’Etat mette en œuvre les conclusions de l’audit commandité sur elle. Trois cas de figures sont à examiner : la privatisation totale de la société, la semi privatisation et la liquidation. La liquidation de la SOTOCO, selon ce haut responsable doit être écarté des réflexions. Il explique que cela constituerait une perte énorme pour l’Etat togolais qui en 2006 avait injecté 21 milliards de francs CFA pour payer tous les arriérés des producteurs. Aussi, aller vers une privatisation pure serait pour lui une mesure suicidaire. Il propose de soumettre la société à une étape transitoire gérée par un comité de gestion provisoire. Ce comité, s’attellera à mettre en place  les bonnes normes de gestion et une ligne de conduite efficace ; c’est-à-dire, une gestion claire des recettes, une bonne gestion comptable et financière. Dans cette phase transitoire, il faudra aussi mettre  en place le système «chacun contrôle chacun». Ce mécanisme de contrôle doit être constitué d’auditeurs aussi bien internes qu’externes, et basé sur le rapport des audits afin de savoir ‘q