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« Conformément à l’article 192 du code électoral «en cas de démission, de décès ou d’acceptation d’une fonction déclarée incompatible avec la fonction de député, les sièges vacants sont occupés, selon l’ordre de présentation des électeurs.
Considérant que la démission du poste de Directeur Général de la SAZOF met fin à l’incompatibilité qui frappait M. Kpatcha Gnassingbé, que par lettre en date du 12 février 2008, adressée au Président de l’Assemblée Nationale, il a exprimé sa volonté de reprendre son siège de député … M. Kpatcha Gnassingbé retrouve de plein droit son siège à l’Assemblée Nationale». Ce sont là les termes de la décision N°001 /08 de la Cour Constitutionnelle qui autorisait Kpatcha Gnass a reprendre son siège qui était occupé par Dossim Assang.
En moins de deux jours donc, la Cour Constitutionnelle a donné suite à la requête de Kpatcha Gnassingbé qui a demandé un come-back inattendu à l’Assemblée Nationale.
Mais, avant d’en arriver là, le « Gros »a dû démissionner des deux gros postes juteux qu’il cumulait, à savoir, la Direction Générale de la SAZOF et la Présidence du Conseil d’ Administration de la SOTOCO. La double démission de l’ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants de ces postes mirobolants qui donnent des avantages inouïes pour aller se contenter de quelques miettes à l’Assemblée nationale est devenue aujourd’hui un sujet de débat et d’inquiétude au sein de l’opinion nationale. Car personne ne comprend pourquoi, c’est au lendemain de l’exacerbation de la tension entre lui et son Grand frère, le chef de l’Etat lors des funérailles de « Papa » le 5 février dernier que Kpatcha démissionne de la SAZOF et de la SOTOCO. Selon certaines indiscrétions, c’est parce qu’il aurait une idée dans la tête pour donner du fil a retordre à son frère qu’il a préféré faire ce choix. Dans l’opinion, beaucoup avancent quelques raisons, tout en écartant celle selon laquelle, ce sont les populations du septentrion qui le réclament au Parlement. Cette thèse est battue en brèche par plusieurs autres sources qui estiment que même en dehors du Parlement il pourrait être plus utile à ses solliciteurs. En fait, le retour de Kpatcha à l’hémicycle n’est pas gratuit. Il est inutile de se cacher derrière des considérations de mythification de la personne. Il faut tout d’abord reconnaître que depuis la disparition du « Père de la Nation », le « Gros » comme l’appelle affectueusement ses fans a toujours nourri des ambitions « pouvoireuses » . C’est d’ailleurs ce qui a fait qu’après l’allégeance faite par les hauts gradés de l’armée pour remettre le pouvoir à son Faure Gnass, il a toujours cherché à faire ombrage à son frère. Il ne se privait pas de recevoir les mêmes honneurs civiles et militaires ainsi que les parades lors des manifestations comme s’il était le vrai chef. Ce qui lui a valu le qualificatif de « vice-président ». En tant que ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants il était plus qu’un super ministre. Dans les réformes pour remettre de l’ordre dans la maison RPT, le chef de l’Etat, Faure Gnass avait entrepris de remercier les vieux qui avaient collaboré avec son Papa. C’est ainsi que certains qu’il mettait à la retraite étaient récupérés par son demi-frère qui disait suivre les pas de Papa. La crise de confiance a donc commencé par faire jour là-bas. Mais dans tous les cas, beaucoup situent le « come-back de « l’artisan de la victoire du RPT » aux législatives d’octobre 2007 à plusieurs niveaux. On ne peut pas abandonné des postes juteux ou on gagne des millions de FCFA pour quelques centaines de mille à l’Assemblée.
A la recherche du perchoir La raison première ne peut être qu’une volonté de ne pas mourir politiquement. Rester sur le devant de la scène politique afin de pouvoir légitimement contester le pouvoir à son demi-frère le moment venu et de briguer l’investiture RPT. Il se raconte que Kpatcha aurait constitué autour de lui, un véritable cabinet parlementaire inégalé où des conseillers dans les différents domaines, politique, économique, sociale, culturel, ..., sont là pour lui fournir une expertise afin que son rôle à l’Assemblée soit sous les projecteurs.
A ce niveau les scénarii sont multiples : on peut parier sur une possible future destitution de l’actuel président de l’Assemblée Abass Bonfoh étant donné que Kpatcha a une majorité de députés RPT qui lui est acquise. Il faudra alors attendre qu’une crise se présente au sein de l’assemblée. Crise que bien entendu les députés RPT peuvent eux-mêmes provoquer ou encore en laisser le soin à l’UFC de Olympio lors des débats parlementaires.
La destitution de Bonfoh aura donc pour effet de placer Kpatcha en haut du perchoir comme dauphin constitutionnel de son demi-frère. Et un accident peut vite arriver.
Dans une autre option, avec la conquête ou non du perchoir, Kpatcha Gnassingbé fort du soutien de la majorité des députés RPT peut affaiblir constitutionnellement son demi-frère avant les prochaines élections en diminuant les pouvoir du Président et surtout le contraindre à des règles qui lui permettront de prendre le pas sur son demi-frère quelque soit l’issue des prochaines élections présidentielles.
De facto Kpatcha peut donc devenir le futur chef d’Etat avec le soutien du RPT s’il arrivait à tourner le trucage des élections en sa faveur au détriment de son demi-frère
L’immunité parlementaire Selon des observateurs c’est pour chercher l’immunité parlementaire que le désormais ancien Directeur de la SAZOF a décidé de revenir au Parlement. On fait état de ce que, son nom serait cité dans plusieurs rapports des organisations des droits de l’homme après les événements sanglants qui ont émaillé la succession de Feu le Général-Président et le scrutin présidentiel au cours de l’année 2005. Tout le monde se rappelle des violences post-électorales qui ont fait des morts et des réfugiés. Il y avait une milice organisée qui massacrait tout sur son passage et beaucoup n’ont pas hésité à coller la paternité de ces jeunes loubards aux gourdins cloutés au fils du père. Les rapports des organisations des droits de l’homme ont listé certaines personnalités comme étant les responsables ou commanditaires de ces actes de « déjà frappés » qui ont endeuillé les populations togolaises.
Sur un autre plan, on fait état de ce qu’il aurait amasser de l’argent dans les sociétés qu’il dirige. C’est d’ailleurs ce qui donne lieu à un audit secret qui aurait été commandité sur la SAZOF. Pour mieux se protéger de ces accusations et de ces présomptions, le lieu le plus indiqué est l’Assemblée nationale où les députés jouissent d’une immunité parlementaire et échappent aux griffes de la justice. Mais, il faut reconnaître que si les faits dont on accuse une personne sont avérés et graves, cette immunité parlementaire peut être levée dans l’intérêt national.
Obstruction aux projets de lois du gouvernement Les réformes qu’engage Faure Gnassingbé ne sont pas du goût de certains caciques du RPT qui se disent les gardiens du temple gnassional. Il y a dans la foulée des critiques de la gestion des affaires de l’Etat par Faure-vi, des déclarations, pour ne pas dire des brûlots qui fustigent la méthode de changement qu’il a entreprises pour démocratiser le parti gnassional. On l’accuse de seulement satisfaire ces copains, amis et autres camarades de classes. Le réquisitoire d’un certain professeur Awizoba contre Faure a mis au grand jour les relations tendues entre les « deux-frères ennemis ». Cette situation est créée et entretenu par les proches de ces deux fils qui en tirent profit. Dans la foulée, certains n’ont pas hésité a relever que Kpatcha serait en passe de créer son parti politique.
Aujourd’hui, avec l’arrivée de Kpatcha à l’Assemblée nationale, on susurre qu’il serait là pour assurer une vengeance contre son frère. On sait que tous les projets du gouvernement doivent passer par l’Assemblée afin d’avoir l’avale des députés avant d’être adoptés. Plusieurs observateurs indiquent que le « Gros » qui dit avoir la mainmise sur une partie des députés à l’Assemblée nationale suite à son investissement dans leur élection pourrait compter sur ceux-ci et même s’appuyer sur ceux de l’UFC pour bloquer tout au niveau de l’Assemblée. Et comme certains esprits malins veulent toujours maintenir le pays dans la crise, ils vont l’accompagner dans sa logique et bonjour les dégâts. Malgré le vote à main levée qui se pratique à l’hémicycle, on fait état de ce qu’il disposerait des moyens pour rallier une grande partie des députés à sa cause. Et qu’il serait revenu pour voir avec ses propres « oeils » ceux qui ne suivraient pas sa consigne. C’est pourquoi beaucoup lient ce « come-back » du fils du désormais ex-président du Conseil d’administration de la SOTOCO, à la soif du pouvoir de l’homme. On pourrait donc s’attendre au pire. Car dans quelques jours, le Premier ministre Komlan Mally va boucler ses jours au gouvernement. Il doit se prêter à la tradition devant les députés qui vont lui redonner leur confiance. Mais compte tenu de la situation qui prévaut aujourd’hui entre les deux fils du père, on doit avoir de gros soucis à se faire. Car si Kpatcha arrivait à rallier certains députés à sa cause pour rejeter tout ce que le chef du gouvernement nommé par son frère, chef de l’Etat, il est à craindre qu’on ne retombe dans une nouvelle crise.
Ce qu’il y a c’est qu’il ne faudra pas que la guéguerre entre les « deux frères ennemis » ait des conséquences néfastes sur la vie de la nation. Et puis comme le dirait quelqu’un, le pouvoir n’est pas l’apanage des seuls Gnassingbé pour que l’intérêt national soit sacrifié sur l’autel des ambitions démesurées de qui que ce soit.
Selon certaines indiscrétions, c’est pour éviter ces genres de conflits et d’ambitions que le « Père de la Nation » avait interdit à ses enfants de faire la politique. Aujourd’hui, les faits lui donnent raison. Il doit beaucoup se retourner dans sa tombe à cause de ces guerres d’ambitions et de leadership auxquelles se livrent les fils. Tout ceci entretenu par des courtisans qui veulent voir les deux frères se rentrer dedans. Mais le médiateur Rock est à l’œuvre et le pire pourrait être évité.
Abass Issak
Poursuite de l’APG : Profond désaccord entre Gilchrist Olympio et Me Agboyibo sur les réformes politiques au Togo Le CAR de l’ancien Premier ministre, Me Yawovi Agboyibo et l’UFC de Gilchrist Olympio sont en véritable désaccord sur la manière de gérer le reste des points inscrits dans l’Accord Politique Global signé par les protagonistes de la crise à l’issue du dialogue inter togolais.
Ces désaccords ou divergences ont fait jour lors de la visite au Togo du ministre allemand des Affaires Etrangères. Au cours de cette visite, le diplomate allemand a seulement discuté avec les responsables des partis de l’opposition au Parlement, à savoir l’UFC et le CAR. Au terme de cette audience, les deux partis n’ont pas hésité à transmettre une lettre mémorandum à son Excellence Frank Walter Steinmeier. Ce sont des propositions pour la poursuite de l’application de l’Accord Politique Global que contenait ce mémorandum.
Au niveau des réformes constitutionnelles, et institutionnelles, le CAR, après avoir relevé les modifications unilatérales apportées par le pouvoir RPT sur les textes, notamment la Constitution de 1992 et le code électoral du 5 avril 2000 issu de l’Accor Cadre de Lomé dans lesquelles des mesures antidémocratiques ont été introduites, a fait des propositions qui devront permettre dans le cadre de la poursuite de l’application des recommandations de l’Accord Politique Global. Il a indiqué que pour ces réformes, il revient bien entendu à l’Assemblée nationale d’examiner et d’adopter les textes relatifs aux réformes. Mais compte tenu des réalités du pays, le CAR voudrait que l’examen de ces réformes par l’Assemblée nationale, soit précédé de discussions au sein du cadre permanent de concertation et de dialogue prévu par l’Accord Politique Global. Et le CAR donne la priorité dans ces discussions à la réforme du régime politique prévu au point 3 .2 de l’APG.
Alors donc que le CAR est fidèle au cadre permanent du dialogue prescrit par l’APG, l’UFC maintient l’exigence d’un dialogue à deux. C’est-à-dire entre le parti de Gilchrist Olympio et le RPT de Faure Gnassingbé. Une démarche qui efface de facto le reste des partis de la scène politique.
Le leader de l’UFC qui opte pour le dialogue à deux estime qu’aujourd’hui, de nombreux sujets restent encore à discuter dans le domaine des réformes constitutionnelles et institutionnelles, de l’impunité, des droits de l’homme, de la sécurité des populations. Il a indiqué que l’UFC ne fait poursuivre avec le RPT les discussions bilatérales entamées depuis lors à San’Egidio, tout en précisant qu’un cadre de dialogue bilatérale n’est dirigé contre personne et n’exclut personne. Selon lui, l’objectif évident d’une telle démarche est d’aplanir les difficultés et de faciliter l’adoption et la mise en œuvre des grandes réformes prévues par l’APG, dans l’intérêt bien compris des populations togolaises.
Comme on peut le constater, les démarches pour faire appliquer le reste des réformes prévues par l’Accord Politique Global ont des connotations différentes de la part des deux leaders dont les partis sont à l’Assemblée nationale.
Mais, il faut souligner que lors de la visite du ministre allemand des affaires étrangères, le RPT de Faure Gnass n’a pas été consulté. Il n’était pas dans l’agenda du diplomate allemand. A. I.
La grogne sociale s’amplifie : Les Travailleurs Togolais s’apprêtent à prendre la rue Le 09 Février 2008, l’Association Togolaise des Consommateurs a voulu descendre dans la rue contre la vie chère au Togo suite à la hausse des prix des produits de première nécessité sur le marché togolais. A quelques heures de la manifestation, les autorités, sentant l’épée de Damoclès suspendue sur leur tête, ont décidé de revenir sur terre et elles ont appelé au dialogue. L’ATC qui n’attend que cette occasion, n’a pas laissé le temps joué contre elle. Elle s’est jetée dessus brisant ainsi le ras-le-bol des consommateurs prêtent à se faire entendre. N’ayant pas pu réunir les consommateurs comme prévu, une autre couche des Togolais est prête pour une rémobilisation. Il s’agit des travailleurs du Togo, très fâchés contre les autorités. L’Inter Syndicale des Travailleurs du Togo (ISTT), en assemblée générale le 13 février 2008 a échangé avec les autres fédérations de syndicats autour de trois (3) points à savoir la flambée des prix des produits de première nécessité ; l’état des lieux des engagements du dialogue social et les stratégies à arrêter pour la défense du pouvoir d’achat du travailleur togolais. Si ces trois points ont été au menu des échanges, il faut reconnaître que les travailleurs du Togo ont, après analyse de leur situation, déploré leurs conditions de vie et de travail. Très remontés au cours de l’Assemblée générale contre les autorités qui feignent ranger les recommandations du dialogue social signé de commun accord en 2006 dans les tiroirs, les travailleurs veulent passer à la vitesse supérieure tout en restant bien sûrs disposés au dialogue. « Les travailleurs togolais restent les seules personnes à traîner le salaire le plus bas de la sous région… », fait-on savoir au cours de la rencontre faisant allusion ainsi au SMIG Togolais qui avoisine les 17.000 FCFA pendant qu’à Abidjan, le même SMIG croit jusqu’à 50.000 CFA. Face aux constats amers des travailleurs sur leur condition, l’ISTT qui est un regroupement de fédérations syndicales envisage de recourir à la rue voire un préavis de grève. Pour ce faire, l’ISTT projette déjà une réunion ce 20 février et le 23 février, une marche de protestation pacifique sera lancée. Pour les travailleurs, il s’agira pour eux d’attirer l’attention des autorités en attendant un début de solution à leur niveau. Et si rien n’est sortie comme satisfaction, le monde des travailleurs peut aller au delà : un préavis de grève.
« Nous voulons marcher contre la vie chère et les conditions de vie des travailleurs », explique-t-on à l’ISTT. A en croire les responsables du syndicat, la flambée des prix des produits de première nécessité trouve sa source du non respect des engagements pris au cours du dialogue social. « Tous les Togolais tirent le diable par la queue à moins que tu as un revenu au delà imaginations », précise Palanga membre de l’ISTT.
Iront-ils jusqu’au bout de leur logique ? Le 13 février 2008, les travailleurs ont parlé d’une même voix à la presse pour se faire entendre. Mais quand sera-t-il pour demain ? C’est la question que tout le monde se pose à l’heure actuelle eu égard à la méthode qu’utilise déjà la primature pour dissuader d’éventuels organisateurs des manifestations qui mettent à nu le gouvernement.
En effet, le lundi dernier, Komlan Mally a reçu les responsables de l’ISTT pour discuter de la situation. Un peu plus tard dans l’après midi, le même PM a reçu l’Union Générale de Syndicats Libres (UGSL), une branche de l’ISTT séparément. Cette méthode de procéder créée une polémique au sein du monde des travailleurs voire des populations.
« Ce n’est pas un bras de fer entre l’ISTT et l’UGSL crée de toute pièces pendant les année 1992 pour aller à contre courant des syndicats qui avaient respecté le mot d’ordre de grève illimitée. Pourquoi cherche-t-on à recevoir l’ISTT et l’UGSL comme si l’étau à desserrer se situe entre les deux syndicats… », confie un travailleurs qui trouve là, une source de division entre les travailleurs pour affaiblir la mobilisation dans les jour à venir.
En tous cas, une chose est de vouloir changer le cours de l’histoire, une autre est de se cacher derrière son beau discours en agissant autrement. Le premier ministre aurait mieux fait d’écouter ou de recevoir les deux syndicats pour étudier une approche de solution plutôt que de ressusciter la vielle habitude de la maison RPTiles pour pérenniser quelque chose. Lorsqu’on continue par maintenir une population pendant longtemps affamée, ce ne serait plus les syndicats qui vont appeler à la marche mais la marche se déclenche d’elle-même. Ce qui éjecte très souvent les pouvoirs qui utilisent ruse et mauvaise foi.
Linus A. |