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Depuis quelques jours, des rumeurs persistantes font état d’un possible retour au pays de l’ancien ministre de l’Intérieur, aujourd’hui avocat au barreau de Paris, Me François Akila Esso Boko. Il se raconte qu’il revient dans le cadre de l’élection présidentielle de 2010 et qu’il serait l’un des challengers de Faure Gnassingbé. Ces informations relayées par certains médias de la place continuent de susciter des discussions dans les lieux publics.
Mais l’entourage de l’avocat dément formellement ces informations qui ne sont que « pure invention ». « Nous nous inscrivons en faux contre ces intoxications. Il n’a jamais été question de la participation de l’ancien ministre à l’élection présidentielle. Tout retour au pays n’est pas envisageable dans les circonstances actuelles. Ces informations ne sont que pure invention», martèle l’un de ses conseillers. On estime qu’il s’agit d’un montage grotesque de ses « adversaires » et qui vise à détruire son image. « C’est une manœuvre qui consiste à faire croire que c’est à cause de ses ambitions politiques qu’il a démissionné en plein processus électoral (22 avril 2005 ndlr) », ajoute-t-il.
Une autre source indique que c’est le Groupe de Réflexion et d’Action pour la Démocratie et le Développement (GRAD) qui compte organiser à Lomé un symposium des Togolais de l’extérieur et de l’intérieur en invitant l’ancien ministre comme chairman, comme ce fut le cas en 2006 avec l’ex-chef d’Etat ghanéen John Jerry Rawlings. « Pour le moment, rien n’a été décidé. Toute spéculation n’est que fortuite », darde-t-elle.
En rappel, François Boko a fait faux bond au clan à 48 heures de l’élection présidentielle du 24 avril 2005, ne voulant pas cautionner le massacre des Togolais qui se tramait pour offrir le fauteuil présidentiel à Faure. Et depuis lors, il vit en France où il exerce le métier d’avocat. L.H
Présidentielle de 2010 : Les probables adversaires de Faure Gnassingbé Le Togo vient à peine de sortir des législatives et les locales pointent à l’horizon. Bien que cette dernière élection soit tout aussi importante que les autres, elle semble le cadet des soucis chez les politiques dont la plupart ont déjà la tête à la présidentielle de 2010. Dans certains états-majors de formations politiques, le cap a été mis sur cette échéance juste au lendemain de la proclamation des résultats du scrutin législatif du 14 octobre 2007. On est encore loin de 2010, mais de jour en jour, on se fait une idée sur les probables adversaires de Faure Gnassingbé.
L’« esprit nouveau » n’a certes pas encore manifesté son intention de postuler pour cette échéance. Mais à moins d’un miracle, Faure Gnassingbé sera le candidat du RPT. Il est d’ailleurs le candidat naturel du parti. Connaissant l’homme, il devait déjà « pavlover » à l’idée de remporter le scrutin. On ne le voit pas renoncer à cette épreuve, connaissant son goût poussé pour le pouvoir. En février 2005 à la suite du décès du Père, il ne s’est pas empêché d’utiliser les moyens non conventionnels, juste pour capter le fauteuil laissé vacant. Le tripatouillage constitutionnel qui lui a permis de se voir au perchoir ayant suscité un désaveu général, il est parvenu à ses fins -capter le pouvoir- au prix du sacrifice d’un millier de ses compatriotes, un sacrifice à la mesure de ses ambitions. On ne le voit donc pas si tôt renoncer au pouvoir, mais plutôt à le conserver. Et l’échéance de 2010 est une aubaine. Mais pour y arriver, Faure Gnassingbé aura fort à faire. Il lui faudrait se défaire d’adversaires de taille.
Kofi Yamgnane Le Franco-togolais est le premier candidat déclaré. Au cours d’une intervention sur Radio France Internationale, l’ancien Secrétaire d’Etat à l’Intégration a confié ses intentions de se présenter à l’élection présidentielle de 2010. Si cette annonce a réjoui plus d’un, elle laisse aussi dubitatif quant au cursus politique de l’homme. Le natif de Bassar depuis 1975 s’est naturalisé Français et a accompli toute sa carrière politique et professionnelle dans l’Hexagone. Beaucoup redoutent qu’il ne soit frappé par la question de la double nationalité et les obligations de résidence sur le territoire togolais. Mais d’autres croient dur comme fer que si malgré sa situation, le tout récent membre de la Commission Brice Hortefeux chargée de plancher sur l’immigration en France tient à se présenter, c’est certainement à cause des soutiens dont il bénéficie du côté du pouvoir français. Ils voient en cette candidature de Kofi Yamgnane une volonté de la France de se débarrasser du clan Gnassingbé, une menace sérieuse donc pour sa survie.
Gilchrist Olympio Le leader de l’Union des Forces de Changement (UFC) ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat. Mais on ne serait pas surpris de le voir postuler à ce scrutin, étant le président de son parti, donc le candidat naturel. L’intéressé s’était même prononcé sur le sujet dans une récente interview accordée à notre journal dans sa parution n° 318 du lundi 18 février dernier. « Tous les premiers responsables de partis politiques ont cette lourde responsabilité d’être le porte-flambeau de leur parti. Il n’y a rien de plus naturel », a-t-il confié. Mais pour y arriver, il lui faudrait passer les obstacles constitutionnels dressés sur son chemin. Tout compte fait, une fois que le RPT est en compétition, il croisera forcément sur son chemin l’UFC, vu l’antagonisme naturel qui lie les deux partis politiques, les deux plus grands du pays. Gilchrist ou pas, une chose est sure, il y aura un candidat de l’UFC pour rivaliser Faure Gnassingbé. « L’UFC est un parti démocratique. Le moment venu, le congrès du parti décidera en toute souveraineté », a déclaré le leader du parti.
Kpatcha Gnassingbé Sa candidature est à évoquer au conditionnel. Depuis quelques jours, des rumeurs de plus en plus persistantes font état de ce que l’ex-ministre de la Défense nourrit des ambitions présidentielles et serait prêt à se présenter au scrutin présidentiel de 2010. Dans cette perspective, on fait état d’une probable création par Kpatcha d’un parti politique. Une tendance idéologique se dégage d’ailleurs autour de sa personne depuis quelques temps en marge de sa brouille avec son frère Faure et il bénéficie du soutien de nombreux nostalgiques d’Eyadema dans ce qu’il convient d’appeler sa croisade contre Faure. Dans son entourage, on balaie du revers de main cette idée de candidature à la présidentielle de 2010, arguant que c’est d’ailleurs le congrès du parti -RPT- qui décidera de qui présenter. Malgré ces démentis, des indiscrétions font état de ce qu’une autre option est envisagée, dans le cas où l’on met des bâtons dans les roues de Kpatcha dans ses démarches de création de parti politique. On suppute que l’ex-Directeur Général de la SAZOF s’y présenterait tout simplement comme candidat indépendant. Si sa candidature s’avérait, Faure aurait un adversaire entre les jambes, une arête dans sa gorge et son équation se compliquerait davantage. En tout cas, il y a encore du temps pour en arriver là, et les jours à venir nous édifieront. Au demeurant, c’est juste un aperçu des candidatures probables et des plus importantes. La liste n’est pas exhaustive. 2010 est encore loin, et d’ici là il pourrait se passer beaucoup de choses mais cette joute électorale est déterminante pour la survie du clan au pouvoir et ne sera de tout repos pour Faure Gnassingbé
Tino Kossi |