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February 2008 - Posts

  • Responsabilités dans la pérennisation de la crise sociopolitique : Me Yawovi Agboyibo et le CAR sont-ils immaculés ?

    Liberté Hebdo du lundi 25 fevrier 2008

    Pour la nième fois en un temps record, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) s’est prononcé sur la vie sociopolitique de notre pays. Si habituellement cela se faisait par le biais de communiqués de presse et d’interviews, cette fois-ci le leader du parti Me Yawovi Agboyibo et son Etat-major se sont retrouvés en journée de réflexion à Baguida le samedi 23 février  dernier. A la lecture de la déclaration dite de Baguida ayant sanctionné les travaux, on a l’impression que le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et l’Union des Forces de Changement (UFC) sont des « cancers » pour l’émancipation sociopolitique du peuple togolais, et le parti de Me Yawovi Agboyibo « immaculé » comme la Vierge Marie.

    Des thèmes sociaux dont « le chômage chronique des jeunes, le délabrement de nos villes et campagnes, la détérioration du pouvoir d’achat de nos populations, l’aggravation de la cherté de la vie etc » ont été certes abordés. Mais le sujet principal qui a mobilisé les attentions aura été « le syndrome des élections sans lendemain ».

    Le diagnostic « made in » CAR
    La Journée de réflexion « est parvenue à identifier deux facteurs à la source des votes sans lendemain ». D’abord, « le désir de conservation ». Et c’est « en s’interrogeant sur la complexité de l’expression de ce désir de conservation au Togo » que « 
    la Journée de réflexion a constaté la place que joue le second facteur », « le désir de revanche…par l’intrusion des symboles et slogans du passé dans le processus démocratique ». Bien que n’ayant cité aucun parti, on reconnaît une allusion respectivement au RPT, puis à l’UFC.

    « 
    La Journée de réflexion craint que le choc des deux désirs ne perdure encore pour longtemps au point de compromettre :

    - les chances de mise en œuvre des engagements restants de l’Accord Politique Global, notamment des réformes constitutionnelles, institutionnelles ainsi que le traitement de la question de l’impunité ;

    - l’issue des élections en perspective ;
    - la consolidation du redressement socioéconomique du pays ».

    Pour le parti de Me Yawovi Agboyibo, « notre pays ne peut venir à bout du choc des deux logiques, rompre avec le syndrome des élections sans lendemain, et promouvoir un bien-être général profitable à tous qu’en concevant dans le cadre des réformes à opérer un régime politique de cogestion qui favorise le brassage et l’intégration des diverses couches géopolitiques ».
    La Journée de réflexion considère aussi que « dans l’immédiat, une application despotique du principe majoritaire qui mettrait face à face une majorité gouvernante hostile au changement et une opposition braquée dans la contestation, ne saurait permettre à notre pays de relever les nombreux défis du moment que sont:

    - la question du chômage des jeunes;
    - le problème de la vie chère;
    - la question de la lutte contre la pauvreté;
    - la nécessité de promouvoir une dynamique du bien-être et une stabilité durable qui favorise les investissements, l’industrialisation et les autres facteurs de développement     de notre pays ».

    « L’enfer, c’est les autres »
    A travers ce nième exercice, Me Yawovi Agboyibo et son parti doigtent le RPT et l’UFC comme « les deux virus » du syndrome des élections sans lendemain, les vrais responsables de la longue crise sociopolitique, les freins à l’émancipation du peuple, en un mot, « les deux fléaux » du Togo.
    Le CAR est d’ailleurs dans cette dynamique depuis un bon bout de temps. Toutes les sorties médiatiques des responsables du parti, nommément de son président sont des occasions pour accuser à demi-mot les deux formations politiques sus citées.  Lorsque les leaders du RPT et de l’UFC se « bouffaient » tout dernièrement sur la problématique de la célébration du 13 janvier, le CAR a promptement réagi à travers un communiqué. On avait l’impression qu’il voulait simplement éteindre le feu. Mais beaucoup de Togolais se sont ravisés avec ses interventions ultérieures car il aménage toujours une place pour tirer à boulet rouge sur les deux partis, si ce n’est sur l’UFC et son leader particulièrement. La récente interview de Me Yawovi Agboyibo au confrère en ligne togoforum est assez illustrative. Ici aussi, le leader du CAR a caricaturé le RPT et l’UFC comme étant les « maux » du Togo. « Si notre processus démocratique est aujourd’hui en difficulté, c’est à cause du viol psychologique des masses par l’UFC et de la contre-offensive du RPT », avait-il déclaré avant de poursuivre : « Par sa contre-offensive redoutable, le RPT est sorti vainqueur du scrutin avec 50 sièges ». Pour Me Yawovi Agboyibo, « ce score inattendu est la conséquence des stratégies conçues par l’UFC en vue d’éliminer les autres composantes de l’opposition pour se repositionner seule en face du RPT et justifier ainsi le dialogue exclusif à deux qu’il vient de réclamer à nouveau ». « Si l’on n’y prend garde, les consultations électorales risquent d’être encore pour longtemps un exercice artificiel de réflexe contagieux qui n’a rien à voir avec les choix individuels réfléchis qui fondent une démocratie digne de ce nom…Je crains que la situation ne s’aggrave à l’avenir si les élites des différentes couches sociopolitiques du pays ne prennent leurs responsabilités à temps », s’est-il alarmé. Comme si cela ne suffisait pas, les mêmes accusations sont revenues lors de cette journée de réflexion organisée quelques jours seulement après son interview.

    Le CAR et son leader, des saints ?
    La question n’est pas de trop car depuis que le parti et son leader ont commencé à trouver les responsables de la crise sociopolitique togolaise, jamais ils n’ont situé une quelconque responsabilité du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Ça fait un bon bout de temps que Me Yawovi Agboyibo s’essaie à cet exercice, mettant à rude épreuve les tympans des Togolais mais jamais on ne l’a entendu mettre en cause son parti dans la survenance de la crise ou sa pérennisation.

    Et pourtant, des voix se sont élevées pour dénoncer l’égoïsme du leader du CAR lors de la répartition des pouvoirs au lendemain des législatives de 1994 qui ont vu le parti et l’Union Togolaise de Démocratie (UTD) d’Edem Kodjo emporter la majorité. Selon des observateurs avisés, on n’en serait peut-être pas là où on est aujourd’hui si le leader du CAR n’avait pas fait preuve d’égoïsme et refusé de briguer la présidence de l’Assemblée nationale, malgré la « trahison » du leader de l’UTD.

    Des voix s’élèvent encore aujourd’hui pour dénoncer l’attitude de ce parti dans le cadre du dernier dialogue inter togolais qui a abouti à la signature de l’Accord Politique Global (APG) le 20 août 2006 et l’organisation du dernier scrutin législatif du 14 octobre 2007. Elles pensent qu’au nom d’une promesse de nomination au poste de Premier ministre faite au leader du CAR, il a fait signer un accord « bâclé » qui faisait la part belle à « ses promoteurs », et au cours des périodes pré électorales d’octobre dernier, a observé un mutisme absolu sur les fraudes électorales en préparation, laissant l’UFC seule sur le front de la contestation, cherchant à préserver les chances de sa reconduction au poste.

    Au demeurant, beaucoup se demandent ce que le CAR a fait changer lors de son passage à la Primature pour s’enticher aujourd’hui à voir en permanence en l’UFC et le RPT, des  « fléaux ».
    TINO Kossi

    Paradoxe togolais : Les anciens députés privilégiés au grand dam des fonctionnaires
    Le 19 juin 2007, les anciens députés de l’ « Assemblée mouton » élus à l’issue des législatives anticipées du 27 octobre 2002 ont adopté la loi organique déterminant le statut des anciens présidents et celui des anciens députés de l’Assemblée Nationale.

    Ce projet accorde des avantages énormes aux anciens députés. Par exemple, tout ancien président ou député de l’Assemblée Nationale bénéficie d’une rente viagère, des privilèges honorifiques,  l’immunité et d’autres avantages comme le personnel de sécurité, le passeport et la couverture diplomatiques. Les mêmes privilèges s’étendent aux conjoints, conjointes et rejetons.

    «  La pension de retraite parlementaire est réversible aux ayants droit (conjoints, conjointes et enfants mineurs) de l’ancien député qui décède », dispose l’article 24 de la loi organique.  Et l’article 26 ajoute : « Les conjointes et les orphelins du député polygame ont droit à la pension de réversion. Chaque orphelin a droit, jusqu’à sa majorité ou sans limitation de durée s’il est atteint d’une maladie ou d’une infirmité le rendant inapte à tout travail lui donnant gain ou profit, à une pension. [...] »

    Cette loi, adoptée à la veille du départ des députés de l’ « Assemblée mouton » présidée successivement par Fambaré Ouattara Natchaba et Abass Bonfoh avait provoqué consternation et indignation au sein de l’opinion. On estime que les élus du peuple ne se sont qu’accommodés des forfaitures durant leur mandat  et qu’ils n’ont rien fait pour mériter une telle retraite dorée. En effet pendant toute leur législature, les députés de l’ « Assemblée mouton » ne se sont attelés qu’à charcuter sans ménagement
    la Constitution de 1992. Ils ont fait sauter le verrou de la limitation de mandat présidentiel, institué le scrutin uninominal à un seul tour, retiré tous les pouvoirs du Premier ministre et l’ont transformé en un simple coursier du Président de la République. Le comble  de leur forfaiture a été la dictature héréditaire qu’ils ont entérinée en février 2005 en faisant en moins de 24 heures, du ministre Faure Gnassingbé, député, Président de l’Assemblée et Président de la République par intérim.

    Obnubilés par ce projet, le jeune Président  technocrate, Faure Gnassingbé, adepte de la bonne gouvernance et le Premier ministre d’alors Me Yawovi Madji Agboyibo, le grand avocat défenseur des droits de l’Homme n’ont rien trouvé à redire et l’ont cautionné. Aujourd’hui, les représentants du peuple attendent  que le décret  d’application soit pris afin de bénéficier des fruits de leur « travail ».

    Le hic, c’est que pendant  que des avantages incommensurables sont accordés aux anciens députés, des travailleurs togolais, eux, végètent dans une misère indescriptible.

    Les conclusions du protocole d’accord du dialogue social sont rangées dans des tiroirs. Les enseignants, les médecins…traînent des arriérés de leurs salaires de misère. La situation sociale est telle qu’aujourd’hui les fonctionnaires ont difficilement accès aux services publics de base et aux soins de santé de qualité.

    Tandis  que la majorité des Togolais baignent dans la dèche, les anciens députés, eux, s’offrent des avantages paradisiaques. Ainsi va le Togo!               
    M.A.

    Expropriations de terrains : Des tensions couvent dans la Préfecture de la Kozah
    Sur toute l’étendue du territoire national, nombre de Togolais ont été victimes d’expropriation de leur terre. Et ceci par diverses formes de procédures. Soit par la force ou par la ruse avec l’interprétation erronée des textes en vigueur dans le pays, même s’ils sont aujourd’hui devenus obsolètes. 

    En effet, depuis les temps immémoriaux, il suffisait d’un jet de pierre pour devenir propriétaire terrien. Mais, de nos jours, il faut suffisamment de sous pour obtenir un lopin de terre. Aussi, faut-il reconnaître que certains enfants des générations actuelles jouissent des privilèges de propriétaires terriens par héritage ou par donation. Acte régulièrement reconnu juridiquement par les textes en vigueur au Togo. Mais, au même moment, certains jouissent des biens frauduleusement acquis ou par la force. Une situation qui met le plus souvent la justice togolaise à mal dans ses prises de décisions, faisant ainsi des mécontents. Et ceux-ci ont  pour seule solution la résignation.

    Dans de pareilles situations, elles sont nombreuses ces personnes investies de pouvoir qui sortent vainqueurs avec la corruption mise à contribution. Bref, le problème foncier au Togo est une réalité qui menace la paix civile et la réconciliation nationale. Dans la mesure où plusieurs victimes par le passé voudraient et souhaiteraient vivement que leurs causes soient entendues et que justice leur soit rendue. Aujourd’hui, de vives tensions couvent dans
    la Préfecture de la Kozah sur la question de l’expropriation, à en croire les témoignages recueillis sur place à Kioudé et Tchamdè. Les populations de ces deux localités s’estiment expulsées de force de leurs terres ancestrales au profit du défunt Président Gnassingbé Eyadema qui en a fait son domaine privé. « Nous pensons aujourd’hui que, pour une vraie réconciliation des fils du pays, tous les torts causés aux gens doivent être réparés. Ils doivent préalablement démarrer les choses avec les victimes de la dictature que nous avons combattue  toute notre vie durant », nous a confié un sage dans son champ en réponse à la question de savoir comment ils perçoivent les nouvelles donnes politiques du pays.

    Pour en savoir un peu  plus sûr ce qui justifie cette réponse amère, le sage n’est pas passé par quatre chemins pour nous faire des révélations ayant trait aux problèmes fonciers. « Ecoute! Nous ne croyons pas à ces discours pleins de balivernes. Nous ne pouvons les comprendre et les croire que lorsqu’ils nous restitueront nos terres qu’ils nous ont arrachées de force. Ces terres nous appartiennent. Mais, il fallait voir la manière dont ils nous les ont retirées. Eyadema avait tout à son pouvoir pour nous chasser comme des brebis galeuses  de nos terres sans aucun dédommagement », nous a-t-il révélé. A la question de savoir pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour vouloir aujourd’hui rentrer dans leurs droits, leur réponse est sans équivoque :« Ceux qui ont osé à l’époque s’opposer à cette pratique, vous savez peut-être mieux que moi ce qui leur était arrivé. La plupart d’entre eux étaient arrêtés et envoyés dans le camp de concentration de Mango. Mon fils par exemple, lui, il a échappé à un enlèvement. Il était alors contraint à l’exil. Tout ce que vous voyez là-bas nous appartient », martelait-il dans son courroux en montrant du doigt la résidence privée du feu Président Eyadema, perdue dans le lointain que l’on reconnaît par un dôme.

    A Tchamdè, c’est le même son de cloche. Cette question en l’abordant, peut attirer sur l’intervieweur la foudre de la colère des populations victimes. Néanmoins, notre reporter a pu interroger certaines personnes. Jean-Pierre, un étudiant pris en aparté par notre journaliste pour lui apporter de la lumière sur les zones d’ombre de ces problèmes fonciers dans la localité, raconte : « Tout avait commencé ici avec cette histoire d’une loi du président défunt qui voulait qu’aucun terrain ne reste libre. Il avait demandé à ce que l’on puisse céder des terrains aux étrangers tels que les peuls qui peuvent construire et y habiter aussi longtemps qu’ils pourront, sachant bien que ce sont des nomades. Cela veut dire tout simplement que ce dernier est appelé à partir tôt ou tard. Ainsi donc, son habitat restera au propriétaire terrien. Aujourd’hui, ceci devient un problème crucial que n’arrivent même pas à gérer les chefs cantons et leurs notables. Il faut se rendre à l’évidence qu’il  y a des grincements de dents ces derniers temps parce que beaucoup  en sont victimes. C’est le lot des litiges d’ailleurs auxquels font face aujourd’hui nos chefs traditionnels ».

    Il faut souligner qu’à l’instar de l’expropriation des populations de Kioudé et Tchamdè, cette situation se retrouve un peu partout au Togo. Ainsi, il urge que les autorités togolaises dans la nouvelle donne sociopolitique du pays, en fassent un souci majeur. Il serait même souhaitable, pour palier à cette situation qui s’apparente à une bombe à retardement, que ce sujet soit inscrit au programme du mécanisme Vérité – Justice – Réconciliation. Il serait opportun qu’en prélude à ce grand événement tant attendu par les Togolais qu’un guichet unique soit ouvert particulièrement pour ces questions. Il s’agira là d’un instrument  pour désamorcer cette bombe que constituent les agitations en gestation dans le pays. Mme Grâce Kpiki, chef canton de Pya ou Togbui Aklassou, chef canton de Bè, etc…  ne sauront démentir l’existence de ces problèmes qu’ils gèrent au quotidien.

    Didier LEDOUX


    Sans détour : Darfour : Triste anniversaire

    « Soixante ans après la libération des camps de la mort ***, trente ans après le Cambodge, la promesse du « jamais plus » sonne creux. Ils pourront avoir à répondre collectivement et individuellement pour ce qui est en train de se passer au Darfour » (Kofi Annan).

    26 février 2003-26 février 2008, il y a cinq ans jour pour jour que le conflit du Darfour considéré comme « la pire crise humanitaire » que connaît le monde au cours de cette dernière décennie, a commencé. La province de Darfour située à l’Ouest du Soudan, était une région autonome intégrée à la République du Soudan lors de son indépendance en 1956. La paix est menacée dans cette province depuis le 26 février 2003 quand les rebelles lançaient et revendiquaient une attaque contre la localité de Golo, dans le massif du Djebel Marra. La réaction du pouvoir de Khartoum ne s’est pas fait attendre. En représailles, Khartoum laisse agir les milices arabes, les Janjawids dirigés par Choukratalla, ancien officier de l’armée soudanaise. Ceux-ci sont constamment accusés de pires atrocités dans la région.

    Selon nombre d’observateurs, les raisons de ce conflit sont multiples. On parle d’une origine climatique et environnementale due à un phénomène de sécheresse dans tout le Sahel qui s’amplifie. On évoque aussi une explosion démographique pour justifier le déclenchement de la guerre. En plus, il y a la pauvreté qui bat son plein dans cette province et le niveau très faible de son développement. Pour les rebelles, les raisons sont purement politiques. Ils dénoncent la mauvaise gouvernance du régime d’Omar El Béchir. Mais la découverte du pétrole dans cette région a suscité les convoitises, chacun voulant profiter des retombées de cet or noir. Pour l’écrivain journaliste américain F. William Engdahl, le conflit serait aussi dû à une compétition entre la Chine et les Etats-Unis pour le contrôle des ressources pétrolières du Soudan. A preuve, l’un des responsables des mouvements rebelles a été une fois reçu en juillet 2006 à la Maison Blanche par Bush.
    La Chine est reconnu comme étant le principal soutien du pouvoir de Khartoum. Selon un rapport d’Amnesty International publié au début du conflit, la Chine apporterait au gouvernement soudanais armes et appareils militaires. De même, ce pays a entravé les actions des Nations Unies en brandissant son droit de veto.

    Ce conflit a fait plusieurs milliers de morts dont les trois quarts de maladies et de famine et de nombreux déplacés. Les destructions, les villages rasés, la politique de terre brûlée (attaque et vol du bétail, champs incendiés) ainsi que les bombardements ont aggravé la situation humanitaire. Quand les Nations Unies parlent de « crime contre l’humanité », les Etats-Unis qualifient de « génocide » la guerre civile de Darfour. Ces appréciations divergentes ont freiné le processus de paix. Les différentes négociations initiées par l’Union Africaine (UA) et puis par les Nations Unies n’ont abouti à rien de concret. Qui plus est, les mouvements rebelles qui étaient à l’origine au nombre de deux, ont enregistré des défections. Aujourd’hui, ils sont plus d’une quinzaine à combattre le pouvoir de Khartoum. Ce qui rend difficile les pourparlers puisque certaines fractions refusent de reconnaître les autres et d’aller s’asseoir autour de la même table de négociation avec elles.

    Cinq ans après le début du conflit, la situation ne s’est guère améliorée en dépit de la présence de la force hybride UA-ONU, limitée en hommes et en moyens. La guerre a plutôt gagné du terrain et désormais le Tchad et
    la Centrafrique sont concernés. Les dirigeants des trois Etats s’accusent mutuellement de déstabilisation. Le Soudan arme les rebelles tchadiens, en espérant que le renversement d’Idriss Deby lui permettra de sécher toute source potentielle de soutien aux rebelles du Darfour. A leur tour, plusieurs factions rebelles du Darfour sont venues prêter main forte au pouvoir tchadien après l’attaque sur N’Djamena. Pendant ce temps, on parle d’un risque d’élargissement du conflit de la zone de crise. Cinq après, encore du chemin à faire.       
    Zeus AZIADOUVO

     
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  • Des hommes d’affaires se bousculent aux portes du Togo

    Le Regard du mardi 26 fevrier 2008
    Une délégation du Medef international (le patronat français) se rendra à Lomé le 3 avril prochain. Patrick Lucas, président de l’organisation et directeur général de Gras Savoye conduira les hommes d’affaires sur place. Les autorités togolaises y voient le signe  d’une reprise de l’activité économique au Togo ou à tout le moins d’un intérêt retrouvé pour ce pays,

    Cependant la France reste l’un des principaux partenaires de ce pays même si les exportations françaises ont certes diminué ces dernières années,  « Le nouveau Président, Faure Gnassingbé, souhaite stimuler l’industrie du phosphate, de l’énergie et le secteur bancaire en ayant recours à des fonds privés », souligne le Medef dans un communiqué annonçant le voyage.

    Depuis le retour à la stabilité et la levée des sanctions internationales, les opérateurs privés étrangers effectuent un retour remarqué à Lomé. Des visites qui permettent de tâter le terrain avant d’y effectuer des investissements.

    L’Allemagne copartenaire européenne du Togo avec la France, longtemps réticente, a renoué avec le Togo à travers la visite de son ministre des affaires étrangères accompagné de plusieurs hommes d’affaire allemands.

    La Première réunion de la grande commission mixte économique et commerciale mise en place depuis juin 2004 entre les deux pays a été tenue vendredi dernier. Les deux parties se sont engagées à mettre à exécution les accords économiques commerciaux et techniques signés par les deux gouvernements.

    L’arrivée des hommes d’affaires français au Togo est interprétée comme une manière pour la France de ne pas se laisser évincer par d’autres partenaires du Togo. Mais cette visite ne sera pas sans inquiétude pour un opérateur économique franco-espagnol notamment PROGOSA qui est à couteau tiré avec Bolloré un poids lourd du monde des affaires français. Tels des vautours au dessus du poulailler. PROGOSA et le Groupe Bolloré se livrent une guerre sans merci pour le contrôle du Port Autonome de Lomé. Les membres de la délégation du Medef rencontreront les décideurs publics et privés du Togo et identifieront des partenaires des projets qu’ils portent.
    L.R.

    La SAZOF au crible des révélations de Agbéyomé Kodjo
    Quand on considère le standing des locaux qui abritent la SAZOF, l’aisance et l’embonpoint de son ex- DG, on a du mal à comprendre que cette société puisse avoir la moindre difficulté.

    Dans son brûlot intitulé « il est temps d’espérer » l’ex premier ministre Agbéyomé Kodjo révélait que « soixante dix millions FCFA sont perçus par mois sous forme de taxes sur les ventes de véhicules par un réseau d’affaires familial proche du chef de l’Etat sous le prétexte fallacieux de pourvoir au financement de la zone franche alors que cette dernière reçoit  de l’Etat une subvention annuelle de cent soixante quinze millions FCFA. »

    La SAZOF reçoit donc plus d’un milliard de nos francs par an en guise de financement. Or les autorités de la SAZOF souhaitent qu’avec la reprise de la coopération avec les bailleurs de fonds et la volonté de développement du chef de l’Etat cette société puisse bénéficier d’un certain regard de la part de l’Etat afin d’atteindre ses objectifs. Ce qui veut dire que l’Etat devrait débourser encore plus d’argent pour agrandir la zone franche et aménager les sites par région. L’Etat est la principale source de financement de la  SAZOF ; Les fonds de la société sont alimentées par le capital libéré par les actionnaires les redevances perçues sur les entreprises agréées au statut de zone franche les ressources provenant des transactions immobilières les produits des redevances perçus à l’occasion des services rendus dans le cadre de ses attributions.

    La sazof a été crée par décret 94-01 PR du 16 mars 1974 et est régie également par la loi N89-14du 18septembre1989 portant statut de la Zone franche de transformation pour l’exportation et bénéficie d’un agrément au même titre que les autres. C’est une société d’économie mixte de droit togolais dont le capital est souscrit par l’Etat et les actionnaires. Sa mission est la promotion des investissements l’assistance aux promoteurs dans l’accomplissement des différentes formalités d’installation. Elle facilite les rapports entre les entreprises et l’administration publique ainsi que les autres structures nationales afin d’améliorer leurs performances.  Mais par quelle gymnastique peut on persuader les togolais d’admettre qu’en dépit des sommes colossales qu’elle a encaissées  la SAZOF n’a pas atteint ses objectifs alors que la société s’est dotée il y a seulement quelques mois d’un luxueux  et coûteux immeuble  et alors aussi que, comme le clament ses fanatiques, l’ex DG de la Sazof aurait mis beaucoup d’argent dans la campagne pour les législatives en faveur du RPT. Il faut plus qu’un talent de messie pour convaincre les togolais -si l’on ne veut pas les prendre pour des canards sauvages - que l’immense richesse de l’ex DG et qui le pousse à avoir les airs de nabab est compatible avec l’état actuel de la société  tel que le présente ses responsables ? A. S
     
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  • Première session de la grande commission mixte Chine-Togo : Une délégation chinoise a séjourné au Togo du 21 au 23 février 2008.

    AgoraPress Lomé - Reportage de John Altman - 25 fevrier 2008

    S.E.M. WEI Jianguo, vice Ministre du commerce de la République Populaire de Chine, à la tête d’une délégation chinoise a effectué une visite officielle au Togo du 21 au 23 février 2008.

    Au cours de cette visite, le Vice-Ministre a été reçu en audience par le Président de
    la République S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBE  et le Premier Ministre Komlan MALLY.

    Conformément à l’accord portant création d’une commission mixte économique et commerciale sino-togolaise signé par les deux parties le 24 juillet 2004, le Vice-Ministre chinois du commerce et le Ministre togolais des Affaires Etrangères et de l’Intégration Régionale le Pr. Léopold GNININVI ont présidé conjointement la 1ère session de la Commission Mixte le vendredi 22 février 2008.

    A l’ouverture des travaux, le Pr. GNININVI, prenant la parole, a souhaité une chaleureuse bienvenue à la délégation chinoise à qui il a exprimé la joie qui est celle du peuple togolais à l’occasion de cette rencontre, la première depuis la signature de l’accord portant création de la Commission Mixte Togo-Chine. Il a ensuite dit que le Togo s’est résolument engagé dans un processus démocratique et de réformes économiques approfondies, et que « dans cette perspective, le Togo s’attelle à une relance de son économie. Il offre à cet égard, des opportunités d’affaires et d’investissement qui ne demandent qu’à être exploitées », avant de conclure : « nous souhaitons vivement que les travaux de cette session aboutissent à des résultats concrets qui renforceront les liens de coopération entre nos deux Etats et nos deux peuples. »

    Dans sa réponse, le Vice-Ministre chinois du Commerce a déclaré « je suis touché par la sympathie et l’hospitalité du peuple togolais » Selon lui, les deux pays sont parvenus à un consensus sur beaucoup de points. « 
    La Chine attache une grande importance au Togo qui est un bon partenaire commercial. C’est une coopération tangible et diversifiée. » Il a rappelé les trois principes qui caractérisent la coopération entre le Togo et la Chine : ‘’égalité, avantages réciproques et développement commun’’. 

    Durant les travaux, les deux parties se sont engagées à mettre en valeur plusieurs accords économiques, commerciaux et techniques et à apporter un nouvel élan à cette coopération amicale.

    Pour encourager l’accès des produits togolais au marché chinois, la Chine accorde un tarif douanier zéro à certains produits togolais. Dans le but de promouvoir et de protéger les échanges et les investissements réciproques, les deux parties vont conclure un accord sur la promotion et la protection des investissements réciproques. Les deux parties ont signé un accord économique et technique portant sur une aide sans contrepartie de 40 millions de Yuans RMB, soit 2,5 milliards de FCFA. La Chine
    consent à envoyer une mission d’experts au Togo pour étudier la faisabilité d’un projet de construction d’un nouveau palais de l’Assemblée Nationale. 5 techniciens chinois seront envoyés au Togo dans le cadre d’une assistance technique au nouveau palais de la présidence. La Chine s’engage en outre à construire un centre pilote des techniques agricoles, deux écoles primaires rurales qui seront livrées en 2008, un centre de prévention et de traitement du paludisme et à envoyer au Togo 3 ingénieurs agronomes supérieurs. Les deux parties sont d’accord pour la mise en valeur des ressources minières sur le principe d’avantages mutuels et gagnant-gagnant.

    Concernant la demande de la partie togolaise de la construction de routes et de l’adduction d’eau dans 8 villes, la Chine a promis de l’examiner dans la mesure de ses possibilités.

    La deuxième session de la Commission Mixte se tiendra à Beijing à une date qui sera fixée ultérieurement par la voie diplomatique.

    Dans la soirée du vendredi 22 février 2008, les deux parties ont procédé à la signature des Accords et du Procès-verbal, clôturant ainsi les travaux de la grande Commission Mixte Chine-Togo, c’était au nouveau Palais de la Présidence de
    la République.

    Soulignons qu’avant cela, la délégation chinoise a eu, dans l’après-midi de vendredi 22, une séance de travail respectivement avec le Ministre des Postes et Télécommunications et des Innovations Technologiques et le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche.

    Avant son départ le samedi 23 février à 20 heures, la délégation chinoise a rencontré dans la matinée le Ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs. Elle a ensuite visité le stade de Kégué avant de rencontrer la Mission Médicale Chinoise.

     
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  • Journée de réflexion du CAR à Lomé : Les causes de la défaite du parti au dernier scrutin législatif et sa restructuration au centre des discussions

    Journée de réflexion du CAR à Lomé : Les causes de la défaite du parti au dernier scrutin législatif et sa restructuration au centre des discussions
    Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a tenu le samedi 23 février dernier à l’Hôtel Nouvela Star à Baguida, banlieue sud-est de Lomé. Présidée par le président national du parti, Me Yawovi Agboyibo, cette journée a connu la participation du Comité Directeur du parti, du Bureau Exécutif, des délégués des fédérations venus toutes les préfectures du pays, de la jeunesse du CAR (JCAR)  ainsi que de la branche féminine du parti.

    Plusieurs thèmes à savoir : l’étude des causes des résultats du scrutin législatif du 14 octobre 2008 et les leçons à en tirer, l’examen des structures et du fonctionnement des organes du parti, la question du financement du parti, la question du chômage des jeunes et les besoins des populations notamment la question de la cherté de la vie ont été examinés

    Les participants à la journée de réflexion ont fait une analyse de la situation sociopolitique du pays en mettant un accent sur ce qu’ils ont qualifié de « syndrome des élections sans lendemain » et ont rendu publique la déclaration ci-après appelée :

    Déclaration de Baguida

    La Journée de réflexion tenue à Baguida le Samedi 23 Février 2008 par le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), suite aux élections législatives du 14 Octobre 2007,

    Vu les statuts du parti,
    Considérant les échanges des participants sur le scrutin,
    Considérant la nécessité pour le parti d’œuvrer à la consolidation et à l’approfondissement des acquis démocratiques au Togo,
    Vu le souci exprimé par les participants de voir le Togo sortir durablement de la crise sociopolitique Déclare ce qui suit :
    La Journée de réflexion recommande au parti, de tout mettre en œuvre pour que  des mesures légales et pratiques soient prises, afin qu’à l’avenir, toutes les personnes qui seront chargées de la gestion et du contrôle des élections, depuis les membres des bureaux de vote jusqu’aux juges de la Cour Constitutionnelle, en passant par les membres des CELI et de la CENI, soient désignées dans des conditions qui mettent les processus électoraux à l’abri des manipulations.

    Dans le même souci d’approfondissement de notre jeune démocratie, la Journée de réflexion s’est sérieusement penchée sur le syndrome des élections sans lendemain.

    La Journée de réflexion a passé en revue les multiples implications du phénomène notamment le chômage chronique des jeunes, le délabrement de nos villes et campagnes, la détérioration du pouvoir d’achat de nos populations, l’aggravation de la cherté de la vie etc.

    Le syndrome des élections sans lendemain a vivement préoccupé la journée de réflexion.

    Elle a approfondi la question et est parvenue à identifier deux facteurs à la source des votes sans lendemain.

    Elle a tout d’abord fait le constat du rôle que joue à la base de ce phénomène le désir de conservation.

    Et en s’interrogeant sur la complexité de l’expression de ce désir de conservation au Togo, la Journée de réflexion a constaté la place que le second  facteur, le désir de revanche occupe dans le syndrome, par l’intrusion des symboles et slogans du passé dans le processus démocratique.

    La Journée de réflexion  craint que le choc des deux désirs ne perdure encore pour longtemps au point de compromette :
    - les chances de  mise en œuvre des engagements restants de l’Accord Politique Global, notamment des réformes constitutionnelles, institutionnelles ainsi que le traitement de la question de l’impunité,
    - l’issue des élections en perspective,
    - la consolidation du redressement socioéconomique du pays.

    La Journée de réflexion a estimé que notre pays ne peut venir à bout du choc des deux logiques, rompre avec le syndrome des élections sans lendemain, et promouvoir un bien être général profitable à tous qu’en concevant dans le cadre des réformes à opérer  un régime politique de cogestion qui favorise le brassage et l’intégration des diverses couches géopolitiques.

    La Journée de réflexion considère que dans l’immédiat, une application despotique du principe majoritaire qui mettrait face à face une majorité gouvernante hostile au changement et une opposition braquée dans la contestation, ne saurait permettre à notre pays de relever les nombreux défis du moment que sont :

    -la question du chômage des jeunes,
    -le problème de la vie chère,
    -la question de la lutte contre la pauvreté,
    -la nécessité de promouvoir une dynamique du bien être et une stabilité durable qui favorise les investissements, l’industrialisation et les autres facteurs de développement de notre pays.

    La Journée de réflexion se réjouit du fait que le souci de sortir notre pays de la crise sociopolitique par la dynamique de la cogestion soit aujourd’hui partagée par la plupart des autres composantes de la classe politique.

    La Journée de réflexion recommande au Bureau exécutif d’œuvrer à la réalisation de cette aspiration commune.

      Fait à Baguida, le 23 Février 2008
    Pour la Journée de réflexion,
    Le Président
    Me Madji AGBOYIBO
     
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  • Retour de Kpatcha Gnass à l’Assemblée nationale : Les intentions cachées d’un fils qui abandonne des millions pour quelques centaines de mille

    Le Magnat Libéré #56 du 22 fevrier 2008

    « Conformément à l’article 192 du code électoral «en cas de démission, de décès  ou d’acceptation d’une fonction  déclarée incompatible  avec la fonction de député, les sièges vacants sont occupés, selon l’ordre de présentation des électeurs.

    Considérant que la démission du poste de Directeur Général de
    la SAZOF met fin à l’incompatibilité  qui frappait M. Kpatcha Gnassingbé, que par lettre en date du 12 février 2008, adressée au Président de l’Assemblée Nationale, il a exprimé sa volonté de reprendre  son siège de député … M. Kpatcha Gnassingbé retrouve de plein droit son siège à l’Assemblée Nationale». Ce sont là les termes de la décision N°001 /08  de la Cour Constitutionnelle qui autorisait Kpatcha Gnass a reprendre son siège qui était occupé par Dossim Assang.

    En moins de deux jours donc, la Cour Constitutionnelle a donné suite à la requête de Kpatcha Gnassingbé qui a demandé un come-back inattendu à l’Assemblée Nationale.

    Mais, avant d’en arriver là, le « Gros »a dû démissionner des deux gros postes juteux qu’il cumulait, à savoir, la Direction Générale de la SAZOF et la Présidence du Conseil d’ Administration de la SOTOCO. La double démission de l’ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants de ces postes mirobolants qui donnent des avantages inouïes pour aller se contenter de quelques miettes à l’Assemblée nationale est devenue aujourd’hui un sujet de débat et d’inquiétude au sein de l’opinion nationale. Car personne ne comprend pourquoi, c’est au lendemain de l’exacerbation de la tension entre lui et son Grand frère, le chef de l’Etat lors des funérailles de « Papa » le 5 février dernier que Kpatcha démissionne de la SAZOF et de la SOTOCO. Selon certaines indiscrétions, c’est parce qu’il aurait une idée dans la tête pour donner du fil a retordre à son frère qu’il a préféré faire ce choix. Dans l’opinion, beaucoup avancent quelques raisons, tout en écartant celle selon laquelle, ce sont les populations du septentrion qui le réclament au Parlement. Cette thèse est battue en brèche par plusieurs autres sources qui estiment que même en dehors du Parlement il pourrait être plus utile à ses solliciteurs. En fait, le retour de Kpatcha à l’hémicycle n’est pas gratuit. Il est inutile de se cacher derrière des considérations de mythification de la personne. Il faut tout d’abord reconnaître que depuis la disparition du « Père de la Nation », le « Gros » comme  l’appelle affectueusement ses fans a toujours  nourri des ambitions « pouvoireuses » . C’est d’ailleurs ce qui a fait qu’après l’allégeance faite par les hauts gradés de l’armée pour remettre le pouvoir à son  Faure Gnass, il a toujours cherché à faire ombrage à son frère. Il ne se privait pas de recevoir les mêmes honneurs civiles et militaires ainsi que les parades lors des manifestations comme s’il était le  vrai chef. Ce qui lui a valu le qualificatif de « vice-président ». En tant que ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants il était plus qu’un super ministre.  Dans les réformes pour remettre de l’ordre dans la maison RPT, le chef de l’Etat, Faure Gnass avait entrepris de remercier les  vieux qui avaient collaboré avec son Papa. C’est ainsi que certains qu’il mettait à la retraite étaient récupérés par son demi-frère qui disait suivre les pas de Papa. La crise de confiance a donc commencé par faire jour là-bas. Mais dans tous les cas, beaucoup situent le « come-back de « l’artisan de la victoire du RPT » aux législatives d’octobre 2007  à plusieurs niveaux. On ne peut pas abandonné des postes juteux ou on gagne des millions de FCFA pour quelques centaines de mille à l’Assemblée.

    A la recherche du perchoir
    La raison première ne peut être qu’une volonté de ne pas mourir politiquement. Rester sur le devant de la scène politique afin de pouvoir légitimement contester le pouvoir à son demi-frère le moment venu et de briguer l’investiture RPT. Il se raconte que  Kpatcha aurait constitué autour de lui, un véritable cabinet parlementaire inégalé où des conseillers dans les différents domaines, politique, économique, sociale, culturel, ..., sont là pour lui fournir une expertise afin que son rôle à l’Assemblée soit sous les projecteurs.

    A ce niveau les scénarii sont multiples : on peut parier sur une possible future destitution de l’actuel président de l’Assemblée Abass Bonfoh étant donné que Kpatcha a une majorité de députés RPT qui lui est acquise. Il faudra alors attendre qu’une crise se présente au sein de l’assemblée. Crise que bien entendu les députés RPT peuvent eux-mêmes provoquer ou encore en laisser le soin à l’UFC de Olympio lors des débats parlementaires.

    La destitution de Bonfoh aura donc pour effet de placer Kpatcha en haut du perchoir comme dauphin constitutionnel de son demi-frère. Et un accident peut vite arriver.

    Dans une autre option, avec la conquête ou non du perchoir, Kpatcha Gnassingbé fort du soutien de la majorité des députés RPT peut affaiblir constitutionnellement son demi-frère avant les prochaines élections en diminuant les pouvoir du Président et surtout le contraindre à des règles qui lui permettront de prendre le pas sur son demi-frère quelque soit l’issue des prochaines élections présidentielles.

    De facto Kpatcha peut donc devenir le futur chef d’Etat avec le soutien du RPT s’il arrivait à tourner le trucage des élections en sa faveur au détriment de son demi-frère

    L’immunité parlementaire
    Selon des observateurs c’est pour chercher l’immunité parlementaire  que le désormais ancien Directeur de la SAZOF a décidé de revenir au Parlement. On fait état de ce que,  son nom serait cité  dans plusieurs rapports des organisations des droits de l’homme après les événements sanglants qui ont émaillé  la succession de Feu le Général-Président et le scrutin présidentiel au cours de  l’année 2005. Tout le monde se rappelle des violences post-électorales qui ont fait des morts et des réfugiés. Il y avait une milice organisée qui  massacrait tout sur son passage et beaucoup n’ont pas hésité à coller la paternité de ces jeunes loubards aux gourdins cloutés au fils du père. Les rapports des organisations des droits de l’homme  ont listé certaines personnalités comme étant les responsables ou commanditaires de ces actes de « déjà frappés » qui ont endeuillé les populations togolaises.

    Sur un autre plan, on fait état de ce qu’il aurait amasser de l’argent dans les sociétés qu’il dirige. C’est d’ailleurs ce qui donne lieu à  un audit secret qui aurait été commandité sur la SAZOF. Pour mieux se protéger de ces accusations et de ces présomptions, le  lieu le plus indiqué est l’Assemblée nationale où les députés jouissent d’une immunité parlementaire et échappent aux griffes de la justice. Mais, il faut reconnaître que si les faits  dont on accuse une personne sont avérés et graves, cette immunité parlementaire peut être levée dans l’intérêt national.

    Obstruction aux projets  de lois du gouvernement
    Les réformes qu’engage Faure Gnassingbé ne sont pas du goût de certains caciques du RPT qui se disent les gardiens du temple gnassional. Il y a dans la foulée des critiques de la gestion des affaires de l’Etat par Faure-vi, des déclarations, pour ne pas dire des brûlots  qui fustigent la méthode de changement qu’il a entreprises pour démocratiser le parti gnassional. On l’accuse de seulement satisfaire ces copains, amis et autres camarades de classes. Le réquisitoire d’un certain professeur Awizoba contre Faure a mis au grand jour les relations tendues entre les « deux-frères ennemis ». Cette situation est créée et entretenu par les  proches de ces deux fils  qui en tirent profit. Dans la foulée, certains n’ont pas hésité a relever que Kpatcha serait en passe de créer son parti politique.

    Aujourd’hui,  avec l’arrivée de Kpatcha à l’Assemblée nationale, on susurre qu’il serait là pour assurer une vengeance  contre son frère. On sait que tous les projets du gouvernement doivent passer par l’Assemblée afin d’avoir l’avale des députés avant d’être adoptés. Plusieurs observateurs indiquent que le « Gros » qui dit avoir la mainmise sur une partie des députés  à l’Assemblée nationale suite à son investissement dans leur élection pourrait compter sur ceux-ci et même s’appuyer sur ceux  de l’UFC  pour bloquer tout au niveau de l’Assemblée. Et comme certains  esprits malins veulent toujours maintenir le pays dans la crise, ils vont l’accompagner dans sa logique et bonjour les dégâts.  Malgré le vote à main levée qui se pratique à l’hémicycle, on fait état de ce qu’il disposerait des moyens pour rallier une grande partie des députés à sa cause. Et qu’il serait revenu pour voir avec ses propres « oeils » ceux qui ne suivraient pas sa consigne. C’est pourquoi beaucoup lient ce « come-back » du fils du désormais ex-président du Conseil d’administration de la SOTOCO, à la soif du pouvoir de l’homme. On pourrait donc s’attendre au pire. Car dans quelques jours, le Premier ministre Komlan Mally va boucler ses jours au gouvernement.  Il doit se prêter à la tradition devant les députés qui vont lui redonner leur confiance. Mais compte tenu de la situation qui prévaut aujourd’hui entre les deux fils du père, on doit avoir de gros soucis à se faire. Car si Kpatcha arrivait à rallier certains députés à sa cause pour rejeter tout ce que le chef du gouvernement  nommé par son frère, chef de l’Etat, il est à craindre qu’on ne retombe dans une nouvelle crise.

    Ce qu’il y a c’est qu’il ne faudra pas que la guéguerre  entre  les « deux frères ennemis » ait des conséquences néfastes sur la vie de la nation. Et puis  comme le dirait quelqu’un, le pouvoir n’est pas l’apanage des seuls Gnassingbé pour que l’intérêt national soit sacrifié sur l’autel des ambitions démesurées de qui que ce soit.

    Selon certaines indiscrétions, c’est pour éviter ces genres de conflits et d’ambitions que le « Père de la Nation »  avait interdit  à ses enfants de faire la politique. Aujourd’hui, les faits lui donnent raison. Il doit beaucoup se retourner dans sa tombe à cause de ces guerres  d’ambitions et de leadership auxquelles se livrent les fils. Tout ceci entretenu par des courtisans qui veulent voir les deux frères se rentrer dedans. Mais le médiateur Rock est à l’œuvre et le pire  pourrait être évité.

    Abass Issak

    Poursuite de l’APG : Profond désaccord entre Gilchrist  Olympio et Me  Agboyibo sur les réformes politiques au Togo
    Le CAR de  l’ancien Premier ministre, Me Yawovi Agboyibo et l’UFC de  Gilchrist Olympio sont en véritable désaccord sur la manière de gérer le reste des points inscrits dans l’Accord Politique Global signé par les protagonistes de la crise à l’issue du dialogue inter togolais.

    Ces désaccords ou divergences ont fait jour lors de la visite au Togo du ministre allemand des Affaires Etrangères. Au cours de cette visite, le diplomate allemand a seulement discuté avec les responsables des partis de l’opposition au Parlement, à savoir l’UFC  et le CAR.  Au terme de cette audience, les deux partis n’ont pas hésité à transmettre une lettre mémorandum à son Excellence Frank Walter  Steinmeier.  Ce sont des propositions pour la poursuite de l’application de l’Accord Politique Global  que contenait ce mémorandum.

    Au niveau des réformes constitutionnelles, et institutionnelles, le CAR, après avoir relevé les modifications unilatérales apportées par le pouvoir RPT sur les textes, notamment la Constitution de 1992 et le code électoral  du 5 avril 2000 issu de l’Accor Cadre de Lomé dans lesquelles des mesures antidémocratiques ont été introduites, a fait des propositions qui devront permettre dans le cadre de la poursuite de l’application des recommandations de l’Accord Politique Global. Il a indiqué que pour ces réformes, il revient bien entendu à l’Assemblée nationale d’examiner et d’adopter les textes relatifs aux réformes. Mais compte tenu des réalités du pays, le CAR  voudrait que l’examen de ces réformes par l’Assemblée nationale, soit précédé de discussions au sein du cadre permanent de concertation  et de dialogue prévu par l’Accord Politique Global. Et le CAR donne la priorité dans ces discussions à la réforme du régime politique prévu au point 3 .2  de l’APG.

    Alors donc que le CAR est fidèle au cadre permanent du dialogue prescrit par l’APG, l’UFC  maintient l’exigence d’un dialogue à deux. C’est-à-dire entre le parti de Gilchrist Olympio et le RPT de Faure Gnassingbé. Une démarche qui efface de facto le reste des partis  de la scène politique.

    Le leader de l’UFC qui opte pour le dialogue à deux estime qu’aujourd’hui, de nombreux sujets restent encore à discuter dans le domaine des réformes constitutionnelles et institutionnelles, de l’impunité, des droits de l’homme, de la sécurité des populations. Il a indiqué que l’UFC ne fait poursuivre avec le RPT les discussions bilatérales entamées depuis lors à San’Egidio, tout en précisant qu’un cadre de dialogue bilatérale n’est dirigé contre personne et n’exclut personne. Selon lui, l’objectif évident d’une telle démarche est d’aplanir les difficultés  et de faciliter l’adoption et la mise en œuvre des grandes réformes prévues par l’APG, dans l’intérêt bien compris  des populations togolaises.

    Comme on peut le constater, les démarches  pour faire appliquer le reste des réformes prévues par l’Accord Politique Global ont des connotations différentes de la part des deux leaders  dont les partis sont à l’Assemblée nationale.

    Mais, il faut souligner que lors de la visite du ministre allemand des affaires étrangères, le RPT de Faure Gnass n’a pas été consulté. Il n’était pas dans l’agenda du diplomate allemand.
    A. I.

    La grogne sociale s’amplifie :
    Les Travailleurs Togolais s’apprêtent à prendre la rue
    Le 09 Février 2008, l’Association Togolaise des Consommateurs a voulu descendre dans la rue contre la vie chère au Togo suite à la hausse des prix des produits de première nécessité sur le marché togolais. A quelques heures de la manifestation, les autorités, sentant l’épée de Damoclès suspendue sur leur tête, ont décidé de revenir sur terre et elles ont appelé au dialogue. L’ATC qui n’attend que cette occasion, n’a pas laissé le temps joué contre elle. Elle s’est jetée dessus brisant ainsi le ras-le-bol des consommateurs prêtent à se faire entendre. N’ayant pas pu réunir les consommateurs comme prévu, une autre couche des Togolais est prête pour une rémobilisation. Il s’agit des travailleurs du Togo, très fâchés contre les autorités. L’Inter Syndicale des Travailleurs du Togo (ISTT), en assemblée générale le 13 février 2008 a échangé avec les autres fédérations de syndicats autour de trois (3) points à savoir la flambée des prix des produits de première nécessité ; l’état des lieux des engagements du dialogue social et les stratégies à arrêter pour la défense du pouvoir d’achat du travailleur togolais. Si ces trois points ont été au menu des échanges, il faut reconnaître que les travailleurs du Togo ont, après analyse de leur situation, déploré leurs conditions de vie et de travail. Très remontés au cours de l’Assemblée générale contre les autorités qui feignent ranger les recommandations du dialogue social signé de commun accord en 2006 dans les tiroirs, les travailleurs veulent passer à la vitesse supérieure tout en restant bien sûrs disposés au dialogue. « Les travailleurs togolais restent les seules personnes à traîner le salaire le plus bas de la sous région… », fait-on savoir au cours de la rencontre faisant allusion ainsi au SMIG Togolais qui avoisine les 17.000 FCFA pendant qu’à Abidjan, le même SMIG croit jusqu’à 50.000 CFA. Face aux constats amers des travailleurs sur leur condition, l’ISTT qui est un regroupement de fédérations syndicales envisage de recourir à la rue voire un préavis de grève. Pour ce faire, l’ISTT projette déjà une réunion ce 20 février et le 23 février, une marche de protestation pacifique sera lancée. Pour les travailleurs, il s’agira pour eux d’attirer l’attention  des autorités en attendant un début de solution à leur niveau. Et si rien n’est sortie comme satisfaction, le monde des travailleurs peut aller au delà : un préavis de grève.

    « Nous voulons marcher contre la vie chère et les conditions de vie des travailleurs », explique-t-on à l’ISTT. A en croire les responsables du syndicat, la flambée des prix des produits de première nécessité trouve sa source du non respect des engagements pris au cours du dialogue social. « Tous les Togolais tirent le diable par la queue à moins que tu as un revenu au delà imaginations », précise Palanga membre de l’ISTT.

    Iront-ils jusqu’au bout de leur logique ?
    Le 13 février 2008, les travailleurs ont parlé d’une même voix à la presse pour se faire entendre. Mais quand sera-t-il pour demain ? C’est la question que tout le monde se pose à l’heure actuelle eu égard à la méthode qu’utilise déjà la primature pour dissuader d’éventuels organisateurs des manifestations qui mettent à nu le gouvernement.

    En effet, le lundi dernier, Komlan Mally a reçu les responsables de l’ISTT pour discuter de la situation. Un peu plus tard dans l’après midi, le même PM a reçu l’Union Générale de Syndicats Libres (UGSL), une branche de l’ISTT séparément. Cette méthode de procéder créée une polémique au sein du monde des travailleurs voire des populations.

    « Ce n’est pas un bras de fer entre l’ISTT et l’UGSL crée de toute pièces pendant les année 1992 pour aller à contre courant des syndicats qui avaient respecté le mot d’ordre de grève illimitée. Pourquoi cherche-t-on à recevoir l’ISTT et l’UGSL comme si l’étau à desserrer se situe entre les deux syndicats… »,
    confie un travailleurs qui trouve là, une source de division entre les travailleurs pour affaiblir la mobilisation dans les jour à venir.

    En tous cas, une chose est de vouloir changer le cours de l’histoire, une autre est de se cacher derrière son beau discours en agissant autrement. Le premier ministre aurait mieux fait d’écouter ou de recevoir les deux syndicats pour étudier une approche de solution plutôt que de ressusciter la vielle habitude de la maison RPTiles pour pérenniser quelque chose. Lorsqu’on continue par maintenir une population pendant longtemps affamée, ce ne serait plus les syndicats qui vont appeler à la marche mais la marche se déclenche d’elle-même. Ce qui éjecte très souvent les pouvoirs qui utilisent ruse et  mauvaise foi.

    Linus A.

     
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  • Boycott du Togo par Bush dans sa tournée africaine : Que reprochent exactement les USA au pays de Faure ?

    Le Magnat Libéré #56 du 22 fevrier 2008

    Le Président Américain, Georges Bush, défenseur de la démocratie continue sa course depuis le samedi sur le continent africain. Cette visite d’un deuxième N°1 américain en Afrique après Bill Clinton alimente les discussions et beaucoup l’apprécient à sa juste valeur. Au Bénin où il a amorcé sa tournée, la mobilisation a été au-delà des attentes et beaucoup de béninois se réjouissent d’avoir pour une seconde fois accueilli un deuxième président des USA.

    Bénin, Tanzanie, Rwanda, Ghana et le Libéria sont les pays dans lesquels Bush W. va sillonner. Ces pays n’ont pas été choisis au hasard par le président américain. Il s’agit pour Bush W, de renforcer les relations de coopération entre ces états d’un côté et de l’autre, le renforcement de la démocratie pour ces pays que Bush juge être dans une stabilité avancée en matière de démocratie surtout de la bonne gouvernance.

    La tournée de Bush dans ces pays n’est pas seulement une plaisanterie de mauvais goût mais plutôt un ouf de soulagement pour les dirigeants des pays visités puisque les USA ne tarderont pas à multiplier leurs aides à ces états.

    Le Togo de Faure oublié encore par Bush
    Pour une seconde fois, le Togo est survolé par Bush W. après Bill Clinton. Georges Bush W qui s’est rendu au Bénin et par après au Ghana n’a pas dans son agenda le Togo de Faure Gnassingbé. Pourtant, ces derniers temps, le pays fait une percée significative pour l’instauration de la démocratie. Le dialogue inter togolais avec pour médiateur Blaise Compaoré du Burkina Faso a amené les protagonistes de la crise à aller aux urnes le 14 octobre 2007 pour le renouvellement de l’Assemblée nationale. Ces efforts de Faure ne sont pas encore significatifs pour que les USA ou bien encore un président américain à fouler au pied le sol togolais.

    Sur ce point, le Togo a encore du chemin à faire. La bonne gouvernance, la mise en place des institutions qui rentre dans les grands chantiers de l’Accord Politique Global (APG) issu du dialogue inter togolais doivent être d’abord une réalité avant que le rêve de voir un président des USA au Togo ne devienne une réalité. Même si le président ne s’arrêtera pas à l’aéroport, les Togolais auront la chance de le voir sur les eaux maritimes de la côte togolaise. Ce boycott du Togo pour une seconde fois par un autre N°1 des USA doit faire réfléchir Faure Gnassingbé pour mettre tout en œuvre afin de rattraper soit le Ghana soit le Bénin, deux états limitrophes qui peuvent se réjouir de la considération à eux accordée par les grandes nations de la démocratie.

    Le Bénin et le Ghana ne sont pas exempts de critiques mais le reste n’est que vouloir et pouvoir des dirigeants de ces états. Au Bénin, la bonne gouvernance est appliquée à tout individu et la machine de représailles ne tarde pas à agir. Ce qui n’est pas le cas au Togo et la corruption devient une course favorite au quotidien. « Courir et se gratter, dit-on souvent, les pieds ne vont pas ensemble », Faure Gnassingbé a encore du boulot à faire pour gagner le pari. 300 millions de $ USA, c’est ce qui attend le Bénin d’ici 2011, le millénium challenge entre le Bénin et les USA pour consolider l’effort du Bénin à aller de l’avant. De quoi renflouer la caisse de l’Etat. Le boycott du Togo par Bush W sonne comme un défi à relever par le Togo sinon l’effort du Togo ces derniers temps pour un minimum de démocratie ne fait pas encore l’affaire chez les USA.

     
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  • La classe politique togolaise aux abois : Inimitié entre Gnassingbé, tourmente au RPT, querelle de clocher entre l’UFC et le CAR

    Forum de la Semaine #331 du 22 fevrier 2008

    On serait en Orient qu’on croirait la classe politique dans son ensemble placée sous le signe astrologique « Discorde ».

    Il fut un temps, les tenants du pouvoir s’offusquaient qu’on parle d’inimitié entre les deux Fils du Père. On se rappelle encore une phrase du porte-parole du gouvernement, Pascal Bodjona. « Pourquoi voulez-vous qu’il y ait des problèmes entre le Chef de l’Etat et son frère ? », avait-il vociféré sur une radio privée de la place. A l’époque, on tentait vaille que vaille de minimiser la guéguerre entre « les deux frères ennemis », ce qui justifiait les interventions constantes des « griots » de « l’esprit nouveau » sur les médias. Ils se sont efforcés, à travers des masturbations intellectuelles, des raisonnements rafistolés, de faire croire qu’entre les deux Fils du Père, c’est « Je t’aime, moi non plus ». Dieu seul sait combien de consciences fragiles ils ont séduites.

    Aujourd’hui, c’est un secret de polichinelle que ça va mal entre les deux frères, en fait, ce n’est plus le grand amour. Tout a été confirmé par l’incident de Pya le mardi 05 février dernier à l’occasion de la célébration du 3e anniversaire de la disparition de Gnassingbé Père.

    Ce conflit ouvert n’est pas sans conséquence sur le clan au pouvoir. Non seulement la famille « aryenne » se disloque, mais en plus la sérénité au sein du parti du Père, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) est mise à rudes épreuves. Les nostalgiques d’Eyadema trouvent en Kpatcha son digne héritier et lui apportent leur caution. On parle de plus en plus d’une tendance idéologique autour du désormais ex-Directeur Général de la Sazof
    et d’une éventuelle création de parti politique.

    La plus grande bénéficiaire de cette inimitié entre les Gnassingbé et la crise au RPT devrait être l’opposition démocratique. Puisqu’on est sur un terrain politique, les leaders des partis d’opposition, l’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) nommément, devraient exploiter cette situation pour tirer la couverture à soi. Ils devraient mettre à profit cette situation, comme l’avait fait le RPT en amont du scrutin du 14 octobre dernier. Lorsque le CAR et l’UFC s’illustraient dans une guerre de communiqués, le RPT, lui, en profitait pour fignoler les stratégies de fraudes. Malheureusement aujourd’hui, au moment où c’est l’inverse qui se produit et la crise a changé de camp, le CAR et l’UFC sont occupés à des querelles de clocher. A ce dernier qui propose un dialogue exclusif avec le RPT s’oppose ouvertement le CAR qui, lui, tient à l’Accord Politique Global (APG). Cela sent un conflit de leadership car Gilchrist Olympio se voit dans  la peau de leader de l’opposition démocratique, se référant aux performances honorables de son parti par rapport à celles des autres partis pairs au dernier scrutin législatif. Au CAR on ne veut pas l’entendre de cette oreille et se laisser phagocyter par son « ennemi intime » et on s’accroche à l’APG qu’on conçoit comme un trophée personnel du « Bélier Noir ». Les deux partis ne se sont pas empêchés de transporter ces querelles de clocher devant le ministre allemand des Affaires Etrangères Frank Walter Steinmeier qui était entre-temps au Togo.

    La classe politique togolaise est-elle maudite ? La question n’est pas de trop.                                
    N.K.A


    La société civile togolaise malade de ses leaders

    La tenue récente du Forum social ouest africain à Lomé et l’annonce des préparatifs d’un prochain Forum social togolais, le premier d’ailleurs offrent l’occasion de revenir sur quelques aspects de la société civile togolaise, qui depuis des années peine à s’émanciper.

    La société civile togolaise qui est un cadre purement informel qui regroupe l’ensemble des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et des associations apolitiques, est un milieu, de nos jours, très dense et pluriel. Toutes (ou presque) les thématiques généralement prises en compte par une société civile sont incarnées par des ONG ou associations au Togo, avec parfois des chefs de file qui se dégagent. Il ne se passe pas de jour sans que l’on ne suive sur les médias des reportages sur des activités de telle ou telle organisation oeuvrant dans le domaine  du VIH/SIDA, des droits de l’Homme, de la pauvreté, de l’environnement, de la bonne gouvernance, de l’éducation…

    Mais le constat est là. La densité ou la pluralité de cette société civile ne rime forcément pas avec efficacité, surtout vis-à-vis des autorités administratives et politiques.

    Si l’on cite fièrement la presse parmi les pouvoirs dans une démocratie (le 4e notamment), sans aucun acte officiel néanmoins, une société civile, elle aussi, ne mérite pas moins le titre de 5e pouvoir. Pas  par complaisance, mais au vu de ce qu’elle représente vis-à-vis de l’Etat. Le rapport de force n’étant verticalement pas en faveur de l’Etat. Ce n’est aussi pas un rapport conflictuel en permanence, mais de respect mutuel.

    Au Togo, c’est du haut que l’Etat perçoit la société civile, parfois à raison. De toute vraisemblance, celle-ci est handicapée par certains Hommes qui l’animent, qui s’y proclament leaders mais difficilement politiquement neutres. Ce sont souvent des Hommes, déjà très connus sur la scène politique et qui y ont à plusieurs reprises tenté des percées en vain, qui se reconvertissent en « société civile », ou ce sont des associations oeuvrant en catimini pour des partis politiques. Puisque cela se sait de part et d’autre, l’Etat n’hésite pas à s’en servir comme argument pour « manquer de respect » à ce monde supposé constitué par la population à la base et qui doit défendre les droits socio-économiques les plus vitaux de celle-ci.

    Jugeons-en. Combien de fois l’Etat ne traite-t-il pas avec mépris et désinvolture les revendications du monde associatif au Togo, contrairement à ce qui se passe ailleurs comme au Bénin, au Sénégal, au Mali, en Guinée, au Kenya… ? Combien de victoires la société civile a-t-elle remportées face à l’Etat qui, souvent, est maître dans les prises de décisions défavorables à la population ?

    Depuis que l’on se plaint des infinies ruptures d’ARV au Togo, l’Etat semble avoir affaire à des plaisanteries de gamins. Aussi parle-t-on des abus et exploitations subis par des ouvriers de la zone franche, des conditions de travail des enseignants, médecins et autres, de la hausse récente des prix des denrées de premières nécessités, des bavures des forces de l’ordre  sur les civils…, en vain. M. l’Etat n’a-t-il pas raison d’avoir en face une société civile en mal de maturité, mais aussi de fermeté dans ses revendications, de légitimité et d’honnêteté de ses leaders ? Assurément oui.

    Le dernier Forum Social Ouest Africain tenu à Lomé, a une fois encore révélé les talons d’Achille du monde associatif togolais. C’est avec surprise et parfois amertume que les étrangers membres de la société civile des autres pays ouest-africians, ont constaté la dépendance de leurs pairs togolais vis-à-vis de l’Etat et du politique. En effet les Togolais, organisateurs du forum social n’ont pu  se passer d’inviter le gouvernement  ou le politique à la table d’honneur lors de l’ouverture des travaux, au mépris des règles d’une telle manifestation. En réalité, pouvaient-ils en être autrement ? Pas vraiment, du fait que l’Etat a financièrement soutenu l’organisation, un soutien de l’Etat dont le retard a sérieusement entamé l’efficacité de l’organisation. En témoignent les ratés qui auraient provoqué le départ prématuré de la délégation nigériane.

    On annonce la tenue prochaine d’un forum social inter togolais pour, dit-on, redynamiser la société civile togolaise. S’est-on finalement rendu compte de nos tares, après nous être frottés aux autres ? Vivement que cela soit ainsi.

    Maxime Domegni

     
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  • Conseil des ministres du mercredi dernier : Quel sort pour le Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité nationale ?

    Liberté Hebdo #320 du 23 fevrier 2008

    Le président de la République Faure Gnassingbé et l’ensemble du gouvernement étaient en Conseil des ministres le mercredi 20 février dernier.

    Dirigé par le Chef de l’Etat, le Conseil a examiné deux projets de décret dont le premier portait sur la création d’un Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité nationale.

    Le projet de décret, avouons le, n’est pas mauvais en soi, mais ce qui inquiète nombre de Togolais est que ce Haut Commissariat soit un truc de genre HCRAH ou Commission de réhabilitation de l’Histoire du Togo que Dossey-Anyron avait dirigée.

    En effet, ces différentes commissions sont toujours passées à côté de leurs    missions. Pour le cas du Haut Commissariat chargé des Rapatriés et de l’Action Humanitaire (HCRAH) par exemple, il n’a jamais pris  en compte les recommandations de l’Accord Politique Global.

    « Ce comité prendra attache avec les réfugiés et dans les pays d’accueil, en vue d’examiner avec eux les voies et moyens susceptibles d’accélérer leur retour », précise l’Accord Politique Global signé le 20 août 2006 par toutes les parties prenantes au dialogue intertogolais. Mais cette structure, au lieu de s’occuper réellement de la question, se contente seulement de  mises en scène. C’est ainsi qu’on  présente souvent à travers les médias, certains groupes de personnes pompeusement appelés   réfugiés qui sont de retour au pays. Or la population sait parfaitement que ce sont des scènes savamment orchestrées pour détourner son attention. Pendant ce temps, les vrais réfugiés continuent de souffrir dans les pays étrangers, craignant de mettre en danger leur  vie avec un retour au pays.

    Il en est de même pour la Commission de réhabilitation de l’histoire du Togo que l’Archevêque Dossey-Anyron avait dirigée. Au lieu de s’occuper réellement du sujet, ils n’ont fait que le biaiser. Conséquence, l’Histoire du Togo a été tronquée dans toute sa forme. Et nombreux sont les Togolais qui contestent aujourd’hui le rapport produit par Dossey-Anyron et les siens. Ils refusent d’accepter le défunt président, Gnassingbé Eyadema comme le « père de la nation ».

    C’est pourquoi le gouvernement a l’obligation de clarifier  les tâches qui seront assignées à ce Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale. Il urge également que ce Haut Commissariat soit confié à des hommes compétents sans tenir compte de leur appartenance politique. C’est comme cela que l’objectif  attendu sera atteint.
    G.K

     
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  • Présidentielle de 2010 : Me François Boko dément formellement toute participation

    Liberté Hebdo #320 du 23 fevrier 2008

    Depuis quelques jours, des rumeurs persistantes font état d’un possible retour au pays de l’ancien ministre de l’Intérieur, aujourd’hui avocat au barreau de Paris, Me François Akila Esso Boko. Il se raconte qu’il revient dans le cadre de l’élection présidentielle de 2010 et qu’il serait l’un des challengers de Faure Gnassingbé. Ces informations relayées par certains médias de la place continuent de susciter des discussions dans les lieux publics.

    Mais l’entourage de l’avocat dément formellement ces informations qui ne sont que « pure invention ». « Nous nous  inscrivons en faux contre ces intoxications. Il n’a jamais été question de la participation de l’ancien ministre à l’élection présidentielle. Tout retour au pays n’est pas envisageable dans les circonstances actuelles. Ces informations ne sont que pure invention», martèle l’un de ses conseillers. On estime qu’il s’agit d’un montage grotesque  de ses « adversaires » et qui vise à détruire son image. « C’est une manœuvre qui consiste à faire croire que c’est à cause de ses ambitions politiques qu’il a démissionné en plein processus électoral (22 avril 2005 ndlr) », ajoute-t-il.

    Une autre source indique que c’est le Groupe de Réflexion et d’Action pour la Démocratie et le Développement (GRAD) qui compte organiser à Lomé un symposium des Togolais de l’extérieur et de l’intérieur en invitant l’ancien ministre comme chairman, comme ce fut le cas en 2006 avec l’ex-chef d’Etat ghanéen John Jerry Rawlings. « Pour le moment, rien n’a été décidé. Toute spéculation n’est que fortuite », darde-t-elle.

    En rappel, François Boko a fait faux bond au clan à 48 heures de l’élection présidentielle du 24 avril 2005, ne voulant pas cautionner le massacre des Togolais qui se tramait pour offrir le fauteuil présidentiel à Faure. Et depuis lors, il vit en France où il exerce le métier d’avocat.
    L.H

    Présidentielle de 2010 : Les probables adversaires de Faure Gnassingbé
    Le Togo vient à peine de sortir des législatives et les locales pointent à l’horizon. Bien que cette dernière élection soit tout aussi importante que les autres, elle semble le cadet des soucis chez les politiques dont la plupart ont déjà la tête à la présidentielle de 2010. Dans certains états-majors de formations politiques, le cap a été mis sur cette échéance juste au lendemain de la proclamation des résultats du scrutin législatif du 14 octobre 2007. On est encore loin de 2010, mais de jour en jour, on se fait une idée sur les probables adversaires de Faure Gnassingbé.

    L’« esprit nouveau » n’a certes pas encore manifesté son intention de postuler pour cette échéance. Mais à moins d’un miracle, Faure Gnassingbé sera le candidat du RPT. Il est d’ailleurs le candidat naturel du parti. Connaissant l’homme, il devait déjà « pavlover » à l’idée de remporter le scrutin. On ne le voit pas renoncer à cette épreuve, connaissant son goût poussé pour le pouvoir. En février 2005 à la suite du décès du Père, il ne s’est pas empêché d’utiliser les moyens non conventionnels, juste pour capter le fauteuil laissé vacant. Le tripatouillage constitutionnel qui lui a permis de se voir au perchoir ayant suscité un désaveu général, il est parvenu à ses fins -capter le pouvoir- au prix du sacrifice d’un millier de ses compatriotes, un sacrifice  à la mesure de ses ambitions. On ne le voit donc pas si tôt renoncer au pouvoir, mais plutôt à le conserver. Et l’échéance de 2010 est une aubaine. Mais pour y arriver, Faure Gnassingbé aura fort à faire. Il lui faudrait se défaire d’adversaires de taille.

    Kofi Yamgnane
    Le Franco-togolais est le premier candidat déclaré. Au cours d’une intervention sur Radio France Internationale, l’ancien Secrétaire d’Etat à l’Intégration a confié ses intentions de se présenter à l’élection présidentielle de 2010. Si cette annonce a réjoui plus d’un, elle laisse aussi dubitatif quant au cursus politique de l’homme. Le natif de Bassar depuis 1975 s’est naturalisé Français et a accompli toute sa carrière politique et professionnelle dans l’Hexagone. Beaucoup redoutent qu’il ne soit frappé par la question de la double nationalité et les obligations de résidence sur le territoire togolais. Mais d’autres croient dur comme fer que si malgré sa situation, le tout récent membre de la Commission Brice Hortefeux chargée de plancher sur l’immigration en France tient à se présenter, c’est certainement à cause des soutiens dont il bénéficie du côté du pouvoir français. Ils voient en cette candidature de Kofi Yamgnane une volonté de la France de se débarrasser du clan Gnassingbé, une menace sérieuse donc pour sa survie.

    Gilchrist Olympio
    Le leader de l’Union des Forces de Changement (UFC) ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat. Mais on ne serait pas surpris de le voir postuler à ce scrutin, étant le président de son parti, donc le candidat naturel. L’intéressé s’était même prononcé sur le sujet dans une récente interview accordée à notre journal dans sa parution n° 318 du lundi 18 février dernier. « Tous les premiers responsables de partis politiques ont cette lourde responsabilité d’être le porte-flambeau de leur parti. Il n’y a rien de plus naturel », a-t-il confié. Mais pour y arriver, il lui faudrait passer les obstacles constitutionnels dressés sur son chemin. Tout compte fait, une fois que le RPT est en compétition, il croisera forcément sur son chemin l’UFC, vu l’antagonisme naturel qui lie les deux partis politiques, les deux plus grands du pays. Gilchrist ou pas, une chose est sure, il y aura un candidat de l’UFC pour rivaliser Faure Gnassingbé. « L’UFC est un parti démocratique. Le moment venu, le congrès du parti décidera en toute souveraineté », a déclaré le leader du parti.

    Kpatcha Gnassingbé
    Sa candidature est à évoquer au conditionnel. Depuis quelques jours, des rumeurs de plus en plus persistantes font état de ce que l’ex-ministre de la Défense nourrit des ambitions présidentielles et serait prêt à se présenter au scrutin présidentiel de 2010. Dans cette perspective, on fait état d’une probable création par Kpatcha d’un parti politique. Une tendance idéologique se dégage d’ailleurs autour de sa personne depuis quelques temps en marge de sa brouille avec son frère Faure et il bénéficie du soutien de nombreux nostalgiques d’Eyadema dans ce qu’il convient d’appeler sa croisade contre Faure. Dans son entourage, on balaie du revers de main cette idée de candidature à la présidentielle de 2010, arguant que c’est d’ailleurs le congrès du parti -RPT- qui décidera de qui présenter. Malgré ces démentis, des indiscrétions font état de ce qu’une autre option est envisagée, dans le cas où l’on met des bâtons dans les roues de Kpatcha dans ses démarches de création de parti politique. On suppute que l’ex-Directeur Général de la SAZOF s’y présenterait tout simplement comme candidat indépendant. Si sa candidature s’avérait, Faure aurait un adversaire entre les jambes, une arête dans sa gorge et son équation se compliquerait davantage. En tout cas, il y a encore du temps pour en arriver là, et les jours à venir nous édifieront. Au demeurant, c’est juste un aperçu des candidatures probables et des plus importantes. La liste n’est pas exhaustive. 2010 est encore loin, et d’ici là il pourrait se passer beaucoup de choses mais cette joute électorale est déterminante pour la survie du clan au pouvoir et ne sera de tout repos pour Faure Gnassingbé

    Tino Kossi

     
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  • Affaire des primes du personnel hospitalier : Le dernier round lundi prochain

    L'Union #114 du 23 fevrier 2008

    Les revendications pour de meilleures primes par les médecins et praticiens des hôpitaux devront connaître leur dénouement en début de la semaine prochaine. Ce qu’a affirmé une source officielle contactée par L’Union.

    Après trois semaines de discussions et d’échanges de propositions autour des primes réclamées par les personnels des hôpitaux publics, une décision définitive devra être arrêtée, probablement lundi, et communiquée au gouvernement. La fumée blanche est attendue après une ultime réunion entre les ministères concernés (Travail et sécurité sociale, Finances et économie), les directeurs des hôpitaux et les syndicats des personnels de la santé. Avant le dernier round, le gouvernement s’est arrangé pour inscrire les primes de risques au budget général 2008, d’après le conseil des ministres mercredi. «Pour les primes de risques, des mesures ont été prises dans le cadre du budget général 2008», indiquait le communiqué officiel. .Bien que cela ne soit prévu au départ, et que le budget soit déjà en cours d’exécution.

    Pour la sérénité et l’efficacité des débats, les deux parties se sont pour l’instant interdit de communiquer, ou d’«enflammer la situation», d’après certaines positions, en communiquant avec la presse. Mais il est dit que les discussions ont suffisamment évolué. Dans le portefeuille de revendications des grévistes du 28 janvier dernier, les personnels hospitaliers réclamaient entre 2.500 et 40.000 francs Cfa de primes de garde. Contre 1.000 francs round, toutes catégories confondues, fixés par un arrêté vieux de 17 ans. Propositions leur ont été faites qui tiennent dans la fourchette indiquée. Mais pas véritablement à la satisfaction des syndicats. Ils sont alors revenus après les avoir revues à la hausse.

    En rappel, les primes de contagion étaient fixées à 3.000 francs, et celles d’astreinte – appliquées aux médecins affectés à l’intérieur du pays – à 5.000 francs

    Tout porte à croire que les 40.000 francs réclamés ne pourraient être appliqués, malgré l’effort que le gouvernement de Faure Gnassingbé s’impose pour créer ce nouveau chapitre dans l’exécution du budget général déjà adopté. Déjà, pour ce qui est des 1.000 francs de primes de garde, les calculs officiels évoquent la barre du milliard de francs, assez difficile à atteindre par les hôpitaux qui roulent à perte.

    Le Conseil national du dialogue social –qui a tenu une séance lundi– est alors sollicité pour prendre le relais des discussions pour ce qui est de la suite des revendications. Les médecins ont également porté la barre de leurs salaires à près de 700.000 francs mensuels minimum, d’après nos informations. Une volet qui fera sans doute beaucoup chamailler les membres du Conseil national du dialogue vu que la grille des salaires est encore statique, de même que la valeur indiciaire fixée à 1.450 pour les débutants en A1.
    Jean Afolabi

    Visite de Kemal Dervis à Lomé : Au travail dans les différences !
    Après le grand retour du vice-chancelier allemand et ministre des Affaires étrangères Frank Walter Steinmeier, l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) est venu «apprendre plus sur ce qui se passe au Togo actuellement». C’est du moins ce qu’a déclaré M. Kemal Dervis en foulant pour la première fois le sol togolais par la frontière du Sanvee-Kondji le 20 février 2008. Le troisième responsable du système des Nations Unies ne s’est pas prié pour dévoiler le but de sa visite : aider le Togo à relever la tête. «On est là pour appuyer le développement du Togo. Le fait qu’il y a eu une longue période difficile, je pense qu’il faut le soutenir à l’avenir maintenant. Avec le plus possible l’appui des amis du Togo et de la communauté internationale, il faut construire une croissance beaucoup plus rapide ; elle a été trop lente, les progrès ont été lents, mais je crois qu’il y a une nouvelle volonté nationale», a-t-il déclaré à sa sortie d’audience avec le Premier ministre Komlan Mally.

    Très tôt, le message a pris son second sens, celui d’un appel au travail sous la forme d’une injonction à peine voilée. «J’espère que tous les citoyens et toutes les citoyennes du Togo –même s’il y a des différences– vont pouvoir construire cet avenir ensemble, en travaillant et en créant des ressources, en faisant redémarrer l’agriculture, en reconstruisant la fonction publique plus performante, en construisant des institutions démocratiques qui fonctionnent au profit de tout le pays, en réduisant les inégalités», a précisé l’administrateur Kemal Dervis. Plutôt une invite qui n’est pas exclusive. Gouvernants et gouvernés y trouvent leur part. C’est le prix à payer pour l’enracinement de la démocratie togolaise. Les mêmes conseils ont été prodigués lors des échanges avec les acteurs du secteur privé. En attendant la mobilisation des ressources extérieures dont le pays a besoin dans un avenir proche.

    Visiblement, Faure Gnassingbé était déjà en chantier dans ses messages répétés au travail citoyen. «2008 doit être une année où nous devons redoubler d’ardeur au travail. Nous devons rompre avec certaines mauvaises habitudes», lançait en début d’année le chef de l’Etat depuis les montagnes de la Kozah, avant de prévenir : «les instructions seront données en ce sens, pour que l’absentéisme soit sanctionné, ainsi que les retards au travail et le gaspillage».

    Pour le moment, les vieilles habitudes ont la vie dure. Allègrement, on crie plus à l’effectivité immédiate des réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées par l’Accord politique global. Oubliant de facto que «à long terme, chaque pays doit surtout dépendre de ses propres ressources», selon l’expression du Président du Groupe des Nations Unies pour le développement, un comité constitué des responsables de tous les fonds, programmes et départements des Nations Unies travaillant sur les questions de développement.
    Sylvestre  D.

    Droits de l’Enfant
     : Des cas avérés d’adoption abrégée
    Par communiqué conjoint des ministres de la Justice et de la Protection de l’Enfant, toutes les procédures d’adoption des enfants sont suspendues jusqu’à nouvel ordre à compter du 1er février 2008 sur toute l’étendue du territoire togolais. Une mesure renforcée par le constat alarmiste du conseil des ministres du 7 février : «Il est révélé, en dépit des dispositions pertinentes de la loi du 06 juillet 2007 portant Code de l’enfant, que la procédure instituée en matière d’adoption d’enfant est contournée, que des adoptions sont prononcées par des tribunaux sur la base de jugement d’abandon sans aucune enquête sociale, que notre pays est présenté actuellement comme un pays où les adoptions peuvent se faire par des raccourcis procéduraux … ». Le but est de contrer les graves dysfonctionnements relevés, mettant en péril la sécurité, la vie et l’intérêt supérieur de l’enfant togolais.

    En clair, on peut reconnaître ici le mauvais rôle joué par la justice togolaise et ses hommes. De sources proches du gouvernement, plusieurs cas sous-tendent la nouvelle guerre que veut mener les ministères impliqués. Dans les faits, des enfants togolais sont embarqués en Europe ou dans les «pays juteux» de l’Afrique. Avec la promesse qu’ils y gagneront de quoi nourrir la famille laissée au pays. Après quelques mois, il arrive aisément que le tuteur décide d’envoyer l’enfant à une connaissance en Occident pour plus de gain. Fortement secoué sur place par les services des contrôles sociaux, le nouveau tuteur s’acharne sur le gouvernement togolais afin d’obtenir au pied levé un certificat d’abandon pour l’effectivité d’une adoption. «Et lorsque nous sommes exigeants sur les modalités de départ de l’enfant concerné, ils disparaissent brusquement», nous a confié au téléphone la ministre Ibrahima Mémounatou. Mais, on constatera simplement que l’enfant a été reconnu abandonné par la justice togolaise. Alors même que les parents d’origine ne reconnaissent aucune plénitude des conditions de l’adoption en vigueur au Togo. Le verrou de l’exécutif est ainsi vite sauté...au son des espèces sonnantes.

    Des fois, tout est juridiquement conclu au tribunal de Lomé avant le départ de l’enfant à adopter. Au mépris du Code de l’enfant togolais. L’autre forme de raccourci est le changement d’état civil au prétexte que l’enfant n’a jamais eu d’acte de naissance retraçant la filiation de celui-ci. Au finish, les parents d’origine ou les tuteurs sont hors circuit ou moins informés de la réalité. Si ce n’est pas qu’ils sont impliqués dans le processus sans toujours maîtriser le langage parlé. Un véritable système de raccourcis procéduraux.

    Pour l’heure, les ministres de la Protection de l’Enfant et de la Justice ont reçu pour instructions de préciser les dispositions procédurales du Code de l’Enfant, de faire la distinction entre les adoptions nationales et les adoptions internationales, et de mettre en place un meilleur mécanisme de contrôle de l’adoption au Togo. 
    Sylvestre  D.

     
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  • Visite au Togo de M. Kemal Dervis, Administrateur du PNUD « Le Togo a besoin de se réinsérer dans la coopération internationale »

    Canard Indépendant #182 du 23 fevrier 2008

    L’administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) M. Kemal Dervis a effectué les 20 et 21 février 2008, une visite de travail au Togo. Ce séjour au Togo de la troisième plus haute personnalité des Nations Unies est intervenu dans un contexte marqué par la reprise de la coopération avec l’Union Européenne, ainsi que la tenue d’une mission d’évaluation et d’information des Institutions de Brettons Wood et de la Banque Africaine de Développement (BAD). Lors d’une conférence de presse donnée peu avant son départ de la capitale togolaise, M. Kemal Dervis est revenu sur les objectifs qui ont sous tendu  sa visite au Togo.

    Arrivé à Lomé le mercredi 20 février à la mi-journée, en provenance de Cotonou, M. Kemal Dervis a, en deux jours, rencontré les acteurs clés de la vie économique du Togo. Il a échangé avec le Président Faure Gnassingbé sur les nouvelles orientations du pays et l’appui que le système des Nations Unies dont le PNUD peut apporter pour la période 2008-2012. Avec le Premier Ministre et des membres du gouvernement il a parlé de la mobilisation des énergies pour la réalisation les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ainsi que le renforcement de la gouvernance démocratique. Devant les représentant du secteur privé togolais, M. Dervis s’est appesanti sur les perspectives de la relance économique, les défis du secteur et l’appui que le PNUD pourrait y apporter. Avec les responsables du monde universitaire et les étudiants, l’administrateur du PNUD a évoqué le rôle et les responsabilités des universités du Togo dans l’atteinte des OMD.

    Après ce tour d’horizon avec ces différents acteurs au développement du Togo, M. Kemal Dervis s’est dit satisfait des discussions. « Je repars avec une meilleure compréhension de la situation de votre pays », a-t-il déclaré à la presse. Il a beaucoup regretté les périodes d’instabilité qui ont fait reculer le Togo dans sa marche vers les OMD, « Et nous sommes relativement optimistes pour dire que le Togo peut rattraper ce retard puisse qu’il avait déjà réussi à atteindre certains objectifs avant » a-t-il ajouté. Pour améliorer ses performances, le Togo a ses propres responsabilités au niveau de ses acteurs nationaux et de ses plans de développement mais l’apport de l’étranger à cette période historique doit jouer un rôle déterminant. « Le Togo aujourd’hui a besoin de se réinsérer dans la coopération internationale, a besoin de capitaux, a besoin de projets d’investissement et surtout du suivi des OMD, suivi coordonné par les donateurs et les institutions internationales », a insisté M. Dervis. Alors dans ce cadre, au niveau du PNUD et d’autres Agences des Nations Unies, une étude est en train d’être complétée pour bien chiffrer les besoins d’une réunion spéciale va avoir lieu au siège des Nations Unies à New York, présidée par le Secrétaire Général, pour regarder dix pays d’Afrique en priorité dont le Togo, et regarder avec les autres institutions, comment il faut travailler ensemble pour répondre à ces besoins.

    M. Kemal Dervis s’est particulièrement attardé sur la bonne gouvernance. « La bonne gouvernance c’est un des mots clés pour la famille des Nation unies » a-t-il dit. Le Togo a des potentialités énormes et il fut une bonne gouvernance pour mobiliser toutes ses potentialités. « Lorsqu’il y a un désordre interne, le progrès économique s’arrête net » a martelé l’administrateur du PNUD. Alors il a conseillé de gérer la différence due à la bonne gouvernance de manière constructive, dans un débat libre.

    Michel Adjavoin

    Poursuite de l’APG : Les élections locales prévues en 2008
    Prévues par les recommandations de l’Accord Politique Global (APG), les élections locales pourraient finalement se tenir en 2008. A défaut d’élections, les municipalités sont actuellement sous la direction des Délégations spéciales.

    La tenue ou non des élections locales, prévues au nombre des recommandations de l’Accord Politique Global (signé en août 2006 à Lomé entre les principaux responsables de la vie politique et de la société civile togolaise) divise la classe politique. Bien que la question ne soit pas encore ouvertement mise en discussion, on note deux tendances.

    Pendant que certains estiment qu’il n’est pas opportun de précipiter la tenue des élections locales au risque de remettre en cause, la fragile situation de stabilité et de détente qui prévaut actuellement dans le pays, d’autres soutiennent que les Délégations spéciales composées uniquement des militants du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), n’ont aucune légitimité et sont totalement inefficaces pour résoudre les problèmes de développement à la base. Pour ces derniers, seule la tenue rapide des élections locales permettra d’apporter des solutions appropriées aux problèmes de développement auxquels sont confrontées les populations de l’intérieur du pays tout en posant les jalons de la démocratisation, à la base.

    Sur les élections locales, dans un document intitulé ; « Mémorandum pour l’adoption et la mise en œuvre rapide des réformes constitutionnelles et institutionnelles et pour les prochaines échéances électorales », voici la position exprimée par l’Union des Forces de Changement (UFC). « La révision et l’adoption des textes sur la décentralisation ; l’adoption d’un calendrier permettant d’organiser les élections locales en 2008 ; la poursuite des objectifs du projet PEACE-Togo ».

    Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), pose pour sa part, un autre préalable d’ordre politique. « La classe politique ne peut réussir les réformes à esprérer et organiser les prochaines élections dans un climat apaisé, que ni elle parvient au préalable à s’entendre sur un mode de gestion du pays rassurant pour tous et susceptible d’accélérer l’intégration des diverses couches géographiques » avertit le parti de Me Agboyibo, dans une position sur la poursuite de la mise en œuvre de l’APG.

    De son côté, le gouvernement semble également avoir opté pour la tenue en 2008, des élections locales. C’est du moins, ce qu’a déclaré en début de semaine sur une station de radio privée basée à Lomé, le Ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de
    la Décentralisation, Pascal Bodjona.

    « Dans le budget 2008, le gouvernement a prévu plus de trois milliards pour ces élections mais il y a actuellement un certains nombre de préalables qu’il faut régler afin de les organiser dans la confiance totale », a-t-il dit.

    M. Bodjona a en outre indiqué que le gouvernement est en discussion avec des partenaires en développement pour aplanir certains préalables à la tenue des élections locales. Citant au passage, la révision des listes électorales.

    Par ailleurs, la mission d’observation de l’Union européenne aux élections législatives du 14 octobre
    2007, a dans son rapport soulevé un certains nombres de questions qui constituent des préalables à la tenue d’autres échéances électorales au Togo.

    Non seulement les élections locales vont contribuer à mettre en place des conseils municipaux légitimes, mais elles permettront également aux partis politiques non représentés à l’Assemblée, de solliciter le suffrage des électeurs à des niveau de représentations locales.

    Améga Koffi

    Interview  de M. Ephrem Tsikplonou sur le report de la marche
    « Nous sommes en train de voir comment associer nos collègues de l’intérieur »

    Monsieur le Secrétaire Général, qu’est-ce qui justifie la tenue de la rencontre de ce soir ?
    La rencontre de ce soir va dans le prolongement de l’Assemblée Générale que nous avons tenue le 13 février passé ici même à la bourse du travail où les travailleurs qui en avaient assez avec le pouvoir d’achat érodé que nous connaissons tous aujourd’hui ont demandé que nous puissions faire des pas vers les autorités pour voir où nous en sommes avec les engagements pris lors du dialogue social et qui visiblement peinent à être mis en application. Les 132 engagements qui sont difficilement appliqués et puis surtout les conclusions des états généraux de l’Administration publique.

    Aussitôt après la rencontre du mercredi 13, l’intersyndicale a été reçue par le Premier ministre. Que peut-on retenir de ce tête-à- tête avec le PM.
    Nous avons été reçus non pas une fois mais deux fois par le PM, trois fois par le ministre du travail. Nous avons assisté à une rencontre extraordinaire du Conseil National du Dialogue Social. Tout cela pour nous inviter à être plus responsables dans nos exigences, de voir la situation dans laquelle baigne le Togo aujourd’hui, de tout faire pour attendre un peu. Le seul acquis - s’il faut l’appeler ainsi – que nous avons eu est la promesse de payer un arriéré de salaire au début du trimestre prochain. C’est là le seul véritable acquis. Mais l’autre acquis – qui est aussi une promesse pour le moment - c’est qu’en fin, on va donner les moyens au Conseil National du Dialogue Social pour qu’il puisse vraiment fonctionner. Vous savez, le Conseil National du Dialogue Social qui a été créé après l’adoption du code de travail en décembre 2006, devenant ainsi une institution légale de l’Etat, n’a jamais eu de moyen jusqu’aujourd’hui pour jouer son rôle. Raison pour laquelle les autorités du pays continuent à prendre des décisions sans le consulter. Puisque son existence est ignorée. Ça n’existe même plus. C’est pourquoi nous avons exigé que cela soit réhabilité, c’est-à-dire lui donner le plein moyen pour bien fonctionner. Voilà, ce qu’il y a par rapport à ce conseil.

    Cependant, quelles sont les grandes décisions que nous avons prises aujourd’hui. En clair, elles n’ont pas changé par rapport à celles qui ont été déjà prises lors de l’Assemblée Générale du 13 février. La base, vous auriez pu le remarquer, est restée mobilisée, furieuse que nous n’avons rien ramené des négociations et a gardé son mot d’ordre. C’est-à-dire marcher. Donc, au cours de la semaine prochaine, il y aura une marche de protestation pour exiger la mise en application de tous les engagements pris lors du Dialogue Social et d’appliquer les conclusions des états généraux de l’Administration publique. En 2e position, l’objectif de cette marche sera de donner un peu plus d’importance aux travailleurs. Car, à travers tout ce que nous sommes en train de voir, c’est comme on nous ignore complètement. Voilà grosso modo les objectifs majeurs qui poussent les travailleurs à programmer descendre dans la rue la semaine prochaine.

    Quel jour précisément la marche aura-t-elle lieu ?
    Nous n’avons pas décidé d’un jour fixe puisque nous sommes en train de voir comment associer nos collègues de l’intérieur. Tout ceci sera fait dans les plus brefs délais et vous aurez plus d’amples informations. Mais ce qui est sûr c’est que la semaine prochaine, il y aura la marche.

    En clair la date du samedi 23 février précédemment annoncée n’est plus au programme
    On n’avait pas arrêté le samedi. On avait plutôt arrêté le lundi. Mais, compte tenu des membres de l’intérieur qui ont tenu s’associer à nous, la coordination, en accord avec l’Assemblée Générale a trouvé qu’il est plus crédible de les associer pour que le mouvement ait plus d’impact.

    Aussitôt après que vous ayez été reçu en groupe par le Premier ministre, des sources parvenues à notre rédaction ont fait état de ce que, une des organisations syndicales en l’occurrence l’UGSL a, à son tour été reçu en singleton par ce dernier. Déjà il se dit qu’il s’agit d’un début de manœuvres tendant à déstabiliser le mouvement d’ensemble. Vous confirmez une telle rencontre ? Si oui, que dites vous de cette attitude ?
    Bien évidemment, une rencontre de ce genre avait eu lieu. Mais, laissez-moi vous dire que cela n’entame en rien  à la lutte que nous menons ensemble. Je viens dire cela à l’AG tout à l’heure comme l’a expliqué l’Union Générale des Syndicats Libres même. Ça a été une coïncidence peut-être heureuse ou malheureuse. Mais ça n’entache en rien les démarches unitaires que l’intersyndicale mène jusqu’alors. L’UGSL est responsable, l’UGSL est autonome et a demandé l’audience depuis et nous savons que l’article 5 de notre règlement intérieur à l’ISTT précise bien que chaque organisation syndicale est autonome et indépendante pour mener l’action qu’elle veut. L’action commune ne nous prive pas de nos actions privées. L’UGSL a été reçue, il n’y a pas problème là-bas. Nous, nous ne voyons rien de négatif dans ça.

    Etes-vous aujourd’hui convaincu que la réhabilitation du Conseil National du Dialogue Social – puisque vous l’évoquiez plus haut – entraînera de facto l’évolution souhaitée de la situation surtout que vous disiez tantôt que c’est le blocage à ce niveau qui est cause de paralysie au niveau de l’ensemble du processus ?
    Si on donne du moyen au conseil national du dialogue social, ça veut dire qu’on sent qu’on dépense pour lui, on sentira qu’il existe et on prendra en considération tout ce qui s’y fait et on l’approchera pour des avis consultatifs. Par exemple, pour l’augmentation de 3% de salaire récemment décidée, peut-être que si on avait consulté les travailleurs, ça pourrait bien ne pas être ça mais plus. Car on verrait ensemble l’enveloppe qu’il y a, on verrait le fond de la marmite et on saurait à quel moment accepter quelle proposition afin que tous soient satisfaits. Sinon, si on le fait dans une seule direction comme la dernière fois où une seule partie s’est levée pour le faire, on ne peut plus parler de dialogue, les gens s’énerveront de gauche à droite et ce n’est pas encourageant.
    Propos recueillis par LR

     
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  • Révolution dans les cérémonies funéraires chez les Bè

    Canard Indépendant #182 du 23 fevrier 2008

    Rituels, veillées, réceptions… les cérémonies funéraires chez les communautés Bè ont toujours occasionné des dépenses onéreuses et un gaspillage fou de temps. Dorénavant les Bè ont décidé de révolutionner leurs funérailles.  

    Dans la tradition chez les Ewé, une importance capitale est accordée au mort et fait souvent l’objet de folles dépenses. Réfection totale de la maison mortuaire, érection d’apatam, location de chaises, achat des pagnes et confection des uniformes… certaines familles après les obsèques, s’en sortent très endettées.


    « Chez nous quand quelqu’un meurt, on le met  à la morgue et la famille se réunit pour décider du jour de l’enterrement. On évalue le coût des funérailles et on  fixe un quota que chaque membre de la famille doit donner. Auparavant, il y a des rituels qui sont accomplis »,
    a expliqué un dignitaire de Bè. Le mort peut ainsi passer plusieurs jours à la morgue avant l’enterrement. La plupart du temps, beaucoup délaissent ainsi leurs activités et se consacrent exclusivement au défunt.

    Désormais, certaines familles ont décidé de ne consacrer que 250.000 FCFA aux funérailles. L’achat du cercueil, les dépenses de la morgue… tout est compris.

    Cette pratique qui, jusqu’à un passé récent était encore observée avec rigueur est en train finalement de subir le contrecoup du modernisme. Les jeunes qui devraient suivre leur parents et maîtriser par initiation le rituel passent désormais le plus clair de leur temps à l’école où l’on fait de moins en moins une place aux us et coutumes. Sur un autre plan, c’est l’extension des frontières de la foi chrétienne traduite par la conversion des potentiels garants de la tradition qui influe sur ces rites et réduit constamment leur portée comme une peau de chagrin. Aujourd’hui, cette érosion coutumière a fini par gagner le quartier de Bè, site préhistorique de Lomé et réputé pour son conservatisme. Désormais, certaines familles ont décidé de ne consacrer que 250.000 FCFA aux funérailles. L’achat du cercueil, les dépenses de la morgue… tout est compris. Des dignitaires de l’ordre ancien rencontrés dans le cadre de la réalisation de ce papier à cet endroit de la ville où on peut encore aujourd’hui apercevoir une forêt sacrée en plein cœur de la ville réservée pour la pratique animiste ne cachent pas leur désolation face à ce qu’ils qualifient à juste titre de détérioration des mœurs.  « Aujourd’hui, nos enfants ont refusé de respecter la tradition et se convertissent en la foi des blancs », nous a révélé un sexagénaire visiblement désabusé. « Le comble, c’est leur détermination à imposer sur les seuls week-ends les funérailles et enterrements que nous, nous sommes obligés de programmer après consultation des mannes des ancêtres  sur le jour qui leur convient », nous a confié un patriarche rencontré à la sortie de la forêt où il venait d’accomplir un rituel. En réalité, les réformes actuellement en cours dans le cadre des cas de décès à Bè et dont fait allusion le patriarche ne font plus de doute. Des fonctionnaires autochtones rencontrés sont formels. « Aujourd’hui, avec la complicité du chef Canton de Bè, Togbui que nous avons réussi au prix de multiples négociations à convaincre, les choses ont changé. Les enterrements se font dorénavant les samedi ou dimanche, selon qu’on est croyant ou non », nous a confié un trentenaire. Il explique cette réforme par leur impossibilité à abandonner les services à chaque fois les jours ouvrables au motif qu’il y a décès alors que partout aujourd’hui dans le pays, ça se fait les week-end où on n’est pas soumis à la permission de son employeur.


    Au même moment on parle d’une révolution dans les dépenses liées aux cérémonies funéraires. « Avant, il n’est pas rare de voir nos papas vendre leur bien foncier pour couvrir les dépenses funéraires parfois évaluées à 500 ou
    600 000 F. Aujourd’hui, nous disons non à ces dépenses prohibitives et nous réfléchissons à une enveloppe raisonnable. Certaines familles ont même déjà arrêté 250.000 F », renchérit un autre.

    Par rapport au rituel qui oblige l’époux ou l’épouse dont le conjoint vient de mourir à rester enfermé dans la chambre pendant neuf lunes, les tenants du modernisme ne cachent pas leur plan. Ils affirment réduire ça à quatre lunes et, au cas où celui-ci est chrétien, tout se résume à huit jours. Ponctuée par une cérémonie spéciale présidée par une prêtre ou un pasteur. Le monde évolue t les communautés Bè ont décidé de se mettre au goût temps en insufflant une nouvelle dynamique aux coutumes. 

    M.A

     
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  • Togo – Allemagne : La diplomatie allemande et ses turpitudes politiques au Togo

    La Dépêche #406 du 20 fevrier 2008

    En visite officielle au Togo, Franck Walter STEINMEIER, ministre allemand des Affaires Etrangères a été reçu en audience successivement par le chef de l’Etat et le premier ministre. Le chef de la diplomatie allemande s’est également entretenu avec les principaux partis politiques du pays mais a refusé de rencontrer une délégation du RPT, pourtant principale force politique du pays.  Un tel comportement pas diplomatique de la part d’une haute personnalité allemande ne surprend personne. Au Togo, l’Allemagne a toujours choisi son camp et dresse parfois les Togolais contre eux.

    Pour être rapidement admis sans difficulté sur le sol allemand, il faut toujours faire savoir aux autorités politiques de ce pays que vous êtes souvent persécuté par le régime d’Eyadema. Aussitôt, les portes allemandes s’ouvrent et vous laissent passer en qualité de réfugié politique togolais. Il faut surtout être de préférence originaire du Sud du Togo, région préférée des Allemands. Il est  clair que si le RPT avait ses fiels dans le Sud du pays, M. Franck Walter STEINMEIER aurait également rencontré les responsables de ce parti. C’est la politique de la division pour régner chère à l’Allemagne lors qu’il s’agit du Togo.

    Pour justifier le refus du chef de la diplomatie allemande de s’entretenir avec les responsables du RPT, certains de nos confrères, évidemment proches de l’opposition radicale, prétendent que le ministre allemand trouve inutile une telle rencontre après être reçu en audience par le chef de l’Etat et le premier ministre. C’est oublier que dans aucun pays,  les deux magistrats suprêmes ne se confondent pas avec le parti au pouvoir dont il sen sont pourtant issus. Ni le chef de l’Etat, ni le premier ministre ne dirigent  actuellement le RPT. Ce parti politique a ses dirigeants  propres avec lesquels tout autre parti peut négocier sans difficulté. A moins qu l’Allemagne dans son arrogance l’ignore.

    En refusant l’audience aux responsables du RPT, l’Allemagne aurait certainement quelques raisons qui lui soient propres et ne relèvent pas de la diplomatie ouverte. Une autre question mérite d’être éclairée. On sait que le chef de la diplomatie allemande  devait effectuer une visite en Afrique qui le conduira au Togo, au Ghana et au Burkina Faso. Pourquoi c’est au Togo seulement que le diplomate allemand juge utile de s’entretenir avec les partis  parlementaires ? L’a-t-il fait au Ghana et au Burkina Faso ? Y a –t-il deux poids deux mesures dans cette tournée africaine ? En réalité, cette visite a des intensions cachées.

    Il s’agit d’une provocation  de plus. « Si au nom de la reprise de la coopération allemande, nous devons subir de telles humiliations, il faut demander de laisser asseoir cette reprise. Nous ne sommes pas prêts à entrer sous la table des Allemands pour ramasser les croûtes au nom de la reprise de la coopération. Reprise oui et dans l’intérêt des deux peuples  allemands et togolais. Nous avions fait quinze ans sans cette coopération et nous pouvons vivre autant d’années encore. Après tout, on ne trouve jamais un pays africain sortir de son sous-développement parce que aidé massivement par l’Allemagne ». Le Togo a trop souffert de la turpide de la politique allemande.

    Gaston Rosignac

    Togo - Allemagne : Beaucoup reste à faire
    En visite officielle au Togo, M. Franck Walter STEINMEIER vice chancelier et chef de la diplomatie allemande et la forte délégation qui l’accompagnait ont eu droit  à un accueil enthousiaste ; un accueil qui, si le président Eyadema vivait encore, devrait connaître un certain degré de cérémonial plus intense avec l’entrée en scène des militants, des groupes chocs animateurs et folkloriques. Car de son vivant, le président Eyadema a voulu faire du Togo, une vraie terre d’accueil. Or, c’est cet accueil à la togolaise qui en quelque sorte et en partie à l’origine d’une certaine  incompréhension entre l’Allemagne de Helmut Kohl et le Togo du président Eyadema.

    Le chancelier Helmut Kohl ne comprend pas en effet pourquoi son adversaire politique Joseph Franz STRAUSS puisse recevoir à chaque fois lors de ses fréquentes visites au Togo tous les honneurs dus à un chef d’Etat alors qu’il n’est que ministre – président de la Bavière. Cet accueil, aux yeux du chancelier  Kohl constituait en quelque sorte un crime partialité qui découverte l’esprit qu’on attendait d’une grande puissance. L’Allemagne va donc appliquer au Togo la doctrine coloniale fort au capitaine Gallieni selon laquelle « pour étendre son influence aux peuples africains que n’ont rien à envier aux nations européennes en matière d’organisation du pouvoir, il faut y semer la zizanie, la haine, la désunion et l’anarchie en opposant les chefs à leurs sujets, au sein  des familles régnantes, les princes entre eux, les clans les uns  aux autres dans les tribus et les tribus les unes aux autres dans les ethnies ».

    Cette doctrine, l’Allemagne coloniale va l’appliquer brutalement au Togo e instituant même un système de diviser pour régner. Ce qu’on a toujours appelé colonie moderne de l’Allemagne, n’a été en réalité que la mise en valeur de la partie australe du pays. Le Nord du Togo étant laissé pour compte gouverneur du Togo de 1905à 1910, le comte Zech avait en son temps fermé le nord du pays au courant occidental. Un exemple : «  a la veille de la première guerre mondiale alors que le Sud comptait déjà 14.246 élèves, le nord n’en comptait due 23. et il a fallu attendre que le plaidoyer du révérend père Blum, ait un écho favorable pour que l’autorisation fut accordée de dépasser la limite du cercle d’Atakpamé en ce qu concerne l’ouverture des écoles.  L’on est ici en 1912, date à laquelle le premier poste missionnaire, celui de la société du Verbe Divin voit le jour à Alédjo » (Evalo Wiyao). Ceci est une autre histoire.

    Au début des années 90, le Togo connaît une certaine effervescence, effervescence due à la volonté de François Mitterrand. Dans le fameux discours de la Baule
    ,  celui-ci a décidé d’imposer aux Africains, une certaine démocratie du type occidental. L’Allemagne  de Helmut  Kohl toujours fidèle à sa politique togolaise de diviser pour régner va ici saisir l’occasion pour rendre cette fois-ci au président Eyadema la monnaie de sa pièce. Elle entrera au Togo en jeu en apportant son soutien à l’opposition togolaise ; elle sera ouvertement proche du CAR de M. AGBOYIBO.

    C’est bien l’Allemagne qui  a payé la note des députés du CAR lorsque  pour des raisons obscures, ceux-ci suspendront leur participation aux travaux parlementaires. C’est toujours l’Allemagne qui les obligera à réintégrer l’Assemblée nationale.

    Fort du soutien de l’Allemagne et bien évidement de celui de la France socialiste, l’opposition posera des actes incompatibles avec son statut. Elle exigera le départ du président Eyadema du pouvoir.  Cette exigence est leur point commun. Pour le reste, les membres passeront le temps à s’entredéchirer, à s’entretuer chacun prétendant avoir le soutien de l’Allemagne considéré comme le plus riche pays de l’Union Européenne et de ce fait, chaque leader de l’opposition pense que pour se faire élire à la magistrature suprême, il doit bénéficier du soutien de l’Allemagne ; il doit surtout  se déclarer ouvertement hostile au président Eyadema. On voit bien qu’en choisissant son camp, l’Allemagne avait corsé la situation politique togolaise durant le temps de la transition.

    Un évènement viendra mettre à l’épreuve le vrai visage de al diplomatie allemande au Togo. Ce qui aboutira à la tuerie des manifestants le 25 janvier 1993 à la place Fréau jardin. On a tout dit de cette manifestation sanglante sauf l’essentiel. Elle constituait un défi, une provocation à l’égard du gouvernement. Il fallait réprimer cela par tous les moyens.  Aucun  gouvernement légal ne peut accepter que son autorité soit ainsi ouvertement bafouée par la rue.

    On se rappelle qu’au sortir de la conférence nationale dite souveraine, le pays est dirigé par l’opposition dont la mission était d’organiser les élections dans un délai d’un an. Mais à la fin du temps réglementaire, rien n’a été fait. L’opposition va déclencher une grève générale illimitée pour contraindre le président à quitter le pouvoir. Peine perdue. Dans quelques jours le président Eyadema va récupérer tout son pouvoir. Ce qu’il a effectivement fait à partir de 13 janvier 1963.  C’est alors que le ministre allemand de
    la Coopération, ML Helmut SCHÄFFER et son homologue français Marcel DEBARGE décident de venir aider les Togolais à sortir de la crise.  Où étaient-ils auparavant ? Pourquoi jugent-ils utile d’aider les Togolais au moment où le président Eyadema a récupéré tous les pouvoirs dont il était déchu par la Conférence nationale.

    Une telle intervention de la France et de l’Allemagne dans nos affaires qui jusque là avaient conservé un mutisme complice était elle aussi une provocation. Cela poussait l’opposition à l’exigence. Or si du côté de l’opposition, l’on se croyait être en grève illimitée – déclenchée avec le soutien de la France socialiste -, du côté du gouvernement, l’administration continue de fonctionner. Le 25 janvier 1993 était un lundi donc jour ouvrable et l’on n’organise pas une manifestation du surcroît hostile au gouvernement aux heures des jours ouvrables. Il fallait réprimer d’autant plus que les manifestants défiaient l’autorité à partir de 15 heures. Aucun pays ne peut accepter un tel désordre.

    M. Helmut SCHÄFFER et son homologue Marcel DEBARGE rendront visite  aux victimes à l’hôpital sans la présence  d’un membre de l’autorité publique. N’est-ce pas aussi une provocation puisqu’ils se comportent ici en terre conquise ? On voit ici comment l’Allemagne se mêlait ouvertement à al crise politique togolaise au point d’attiser le feu.  Au nom de quel réalisme intervenait-elle ainsi dans les affaires intérieures du pays ? On le saura bientôt.
    Jacques Tom

     
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  • Faure à la reconquête de son électorat de l’intérieur : Le chef de l’Etat se rend à partir de vendredi à Blitta, à Sotouboua, à Tchamba et à Sokodé

    La Dépêche #406 du 20 fevrier 2008

    Après la présidentielle de 2005 et surtout les législatives du 14 octobre dernier, on a comme l’impression que les ponts étaient coupés entre Faure et son électorat de l’intérieur et surtout dans les fiefs du RPT. Aux promesses non tenues de la campagne présidentielle de 2005, sont venus s’ajouter  les interrogations suite aux législatives d’octobre 2007.  Pour la plupart des militants, si Faure a bien mené les réformes politiques, il semble tourner le dos à ses militants, ne s’occupant que de ces amis et camarades de classe.

    Sans doute, c’est pour corriger cette mauvaise image qui lui est collée au sein de l’opinion qu’il a décidé de partir à la reconquête de son électorat de l’intérieur, histoire peut être de leur dire que je suis toujours des vôtres, je suis toujours avec vous.

    Les militants en avaient tant besoin.
    Le périple de l’intérieur commencera le vendredi avec la préfecture de Blitta qui lui a ouvert les portes de la Présidence de la République mais qui souffre cruellement de manque d’infrastructures économiques. A Blitta, il sera sûrement question de l’usine textile de coton qui a fermé ses portes. De sources dignes de foi, le président se rendra à Blitta avec une bonne nouvelle, la reprise des activités de l’usine par un repreneur.

    Après Blitta,  Faure se rendra à Sotouboua voisine. Sotouboua, le second fief sûr du RPT après la Kozah ne manque pas de besoins. La préfecture  a tant donné au RPT mais  n’a recueilli que des miettes en retour. Les milieux proches de la Présidence annoncent aussi de bonnes nouvelles dans le discours que le chef de l’Etat adressera à l’occasion.

    Après Sotouboua, le Président Faure se rendra à Tchamba et probablement à Sokodé. Bref dans toute la Région Centrale qui a envoyé 10 députés RPT au Parlement. Lors de la Présidentielle 2005, Faure a beaucoup promis.

    Mais trois ans après, on a rien vu venir. A Sokodé où une partie de la population est hostile au RPT, Faure avait promis la construction d’un stade de football. A Sokodé, plus qu’ailleurs, dans le Nord, on adore le foot. Si ce terrain venait à être construit, les jeunes de Sokodé n’en seront que ravis et en retour témoigneront leur reconnaissance au donateur. Mais rien n’est fait et l’on se demande si Faure se souvient encore d’avoir promis quelque  chose à ses électeurs.  D’autres vont jusqu’à se demander s’il serait candidat en 2010 et si oui, avec quel bilan ?

    Dans tous les cas, le périple du chef de l’Etat à la rencontre des populations de l’intérieur arrive à point nommé. Au moment où se posent beaucoup de questions sur ses vraies intentions, la tournée pourra donner des débuts de réponses lors des discours qu’il prononcera. A deux ans de la Présidentielle de 2010, cette tournée sonne comme une reprise en main de la situation qui s’échappe. Il était grand temps. Après avoir servi des mines d’or aux amis et aux camarades de classe il est temps de penser à ceux qui l’ont élu et fait roi.

    Kao Victoire

     
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  • Conflit franco-français au Togo : Sarkozy somme Faure de choisir entre Bolloré et Progosa

    La Dépêche #406 du 20 fevrier 2008

    D’aucuns s’interrogent sur la froideur des relations entre la France et le Togo depuis la mort de feu Président Eyadema. En effet, qualifiées de chaleureuse au temps des Présidents Chirac et Eyadema, on a comme l’impression que rien ne va plus entre le Togo et son premier partenaire au sein de l’UE. Même après le scrutin du 14 octobre 2008 qui a vu la victoire du RPT, les autorités françaises ont observé une attitude expectative.

    Nous en étions là avant le sommet Afrique-UE qui s’est tenu en décembre 2007 en Espagne. Lors de ce sommet, les Présidents Faure et Sarkozy se sont rencontrés. Une poignée de mains au cours de laquelle M. Sarkozy aurait interpellé Faure en ces termes : « Que fais-tu de
    Bolloré ? » Et le Président Faure aurait esquissé son léger sourire en répondant : « Tout ira bien. »

    Depuis, l’affaire Bolloré-Progosa a refait surface et Faure a compris toute la portée diplomatique de l’affaire car M. Vincent Bolloré est le  patron du groupe Bolloré. Il est un ami de Sarkozy ! On se souvient des bateaux et des avions de luxe que Vincent Bolloré offre au couple Sarkozy lors de leurs voyages. Du coup, les autorités togolaises commencent à paniquer et l’on se demande ce qu’il faut faire de Progosa de Jacques Dupuydauby ?

    Or le patron de Progosa s’est enraciné au Togo et dans les cœurs des Togolais avec ses activités humanitaires (construction des centres de santé, des établissements scolaires, des ponts etc.), sans compter ses largesses envers les autorités du pays. Ce que le groupe Bolloré ne fait pas en se contentant de rapatrier ses bénéfices.

    Dans tous les cas l’affaire Bolloré – Progosa a été portée à la justice et c’est le premier qui a gagné le procès qui n’est pas exécuté jusqu’à ce jour. Pendant ce temps, Progosa avec son groupe (S3M et S2M)) fait des affaires florissantes. Une troisième société en création sera installée en zone franche. Quel dilemme pour Faure !

    Kao Victoire.

     
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