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Le collectif des personnes opprimées par l’Ambassade des Etas-Unis d’Amérique au Togo dans le cadre du programme « Loterie visa » ne désarme pas. Il a exprimé une fois encore son mécontentement par rapport aux traitements qui sont réservés aux dossiers de ses membres hier au cours d’une conférence de presse à Brother Home à Lomé.
« Nous voulons nos visas ou rien ! Non à l’escroquerie et à l’injustice, Georges Bush au secours », ce sont là quelques-uns des slogans scandés par les membres de ce collectif pour exprimer leur ras le bol. Ils s’estiment lésés par le consulat américain au Togo dans la délivrance des visas et exigent que les services consulaires reviennent sur leurs décisions. Selon les explications de Fagnon Comlanvi, porte-parole du Collectif, les conditions dans lesquelles les visas n’ont pas été accordés dénotent qu’il s’agit d’une injustice et de l’escroquerie.
D’après ce dernier, les visas ont été tout simplement refusés à certains candidats à l’immigration dans le programme précité juste parce qu’ils étaient en retard par rapport à l’heure qu’ils devraient se présenter au consulat pour l’interview. Dans d’autres cas, soutiennent les responsables de ce collectif, l’obtention des visas n’a pas abouti parce que le consulat des USA a estimé que les certificats de mariage introduits par les demandeurs seraient de faux documents.
L’injustice selon les membres de ce collectif, c’est aussi le fait que pour des gens de même profession (certaines professions ne sont pas acceptées si le candidat n’est pas titulaire d’un Bac2), on accorde le visa à certains et on le refuse à d’autres. A ce sujet, M.Fagnon a cité l’exemple de deux menuisiers : l’un apprenti, l’autre, patron en la profession. D’après ses explications, le visa a été accordé à l’apprenti mais refusé au patron. Entre temps, il n’a pas précisé si le patron avait ou non son BAC.
S’agissant du volet « escroquerie », le président du Collectif, M. Fagnon a laissé entendre qu’en 2006, pendant que les candidats béninois payaient la somme de 392. 600 FCFA (755 dollars), les Togolais devraient débourser 415. 250 FCFA pour les mêmes services. Dans la même logique, M. Fagnon a indiqué qu’entre 2000 et 2007, les frais consulaires des candidats recalés dans le programme Loterie visa sont estimés à 2. 759. 039.900 Fcfa.
Face à cette situation, le Collectif regroupant les personnes intéressées dit avoir entrepris depuis 2006 des démarches auprès des autorités togolaises pour voir dans quelle mesure des solutions peuvent être apportées à leurs préoccupations. « Nous avons saisi le chef de l’Etat, le Premier ministre, le ministère des Affaires étrangères pour la résolution de ce problème ; mais rien n’est fait », a regretté Comlanvi Fagnon. Par ailleurs, lui et ses camarades disent regretter le manque d’attention de la part des autorités consulaires des USA au Togo vis-à-vis des nombreux courriers qui leur ont été adressés en vue du règlement de ce problème.
Même si pour l’heure, les services consulaires ne semblent pas disposés à écouter les plaignants, ces derniers se réjouissent néanmoins de quelques améliorations intervenues dans le traitement des dossiers Togolais. « Ces faits nous montrent qu’il y a effectivement des erreurs qui ont eu lieu dans le traitement de nos dossiers », fait constater M. Fagnon.
Par conséquent, le « Collectif des opprimés » se dit déterminé à poursuivre la « lutte » jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause.
Le programme Loterie Visa est une initiative du Congrès américain qui vise à octroyer environ 50.000 visas aux ressortissants des pays dont le taux d’immigration vers les Etas-Unis d’Amérique n’est pas très élevé. L’année dernière, le consul des USA au Togo, Mélanie Zimmerman est montée au créneau pour donner des explications sur le différend qui oppose son service à ces plaignants. Elle rejette toutes les accusations et explique qu’aucune mesure discriminatoire n’a jamais été prise contre un quelconque gagnant de la loterie. Noël Y.A.GLISSOU
Paupérisation des togolais : A quoi joue le gouvernement ? Les autorités togolaises dorment elles sur leurs lauriers ? Les revendications répétitives de la population aux abois, fatiguée d’entendre de beaux discours, qui font sortir le gouvernement de son mutisme font croire que les autorités de ce pays attendent toujours que la rue leur rappelle ce qu’elles doivent faire. L’on se remémore encore le mécontentement des Nana benz du grand marché d’Adawlato qui en septembre 2006, étaient allées soumettre leurs doléances à Edem Kodjo, Premier Ministre d’alors avant que le gouvernement ne prenne un arrêté portant réglementation du secteur de l’importation et de la vente du textile au Togo. De nos jours, tout porte à croire que cette décision n’est pas respectée.
En décembre 2007, il a fallu que les fonctionnaires Togolais, déterminés à en découdre avec la précarité dans laquelle ils se trouvent, brandissent une menace de grève pour que le gouvernement prenne des mesures pour débloquer les avancements, payer les arriérés de salaires, diminuer les prix des produits pétroliers et augmenter les salaires de 5 % ; mesures que nombre de Togolais avaient qualifiées de fantaisistes et suicidaires car ce fait avait entraîné une augmentation des prix des produits de première nécessité qui ne cessent d’ailleurs de grimper.
Si les étudiants des universités du Togo ont vu les tranches de leurs aides augmenter au prix des matraques et des gaz lacrymogènes (surtout ceux de l’UL), leurs camarades de l’EAMAU (Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme) ne savent plus à quel saint se vouer. Et pour cause, ils ont opté pour la voie de la négociation.
La dernière revendication en date est celle des praticiens hospitaliers du Togo qui ont manifesté le mardi 29 janvier 2008 dans presque tous les centres hospitaliers du pays. « Nous avons finis par comprendre que pour obtenir satisfaction dans ce pays, il faut sortir dans la rue. On a l’impression que nos gouvernants dorment sur leurs lauriers et qu’il faut chaque fois les réveiller. S’ils ne peuvent pas trouver des solutions à nos problèmes, qu’ils rendent le tablier. On a assez fait de sacrifices », a déclaré un gréviste, visiblement dépassé par les événements. Le mal, c’est qu’au moment même où le corps médical tentait de se faire entendre, leurs patients gisaient sur les lits d’hôpitaux.
Pour certains, si les autorités consacraient leur temps aux problèmes du pays, des solutions adéquates seront trouvées pour le plus grand bonheur des Togolais qui de jours en jours s’enlisent dans une paupérisation qui ne dit pas son nom.
Près de 7 sur 10 Togolais vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Pour certains observateurs, le pouvoir en place devra cesser de passer son temps à fêter et se consacrer réellement au redressement économique, culturel et social du pays.
A ce propos, un citoyen s’indigne : « ils sont encore allés célébrer la victoire d’un mort sur la mort (attentat de Sarakawa) et ceci, aux frais du pauvre contribuable Togolais. Les frais d’hôtel, de déplacement et que sais-je encore pourraient permettre d’acheter du mercurochrome pour les centres de santé. Ils ne pensent qu’à faire ce qui les arrange ».
Face à cette situation, l’on se demande s’il existe vraiment une politique de gestion de ce pays. Pour d’autres, on dirait que le pays est géré par improvisation. « Gouverner, c’est prévoir » dit-on. Faut-il alors attendre que la population lance des cris de détresse avant de prendre des décisions qui s’imposent ? Selon Edouard Edem Kodjo, « qui ne réclame rien n’a rien ». Ces propos ont été prononcés lors de la cérémonie des 100 jours de ce dernier à la primature en 2006.
Grégoire AWESSO
Difficiles conditions de vie et de travail des agents de la santé : Les médecins togolais se font menaçants Le mot d’ordre de grève prévu par le personnel soignant après 48 heures de moratoire est provisoirement suspendu pour laisser la place à une série de négociations entreprises hier après midi entre les responsables du SYNPHOT (syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo) et les autorités en charge de la santé. Cette première rencontre des protagonistes a connu également la participation du Directeur général du Travail, Kouétété Ekoué Amoussou. Selon le ministre de la Santé, Charles Kondi Agba, les revendications des manifestants sont tout à fait légitimes, seulement la procédure n’était pas la meilleure. Le ministre a reconnu que l’arrêté fixant les primes de garde et d’astreinte date de 1991 et que les conditions ont beaucoup évolué depuis lors.
Au sujet des conditions de travail, le ministre Agba a indiqué que des dispositions sont prises et que l’Etat a déjà consentit un prêt de 10 milliards de F CFA auprès d’une banque pour entreprendre les rénovations au sein des hôpitaux.
La question de la révision du statut du personnel médical viendra suite à une évaluation des recettes au niveau des administrations des centres hospitaliers et de commun accord avec le ministère des Finances, a conclut le ministre d’Etat, ministre de la Santé.
Du côté du syndicat du personnel de la santé, le moratoire de 48 heures lancé le matin est suspendu. Selon David Dosseh, président du SYNPHOT, une prochaine rencontre aura lieu le mardi 5 février prochain pour poursuivre les négociations, raison pour laquelle la menace de grève est provisoirement retirée pour voir la fin des discussions.
Le matin, les médecins étaient dans les rues « Nous donnons un moratoire de 48 heures au terme desquelles si rien n’est fait, des mesures plus draconiennes seront prises », a lancé le secrétaire générale du SYMPHOT au cours d’un meeting de lancement de grève tenu hier par le personnel soignant à l’entrée ouest du CHU Tokoin à Lomé. Il était 8 heures environ quand le boulevard de la victoire à la hauteur du CHU, fut envahit par des centaines d’hommes et de femmes opérant dans le secteur médical public.
Monté sur une chaise, le porte-parole haranguait la foule en donnant des précisions sur l’évolution de leurs discussions avec les autorités. « Depuis mercredi, nous avons déposé le préavis de grève au ministère de la Santé et ce n’est que lundi, sur des tractations du conseiller du Chef de l’Etat en charge de la santé, que le ministre nous dit qu’il devait nous recevoir autour de 16 heures, parce qu’il était à Kara pour des funérailles et qu’il était en route pour Lomé. Mais, aux environ de 17 h, on nous a dit que le ministre était fatigué et qu’il ne pouvait pas nous recevoir. Nous avons été choqués». Un tonnerre d’applaudissement a suivi cette intervention avec des brandissements de pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « un statut pour le personnel médical ; prime de garde 1000 F CFA= 2 dollars = misère ; arrêter la fuite de nos médecins… »
Les revendications portent sur deux points essentiels notamment, l’adoption de nouveaux statuts et de mesures urgentes liées aux conditions de travail dans les hôpitaux telles que les primes de garde et les primes d’astreinte. Ces revendications sont les seules conditions posées par les manifestants avant d’aller aux négociations. Selon le Dr Dosseh David, président du SYNPHOT, il s’agit d’une grève d’avertissement de 24 heures avec un service minimum. « Nous espérons que des solutions seront trouvées d’ici la fin de la journée, sinon jusqu’à la fin de la semaine nous adopterons de nouvelles stratégies. Mais soyez sûrs que ce mouvement sera conduit de façon plus accrue » a-t-il indiqué.
C’est à la suite de cette sortie du personnel soignant que le ministre les a enfin reçu dans l’après- midi.
Sedjrawodo A. ADRY |