|
“Déception, frustration et incompréhension”, c'est le sentiment général qui règne au sein du RPT après la formation du gouvernement qui a suivi la victoire du Parti lors du scrutin législatif anticipé du 14 octobre 2007. Le malaise porte sur la composition du gouvernement. On reproche au président du Parti, chef de l'Etat, de privilégier ses amis et ses copains aux vrais militants et de préférer l'ouverture au détriment de l'intérêt du parti.
Pour parer à la grogne grandissante, les responsables du parti ont tenté de calmer les esprits en organisant deux rencontres distinctes car des voix s'élèvent déjà pour ne plus voter pour le RPT lors des échéances à venir. C'est ainsi que le 15 janvier 2008, les cadres du parti se sont retrouvés au siège du parti pour faire le bilan du scrutin passé.
Lors de la rencontre, des voix se sont élevées pour dénoncer ce que d'autres ont appelé l'arrogance des responsables qui n'écoutent pas les préoccupations de la base. Sous prétexte que Faure a la faveur de Louis Michel et de la communauté internationale ont fait fi de tout.
Ils sont nombreux, ces cadres du parti qui s'attendaient à une promotion pour récompenser les efforts qu'ils ont déployés lors du scrutin. Au lieu de cela, leur président a préféré les repentis et les amis à la place des militants de première heure. La deuxième rencontre d'explication s'est déroulée le 25 janvier 2008 au Palais des Congrès de Kara lors d'une réunion statuaire du Comité Central du parti. La réunion qui s'est déroulée en l'absence du chef du parti, à rassembler tous les membres du comité central et de ceux du collège des sages. Placés sous le thème" Le RPT dans la nouvelle dynamique politique ", les travaux de la rencontre se sont déroulés à huis clos (à l'abri de la presse). Mais les signes ne trompent pas, le malaise au sein du parti était au menu des discussions.
Possible évolution à la " Zuma " Ce n'est pas encore une crise. Mais il faut avouer qu'il règne un malaise au sein du RPT. A l’indifférence des responsables sur les problèmes du parti et de la société togolaise en général (flambée des prix sur les marchés), est venue s'ajouter la querelle entre les deux têtes d’affiche. Tout le monde s'attendait que la querelle entre Faure et Kpatcha soit réglée aussi rapidement que possible car si elle perdure, elle risque d'entamer le crédit du parti. Mais curieusement, la mésentente entre les deux frères consanguins arrange tout le monde. Sinon comment comprendre que les barons du parti, les généraux des FAT qui ont aidé le père, ne puissent rien entreprendre pour refermer rapidement cette fâcheuse parenthèse.
Et comme un malheur n'arrive jamais seul, on prête dans les couloirs des travaux de Kara l'intention au président du RPT de créer son propre parti. L'idée avait germé on s'en souvient. On en parle de plus en plus car derrière la SFD se cacherait le nouveau parti en gestation. Du coup, d'autres n'hésitent pas à parler d'une solution à la sud-africaine où M'Beki et sa bande qualifiés d'intellectuels arrogants, viennent d'être balayés de la direction de l'ANC à la faveur du dernier congrès au profit de Jacob Zuma plus proche de la base.
" Intellectuels, au revoir, " s'étaient écriés les militants de l'ANC au terme des travaux du Congrès. Si cette hypothèse se concrétisait, l'opposition radicale n'aura qu'à se frotter les mains. Car, selon les analystes de l'UFC, l'hypothèse retenue pour battre le RPT lors de la présidentielle de 2010 passe par une éventuelle division d'envergure au sein du parti . Nous voilà. Est-ce exprès qu'on pousse Faure et son jeune frère à se détruire ? L'avenir nous le dira.
KAO Victoire
Gilchrist Olympio sur Nana FM méprise Komlan Mally en l’appelant “Komlan Bamako " Décidément le leader de l'UFC confirme son état réel d'amnésique. Il ignore ou feint d’ignorer le nom du premier ministre de son pays qu’il désigne par “Komlan Bamako " sur la radio Nana lors d'une émission animée par le directeur de la radio M. AFOGNO Ferdinand. L'animateur étonné, lui a demandé : " vous venez de dire quoi ? ". Il répéta que c'est depuis Accra qu'il a appris qu'un certain " Komlan Bamako " a été nommé premier ministre. Alors, l'animateur lui réplique qu'il n'est pas décent de défigurer le nom de son Premier ministre. S'il advenait que Patrick LAWSON soit nommé premier ministre, serait-t-il content qu'un leader d'un autre parti puisse publiquement défigurer son nom ? C'est en ce moment qu'il s'est rétracté pour présenter des excuses. La question que l'on se pose est de savoir si M. Gilchrist a vraiment oublié le vrai nom du premier ministre de tous les Togolais ? Si la réponse est oui, l'on peut donner raison au ministre Bawara qui l'avait qualifié d'amnésique. Un amnésique, c'est quelqu'un qui perd de temps à autre sa mémoire. C'est justement ce que nous laisse croire Gilchrist OLYMPIO, leader d'un parti politique disposant de 27 députés à l'Assemblée nationale, qui se montre incapable de connaître le nom du Premier ministre Komlan MALLY nommé depuis plus d'un mois. De deux choses l'une. Soit M. Gilchrist Olympio n'est pas un Togolais et donc il ne maîtrise rien sur le pays, soit il est un vrai Togolais mais seulement il souffre vraiment d'amnésie. Au lieu que certains confrères trouvent que le ministre Bawara est investi au RPT du rôle d'insulter, ils feront mieux de dire à " Fo GIL " d'aller se faire soigner pour retrouver toute ses facultés mentales avant la tenue de son fameux dialogue entre l'UFC et le RPT. Sinon, le jour là, il risque d'appeler M. SOLITOKI Esso, Kokou Accra et ça sera la fin du dialogue parce l'on constatera qu'il est dans un état amnésique très avancé et donc irrécupérable. En clair, on ne peut pas dialoguer avec un malade.
E. D.
Présidentielle 2010 : Mme Marie Arlette Carlotti en campagne pour l'opposition radicale togolaise C'est clair. Mme Marie Arlette Carlotti n'a jamais digéré la défaite de l'UFC, le parti avec lequel elle a toujours sympathisé au Togo. Le rapport que cette femme a pondu à l'intention du Parlement européen montre bien son parti pris délibéré. Elle était venue au Togo non pas en observatrice mais bien en militante sympathisante de l'UFC dont elle a rencontré à plusieurs reprises les membres. C'est cela être observateur aux législatives …avec tous ses états d'âme.
Ce qui intéressait Marie Arlette Carlotti au Togo, c'est la région de la Kara à tel point que si cette région n'existait pas, cette femme l'aurait certainement créée. C'est là-bas qu'elle a trouvé que le scrutin n'était pas transparent à cause des militaires qui y “terrorisent la population”.
Les alibis pour justifier la défaite de l'UFC ne manquent pas. Notre “mammy” trouve que la défaite de son parti n'est que le résultat du découpage très inéquitable. N'est-ce pas la même chanson maintes fois entendue de la bouche de Gilchrist OLYMPIO. Mme Carlotti chante ici en chœur avec lui et ce faisant, elle montre la mauvaise foi qui l'anime.
Le découpage électoral a toujours été inéquitable quel que soit le pays à moins que Mme Carlotti ignore ce qui se passe dans les vieilles démocraties européennes. Aux Etats-Unis d'Amérique, on parle souvent de gerrymandering qui est un redécoupage sur mesure des circonscriptions électorales (il s'agit d'un certain Gerry qui s'était taillé une circonscription en forme de salamandre. Dès lors le mot gerrymandering est utilisé en Amérique pour qualifier à chaque fois tout découpage électoral inéquitable. Malgré le gerrymandering, les Etats-Unis ne sont pas moins démocratiques.
En France, on parle de découpage inique. Cette femme ne doit rien nous apprendre de ce qui se passe en France depuis un siècle. Le 12 mars 1978, l'opposition totalisait 49,6% des voix contre 47,4% seulement à la majorité et c'est pourtant cette dernière qui conserve l'avantage à l'Assemblée nationale. Par ailleurs, avec 3,3% des suffrages, ni les Ecologistes, ni les candidats de l'Extrême gauche - qui obtiennent ce même score - ne sont présents au Palais-Bourbon. Comment Mme Marie Arlette Carlotti explique-t-elle cela ? " Le système de découpage, reconnaît Alexandre Sanguinetti, fait que nous n'avons besoin pour gagner que de 48% des suffrages et l'Union de la Gauche de 52% ". Ceci se passe bien en France.
Dans ce pays, le suffrage n'est pas vraiment égal. " Un homme, une voix " : ce vieux principe n'est guère respecté. Les circonscriptions ont une densité démographique inégale. C'est le cas du Togo aussi et Mme Carlotti feint de l'ignorer. En effet, le découpage électoral en France date de 1958. Opéré à raison d'un député pour 93.000 habitants, ce partage était alors équitable. Réserve faite d'une règle annexe réservant deux sièges à tout département quelle que fût sa population. Ce qui favorisait déjà quelques départements peu peuplés : Lorèze Hautes-Alpes, Paris 9è.
Mais l'industrialisation, l'exode rural, l'essor des villes ont provoqué de très importants mouvements de la population. Or, à quelques rares exceptions près, le découpage de 1958 reste inchangé, alors qu'il se fonde sur le recensement de 1954 vieux de vingt-sept ans. Vingt-trois ans après 1958 - nous sommes en 1980, moment de ce constat - rien ou presque rien n'a été fait pour rétablir la parité démographique des circonscriptions. Donc l'égalité des électeurs. Le résultat, ce sont des inégalités de représentations manifestes.
Un constat : en 1978, M. Jacques Blanc (PR) représente 25.963 inscrits dans la 2ème circonscription de la Lozère alors que M. Pierre Juquin (PC) en représente 181.284 dans la 3è de l'Essonne. Officiellement chaque votant n'a qu'une voix. Mais concrètement, un électeur de Marvejols vaut environ sept électeurs de Longjumeau. Tout se passe comme si l'un avait sept voix et l'autre, une seule pour élire l'assemblée nationale.
Comme par hasard, les circonscriptions les plus peuplées sont généralement les secteurs qui élisent un député de Gauche. Ainsi sur les 29 circonscriptions françaises qui possèdent plus de 110.000 électeurs inscrits en 1978, 17 élisent un député de Gauche. Sur les 5 circonscriptions françaises à posséder le plus grand nombre d'électeurs inscrits, 4 envoient au Palais-Bourbon un élu de Gauche. De même, 7 des 10 circonscriptions les plus peuplées élisent un député d'opposition. A l'inverse, si l'on dresse la liste des circonscriptions métropolitaines les moins peuplées, en prenant comme critère celles qui rassemblent moins de 40.000 inscrits, l'on est également édifié. En effet, sur les 24 circonscriptions qui se trouvent en dessous de ce seuil, 21 sont les fiefs de la majorité.
Nous avons été prolifiques sur l'exemple de la France pour montrer que Mme Marie Arlette Carlotti manque de bon sens en passant son temps à incriminer le découpage électoral de notre pays. Il ne faut pas oublier que c'est ce même découpage qui a permis au couple CAR-UTD de gagner les élections législatives de 1994. Ne dit-on pas que l'UFC est plus populaire que ce couple CAR-UTD ? Pourquoi n’a-t-elle pas enlevé la totalité des sièges ? Il est difficile de revenir sur des illusions quand on s'est fait déjà une certaine opinion de soi. Pour la présidentielle 2010 Mme Arlette Carlotti Présidente de campagne de l’UFC.
Gaston ROSIGNAC
Répétition des cours payants dans les écoles : Le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et technique oppose toujours un refus Après le communiqué, le ministre de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, M Yves Madow Nagou a, dans une conférence de presse, réitéré son refus à la tenue de répétions de cours payants dans les établissements scolaires officiels. Ces sortes de cours, dit-il, coûtent davantage cher aux parents d'élèves et contrairement à ce que l'on pense, ils ne profitent nullement aux élèves eux-mêmes.
L'actualité scolaire semble quelque peu donner raison à notre ministre. Très souvent les élèves revenus de ces cours sont fatigués, et n'osent plus ouvrir le cahier ou le livre, ne serait-ce que pour jeter un coup d'œil sur les leçons à préparer. Parce qu'ils pensent avoir fait la révision avec le maître lors de la répétition, ils passent alors le reste du temps dans la soirée devant les télévisions ou dans les rues à se poursuivre même dans la nuit.
Ceux qui ont tendance à critiquer l'initiative du ministre n'ont qu'à poser le lendemain une question à un élève sur le cours qu'il prétend avoir révisé la veille avec le maître pour se rendre compte de la réalité. L'enfant semble tomber des nues comme s'il n'avait rien entendu ou vu du cours. Au moment de ces cours, le maître a tendance à travailler à la place de l'enfant et celui-ci se contente de copier tout ce que le maître étale au tableau noir. La tendance est donc à la passivité. Les cours payants à l'école annihilent souvent le progrès de l'enfant.
En revanche, un élève qui étudie seul à la maison avec l'aide des parents, suit activement les cours à l'école. Ici doit entrer en compte le rôle des parents. Il appartient aux parents eux-mêmes d'encadrer leurs enfants, d'échanger avec eux, leur présenter les réalités de la vie moderne, les richesses culturelles, les vertus du travail comme principale source de richesse, le respect de l'autre. Les parents doivent susciter en eux le goût d'apprendre et de progresser.
Il ne faut pas oublier que l'enseignant seul n'a pas les moyens d'empêcher que le monde extérieur pénètre à l'école avec le niveau de développement des moyens de communication. D'ailleurs, très souvent les enfants se montrent plus informés que les professeurs. Il est temps pour l'Etat d'élaborer une réglementation cohérente et adaptée, ayant pour mission de former l'enfant et de l'empêcher d'accéder avant un certain âge à certaines informations qui risquent de perturber son éducation. Pour le moment, il faut interdire ces fameux cours de répétition payants qui sonnent comme une collecte de fonds en faveur des enseignants et empêchent le sens de l'effort que l'on pourrait attendre de l'élève. La vérité sur les cours payants c’est que nos enseignants sont trop pauvres et cherchent d’autres sources de revenus pour boucler les fins du mois comme les autres fonctionnaires de l’Etat. Il est donc du devoir de l’Etat de réduire la mendicité de ses fonctionnaires et de ses enseignants avec cette inflation galopante.
Jacques Tom
Mémoire de l'histoire : Ce que le général de Gaulle pensait de la décolonisation La décolonisation française en Afrique a connu plusieurs étapes dès la fin de la deuxième guerre mondiale. Après 1946, la constitution française ne parle plus de colonies ou d'Empire colonial, mais de la France d'outre-mer qui, avec la France métropolitaine, forme l'Union française. Le préambule de la constitution était terminé par cet alinéa : " Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s'administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires : écartant tout système de colonisation fondé sur l'arbitraire, elle garantit à tous l'égal accès aux fonctions publiques et l'exercice individuel et collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus. "
Simple déclaration d'intention qui ne passe à l'acte que la loi cadre, qui en 1956 accorda aux anciennes colonies la gestion partielle de leurs affaires. Mais ce statut ne satisfait pas les autonomistes qui lui reprochaient d'être octroyée par le colonisateur et non négociée d'égal à égal et surtout de n'accorder qu'une indépendance restreinte.
Lorsque le général de Gaulle arriva au pouvoir, il élabora une autre constitution qui fut approuvée par référendum du 28 septembre 1958. Il institua la communauté qui remplaça l'Union française ; elle n'y intégra pas d'office tous les pays qui faisaient partie de cette dernière. C'est en répondant oui au référendum que les colonies, sauf la Guinée, manifestaient une volonté de rester unies à la France sous cette forme nouvelle ; elles acceptaient en même temps cette restriction d'indépendance nécessaire à toute action commune. L'article 86 précise que " un Etat membre de la communauté peut devenir indépendant. Il cesse de ce fait d'appartenir à la communauté ".
Ainsi, intégrés dans la communauté par une libre détermination des peuples, les Etats membres conservent le droit de s'en séparer. De ce droit il fut fait bientôt un usage étendu, mais sans que l'indépendance prit le sens d'une rupture. A partir de 1960 s'établissent entre la France et les gouvernements des anciennes colonies des accords bilatéraux ou multilatéraux ; ainsi à la communauté constitutionnelle de 1959 s'est rapidement substituée une communauté contractuelle.
Tel a été le processus de la décolonisation française en Afrique noire et à Madagascar. Mais que pensait le général de Gaulle en laissant les pays africains aller à l'indépendance alors qu'il savait lui-même que ces pays n'étaient encore prêts à s'autodéterminer et surtout à s'auto administrer ? Les colonies n'étaient pas encore parvenues au stade de développement.
Ecoutons le général de Gaulle se confesser à Alain Peyrefitte :
" Après le conseil du 25 juillet 1962 où l'on a parlé du Mali et de la Guinée de Sékou Touré, le Général me dit : " On n'a pas laissé aux Noirs le temps de mûrir. Ce sont encore de grands enfants. Il faut leur parler comme on parle aux grands enfants : en respectant leur dignité et en se faisant respecter d'eux. C'est le seul moyen de garder leur confiance.
" Le Général est très détendu. J'en profite pour lui raconter ce que m'avait dit le Dr Schweitzer auprès duquel en août 1959 j'avais quatre jours à Lambaréné (Gabon) dans son village de paillotes appelé " hôpital ".
" De Gaulle se trompe. Pourquoi veut-il décoloniser si vite ? Il veut traiter les Noirs comme s'ils étaient des Blancs. Pourquoi veut-il les mettre dans las bureau ? Ce sont des chasseurs, des pêcheurs, à la rigueur des paysans, des manuels. Ils le resteront. Les masses africaines en sont encore au néolithique. De Gaulle ne se rend pas compte qu'ils ne sont pas mûrs pour la démocratie. Encore moins pour l'indépendance. Elle sera pour eux une tragédie " (NDLR : La Dépêche parlera un jour de ce fameux Dr Schweitzer qui traitait le Gabonais comme des esclaves. La manière de traiter les malades comme des objets ont aggravé le taux de mortalité dans son fameux hôpital).
Le général De Gaulle : " Vous croyez que je ne le sais pas que la décolonisation est désastreuse pour l'Afrique ? Que la plupart des Africains sont loin d'être arrivés à notre Moyen Age européen ? Qu'ils vont connaître à nouveau les guerres tribales, les sorcelleries ? Que quinze ou vingt ans de tutelle de plus nous auraient permis de moderniser leur agriculture, de les doter d'infrastructures, d'éradiquer complètement la lèpre, la maladie de sommeil, etc.… C'est vrai que cette indépendance est prématurée. C'est vrai qu'ils n'ont pas encore fait l'apprentissage de la démocratie. Ce qui aurait dû s'étaler sur cinquante ans s'est déroulé en deux ou trois ans. Mais on ne pouvait pas s'y opposer. Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe de nouveaux affrontements. Et puis (il baisse la voix) vous savez, c'était pour nous une chance à saisir : nous débarrasser de ce fardeau, beaucoup trop lourd maintenant pour nos épaules, à mesure que les peuples ont de plus en plus soif d'égalité. Nous avons échappé au pire ! Le Gabon voulait opter pour le statut de département français. En pleine Afrique équatoriale ! Ils nous seraient restés attachés comme des pierres attachées au coup d'un nageur ! Nous avons eu toutes peines du monde à les dissuader de choisir leur statut. Heureusement que la plupart des Africains ont bien voulu prendre paisiblement le chemin de l'autonomie puis de l'indépendance.
(…) Ce qui arrivera sera leur affaire. Vous verrez que leurs médecins s'agglutineront dans les villes. Vous verrez que la brousse au lieu de progresser, reculera. C'est encore une chance si, ensuite, ils ne quittent pas leur pays pour venir s'installer en France. Mais là du moins nous pouvons leur dire non. Jusqu'au jour où les masses regretteront le temps où nos médecins coloniaux allaient dans la brousse, où les missionnaires les évangélisaient, où nos troupes coloniales les protégeaient contre les guerres tribales. "
Eh bien cette prévision de De Gaulle se réalise. Les Africains abandonnent leur pays pour aller vivre en Europe à la recherche, soit d'une vie meilleure soit simplement de la paix. Les Africains ont choisi leur voie, ajoutait le général. Ils vont la suivre cahin-caha. C'est celle que je leur ai tracée : l'indépendance dans la coopération (…) Ces pays ne demandent qu'une seule chose, c'est avoir leur propre armée indépendante. Aussitôt, elle leur crée des problèmes, des ennuis. Rien ne valait mieux que de garder la protection de l'armée française. Ils sont d'ailleurs en train de commencer à comprendre. Mais c'est moi qui ne pas la leur laisser. C'est une source d'ennuis et ça nous coûte cher. Je leur laisserai des troupes dans les endroits stratégiques que j'aurai choisis. Et je répondrai à leurs appels quand il me paraîtra bon de le faire. Sinon tant pis pour eux.
Alain Peyrefitte (C'était de Gaulle T.1)
Aux yeux de Charles de Gaulle le Noir est considéré comme un mineur difficile à émanciper. Encore, faut-il de temps en temps lui donner l'impression qu'il est déjà émancipé. Que dire de tout cela ? Jacques Tom |