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Quelques jours avant la célébration de la très controversée « fête » du 13 janvier, le leader de l’Union des Forces de Changement (UFC), Gilchrist Olympio lors de ses interventions médiatiques a demandé la mise en place d’une commission d’enquête pour élucider les circonstances de la mort du Père de l’Indépendance Sylvanus Olympio et souhaité un dialogue bilatéral UFC-RPT. C’était sans compter avec le courroux que ces requêtes allaient susciter au sein de la classe politique, nommément au RPT. A travers l’argumentaire développé par les hommes de Faure Gnassingbé, on sent une véritable fuite en avant de ce parti.
Le courroux Comme si l’inénarrable Gilbert Bawara s’y attendait, il sauta sur l’occasion, traita le leader de l’UFC d’ « amnésique » et rejeta le dialogue. Le Parti Démocratique Panafricain (PDP) s’est aussi mêlé à la danse pour fustiger l’initiative à travers un communiqué pondu le 21 janvier, position exprimée de nouveau lors d’une conférence de presse organisée vendredi dernier au siège du parti à Adidogomé. « Le Parti Démocratique Panafricain trouve simplement exagérée et malsaine la demande de l’UFC, parce que exclusive des autres partis…Le PDP s’élève vigoureusement contre cette demande de l’UFC…Le Togo ne va pas aller de dialogue en dialogue…», a déclaré son président national Bassabi Kagbara. Dans la foulée, l’autre membre du bureau politique du RPT, Pascal Bodjona l’a rejoint pour rejeter formellement l’initiative qu’il conçoit d’ailleurs comme une politique d’exclusion, quand Gilchrist Olympio parle d’un cadre formel et d’une médiation de Blaise Compaoré pour solutionner les écueils constitutionnels et institutionnels. « Je ne vois pas la nécessité de susciter une crise qui est presque réglée…Je pense que la politique d’exclusion n’est pas de nature à aider le pays dans ce processus qui doit nous conduire vers la consolidation de la démocratie dans notre pays…Un autre dialogue togolais avec une médiation, je ne sens pas la nécessité », a-t-il déclaré sur une chaîne privée de la place.
Précisions de l’UFC Le parti n’a pas été insensible aux critiques formulées par les uns et les autres. A travers les interventions, on comprend que le procès est fait à l’initiateur du projet pour ses allures d’exclusion. Au sein du parti, on dit n’avoir pas été bien compris. On précise que le l’initiative ne vise aucunement à exclure les autres. A l’UFC on se croit investi de la légitimité d’initier ce genre de dialogue, au vu des résultats du dernier scrutin qui consacrent le RPT et l’UFC les deux forces politiques du pays. On est confiant qu’un dialogue à deux aurait plus de chance de réussite qu’à trois, quatre…
Fuite en avant et maquillage Le rejet systématique par le RPT de la requête du leader de l’UFC a surpris plus d’un observateur. Tout d’abord on ne comprend pas que le RPT qui a toujours accusé ce parti et son leader de défendre des positions « maximalistes » et « passéistes » puisse rejeter une proposition de dialogue faite par lui. Et pourtant, ça se sait que ces deux formations politiques sont les deux véritables protagonistes de la crise sociopolitique togolaise, et ce n’est que par leur rapprochement qu’une solution efficace peut être trouvée. On pourrait concevoir les réactions de toutes les autres formations comme des gesticulations de partis craignant d’être écartés du débat, mais quand c’est le RPT qui s’en mêle, il y a de quoi surprendre.
L’argumentaire du RPT sent une fuite en avant, une crainte pure et simple du dialogue. Ce parti se rabat sur l’Accord Politique Global (APG) signé entre les acteurs de la crise togolaise le 20 août 2006 pour minimiser l’initiative de l’UFC, voyant que les questions des réformes constitutionnelles et institutionnelles s’inviteront dans le débat. « Tout le monde est signataire de l’Accord Politique et cet Accord a parlé clairement des réformes institutionnelles et constitutionnelles qui peuvent être entreprises dans le cadre de la nouvelle Assemblée nationale », a déclaré Pascal Bodjona, avant de lâcher : « Je ne vois pas la nécessité de susciter une crise qui est presque réglée ».
Si le RPT évoque aujourd’*** l’APG pour se dérober à l’obligation d’un dialogue exclusif RPT-UFC, c’est bien parce que cet accord lui fait la part belle. Et quand on y voit de près, ces questions de réformes institutionnelles et constitutionnelles n’ont été qu’ébauchées au cours du dernier dialogue intertogolais, et réservées ensuite à la législature qui devait être issue du scrutin législatif du 14 octobre. Et justement le Parlement actuel est dominé par le RPT avec cinquante (50) sièges sur quatre-vingt et un (81) au total. Ce qui lui donne la majorité absolue, et donc le pouvoir de faire de ces réformes ce qu’il veut. Or en l’état actuel des choses, la Constitution arrange plutôt le parti au pouvoir, car plusieurs écueils discriminatoires y ont été introduits à travers les nombreux « toilettages », pour écarter des joutes présidentielles celui qu’on considère comme une menace pour la survie du clan, Gilchrist Olympio. Et à ces occasions, tout a été aussi fait pour assurer une présidence « non stop » à l’homme du clan. On ne voit donc pas le RPT se préoccuper de donner suite à ces réformes comme cela se doit. Cette situation arrange manifestement le clan. Accepter un dialogue avec l’UFC, c’est se mettre la corde au cou. Et justement, c’est parce que le parti de Gilchrist Olympio se sait minoritaire pour faire plier le RPT sur ces questions à l’Assemblée qu’il est à la quête d’autres solutions.
Comme pour maquiller sa position, le RPT se fait passer pour le parti qui aime ratisser large, l’avocat défenseur des petits partis. « Je ne crois pas que quelqu’un puisse admettre les cadres qui excluent les autres acteurs togolais », a déclaré Pascal Bodjona. Ce qu’a laissé aussi entendre Gilbert Bawara samedi dernier. C’est à croire que ce n’est pas au RPT de toujours qu’on a affaire.
Quelque part par cet argumentaire de ses hommes, le RPT fait simplement les yeux doux aux détracteurs du parti de Gilchrist Olympio, et certains ont mordu à l’appât. Mais au demeurant, c’est une véritable fuite en avant que fait le RPT en rejetant le dialogue proposé par l’UFC, car quoi qu’on dise, l’APG n’a pas résolu la crise comme on tente de le faire croire. Tout a paru clair lorsqu’on a entendu Pascal Bodjona lâcher : « Tous les sujets ont été débattus au cours du dialogue qui a conduit à un Accord Politique approuvé par tout le monde », comme pour dire que le RPT et l’UFC n’ont plus rien à se dire…
TINO Kossi
Ecole Nationale de Formation Sociale : Mésentente entre la direction et les étudiants Face à la misère que leur ferait leur directeur, les étudiants de l’Ecole Nationale de Formation Sociale (ENFS) réclament son départ. C’est ce que la plupart nous ont dit quand nous nous sommes rendu dans cet établissement la semaine dernière.
Menaces contre les étudiants, surenchère, abus d’autorité, gestion de l’école comme une entreprise privée…sont autant de griefs portés contre M. Ebézou Kougnon, le directeur de l’ENFS.
La pomme de discorde entre les autorités administratives et les étudiants est née des frais de scolarité qui s’élèvent à 50 000 F contrairement chez leurs camarades des autres facultés et écoles qui eux sont tenus de payer 25 000 F CFA. Les étudiants de l’ENFS demandent l’annulation pure et simple de ces frais comme le recommandent les statuts de l’école et appliqués jusqu’à un passé récent, ce que le directeur ne veut pas entendre de ses oreilles.
M. Ebézou est formel : Si les étudiants ne payent pas la deuxième tranche de l’écolage, ils ne composent pas. Les étudiants s’en offusquent, arguant qu’il leur est impossible de payer ces frais alors qu’ils ne bénéficient pas de la bourse qui a été arbitrairement supprimée en 1997 sous prétexte que la coopération du Togo avec la communauté internationale est rompue.
Aujourd’*** que les relations entre notre pays et les institutions internationales sont normalisées, les étudiants ne conçoivent pas que les bourses d’étudiants soient toujours supprimées.
Face à la tension qui couve au sein de l’Ecole, une délégation de sept étudiants conduite par la ministre des Affaires sociales, Mme Mémounatou Ibrahima a rencontré le 15 janvier dernier le Premier ministre à qui un certain nombre de doléances ont été soumises. Les étudiants demandent entre autres le rétablissement de la bourse d’études, l’octroi des primes de stage, la dotation de l’école d’un bus, l’aménagement de la salle de couture et de cuisine, l’installation d’une unité informatique, l’engagement immédiat après la formation, la construction d’un logement, l’annulation des frais de scolarité.
Le Premier ministre dit avoir pris acte de ces doléances et entend les transmettre à qui de droit. Mais jusqu’alors, les étudiants s’indignent qu’il n’y ait aucune réaction de la part des autorités. Ils interpellent le Chef de l’Etat, le Premier ministre et le ministre des Affaires sociales et les invitent à réagir promptement pour améliorer leurs conditions de vie et de travail.
Par ailleurs, les étudiants accusent le directeur de l’Ecole et son adjoint de surenchère et d’abus d’autorité. « Le directeur demande qu’on recrute un nombre infime d’étudiants et après lui-même recrute d’autres à qui il fait payer 400 000 F au cycle II et 300 000 F au cycle I chaque année académique. Or, seuls les étudiants étrangers sont tenus de payer 250 000 F. L’année dernière par exemple, bien que 44 étudiants soient admis au cycle II, nous nous étions curieusement retrouvés à 59. Toutes ces magouilles se font à l’insu des autorités », nous a confié un étudiant.
Nous avons rencontré hier les autorités de l’école en l’occurrence le directeur M. Ebézou Kougnon et son adjoint M. Yao qui nous ont fait savoir que tout candidat qui concourt à l’ENFS est au préalable informé des conditions d’entrée.
En effet, l’arrêté interministériel N° 009/06/MPAS-PF/METFP portant ouverture du concours d’entrée à l’Ecole Nationale de Formation Sociale stipule dans ses articles 5 et 6 que « les frais de scolarité à l’Ecole Nationale de Formation Sociale sont fixés à trente-cinq mille francs CFA (35 000 F) pour le cycle I et cinquante mille francs CFA (50 000 F) pour le cycle II, (par élève et par an). Les candidats admis au concours ne bénéficient pas d’une bourse ; ils devront se prendre entièrement en charge pendant toute la durée de leur formation ». Les mêmes dispositions sont contenues dans le communiqué conjoint du ministre de la Population, des Affaires Sociales et de la Promotion Féminine et du ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle du 10 mai 2006.
A propos des 400 000 F, M. Ebézou a précisé que ce quota est institué par l’école depuis 1993. « Si vous n’êtes pas admis au concours et que c’est une ONG ou une association qui vous envoie, vous payez cette sommes-là. C’est ça d’ailleurs qui alimente le budget de l’école », a-t-il dit.
Pour lui, la direction, consciente des conditions difficiles des étudiants, n’est pas restée les bras croisés et plaide auprès des autorités pour que leurs conditions de vie et de travail soient améliorées.
M. Ebézou estime que tout de qui a été raconté sur lui ne sont que des allégations mensongères dont le but inavoué est de ternir son image.
M. A. |