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Résistance des femmes togolaises aux méthodes de planning familiales : La sorcellerie au cœur du débat

Le Magnat Libéré du 2 Janvier 2007
Si à Lomé des femmes se contentent d’un, deux ou trois enfants maximum prétextant de la conjoncture économique, dans la plupart de nos villes, villages et campagnes du Togo profond, l’honneur est toujours à la famille nombreuse ; celle qui s’étend au-delà de 6 enfants. Des mères continuent par procréer jusqu’à la ménopause malgré la précarité de leurs conditions d’existence. Les plus modernes veulent avoir au moins quatre, même si en temps de soudure, des moments qui peuvent durer jusqu’à 6 mois sur les 12 que compte l’année, leurs progénitures et elles n’ont droit quotidiennement qu’à un repos mal équilibré.

Hier encore, elles enfantaient pour le besoin de le faire. En somme, leurs vies se résumaient à ce que cette noble, fut-t-il au péril d leur vie. La puissance, la force de la famille se mesurait au nombre plutôt grand de ses membres.

Aujourd’***, les donnes ont changé, elles le savent. Les femmes sont appelées à contribuer aux charges du ménage au même titre que les hommes. Elles contribuent aux frais d’éducation de leurs enfants. Elles comprennent que la force d’une famille en ce 21ème siècle réside dans la capacité des parents à prévoir l’éducation de leurs progénitures, ce qui rime avec faire des enfants à la hauteur des capacités financières de la famille. Elles sont sensibilisées sur les diverses méthodes de planning familial et pourtant, elles hésitent encore à les adopter. A la limite, c’est un dialogue de sourd qui se développe aujourd’*** entre ces dames et les institutions en charge de leur bien être.

En effet le planning familial il est vrai, n’a pas pour vocation la limitation des naissances mais plutôt leur contrôle ;  il impose nécessairement dans les faits un frein à la capacité de procréation de la femme puisque cette capacité est limitée dans le temps par le facteur âge et c’est ce que redoute les femmes.

Pour elle quoi qu’on dise, la société togolaise attache toujours une importance capitale à la capacité procréatrice de la femme. Pour preuve, le nombre de couple gravement perturbés ou brisés pour cause de stérilité, et là encore, tout le chapeau est systématiquement porté pour la femme.

La sorcellerie, cette malheureuse tare de l’Afrique joue sa parution à ce niveau. Il s’agira pour elle de détruire les enfants d’un couple quand elle n’a pas réussit à les empêcher de naître.

Convaincue qu’après cela, la culture qui jusqu’à ce jour consiste à marginaliser la femme stérile parachèvera son œuvre.

Dans ces conditions pour les femmes, certaines du moins, contrôler ou limiter les naissances revient à s’exposer à une menace réelle, à la possibilité de perte des enfants précieux et de déstabilisation de leur vie et il n’est par conséquent pas question pour elles d’aller à cette aventure.

Cette vision des choses est plutôt ancrée dans la mentalité de la femme rurale plus exposée à cette réalité mystique.

Les femmes se sentent persécutées par la magie noire dès qu’elle commence leur vie de couple.

Selon leurs affirmations, même les sorcières ne sont pas épargnées par ce fléau étant donné qu’elles sont souvent amenées à sacrifier leurs propres progénitures.

La manière la plus efficace de lutter contre cette situation serait de procréer autant que faire se peut en sorte de pouvoir garder certains en vie quelle que soit la foudre de ces ondes maléfiques.

Selon les religions, elles pensent que le 3ème, 5ème et 7ème gestes sont moins vulnérables aux attaques maléfiques de même que les jumeaux et leur suivant « édo » en éwé, « gado » en bassar par exemple.

La persistance de cette tendance primitive à la procréation anarchique au risque de la sécurité de la famille, de son bien être restent un coup dur aux programmes nationaux de planning familial et donc constituent une parade contre la sorcellerie plutôt un acte d’ignorance ou de fermeture.

Dans les milieux urbains ou le phénomène c’est-à-dire la sorcellerie à un peu moins d’ampleur du fait du contact plus facile des habitants avec des pratiques occidentales notamment la religion, un certain nombre d’attitude qui rompent avec les pratiques ancestrales notamment le fétichisme, ces méthodes sont plus facilement adoptées.

De toute évidence, les planificateurs de l’action gouvernementale et autres responsables des problèmes liés à la population ont du pain sur la planche.

Akouvi

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