Liberté Hebdo du 31 décembre 2007
. Plusieurs réunions avec la haute hiérarchie militaire
A la veille de la fête de Noël, l’ancien ministre de l’Intérieur et aujourd’*** avocat au barreau de Paris, Me François Akila Esso Boko, était l’invité du journal sur RFI. Dans un entretien conduit par Christophe Boisbouvier, il s’est prononcé sur les dernières élections législatives, la position de la communauté internationale, les tractations qui ont conduit à la formation du nouveau gouvernement et les relations entre les frères Faure et Kpatcha Gnassingbé.
Par rapport à la mise à l’écart de Kpatcha Gnassingbé, le journaliste voulait savoir si cela signifie que le président Faure a pris de l’ascendance sur son frère Kptacha à la tête de l’armée. Comme d’habitude, l’ancien ministre de l’Intérieur n’est pas passé par quatre chemins pour répondre à cette question. « Vous savez, je me suis toujours opposé à la gestion familiale et clanique de la chose publique. Je ne suis pas étonné de cela », a-t-il dit avant de poursuivre : « Pourtant, l’acharnement et le lynchage médiatique pour diaboliser Kpatcha Gnassingbé, pour le présenter comme l’homme à abattre, l’homme par qui tous les problèmes arrivent au Togo ne me paraît pas la bonne manière pour Faure Gnassingbé de s’émanciper de la tutelle familiale. Les choses doivent s’apaiser entre les deux frères, et le Togo doit pouvoir s’épargner une guerre fratricide au sommet de l’Etat ».
Mais aussitôt, certains esprits, du fait de la «comprenette difficile», n’ont pas hésité à parler d’un deal entre l’ancien ministre de l’Intérieur et le patron de la SAZOF. On susurre que ce dernier vient de passer près d’une semaine à Paris et qu’il n’était pas exclu qu’il ait rencontré « l’homme à abattre » du 22 avril 2005. Le rapprochement est vite fait.
« A la suite des récentes déclarations de François Boko sur Radio France Internationale, beaucoup ont vu un ralliement à Kpatcha Gnassingbé ; du coup, les sorciers blancs de la Présidence ont commencé par prévenir le chef de l’Etat contre un éventuel coup d’Etat avec Boko comme si un coup d’Etat se préparait dans la rue », rapporte notre confrère « Le Destin des Nations » N°127 du 27 décembre 2007.
Selon des informations dignes de foi, cette sortie de Me Boko a créé une panique au sein du pouvoir. Quelques heures après l’interview, une réunion de la haute hiérarchie militaire aurait été convoquée aux fins de passer au peigne fin la situation. Mais celle-ci aurait été avortée au dernier moment sans d’autres détails.
Néanmoins, d’autres réunions qui, officiellement entraient dans le cadre des prises de contact du chef de l’Etat qui détient aussi le portefeuille de la Défense, ont pu se tenir au cours de la semaine. Après les officiers supérieurs, Faure Gnassingbé s’est entretenu avec les chefs corps des Forces Armées Togolaises (FAT). Dans la matinée de vendredi, il était au Camp Général Gnassingbé Eyadéma où il a eu à rencontrer tous les militaires. Selon certaines indiscrétions, il les aurait entretenus sur la nouvelle donne politique et la nécessité de supprimer certaines fêtes. Mais omerta sur les mobiles du rattachement du ministère de la Défense à la Présidence. A la fin, sa « magnanimité » aurait parlé et les billets neufs auraient plu sur les hommes en treillis.
Comme nous l’avons dit dans l’une de nos précédentes parutions, la sérénité n’est plus de mise au sein du parti au pouvoir. Des rumeurs de « coup d’Etat » continuent de courir les rues alors qu’on soutient dans l’entourage de Faure que la situation est sous contrôle.
R. K.