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January 2008 - Posts

  • USA - Togo : S’estimant opprimés par le consulat des USA au Togo : Les recalés du programme «Loterie Visa» réclament leur «droit»

    Golfe Info #351 du 30 janvier 2008

    Le collectif des personnes opprimées par l’Ambassade des Etas-Unis d’Amérique au Togo dans le cadre du programme « Loterie visa » ne désarme pas. Il a exprimé une fois encore son mécontentement par rapport aux traitements qui sont réservés aux dossiers de ses membres  hier au cours d’une conférence de presse à Brother Home à Lomé.

    « Nous voulons nos visas ou rien ! Non à l’escroquerie et à l’injustice, Georges Bush au secours », ce sont là quelques-uns des slogans scandés par les membres de ce collectif pour exprimer leur ras le bol. Ils s’estiment lésés par le consulat américain au Togo dans la délivrance des visas et exigent que les services consulaires reviennent sur leurs décisions. Selon les explications de Fagnon Comlanvi, porte-parole du Collectif, les conditions dans lesquelles les visas n’ont pas été accordés dénotent qu’il s’agit d’une injustice et de l’escroquerie. 

    D’après ce dernier, les  visas ont  été tout simplement refusés à certains candidats à l’immigration dans le programme précité juste parce qu’ils étaient en retard par rapport à l’heure qu’ils devraient se présenter au consulat pour l’interview. Dans d’autres cas, soutiennent les responsables de ce collectif, l’obtention des visas n’a pas abouti parce que le consulat des USA a estimé que les certificats de mariage introduits par les demandeurs seraient de faux documents.

    L’injustice selon les membres de ce collectif, c’est aussi le fait que pour des gens de même profession (certaines professions ne sont pas acceptées si le candidat n’est pas titulaire d’un Bac2), on accorde  le  visa à certains et on le refuse à d’autres. A ce sujet, M.Fagnon a cité l’exemple de deux menuisiers : l’un apprenti, l’autre, patron en la profession. D’après ses explications, le visa a été accordé à l’apprenti mais refusé au patron. Entre temps, il n’a pas précisé si le patron avait ou non son BAC.

    S’agissant du volet « escroquerie », le président du Collectif, M. Fagnon a laissé entendre qu’en 2006, pendant que les candidats béninois payaient  la somme de  392. 600 FCFA (755 dollars), les Togolais devraient débourser  415. 250 FCFA pour les mêmes services. Dans la même logique, M. Fagnon a indiqué qu’entre 2000 et 2007, les frais consulaires des candidats recalés dans le programme Loterie visa  sont estimés à 2. 759. 039.900 Fcfa.

    Face à cette situation, le Collectif regroupant les personnes intéressées dit avoir entrepris depuis 2006 des démarches auprès des autorités togolaises pour voir dans quelle mesure des solutions peuvent être apportées à leurs préoccupations. « Nous avons saisi le chef de l’Etat, le Premier ministre, le ministère des Affaires étrangères pour la résolution de ce problème ; mais rien n’est fait », a regretté Comlanvi Fagnon. Par ailleurs, lui et ses camarades disent regretter le manque d’attention de la part des autorités consulaires des USA au Togo vis-à-vis des nombreux courriers qui leur ont été adressés en vue  du règlement de ce problème.

    Même si pour l’heure, les services consulaires ne semblent pas disposés à écouter les plaignants, ces derniers se réjouissent néanmoins de quelques améliorations intervenues dans le traitement des dossiers Togolais. « Ces faits nous montrent qu’il y a effectivement des erreurs qui ont eu lieu dans le traitement de nos dossiers », fait constater M. Fagnon.

    Par conséquent, le « Collectif des opprimés » se dit déterminé à poursuivre la « lutte » jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause.

    Le programme Loterie Visa est une initiative du Congrès américain qui vise à octroyer environ 50.000 visas aux ressortissants des pays dont le taux d’immigration vers les Etas-Unis d’Amérique n’est pas très élevé. L’année dernière, le consul des USA au Togo, Mélanie Zimmerman est montée au créneau pour donner des explications sur le différend qui oppose son service à ces plaignants. Elle rejette toutes les accusations et explique qu’aucune mesure discriminatoire n’a jamais été prise contre un quelconque gagnant de la loterie.
    Noël Y.A.GLISSOU

    Paupérisation des togolais : A quoi joue le gouvernement ?
    Les autorités togolaises dorment elles sur leurs lauriers ? Les revendications répétitives de la population aux abois, fatiguée d’entendre de beaux discours, qui font sortir le gouvernement de son mutisme font croire que les autorités de ce pays attendent toujours que la rue leur rappelle ce qu’elles doivent faire.
    L’on se remémore encore le mécontentement des Nana benz du grand marché d’Adawlato qui en septembre 2006, étaient allées soumettre leurs doléances  à Edem Kodjo, Premier  Ministre d’alors avant que le gouvernement ne prenne un arrêté portant réglementation du secteur de l’importation et de la vente du textile au Togo. De nos jours, tout porte à croire que cette décision n’est pas respectée.

    En décembre 2007, il a fallu que les fonctionnaires Togolais, déterminés à en découdre avec la précarité dans laquelle ils se trouvent, brandissent une menace de grève pour que le gouvernement  prenne des mesures pour débloquer les avancements, payer les arriérés de salaires, diminuer les prix des produits pétroliers et augmenter les salaires de 5 % ; mesures que nombre de Togolais avaient qualifiées de fantaisistes et suicidaires car ce fait avait entraîné une augmentation des prix des produits de première nécessité qui ne cessent d’ailleurs de grimper.

    Si les étudiants des universités du Togo ont vu les tranches de leurs aides augmenter au prix des matraques et des gaz lacrymogènes (surtout ceux de l’UL), leurs camarades de l’EAMAU (Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme) ne savent plus à quel saint se vouer. Et pour cause, ils ont opté pour la voie de la négociation.

    La dernière revendication en date est celle des praticiens hospitaliers du Togo qui ont manifesté le mardi 29 janvier 2008 dans presque tous les centres hospitaliers du pays. « Nous avons finis par comprendre que pour obtenir satisfaction dans ce pays, il faut sortir dans  la rue. On a l’impression que nos gouvernants dorment sur leurs lauriers et qu’il faut chaque fois les réveiller. S’ils ne peuvent pas trouver des  solutions à nos problèmes, qu’ils rendent le tablier. On a assez fait de sacrifices », a déclaré un gréviste, visiblement dépassé par les événements. Le mal, c’est qu’au moment même où le corps médical  tentait de se faire entendre, leurs patients gisaient sur les lits d’hôpitaux.

    Pour certains, si les autorités consacraient leur temps aux problèmes du pays,  des solutions adéquates seront trouvées pour le plus grand bonheur des Togolais qui de jours en jours s’enlisent dans une paupérisation qui ne dit pas son nom.

    Près de 7 sur 10 Togolais vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Pour certains observateurs, le pouvoir en place devra cesser de passer son temps à fêter et se consacrer réellement au redressement économique, culturel et social du pays.

    A ce propos, un citoyen s’indigne : « ils sont encore allés célébrer la victoire d’un mort sur la mort (attentat de Sarakawa) et ceci, aux frais du pauvre contribuable Togolais. Les frais d’hôtel, de déplacement et que sais-je encore pourraient permettre d’acheter du mercurochrome pour les centres de santé. Ils ne pensent qu’à faire ce qui les arrange ».  

    Face à cette situation, l’on se demande s’il existe vraiment une politique de gestion de ce pays. Pour d’autres, on dirait que le pays est géré par improvisation. « Gouverner, c’est prévoir » dit-on. Faut-il alors attendre que la population lance des cris de détresse avant de prendre des décisions qui s’imposent ? Selon Edouard Edem Kodjo, « qui ne réclame rien n’a rien ». Ces propos ont été prononcés lors de la cérémonie des 100 jours de ce dernier à la primature en 2006.

    Grégoire AWESSO

    Difficiles conditions de vie et de travail des agents de la santé : Les médecins togolais se font menaçants
    Le mot d’ordre de grève prévu par le personnel soignant après 48 heures de moratoire est provisoirement suspendu pour laisser la place à une série de négociations entreprises hier après midi entre les responsables du SYNPHOT (syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo) et les autorités en charge de la santé. Cette première rencontre des protagonistes a connu également la participation du Directeur général du Travail, Kouétété Ekoué Amoussou. Selon le ministre de la Santé, Charles Kondi Agba, les revendications des manifestants sont tout à fait légitimes, seulement la procédure n’était pas la meilleure. Le ministre a reconnu que l’arrêté fixant les primes de garde et d’astreinte date de 1991 et que les conditions ont beaucoup évolué depuis lors.

    Au sujet des conditions de travail, le ministre Agba a indiqué que des dispositions sont prises et que l’Etat a déjà consentit un prêt de 10 milliards de F CFA auprès d’une banque pour entreprendre les rénovations au sein des hôpitaux.

    La question de la révision du statut du personnel médical viendra suite à une évaluation des recettes au niveau des administrations des centres hospitaliers et de commun accord avec le ministère des Finances, a conclut le ministre d’Etat, ministre de la Santé.

    Du côté du syndicat du personnel de la santé, le moratoire de 48 heures lancé le matin est suspendu. Selon David Dosseh, président du SYNPHOT, une prochaine rencontre aura lieu le mardi 5 février prochain pour poursuivre les négociations, raison pour laquelle la menace de grève est provisoirement retirée pour voir la fin des discussions.

    Le matin, les médecins étaient dans les rues
    « Nous donnons un moratoire de 48 heures au terme desquelles si rien n’est fait, des mesures plus draconiennes seront prises », a lancé le secrétaire générale du SYMPHOT  au cours d’un meeting de lancement de grève tenu hier par le personnel soignant à l’entrée ouest du CHU Tokoin à Lomé. Il était 8 heures environ quand le boulevard de la victoire à la hauteur du CHU, fut envahit par des centaines d’hommes et de femmes opérant dans le secteur médical public.

    Monté sur une chaise, le porte-parole haranguait la foule en donnant des précisions sur l’évolution de leurs discussions avec les autorités. « Depuis mercredi, nous avons déposé le préavis de grève au ministère de
    la Santé et ce n’est que lundi, sur des tractations du conseiller du Chef de l’Etat en charge de la santé, que le ministre nous dit qu’il devait nous recevoir autour de 16 heures, parce qu’il était à Kara  pour des funérailles et qu’il était en route pour Lomé. Mais, aux environ de 17 h, on nous a dit  que le ministre était fatigué et qu’il ne pouvait pas nous recevoir. Nous avons été choqués». Un tonnerre d’applaudissement a suivi cette intervention avec des brandissements de pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « un statut pour le personnel médical ; prime de garde 1000 F CFA= 2 dollars = misère ; arrêter la fuite de nos médecins… »

    Les revendications portent sur deux points essentiels notamment, l’adoption de nouveaux statuts et  de mesures urgentes liées aux conditions de travail dans les hôpitaux telles que les primes de garde et les primes d’astreinte. Ces revendications sont les seules conditions posées par les manifestants avant d’aller aux négociations. Selon le Dr Dosseh David, président du SYNPHOT, il s’agit d’une grève d’avertissement de 24 heures avec un service minimum. « Nous espérons que des solutions seront trouvées d’ici la fin de la journée, sinon jusqu’à la fin de la semaine nous adopterons de nouvelles stratégies. Mais soyez sûrs que ce mouvement sera conduit de façon plus accrue » a-t-il indiqué.

    C’est à la suite de cette sortie du personnel soignant que le ministre les a enfin reçu dans l’après- midi.

    Sedjrawodo A. ADRY

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  • Dialogue RPT-UFC /Propos des hommes de Faure Gnassingbé : Une fuite en avant manifeste du RPT

    Liberté Hebdo #309 du 30 janvier 2008

    Quelques jours avant la célébration de la très controversée « fête » du 13 janvier, le leader de l’Union des Forces de Changement (UFC), Gilchrist Olympio lors de ses interventions médiatiques a demandé la mise en place d’une commission d’enquête pour élucider les circonstances de la mort du Père de l’Indépendance Sylvanus Olympio et souhaité un dialogue bilatéral UFC-RPT. C’était sans compter avec le courroux que ces requêtes allaient susciter au sein de la classe politique, nommément au RPT. A travers l’argumentaire développé par  les hommes de Faure Gnassingbé, on sent une véritable fuite en avant de ce parti.

    Le courroux
    Comme si l’inénarrable Gilbert Bawara s’y attendait, il sauta sur l’occasion, traita le leader de l’UFC d’ « amnésique » et rejeta  le dialogue. Le Parti Démocratique Panafricain (PDP) s’est aussi mêlé à la danse pour fustiger l’initiative à travers un communiqué pondu le 21 janvier, position exprimée de nouveau lors d’une conférence de presse organisée vendredi dernier au siège du parti à Adidogomé. « Le Parti Démocratique Panafricain trouve simplement exagérée et malsaine la demande de l’UFC, parce que exclusive des autres partis…Le PDP s’élève vigoureusement contre cette demande de l’UFC…Le Togo ne va pas aller de dialogue en dialogue…», a déclaré son président national Bassabi Kagbara. Dans la foulée, l’autre membre du bureau politique du RPT,   Pascal Bodjona l’a rejoint pour rejeter formellement l’initiative qu’il conçoit d’ailleurs comme une politique d’exclusion, quand Gilchrist Olympio parle d’un cadre formel et d’une médiation de Blaise Compaoré pour solutionner les écueils constitutionnels et institutionnels. « Je ne vois pas la nécessité de susciter une crise qui est presque réglée…Je pense que la politique d’exclusion n’est pas de nature à aider le pays dans ce processus qui doit nous conduire vers la consolidation de la démocratie dans notre pays…Un autre dialogue togolais avec une médiation, je ne sens pas la nécessité », a-t-il déclaré sur une chaîne privée de la place.

    Précisions de l’UFC
    Le parti n’a pas été insensible aux critiques formulées par les uns et les autres. A travers les interventions, on comprend que le procès est fait à l’initiateur du projet pour ses allures d’exclusion. Au sein du parti, on dit n’avoir pas été bien compris. On précise que le l’initiative ne vise aucunement à exclure les autres. A l’UFC on se croit investi de la légitimité d’initier ce genre de dialogue, au vu des résultats du dernier scrutin qui consacrent le RPT et l’UFC les deux forces politiques du pays. On est confiant qu’un dialogue  à deux aurait plus de chance de réussite qu’à trois, quatre…

    Fuite en avant et maquillage
    Le rejet systématique par le RPT de la requête du leader de l’UFC a surpris plus d’un observateur. Tout d’abord on ne comprend pas que le RPT qui a toujours accusé ce parti et son leader de défendre des positions « maximalistes » et « passéistes » puisse rejeter une proposition de dialogue faite par lui. Et pourtant, ça se sait que ces deux formations politiques sont les deux véritables protagonistes de la crise sociopolitique togolaise, et ce n’est que par leur rapprochement qu’une solution efficace peut être trouvée. On pourrait concevoir les réactions de toutes les autres formations comme des gesticulations de partis craignant d’être écartés du débat, mais quand c’est le RPT qui s’en mêle, il y a de quoi surprendre.

    L’argumentaire du RPT sent une fuite en avant, une crainte pure et simple du dialogue. Ce parti se rabat sur l’Accord Politique Global (APG) signé entre les acteurs de la crise togolaise le 20 août 2006 pour minimiser l’initiative de l’UFC, voyant que les questions des réformes constitutionnelles et institutionnelles s’inviteront dans le débat. « Tout le monde est signataire de l’Accord Politique et cet Accord a parlé clairement des réformes institutionnelles et constitutionnelles qui peuvent être entreprises dans le cadre de la nouvelle Assemblée nationale », a déclaré Pascal  Bodjona, avant de lâcher : « Je ne vois pas la nécessité de susciter une crise qui est presque réglée ».

    Si le RPT évoque aujourd’*** l’APG pour se dérober à l’obligation d’un dialogue exclusif RPT-UFC, c’est bien parce que cet accord lui fait la part belle. Et quand on y voit de près, ces questions de réformes institutionnelles et constitutionnelles n’ont été qu’ébauchées au cours du dernier dialogue intertogolais, et réservées ensuite à la législature qui devait être issue du scrutin législatif du 14 octobre. Et justement le Parlement actuel est dominé par le RPT avec cinquante (50) sièges sur quatre-vingt et un (81) au total. Ce qui lui donne la majorité absolue, et donc le pouvoir de faire de ces réformes ce qu’il veut. Or en l’état actuel des choses, la Constitution arrange plutôt le parti au pouvoir, car plusieurs écueils discriminatoires y ont été introduits à travers les nombreux « toilettages », pour écarter des joutes présidentielles celui qu’on considère comme une menace pour la survie du clan, Gilchrist Olympio. Et à ces occasions, tout a été aussi fait pour assurer une présidence « non stop » à l’homme du clan. On ne voit donc pas le RPT se préoccuper de donner suite à ces réformes comme cela se doit. Cette situation arrange manifestement le clan. Accepter un dialogue avec l’UFC, c’est se mettre la corde au cou. Et justement, c’est parce que le parti de Gilchrist Olympio se sait minoritaire pour faire plier le RPT sur ces questions à l’Assemblée qu’il est à la quête d’autres solutions.

    Comme pour maquiller sa position, le RPT se fait passer pour le parti qui aime ratisser large, l’avocat défenseur des petits partis. « Je ne crois pas que quelqu’un puisse admettre les cadres qui excluent les autres acteurs togolais », a déclaré Pascal Bodjona. Ce qu’a laissé aussi entendre Gilbert Bawara samedi dernier. C’est à croire que ce n’est pas au RPT de toujours qu’on a affaire.

    Quelque part par cet argumentaire de ses hommes, le RPT fait simplement les yeux doux aux détracteurs du parti de Gilchrist Olympio, et certains ont mordu à l’appât. Mais au demeurant, c’est une véritable fuite en avant que fait le RPT en rejetant le dialogue proposé par l’UFC, car quoi qu’on dise, l’APG n’a pas résolu la crise comme on tente de le faire croire. Tout a paru clair lorsqu’on a entendu Pascal Bodjona lâcher : « Tous les sujets ont été débattus au cours du dialogue qui a conduit à un Accord Politique approuvé par tout le monde », comme pour dire que le RPT et l’UFC n’ont plus rien à se dire…

    TINO Kossi

    Ecole Nationale de Formation Sociale
    : Mésentente entre la direction et les étudiants
    Face à la misère que leur ferait leur directeur, les étudiants de l’Ecole Nationale de Formation Sociale (ENFS) réclament son départ. C’est ce que la plupart nous ont dit quand nous nous sommes rendu dans cet établissement la semaine dernière.

    Menaces contre les étudiants, surenchère, abus d’autorité, gestion de l’école comme une entreprise privée…sont autant de griefs portés contre M. Ebézou Kougnon, le directeur de l’ENFS.

    La pomme de discorde entre les autorités administratives et les étudiants est née des frais de scolarité qui s’élèvent à
    50 000 F contrairement chez leurs camarades des autres facultés et écoles qui eux sont tenus de payer 25 000 F CFA. Les étudiants de l’ENFS demandent l’annulation pure et simple de ces frais comme le recommandent les statuts de l’école et appliqués jusqu’à un passé récent, ce que le directeur ne veut pas entendre de ses oreilles.

    M. Ebézou est formel : Si les étudiants ne payent pas la deuxième tranche de l’écolage, ils ne composent pas. Les étudiants s’en offusquent, arguant qu’il leur est impossible de payer ces frais alors qu’ils ne bénéficient pas de la bourse qui a été arbitrairement supprimée en 1997 sous prétexte que la coopération du Togo avec la communauté internationale est rompue.

     Aujourd’*** que les relations entre notre pays et les institutions internationales sont normalisées, les étudiants ne conçoivent pas que les bourses d’étudiants soient toujours supprimées.

    Face à la tension qui couve au sein de l’Ecole, une délégation de sept étudiants conduite par la ministre des Affaires sociales, Mme Mémounatou Ibrahima a rencontré le 15 janvier dernier le Premier ministre à qui un certain nombre de doléances ont été soumises. Les étudiants demandent entre autres le rétablissement de la bourse d’études, l’octroi des primes de stage, la dotation de l’école d’un bus, l’aménagement de la salle de couture et de cuisine, l’installation d’une unité informatique, l’engagement immédiat après la formation, la construction d’un logement, l’annulation des frais de scolarité.

    Le Premier ministre dit avoir pris acte de ces doléances et entend les transmettre à qui de droit. Mais jusqu’alors, les étudiants s’indignent qu’il n’y ait aucune réaction de la part des autorités. Ils interpellent le Chef de l’Etat, le Premier ministre et le ministre des Affaires sociales et les invitent à réagir promptement pour améliorer leurs conditions de vie et de travail.

    Par ailleurs, les étudiants accusent le directeur de l’Ecole et son adjoint de surenchère et d’abus d’autorité. « Le directeur demande qu’on recrute un nombre infime d’étudiants et après lui-même recrute d’autres à qui il fait payer
    400 000 F au cycle II et 300 000 F au cycle I chaque année académique. Or, seuls les étudiants étrangers sont tenus de payer 250 000 F. L’année dernière par exemple,  bien que 44 étudiants soient admis au cycle II, nous nous étions curieusement retrouvés à 59.  Toutes ces magouilles se font à l’insu des autorités », nous a confié un étudiant.

    Nous avons rencontré hier les autorités de l’école en  l’occurrence le directeur M. Ebézou Kougnon et son adjoint M. Yao qui nous ont fait savoir que tout candidat qui concourt à l’ENFS est au préalable informé des conditions d’entrée.

    En effet, l’arrêté interministériel N° 009/06/MPAS-PF/METFP portant ouverture du concours d’entrée à l’Ecole Nationale de Formation Sociale stipule dans ses articles 5 et 6 que « les frais de scolarité à l’Ecole Nationale de Formation Sociale sont fixés à trente-cinq mille francs CFA (
    35 000 F) pour le cycle I et cinquante mille francs CFA (50 000 F) pour le cycle II, (par élève et par an). Les candidats admis au concours ne bénéficient pas d’une bourse ; ils devront se prendre entièrement en charge pendant toute la durée de leur formation ». Les mêmes dispositions sont contenues dans le communiqué conjoint du ministre de la Population, des Affaires Sociales et de la Promotion Féminine et du ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle du 10 mai 2006.

    A propos des 400 000 F,  M. Ebézou a précisé que ce quota est institué par l’école depuis 1993. « Si vous n’êtes pas admis au concours et que c’est une ONG ou une association qui vous envoie, vous payez cette sommes-là. C’est ça d’ailleurs qui alimente le budget de l’école », a-t-il dit.

    Pour lui, la direction, consciente des conditions difficiles des étudiants, n’est pas restée les bras croisés et plaide auprès des autorités pour que leurs conditions de vie et de travail soient améliorées.

    M. Ebézou estime que tout de qui a été raconté sur lui ne sont que des allégations mensongères dont le but inavoué est de ternir son image.

    M. A.

     
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  • Le persistant antagonisme entre les deux frères : Le Jacques où es-tu de Faure et de Kpatcha au culte de Koromsa et Kabissa

    Le Magnat Libéré  #53 du 30 janvier 2008

    .Les raisons profondes de la rivalité entre les fils du Père
    L’antagonisme entre les deux «frères ennemis » prend des proportions inquiétantes.  Malgré la sortie médiatique de Pascal Akousoulelou Bodjona,  ministre de l’Administration Territoriale et proche des fils Gnass, la « guerre de tranchée fraternelle » que se livrent  les deux fils du Père n’est nullement le fruit de l’imagination de qui que ce soit. Le dernier acte en date est la scène qui s’est passée dans la Kozaland au culte en mémoire de leurs parents, papa Koromsa et Kabissa.

    Selon les « habitudes de la maison », la famille Gnassingbé avait coutume de se retrouver  pour fêter la Saint Sylvestre ensemble. La  veille du nouvel an est consacrée à la présentation des vœux de nouvel an.  Mais cette fois-ci, cela n’a pas été le cas. Les frères  Gnassingbé ne se sont pas retrouvés ensembles dans la nuit de Saint Sylvestre. Et puis depuis quelques années, suite aux décès de Papa Koromsa et de Papa Kabissa, ils ont pris l’habitude de commander les cultes  pour le repos de l’âme de ces deux disparus. Mais les informations en provenance de la Kozaland font état de ce que, pour le culte en mémoire de ces deux illustres disparus, dans cette famille royale très grande et  nombreuse, en dehors du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, seuls quelques quatre membres de la famille ont assisté au culte. Et puis ce qui intrigue le plus, on indique que c’est après que Faure Gnassingbé ait regagné Lomé après ce culte que l’autre fils, c’est-à-dire le demi-frère, Directeur de la SAZOF a été vu dans la même nuit avec sa suite au complet, circuler dans la ville de  Kara puis dans un canton de Pya.  C’est suite à cette scène que les uns et les autres se sont posés la question de savoir jusqu’à quand durera cet antagonisme. Il s’est donc ressuscité une série de réflexions sur l’état des relations entre les deux « frères-ennemis ». 

    Plusieurs observateurs ont tenté de donner  les raisons de l’antagonisme entre Faure et Kpatcha. Ce que d’aucuns ont appelé un match lassant et confus entre les deux fils du père. Et  on se dit que la partie qui se joue entre les deux Gnassingbé est décisive pour la famille d’une part et le pays de l’autre. Des observateurs après des sondages ont tenté de donner leur position vis-à-vis de ce match lassant.

    La première raison pour laquelle Faure et Kpatcha ne sont pas d’accord sur rien ou presque est due à l’erreur commise par les officiers supérieurs des FAT dans la nuit du 5 Février 2005, juste  à l’annonce de la « catastrophe nationale » par le Premier ministre Koffi Sama. On fait état de ce que dans l’opinion, cette erreur provient du fait que les Généraux aient décidé de porter Faure Gnassingbé à la tête de l’Etat en présence d’un autre Gnassingbé, Kpatcha  qui aurait aussi souhaité être à la place de l’autre, recevoir les allégeances  et jouer les mêmes rôles  et la même mission qu’on confiait à Faure.  On s’est donc posé la question de savoir pour quelle raison les officiers des FAT ont-ils voulu faire allégeance à Faure en présence de Kpatcha ? Est-ce pour montrer que sans ce dernier, rien ne va marcher ? Pourquoi c’est Kpatcha et non un autre fils Gnassingbé officier supérieur des FAT comme Rock ? En procédant ainsi, c’est que les chefs des Kaki ont cautionné  une cogestion des affaires de la cité entre Faure et Kpatcha. La suite,  on la connaît. Aux grandes manifestations,  ministre de la Défense et des anciens combattants qu’il était, Kpatcha recevait les mêmes honneurs que le chef de l’Etat Faure Gnassingbé. Il était  pompeusement désigné sous le vocal de « vice-président ». Et c’est également ce qui fait dire qu’il fait ombrage au pouvoir de Faure.

    La seconde raison, c’est qu’on trouve que les Gnassingbé par le biais des moyens qu’ils disposent deviennent très ambitieux. On avance que, orphelins de père, les fils du père qui auraient hérité des moyens  colossaux, se verraient capables de tout gérer. C’est d’ailleurs cette maison de famille nantie qui aurait  poussé  l’armée à faire conserver le pouvoir d’Etat dans la famille comme si on était dans une dynastie.

    L’autre raison, c’est qu’au pays des Gnassingbé on n’arrive pas à distinguer le Président de la République de frère d’une famille.  On confond tout et on n’entend pas laisser le chef de l’Etat  gérer les affaires de l’Etat selon les lois de la République.

    On évoque également le fait que Kpatcha veut tisser la nouvelle corde à partir de l’ancienne en maintenant l’ambiance entre anciens  conservateurs et réformateurs tels que l’a recommandé le Papa : « vous continuerez tout ce que nous avons entrepris ensemble quand nous ne serons plus de ce monde ».

    Plus loin, on relève que chaque Gnassingbé  étudierait les ambitions de l’autre  et se méfierait de lui prêter le flanc. On prend pour exemple les campagnes pour les dernières législatives du 14 octobre 2007 où Kpatcha a  mis beaucoup de moyens  en vue de tout rafler pour le compte du RPT. La campagne de charme du Directeur de SAZOF pour attirer la confiance de l’électorat, selon certains observateurs, semble être au-delà de ce qui a été fait lors de la présidentielle de 2005. C’est cette confusion de popularité qui semble être le nœud du divorce.  

    Quelles que soient ces raisons, il est impérieux que chacun mette de l’eau dans son vin. Car, après tout, ils sont des frères de sang, puisque entre amis, les liens  se coupent. Mais on ne peut jamais couper le lien fraternel.

    Abass Issak

    Hausse des prix de première nécessité : Baptême de feu pour le gouvernement Mally
    -          Les 3% sur salaire en question
    Dure, dure d’être Togolais en ce moment. La vie devient un parcours de combattant pour les milliers de ménages. Et pourtant, l’on avait crié que tout ira pour le mieux dès la reprise de la coopération suspendue pour « déficit démocratique ». Et bien voilà, les élections auxquelles les bailleurs de fonds ont subordonné la reprise vient d’être organisées sans heurts ni pertes en vies humaines. Ce qui a amené l’UE et les institutions financières à reprendre la coopération avec le Togo. La joie et le ouf de soulagement qu’a poussé le Togolais n’a été que de courte durée. En effet, depuis un moment, l’on assiste à une augmentation des prix des produits de première nécessité sur les marchés. Et beaucoup de ménages s’étonnent d’une telle flambée qui jusque-là laisse les autorités indifférentes. Tout comme les autorités, l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) ne lève pas son petit doigt pour attirer l’attention des premiers responsables du pays sur les inconvénients d’un tel scénario que les ménages assistent impuissants. Les nombreux regroupements de la société civile que le Togo regorge sont aujourd’*** portés disparus devant une telle situation. Alors que leurs rôles (ATC, société civile) sont entre autres la défense de l’intérêt de la masse des populations. Il suffit de faire un tour dans les marchés de la capitale pour se rendre compte de la montée exponentielle des prix de premières nécessités.

    Sur les marchés, c’est la désolation. Savons, biscuits, riz, maïs, pain, farine de blé… connaissent une hausse excessive. Le bol de maïs qui se payait à 300 FCFA, connaît une flambée qui le porte à 450 voire 500 FCFA sans parler des produits laitiers ; du riz. On sait qu’au Togo, le maïs, le riz sont des produits de base, rapidement consommés.

    Leur hausse constitue un casse tête chinois pour les ménages qui sont cloués au pilori. Qu’est-ce qui explique cette  hausse sur tous les produits ? Difficile de le savoir mais l’explication qu’on avance résiderait dans la hausse des prix du brut sur le marché international. Là, n’est pas le problème. Ce qui dépasse l’entendement humain est que la hausse en cours sur les produits de première nécessité est devenue un loisir pour les véreux commerçants. Cette hausse s’effectue à leur niveau sans tenir compte du revenu du Togolais moyen.


    Sinon, comment comprendre que par le passé un produit qui se vend à 200 F CFA (cas du savon BF par exemple) peut dans l’espace de quelques minutes flambé jusqu’à 300 F chez certains commerçants ; 275 chez d’autres soit une augmentation de 100F. Cet exemple n’est qu’un cas parmi tant d’autres.

    Actuellement, le sac de la farine de blé qui se vendait à 10 000 F a presque doublé. Selon les boulangers, il faut débourser 19 500 F CFA pour un sac. « Comment voulez-vous que une telle situation ne peut pas nous amené à réduire le grammage du pain et le vendre autrement… », explique une dame, boulangère très nerveuse quand nous lui avons tendu notre micro. La situation est devenue trop inquiétante et les consommateurs se démerdent pour pouvoir joindre les deux bouts. A Lomé, la seule chose qui ne connaît pas la hausse reste le prix de l’impulsion téléphonique ramené depuis un moment à 50F. Jusqu’à quand la situation reviendra à la normale ? Difficile de le savoir. Mais, une autorité nous a rassuré que bientôt, les choses vont prendre leur allure normale. Il faut toutefois reconnaître que dans la situation actuelle, les commerçants font deux poids deux mesures dans la hausse des prix sur les produits. Combien leur reviennent les marchandises pour que l’on assiste à une augmentation exorbitante trop sévère ? Se demande une dame avant de conclure : « c’est un désordre au sommet de l’Etat, une absence de règle… ». En attendant, les Togolais eux tirent le diable par la queue…

    Yao Linus

    Politique de l’emploi : Les inquiétudes des demandeurs d’emploi augmentent

    Ils sont plus de centaines voire des milliers qui font leur va-et-vient ces derniers temps à la Direction de la Politique Nationale de l’Emploi (DPNE). Ils, ce sont les jeunes chômeurs sans distinction de sexe à la quête d’un emploi rémunérateur. Cette course contre la montre des chômeurs nous a amené à pousser notre curiosité pour en savoir davantage. Les différents jeunes que nous avions eu la chance de rencontrer à la Direction de la Politique Nationale de l’Emploi, nous ont ouvert leur cœur. A les écouter, la plupart d’entre eux se montre confiants. « Je suis venu à la DPNE pour faire les formalités pour l’obtention de la carte de demandeur d’emploi. Je me réjouis sincèrement et j’attends que dès qu’il y aura un emploi disponible, la chance sera de mon côté », nous a confié un jeune chômeur qui a requis l’anonymat. Cette réaction a été la même pour d’autres jeunes rencontrés autour du sujet. Cependant, les avis se divergent pour la majeure partie. Ce qu’il faut qualifier d’inquiétudes voit le jour au sein de ceux qui connaissent la DPNE il y a longtemps. Pourquoi une carte de demandeur d’emploi pour les chômeurs ? La réponse à cette interrogation est trop simple. La carte de demandeur d’emploi est une initiative du ministère de l’emploi et du travail. Elle vise d’après un jeune chômeur à  recenser les ressources humaines disponibles attendant par exemple un emploi. Cette initiative fort louable va permettre certainement à mettre de l’ordre au sein des demandeurs et partant refléter le profil des candidats. Depuis sa création, on indique que le nombre de demandeur d’emploi ne fait qu’évoluer et ces derniers temps, la demande ne fait que augmenter. Et pour se procurer de la fameuse carte de demandeur d’emploi, il faut débourser une modique somme de 500 F CFA  à la DPNE et le tour est joué. Mais, attention, l’obtention de ladite carte ne prédispose pas à l’emploi. Il faut d’autres paramètres à satisfaire et le tout devient une chance. Aujourd’***, qu’on ne se trompe pas. Il y a un autre problème auquel il faut plutôt chercher solution. Et si une telle réalité de la chose n’est pas satisfaite, on pourra beau avoir la carte de demandeur d’emploi et rester toute sa vie sans travailler. Nombre de jeunes qui sortent des écoles de formation, des universités doivent s’inculquer dans leur mental. Au Togo, il y a pas mal de sociétés qui sont implantées. Du privée en passant par les entreprises et sociétés étatiques, la liste serait longue à établir. Mais, qu’est-ce qui se passe ? Force a été donnée de constater que malgré cette Kyrielle de société à travers le Togo, les jeunes éprouvent d’énormes difficultés à trouver ne serait-ce que le stage pour compléter la formation théorique reçue de l’école. Du coup, les jeunes sortent des écoles en quantité d’ailleurs sans avoir eu la chance de faire un ou trois mois de stage bien qu’ils multiplient les demandes. Cette absence de stages que refusent même les sociétés publiques et parapubliques, condition sine qua none pour se faire embaucher constitue un obstacle et pourquoi pas dévaloriser la carte de demandeur d’emploi qui devient une obligation. Lorsque dans les demandes d’emploi, il est écrit : expérience professionnelle de 02 à trois ans, à quoi servir la carte de demandeur d’emploi pour les jeunes chômeurs qui n’ont jamais fait de stage dans une société par exemple. La carte de demandeur d’emploi serait-elle un bâton magique d’embauche ?

    L’autre inquiétude qui alimente les discussions c’est que la DPNE selon nos enquêtes serait basée uniquement à Lomé. En prenant l’exemple d’un chômeur qui vit à Dapaong par exemple, il est obligé de faire un déplacement qui lui revient trop cher alors qu’il faut seulement dépenser 500 F CFA pour la carte. Là, une délocalisation de la DPNE s’impose.

    Les chômeurs créent d’emploi pour d’autres en …
    Les chômeurs créent de l’emploi pour d’autres en attendant leur tour. Ici, il est question de voir la dimension économique de la chose. La Direction de la Politique Nationale de l’Emploi utilise des ressources humaines en son sein. Le personnel de la DPNE a besoin d’une rémunération. Les frais dépensés pour l’obtention de la carte de demandeur d’emploi par les chômeurs, s’ils ne servent pas à payer le personnel de la DPNE, contribuent à une autre chose certainement. Nous ne voulons pas remettre en cause l’initiative de la DPNE mais il s’agit pour nous de retracer les tracasseries faites par les chômeurs qui sont confrontés à une double difficulté qui sont d’ordre économique et marginale. Dans ce cas, ne serait-il pas bon de mener une politique de délocalisation de la DPNE dans les 05 régions économiques du pays ? Ce qui suscite encore les débats, c’est le renouvellement de la carte de demandeur d’emploi chaque année, une manière de perpétuer le chômage car il suffit de faire un petit calcul de 1000 chômeurs qui en font la demande de cette carte, il faut imaginer ce que ça donne. Pour ces raisons, il va falloir que l’initiative de la DPNE se traduit dans les faits et qu’il y ait une réelle volonté de venir à la rescousse des jeunes togolais qui traînent le chômage comme une fatalité. Aux responsables des sociétés et entreprises d’ouvrir grandement leurs portes aux jeunes qui en font la demande de stage.
    A. Linus

     
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  • RPT : Fébrilité au sein des militants

    La Dépêche #403 du 30 janvier 2008

    “Déception, frustration et incompréhension”, c'est le sentiment général qui règne au sein du RPT après la formation du gouvernement qui a suivi  la victoire du Parti lors du scrutin législatif anticipé du 14 octobre 2007. Le malaise porte sur la composition du gouvernement. On reproche au président du Parti, chef de l'Etat, de privilégier ses amis et ses copains aux vrais militants et de préférer l'ouverture au détriment de l'intérêt du parti.

    Pour parer à la grogne grandissante, les responsables du parti ont tenté de calmer les esprits en organisant deux rencontres distinctes car des voix s'élèvent déjà pour ne  plus voter pour le RPT lors des échéances à venir. C'est ainsi que le 15 janvier 2008, les cadres du parti se sont  retrouvés  au siège du parti pour faire le bilan du scrutin passé.

    Lors de la rencontre, des voix se sont élevées pour dénoncer ce que d'autres ont appelé l'arrogance des responsables qui n'écoutent pas les préoccupations  de la base. Sous prétexte que Faure a la faveur de Louis Michel  et de la communauté internationale ont fait fi de tout.

    Ils sont nombreux, ces cadres du parti qui s'attendaient à une promotion pour récompenser les efforts qu'ils  ont déployés lors du scrutin. Au lieu de cela, leur président a préféré les repentis et les amis à la place des militants de première heure. La deuxième rencontre  d'explication s'est déroulée le 25 janvier 2008 au Palais des Congrès de Kara lors d'une réunion statuaire du Comité Central du parti. La réunion qui s'est déroulée en l'absence du chef du parti, à rassembler tous les membres du comité central et de ceux du collège des sages. Placés sous le thème"  Le RPT dans la nouvelle dynamique politique ", les travaux de la rencontre se sont déroulés à huis clos (à l'abri de la presse). Mais les signes ne trompent pas, le malaise au sein du parti était au menu des discussions.


    Possible évolution  à la " Zuma "

    Ce n'est pas encore une crise. Mais il faut avouer  qu'il règne un malaise au sein du RPT. A l’indifférence des responsables sur les problèmes du parti et de la société togolaise en général (flambée des prix sur les marchés), est venue s'ajouter la querelle entre les deux têtes d’affiche. Tout le monde s'attendait que la querelle entre Faure et Kpatcha soit réglée aussi rapidement que possible car si elle perdure, elle risque d'entamer le crédit du parti. Mais curieusement, la mésentente entre les deux frères consanguins arrange tout le monde. Sinon comment comprendre que les barons du parti, les généraux des FAT qui ont aidé le père, ne puissent  rien entreprendre pour refermer rapidement cette fâcheuse parenthèse.

    Et comme un malheur n'arrive jamais seul, on prête dans les couloirs des travaux de Kara l'intention au président du RPT de créer son propre parti. L'idée avait germé on s'en souvient. On en parle de plus en plus car derrière la  SFD se cacherait le nouveau parti en gestation. Du coup, d'autres n'hésitent pas à parler d'une solution à la sud-africaine où M'Beki et sa bande qualifiés d'intellectuels arrogants, viennent d'être balayés de la direction de l'ANC à la faveur du dernier congrès au profit de Jacob Zuma plus proche de la base.

    " Intellectuels, au revoir, " s'étaient écriés les militants de l'ANC au terme des travaux du Congrès. Si cette hypothèse se concrétisait, l'opposition radicale n'aura qu'à se frotter les mains. Car, selon les analystes de l'UFC, l'hypothèse retenue pour battre le RPT lors de la présidentielle  de 2010 passe par une éventuelle division d'envergure au sein du parti . Nous voilà. Est-ce exprès qu'on pousse Faure et son jeune frère à se détruire ? L'avenir nous le dira.

    KAO Victoire

    Gilchrist Olympio sur Nana FM méprise  Komlan Mally en l’appelant “Komlan Bamako "
    Décidément le leader de l'UFC confirme son état réel d'amnésique. Il ignore ou feint d’ignorer le nom du premier ministre de son pays qu’il désigne par “Komlan Bamako " sur la radio Nana lors d'une émission  animée par le directeur de la radio M. AFOGNO Ferdinand. L'animateur étonné, lui a  demandé : " vous venez de dire quoi ? ". Il répéta que c'est depuis Accra qu'il a appris qu'un certain " Komlan Bamako " a été nommé premier ministre. Alors, l'animateur lui réplique qu'il n'est pas décent de défigurer le nom de son Premier ministre. S'il advenait que Patrick LAWSON soit nommé premier ministre, serait-t-il content qu'un leader d'un autre parti   puisse publiquement  défigurer  son nom ? C'est en ce moment qu'il s'est rétracté pour présenter des excuses. La question que l'on se pose est de savoir si M. Gilchrist a vraiment oublié  le vrai nom du premier ministre de tous les Togolais ? Si la réponse est oui, l'on peut donner raison au ministre Bawara qui l'avait qualifié d'amnésique. Un amnésique, c'est quelqu'un qui perd de temps à autre sa mémoire. C'est justement ce que nous laisse croire Gilchrist OLYMPIO, leader d'un parti politique disposant de 27 députés à l'Assemblée nationale, qui se montre incapable de connaître le nom du Premier ministre Komlan MALLY nommé depuis plus d'un mois. De deux choses l'une. Soit M. Gilchrist Olympio n'est pas un Togolais et donc il ne maîtrise rien sur le pays, soit il est un vrai Togolais mais seulement il souffre vraiment d'amnésie. Au lieu que certains confrères trouvent que le ministre Bawara est investi au RPT du rôle d'insulter, ils feront mieux de dire à " Fo GIL " d'aller se faire soigner pour retrouver toute ses facultés mentales avant la tenue de son fameux dialogue entre l'UFC et le RPT. Sinon, le jour là, il risque d'appeler M. SOLITOKI Esso, Kokou Accra et ça sera la fin du dialogue parce l'on constatera qu'il est dans un état amnésique très avancé et donc irrécupérable. En clair, on ne peut pas dialoguer avec un malade.

    E. D.

    Présidentielle 2010 : Mme Marie Arlette Carlotti en campagne pour l'opposition radicale togolaise
    C'est clair. Mme Marie Arlette Carlotti n'a jamais digéré la défaite de l'UFC, le parti avec lequel elle a toujours sympathisé au Togo. Le rapport que cette femme a pondu à l'intention du Parlement européen montre bien  son parti pris délibéré.  Elle était venue au Togo non pas en observatrice mais bien en militante sympathisante de l'UFC dont elle a rencontré à plusieurs reprises les membres. C'est cela être observateur aux législatives …avec tous ses états d'âme.

    Ce qui intéressait Marie Arlette Carlotti au Togo, c'est la région de la Kara à tel point que si cette région n'existait pas, cette femme l'aurait certainement créée. C'est là-bas qu'elle a trouvé que le scrutin n'était pas transparent à cause des militaires qui y “terrorisent la population”.

    Les alibis pour justifier la défaite de l'UFC ne manquent pas. Notre “mammy” trouve que la défaite de son parti  n'est que le résultat  du découpage très inéquitable. N'est-ce pas la même chanson  maintes fois entendue de la bouche de Gilchrist OLYMPIO. Mme Carlotti chante ici en chœur avec lui et ce faisant, elle montre la mauvaise foi qui l'anime.

    Le découpage électoral a toujours été inéquitable quel que soit le pays à moins que Mme Carlotti ignore ce qui se passe dans les vieilles démocraties européennes. Aux Etats-Unis d'Amérique, on parle souvent de gerrymandering qui est un redécoupage sur mesure des circonscriptions électorales (il s'agit d'un certain Gerry qui s'était taillé une circonscription en forme de salamandre. Dès lors le mot gerrymandering est utilisé en Amérique pour qualifier à chaque fois tout découpage électoral inéquitable. Malgré le gerrymandering, les Etats-Unis ne sont pas moins démocratiques.

    En France,  on parle de découpage inique. Cette femme ne doit rien nous apprendre de ce qui se passe en France depuis un siècle. Le 12 mars 1978, l'opposition totalisait 49,6% des voix contre 47,4% seulement à la majorité et c'est pourtant cette dernière qui conserve l'avantage à l'Assemblée nationale. Par ailleurs, avec 3,3% des suffrages, ni les Ecologistes, ni les candidats de l'Extrême gauche - qui obtiennent ce même score - ne sont  présents au Palais-Bourbon.  Comment Mme Marie Arlette Carlotti explique-t-elle cela ? " Le système de découpage, reconnaît Alexandre Sanguinetti,  fait que nous n'avons besoin pour gagner que de 48% des suffrages et l'Union de la Gauche de 52% ". Ceci se passe bien en France.

    Dans ce pays, le suffrage n'est pas vraiment égal. " Un homme, une voix " : ce vieux principe n'est guère respecté. Les circonscriptions ont une densité démographique inégale. C'est le cas du Togo aussi et Mme Carlotti  feint de l'ignorer. En effet, le découpage électoral en France date de 1958. Opéré à raison d'un député pour 93.000 habitants, ce partage était alors équitable. Réserve faite d'une règle annexe réservant deux sièges à tout département quelle que fût sa population. Ce qui favorisait déjà quelques départements peu peuplés : Lorèze Hautes-Alpes, Paris 9è.

    Mais l'industrialisation, l'exode rural, l'essor des villes ont provoqué de très importants mouvements de la population. Or, à quelques rares exceptions près, le découpage de 1958 reste inchangé, alors qu'il se  fonde sur le recensement de 1954 vieux de vingt-sept ans. Vingt-trois ans après 1958 - nous sommes en 1980, moment de ce constat - rien ou presque rien n'a été fait pour rétablir la parité démographique des circonscriptions. Donc l'égalité des électeurs. Le résultat, ce sont  des inégalités de représentations manifestes.

    Un constat : en 1978, M. Jacques Blanc (PR) représente 25.963 inscrits dans la 2ème circonscription de la Lozère alors que  M. Pierre Juquin (PC) en représente 181.284 dans la 3è de l'Essonne. Officiellement chaque votant n'a qu'une voix. Mais concrètement, un électeur  de Marvejols vaut  environ sept électeurs de Longjumeau. Tout se passe  comme si l'un avait sept voix et l'autre, une seule pour élire l'assemblée nationale.

    Comme par hasard, les circonscriptions les plus peuplées sont généralement les secteurs qui élisent un député de Gauche. Ainsi sur les 29 circonscriptions françaises qui possèdent plus de 110.000 électeurs inscrits en 1978, 17 élisent un député de Gauche. Sur les 5 circonscriptions françaises à posséder le plus grand nombre d'électeurs inscrits, 4 envoient au Palais-Bourbon un élu de Gauche. De même, 7 des 10 circonscriptions les plus peuplées élisent un député d'opposition. A l'inverse, si l'on dresse la liste des circonscriptions métropolitaines les moins peuplées, en prenant comme critère celles qui rassemblent moins de 40.000 inscrits, l'on est également édifié. En effet, sur les 24 circonscriptions qui se trouvent en dessous de ce seuil, 21 sont les fiefs de la majorité.

    Nous avons été prolifiques sur l'exemple de la France pour montrer que Mme Marie Arlette Carlotti manque de bon sens en passant son temps à incriminer le découpage électoral de notre pays. Il ne faut pas oublier que c'est ce même découpage qui a permis au couple CAR-UTD de gagner les élections législatives de 1994. Ne dit-on pas  que l'UFC est plus populaire que ce couple CAR-UTD ? Pourquoi n’a-t-elle pas enlevé la totalité des sièges ? Il est difficile de revenir sur des illusions quand on s'est fait déjà une certaine opinion de soi. Pour la présidentielle 2010 Mme Arlette Carlotti Présidente de campagne de l’UFC.

    Gaston ROSIGNAC

    Répétition des cours payants dans les écoles : Le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et technique oppose toujours un refus
    Après le communiqué, le ministre de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, M Yves Madow Nagou a, dans une conférence de presse, réitéré son refus à la tenue de répétions de cours payants dans les établissements scolaires officiels. Ces sortes de cours, dit-il, coûtent davantage cher aux parents d'élèves et contrairement à ce que l'on pense,  ils ne profitent nullement aux élèves eux-mêmes.

    L'actualité scolaire semble quelque peu donner raison à notre ministre. Très souvent les élèves revenus de ces cours sont fatigués, et n'osent plus ouvrir le cahier ou le livre, ne serait-ce que pour jeter un coup d'œil sur les leçons à préparer. Parce qu'ils pensent avoir fait la révision avec le maître lors de la répétition, ils passent alors le reste du temps dans la soirée devant les télévisions ou dans les rues à se poursuivre même dans la nuit.

    Ceux qui ont tendance à critiquer l'initiative du ministre n'ont qu'à poser le lendemain une question à un élève sur le cours qu'il prétend avoir révisé la veille avec le maître pour se rendre compte de la réalité. L'enfant semble tomber des nues comme s'il n'avait rien entendu ou vu du cours. Au moment de ces cours, le maître a tendance à travailler à la place de l'enfant et celui-ci se contente de copier tout ce que le maître étale au tableau noir. La tendance est donc à la passivité. Les cours payants à l'école annihilent souvent le progrès de l'enfant.

    En revanche, un élève qui étudie seul à la maison avec l'aide des parents, suit activement les cours à l'école. Ici doit entrer en compte le rôle des parents. Il appartient aux parents eux-mêmes d'encadrer leurs enfants, d'échanger avec eux, leur présenter les réalités de la vie moderne, les richesses culturelles, les vertus du travail comme principale source de richesse, le respect de l'autre. Les parents doivent susciter en eux le goût d'apprendre et de progresser.

    Il ne faut pas oublier que l'enseignant seul n'a pas les moyens d'empêcher que le monde extérieur pénètre à l'école avec le niveau de développement des moyens de communication. D'ailleurs, très souvent les enfants se montrent plus informés que les professeurs. Il est temps pour l'Etat d'élaborer une réglementation cohérente et adaptée, ayant pour mission de former l'enfant et de l'empêcher d'accéder avant un certain âge à certaines informations qui risquent de perturber son éducation. Pour le moment, il faut interdire ces fameux cours de répétition payants qui sonnent comme une collecte de fonds en faveur des enseignants et empêchent le sens de l'effort que l'on pourrait attendre de l'élève. La vérité sur les cours payants c’est que nos enseignants sont trop pauvres et cherchent d’autres sources de revenus pour boucler les fins du mois comme les autres fonctionnaires de l’Etat. Il est donc du devoir de l’Etat de réduire la mendicité de ses  fonctionnaires et de ses enseignants avec cette inflation galopante.

    Jacques
    Tom  

    Mémoire de l'histoire : Ce que le général de Gaulle pensait de la décolonisation
    La décolonisation française en Afrique a connu plusieurs étapes dès la fin de la deuxième guerre mondiale. Après 1946, la constitution française ne parle plus de colonies ou d'Empire colonial, mais de la France d'outre-mer qui, avec la France métropolitaine, forme l'Union française. Le préambule de la constitution était terminé par cet alinéa : " Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s'administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires : écartant tout système de colonisation fondé sur l'arbitraire, elle garantit à tous l'égal accès aux fonctions publiques et l'exercice individuel et collectif  des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus. "

    Simple déclaration d'intention qui ne passe à l'acte que la loi cadre, qui en 1956 accorda aux anciennes colonies la gestion partielle de leurs affaires. Mais ce statut ne satisfait pas les autonomistes qui lui reprochaient d'être octroyée par le colonisateur et non négociée d'égal à égal et surtout de n'accorder qu'une indépendance restreinte.

    Lorsque le général de Gaulle arriva au pouvoir, il élabora une autre constitution qui fut approuvée par référendum du 28 septembre 1958. Il institua la communauté qui remplaça l'Union française ; elle n'y intégra pas d'office tous les pays qui faisaient partie de cette dernière. C'est en répondant oui au référendum que les colonies, sauf la Guinée, manifestaient une volonté de rester unies à la France sous cette forme nouvelle ; elles acceptaient en même temps cette restriction d'indépendance nécessaire à toute action commune. L'article 86 précise que " un Etat membre de la communauté peut devenir indépendant. Il cesse de ce fait d'appartenir à la communauté ".

    Ainsi, intégrés dans la communauté par une libre détermination des peuples, les Etats membres conservent le droit de s'en séparer. De ce droit il fut fait bientôt un usage étendu, mais sans que l'indépendance prit le sens d'une rupture. A partir de 1960 s'établissent entre la France et les gouvernements des anciennes colonies des accords bilatéraux ou multilatéraux ; ainsi à la communauté constitutionnelle de 1959 s'est rapidement substituée une communauté contractuelle.

    Tel a été le processus de la décolonisation française en Afrique noire et à Madagascar. Mais que pensait le général de Gaulle en laissant les pays africains aller à l'indépendance alors qu'il savait lui-même que ces pays n'étaient encore prêts à s'autodéterminer et surtout à s'auto administrer ? Les colonies n'étaient pas encore parvenues au stade de développement.

    Ecoutons le général de Gaulle se confesser à Alain Peyrefitte :

    " Après le conseil du 25 juillet 1962 où l'on a parlé du Mali et de la Guinée de Sékou Touré, le Général me dit : " On n'a pas laissé aux Noirs le temps de mûrir. Ce sont encore de grands enfants. Il faut leur parler comme on parle aux grands enfants : en respectant leur dignité et en se faisant respecter d'eux. C'est le seul moyen de garder leur confiance.

    " Le Général est très détendu. J'en profite pour lui raconter ce que m'avait dit le Dr Schweitzer auprès duquel en août 1959 j'avais quatre jours à Lambaréné (Gabon) dans son village de paillotes appelé " hôpital ".

    " De Gaulle se trompe. Pourquoi veut-il décoloniser si vite ? Il veut traiter les Noirs comme s'ils étaient des Blancs. Pourquoi veut-il les mettre dans las bureau ? Ce sont des chasseurs, des pêcheurs, à la rigueur des paysans, des manuels. Ils le resteront. Les masses africaines en sont encore au néolithique. De Gaulle ne se rend pas compte qu'ils ne sont pas mûrs pour la démocratie. Encore moins pour l'indépendance. Elle sera pour eux une tragédie " (NDLR :
    La Dépêche parlera un jour de ce fameux Dr Schweitzer qui traitait le Gabonais comme des esclaves. La manière de traiter les malades comme des objets ont aggravé le taux de mortalité dans son fameux hôpital).

    Le général De Gaulle : " Vous croyez que je ne le sais pas que la décolonisation est désastreuse pour l'Afrique ? Que la plupart des Africains sont loin d'être arrivés à notre Moyen Age européen ? Qu'ils vont connaître à nouveau les guerres tribales, les sorcelleries ? Que quinze ou vingt ans de tutelle de plus nous auraient permis de moderniser leur agriculture, de les doter d'infrastructures, d'éradiquer complètement la lèpre, la maladie de sommeil, etc.… C'est vrai que cette indépendance est prématurée. C'est vrai qu'ils n'ont pas encore fait l'apprentissage de la démocratie. Ce qui aurait dû s'étaler sur cinquante ans s'est déroulé en deux ou trois ans. Mais on ne pouvait pas s'y opposer. Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe de nouveaux affrontements. Et puis (il baisse la voix) vous savez, c'était pour nous une chance à saisir : nous débarrasser de ce fardeau, beaucoup trop lourd maintenant pour nos épaules, à mesure que les peuples ont de plus en plus soif d'égalité. Nous avons échappé au pire ! Le Gabon voulait opter pour le statut de département français. En pleine Afrique équatoriale ! Ils nous seraient restés attachés comme des pierres attachées au coup d'un nageur ! Nous avons eu toutes peines du monde à les dissuader de choisir leur statut. Heureusement que la plupart des Africains ont bien voulu prendre paisiblement le chemin de l'autonomie puis de l'indépendance.

    (…) Ce qui arrivera sera leur affaire. Vous verrez que leurs médecins s'agglutineront dans les villes. Vous verrez que la brousse au lieu de progresser, reculera. C'est encore une chance si, ensuite, ils ne quittent pas leur pays pour venir s'installer en France. Mais là du moins nous pouvons leur dire non. Jusqu'au jour où les masses regretteront le temps où nos médecins coloniaux allaient dans la brousse, où les missionnaires les évangélisaient, où nos troupes coloniales les protégeaient contre les guerres tribales. "

    Eh bien cette prévision de De Gaulle se réalise. Les Africains abandonnent leur pays pour aller vivre en Europe à la recherche, soit d'une vie meilleure soit simplement de la paix. Les Africains ont choisi leur voie, ajoutait le général. Ils vont la suivre cahin-caha. C'est celle que je leur ai tracée : l'indépendance dans la coopération (…) Ces pays ne demandent qu'une seule chose, c'est avoir leur propre armée indépendante. Aussitôt, elle leur crée des problèmes, des ennuis. Rien ne valait mieux que de garder la protection de l'armée française. Ils sont d'ailleurs en train de commencer à comprendre. Mais c'est moi qui ne pas la leur laisser. C'est une source d'ennuis et ça nous coûte cher. Je leur laisserai des troupes dans les endroits stratégiques que j'aurai choisis. Et je répondrai à leurs appels quand il me paraîtra bon de le faire. Sinon tant pis pour eux.

    Alain Peyrefitte (C'était de Gaulle T.1)

    Aux yeux de Charles de Gaulle le Noir est considéré comme un mineur difficile à émanciper. Encore, faut-il de temps en temps lui donner l'impression qu'il est déjà émancipé. Que dire de tout cela ?
    Jacques Tom

     
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  • Rentrée politique de l’Union des Forces de Changement Les objectifs pour sortir le pays de la crise

    AgoraPress Lomé - Par Alain Nococo & Johnny Altman

    Les Responsables de l'UFC lors de la conf. de presse

    L’union des forces de changement ( UFC ) a annoncé à Lomé sa rentrée parlementaire au cours d’un point de presse 29 janvier 2008 au siège du parti 32, rue Koudadzé à Lomnava à Lomé.  

    Au cours d’une brève introduction,  M. Jean-Pierre Fabre, secrétaire général du parti a présenté le contenu de l’agenda politique de l’UFC de l’année 2008 aux journalistes.

    Selon M. Fabre, l’histoire récente a montré que les élections présidentielles sont, dans notre pays, source de violence et de tueries. C’est en raison des différents manquements dus à leur mauvaise préparation et le manque de fiabilité des résultats tels que cela est devenu une coutume chez nous. Il faut donc déjà, dès aujourd’***, commencer à penser aux conditions de préparation des échéances de 2010 pour éviter la précipitation et la confusion de dernière minute. Pour cela, l’UFC pense qu’il faut amorcer la mise en œuvre des décisions de l’accord politique global qui prévoyait des réformes institutionnelles et constitutionnelles,  le règlement de la question de l’impunité, la définition du statut de l’opposition, la garantie d’un accès équitable aux médias d’Etat, le financement des partis politiques.

    Il a, en outre, ajouté que son parti était disposé à y apporter sa contribution. C’est ce qui justifie, a-t-il expliqué, la demande de dialogue du parti faite au RPT pour  tenter de trouver un cadre consensuel au règlement de ces questions.

    Après cette introduction sommaire, les deux principaux orateurs à savoir Jean-Pierre et Patrick Lawson, 3e vice-président  se sont prêtés aux questions des journalistes qui ont tourné autour de plusieurs points à savoir : les élections législatives du 14 octobre 2007, les réformes institutionnelles et constitutionnelles que l’UFC voudrait voir adoptées rapidement, l’Assemblée Nationale, le gouvernement, les prochaines échéances électorales et sur bien d’autres questions d’actualité nationale. Les échanges ont permis aux journalistes présents d’être éclairés sur certaines prises de position du parti.

    S’agissant des élections législatives du 14 octobre dernier, l’UFC revendique, une fois de plus  sa victoire et se félicite du rapport du parlement Européen qui est en désaccord total avec les autres rapports y compris celui de la mission d’observation européenne. Le parti de Gilchrist Olympio s’étonne du retard pris par la CENI pour rendre public son rapport malgré l’expiration du délai légal de 45 jours prescrit par la loi. L’UFC entend produire dans les prochains jours, son rapport sur les fraudes et les dysfonctionnements, les leçons à tirer des suffrages sensiblement égaux du RPT et de l’UFC malgré un découpage inique et ses recommandations.

    Pour les responsables de l’UFC, seules des réformes institutionnelles et constitutionnelles sur la base du consensus dégagé lors de la signature de l’accord politique global peuvent, permettre de corriger les manquements constatés.

    Les conférenciers se sont aussi prononcé sur le dialogue exclusif que le parti demande avec le RPT. Selon eux, il n’y a en cela aucune violation de l’accord politique global, ni la moindre volonté de la part de l’UFC d’écarter les autres partis politiques des débats sur les questions d’intérêt national. Cette démarche, ont-ils souligné, part du constat selon lequel les positions défendues par l’UFC au cours des discussions élargies ne sont pas soutenues par les autres partis, ce qui fragilise l’ensemble de l’opposition. De plus, tout n’ayant pas été réglé par l’accord politique global, il fallait trouver un autre cadre pour débattre des questions restées en suspens.

    Pour ce qui est de la demande d’un enquête sur le drame du 13 janvier 1963, les deux orateurs affirment qu’une commission vérité réconciliation comme le préconise le pouvoir ne peut pas résoudre la question. Il faut, selon eux, d’abord situer les responsabilités afin que, les coupables demandent humblement pardon au peuple. Et c’est ce qui  peut jeter les bases d’une véritable réconciliation au Togo.

    Pour en finir avec les fraudes devenues habituelles, il faut tout simplement corriger tous les manquements mis en exergue par le rapport du parlement européen ainsi que les recommandations de la mission d’observation de l’Union européenne contenues dans son rapport.

    Beaucoup d’autres sujets ont été abordés au cours de ce point de presse, notamment les tentatives de corruption de certains élus de l’UFC par le RPT, les joutes oratoires à l’hémicycle qui, rassurent les responsables de l’UFC ne conduiront pas au pugilat, les retards de versement des émoluments des députés et leurs disproportions par rapport aux montants prévus par la loi de finance qui, regrettent ils, a été votée dans la précipitation pour masquer ses insuffisances et surtout l’absence d’une cour des comptes.

    Enfin, l’UFC s’est clairement prononcée sur l’éventualité d’une coalition de l’opposition pour les élections présidentielles de 2010. Celle de 2005 ayant été une mauvaise expérience, l’UFC n’entend pas renouveler l’expérience.   

     
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  • Hommage à Benoît Yaya Malou : Un humaniste s’en est allé dans l’éternité

    Le Regard #580 du 29 janvier 2008

    Quiconque est persuadé qu’une sagesse divine gouverne le monde, rien ne lui paraît terrible et inéquitable. Ne craignez rien de tout ce qui se termine en la vie présente...Sachez que l’épreuve produit l’espérance (Romains, 5, 1-5)

    Yaya Malou a été enlevé aux vivants ! Cette perte nous afflige ! Mais Dieu, clément et juste, écoute nos plaintes et soulage nos maux.  « J’ai vu dit l’Ecclésiaste, un désordre étrange sous le soleil...J’ai vu que toutes choses arrivent également à l’homme de bien et au méchant, à celui qui sacrifie et à celui qui blasphèmera. Nous nous affligeons de voir l’iniquité triomphante, l’innocence bafouée. La confusion semble régner...Il n’y a point de Dieu. Pourquoi ce Dieu abandonne la vie humaine aux caprices de la fortune. Peut-être que ce qui semble confusion est un art caché. Et sachez que Dieu jugera le juste et l’impie, et alors ce sera le temps de toutes choses » (Ecclésiaste, 3,17).

    Cette puissance suprême qui a construit le monde n’a rien fait au hasard. Depuis les grands jusqu’aux plus petits, sa providence se répand partout. Il n’oublie point les hommes qu’il a fait à son image.

    Nous mortels, ne saurions mesurer en si peu de temps et dans l’espace, tout ce que sa miséricorde prépare aux bons et tout ce que sa justice destine aux méchants !

    Laissons agir l’Eternel suivant les lois de son éternité...Tâchons d’entrer dans son étendue...Il est vrai, Dieu ne fait encore de discernement entre les bons et les méchants ; mais c’est qu’il a choisi son jour arrêté où il le fera paraître tout entier à la face de l’univers, quand le nombre des uns et des autres sera complet. Cependant pense t-on, Dieu fait souvent du bien aux méchants, il laisse souffrir de grands maux aux justes...Mais, c’est qu’il fait exercer les bons pour les éprouver.  Yaya Malou, jusque dans ses derniers jours souffrait les incommodités et la maladie sans chagrin, sans murmure, sans impatience…

    Il n’y a que l’homme de bien qui n’a rien à craindre en ces derniers jours. La mortification lui rend la mort familière… Un tel homme, dégagé du siècle, voyant approcher la mort, ne la nomme ni cruelle ni inexorable ; au contraire, il lui tend les bras, il lui présente sans murmurer ce qui lui reste corps, et lui montre lui-même l’endroit où elle doit frapper son dernier coup.

    O mort, lui dit-il d’un visage ferme, tu ne me feras aucun mal, tu ne m’ôteras rien de ce qui m’est cher, tu me sépareras de ce corps mortel : ô mort ! Je t’en remercie ; j’ai travaillé toute ma vie à m’en détacher…

    Ah ! Que mon âme meure de la mort des justes ! Mais pour mourir de la mort des justes il faut avoir vécu de la vie des justes. Dans la maladie et dans l’épreuve, son cœur ne s’aigrit point,  ni ne s’emporta contre la vie. Papa était serein envisageant sa mort sans trouble. Car, savait-il, avec la mort un nouvel ordre des choses se présente, les ombres de la finitude se dissipent : les voies sont ouvertes à la vraie vie.

    Papa n’est pas dans le tombeau : la mort qui semble tout détruire a tout établi. Elle le ramène à Dieu, elle élève les justes à Dieu. Car, comme il est nécessaire que chaque chose soit réunie à son principe, et que c’est pour cette raison, dit l’Ecclésiaste, que le corps retourne à la terre dont il a été tiré. Ainsi, celui qui  s’attache à Dieu ne perd ni ses biens, ni son honneur, ni sa vie. C’est le sens des propos de l’Ecclésiaste : tout est vanité sous le soleil, c’est-à-dire tout ce qui est mesuré par les années, tout ce qui est emporté par la rapidité des temps et du changement ; aspirez à l’éternité : la vanité ne nous tiendra plus asservis. Voilà l’essentiel et que la mort ne peut enlever. Pour le juste, elle est un commencement ; elle nous assure éternellement la possession des biens véritables. Tant que nous sommes détenus dans cette demeure mortelle, nous vivons assujettis aux changements, et nous ne possédons aucun bien. Mais aussitôt qu’on cesse pour nous de compter les heures et de mesurer notre vie par les jours et par les années, sortis des figures qui passent et des ombres qui disparaissent, nous arrivons au règne de la vérité, où nous sommes affranchis de la loi des changements. Ainsi, notre âme n’est plus en péril, la grâce de la persévérance finale nous fixe en Dieu.

    Papa, aux prises avec la mort ne l’appréhenda point, sachant qu’elle sert à accomplir l’œuvre de la grâce. Les excessives et insupportables douleurs n’ont point troublé sa grande âme !  Il fut toujours maître de lui, satisfaisant avec sérénité et tranquillité à tous ses devoirs ! Quelle force ! Quelle tendresse ! En ces derniers moments, les paroles qu’on voyait sortir de sa bouche révélaient l’abondance d’un cœur élu et qui se sent au dessus de tous. Paroles que la mort présente et que Dieu consacre ; sincère production d’une âme, qui, tenant au ciel, ne doit plus rien à la terre.

    Yaya Malou s’est montré un digne fils du Togo. Dieu fait certains hommes grands pour servir de pères aux pauvres. Sa providence a pris soin de détourner les maux de dessus leurs têtes, afin qu’ils pensassent à ceux du prochain. Pénétré de l’esprit du christianisme, esprit de fraternité, esprit de tendresse et de compassion, qui nous fait sentir les maux de nos frères, entrer dans leurs intérêts, souffrir de tous leurs besoins. Les survivants peuvent bien faire des voeux pour obtenir un sort meilleur; Yaya Malou a acquis pour sa part une gloire immortelle et obtenu la plus honorable sépulture. C’est moins celle où il repose maintenant que le souvenir immortel sans cesse renouvelé par les discours et les commémorations. Papa, tu vivras éternellement dans la mémoire des hommes.

    Yelian

    En prélude à la visite d’un Ministre Allemand au Togo : Gilchrist s’est entretenu avec des autorités allemandes
    Le 22 janvier dernier, le Président de l’UFC Gilchrist Olympio a eu une rencontre avec les autorités allemandes, au ministère des Affaires étrangères à Berlin. Gernot ERLER, le Secrétaire d’Etat Mathias Mülmenstädt, Directeur Afrique au Ministère des Affaires Etrangères et Karl FLITTNER, Directeur Afrique de l’Ouest ont assisté à cette rencontre. Il était sans doute important pour les autorités allemandes d’écouter le chef de la deuxième force politique togolaise en prélude à la visite du Ministre allemand des Affaires Etrangères au Togo, une première depuis 1993.

    Les échanges entre le président de l’UFC et ses interlocuteurs ont porté sur la relance de  dialogue politique sur la base des résultats officiels du scrutin du 14  octobre et en tenant compte de certaines recommandations de l’Accord Politique Global notamment les réformes institutionnelles relatives aux prochaines élections présidentielles et aux pouvoirs du Premier ministre.

    Le Président de l’UFC considère que les résultats du 14 octobre 2007 font ressortir deux principales forces politiques au Togo. Pour toute réforme, il faut d’abord un dialogue bilatéral entre le RPT et l’UFC, quitte à associer ensuite, le reste de la classe politique pour parvenir à un consensus. Se refusant à nourrir la polémique sur le déroulement des élections passées, Gilchrist Olympio a fait comprendre à ses interlocuteurs, l’urgence des réformes institutionnelles et du cadre électoral. S’il appelle à un nouveau dialogue, c’est parce que le leader de l’UFC est convaincu qu’il ne pourrait pas obtenir des réformes satisfaisantes à travers cette Assemblée nationale dominée par le parti au pouvoir. Il mesure également les difficultés qui l’attendent en perspective des prochaines élections du fait que toutes les institutions sont noyautées – selon lui – par le RPT. C’est donc pour contourner tous ces obstacles que Gilchrist Olympio souhaite un dialogue en vue d’aboutir à un accord sur toutes ces réformes qui seraient ensuite formalisées par l’Assemblée nationale.


    Le Président de l’UFC n’a pas manqué d’évoquer le problème de la composition et du rôle du sénat. Il a également exprimé son souci de voir restituer les pouvoirs du Premier ministre tels que définis dans la constitution originelle du 14 octobre 1992. C’est-à-dire, un Premier ministre Chef de la majorité qui devra conduire la politique du gouvernement  en s’appuyant sur cette majorité.

    Dans la constitution actuelle dite « toilettée », le Premier ministre travaille « sous l’Autorité du Président de
    la République ». S’agissant de la question de l’impunité et  des droits de l’homme, Gilchrist Olympio a plaidé pour la mise en place d’une véritable commission pour faire la lumière sur les violations des droits de l’homme et arrêter le cycle de l’impunité au Togo. Tout en notant les problèmes soulevés par le Président de l’UFC, ses interlocuteurs estiment que toute démarche ne peut se faire que dans le cadre de l’Europe. Le Ministre Allemand des Affaires étrangères s’entretiendra avec le Président de l’UFC dans les prochains jours à Lomé.

    A.S

    Le RPT tend la perche aux adversaires de l’UFC

    Le dialogue bilatéral tel que proposé par le président de l’UFC ne recueille pas l’adhésion du parti au pouvoir. Tout naturellement, le RPT a sauté sur l’occasion offerte par la désapprobation du CAR et des partis extraparlementaires.

    « Je pense que la politique d’exclusion n’est pas de nature à aider le pays dans ce processus qui doit nous conduire vers la consolidation de la démocratie dans notre pays ».
    Cette réponse de Pascal Bodjona met le RPT en position de secouriste intéressé des partis politiques qui accusent l’UFC de vouloir les reléguer aux oubliettes. Certains observateurs estiment qu’un accord entre les deux grands partis qui dominent la vie politique contribuerait à apaiser davantage la vie politique, à dépassionner le débat et  à faciliter le consensus. Seulement, voilà.

    Depuis la rencontre infructueuse de San’ Egidio, le RPT s’était aperçu qu’il ne pourrait parvenir à un consensus avec l’UFC seule que dans la mesure où il accepte de lui céder le pouvoir.

    On a l’impression que le RPT ne prend en compte les préoccupations de l’UFC que lorsqu’elles l’arrangent. La première fois où les deux partis habitués à se mettre « d’accord sur leurs désaccords» se sont entendus, c’était pour se partager des postes de présidence des commissions de l’Assemblée. Le RPT en avait  pris 4 et octroyé 3 à l’UFC au grand dam du CAR qui s’est vu exclu du partage du «gâteau ». Si ce deal a été possible, c’était sans doute parce qu’après avoir raflé tous les postes du Bureau de l’Assemblée, le RPT a cru devoir se racheter en laissant l’UFC seule s’adjuger les trois présidences des commissions restantes. On se rappelle également comment le RPT avait accédé, contre l’avis de l’UFC, à l’érection du CAR en groupe parlementaire. Et donc, au gré de ses intérêts, le parti au pouvoir ne se prive pas de jouer l’UFC contre ses anciens alliés et vice-versa.


    Le leader de l’UFC ne manque pas de rappeler que c’est par dépit que son parti a dû adhérer à l’APG, ses alliés d’hier étant considérés comme des obstacles l’ayant empêché de faire plier le RPT sur des points importants en se montrant peu intransigeants lors des discussions à Ouaga.


    Mais si l’UFC a intérêt à affronter seule le RPT, le parti au pouvoir est convaincu qu’il tirerait plutôt profit à impliquer toutes les autres forces politiques qui ne veulent pas se laisser enterrer au cimetière de la bipolarisation politique. Le RPT, et c’est de bonne guerre, joue sur l’inimité désormais absolue entre l’UFC et ses anciens alliés. La réélection de Faure Gnassingbé étant sa préoccupation principale, à défaut de voir ces partis le soutenir lors de l’élection présidentielle, le parti au pouvoir gagnerait à voir l’UFC aux prises avec ses alliés d’hier. Il est clair que les exigences telles que posées par l’UFC n’arrangent nullement le RPT qui y voit une manœuvre visant à empêcher la réélection de Faure Gnassingbé en 2010. De plus, le parti au pouvoir redoute un dialogue bilatéral pouvant être interprété comme une consécration de la bipolarisation de la vie politique dont ses adversaires le rendent responsable.


    Abass SAÏB


    Fortes hausses de prix des denrées
    La première crise sous le PM Komlan Mally
    Les salaires dans l’Administration publique auront connu une augmentation cumulée de 13 % entre 1998 et 2008, au terme d’une promesse de revalorisation prochaine de 3 % des salaires annoncée par le nouveau gouvernement d’ouverture, ont fait remarquer de nombreux analystes locaux de la situation socio- économique et politique du Togo.

    En fait, au programme du projet de société de ce gouvernement, une reprise complète du programme de campagne en avril 2005 du chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé, les autorités togolaises entendent revaloriser de 3 % les salaires de la fonction publique, la troisième après deux autres de 5 % intervenues en 1998 et 2005.

    Cette nouvelle mesure intervient dans un contexte où les décisions d’un dialogue social tripartite, entre le gouvernement, le patronat et les syndicats des travailleurs, n’ont pas encore connu un réel début d’application.

    Ces conclusions concourent à une amélioration conséquente des conditions de vie des travailleurs, entre autres, par une revalorisation de la grille salariale devenue dépassée par le niveau de vie au Togo.

    Le principe de revalorisation annoncée par le gouvernement est globalement bien accueilli par les fonctionnaires et les centrales syndicales. Cependant, ils indiquent « insignifiant » le taux de 3% par rapport à l’urgence qu’impose le coût de vie qui ne cesse de grimper face aux prix des denrées qui flambent démesurément chaque jour.

    Au fait, des augmentations de prix, répétées tous azimuts depuis 1990, ont rendu le niveau de vie très élevé par rapport aux salaires qui n’ont jamais été suffisamment améliorés avec une grille salariale jamais révisée depuis près de 40 ans, ont souligné les analystes. En exemple, le prix de la bouteille de 66 cl de bière brassée sur place est passé de 140 Fcfa en 1990 à 250 Fcfa pendant la crise de 1992, et 350 Fcfa après la dévaluation de 1994 pour finalement coûter aujourd’*** 500 Fcfa sur le marché.

    La baguette de pain coûtant 40 Fcfa entre 1988 et 1990 est vendue actuellement sur le marché à 100 Fcfa en décembre 2007 et 125 Fcfa en janvier 2008, mais avec un poids considérablement réduit. Pendant ce temps, le prix de la boîte de 900g de lait entier en poudre est passé de 1500 Fcfa en 1990 à 4000 Fcfa aujourd’***.

    Dans le domaine du transport, les prix ont connu des augmentations considérables, conséquence de l’augmentation du prix du pétrole et des produits pétroliers sur le marché international. Le prix du transport en commun entre deux quartiers populeux de la capitale togolaise, Bè et Kodjoviakopé distants de près de 5 km, est passé de 50 Fcfa entre 1988 et 1990 à 75 Fcfa en 1992 et à 200 Fcfa aujourd’***.

    Manifestement, les prix des denrées de premières nécessité ont toujours flambé à chaque tournant politique relativement lié à des échéances électorales dans la crise togolaise, lorsque le climat politique laisse entrevoir à l’horizon de moindres situations de conflagrations sociales.

    Déjà en 1992, à la faveur de la grève générale illimitée, une grève politique de près de 9 mois, les prix ont augmenté de façon anarchique, à cause d’une pénurie artificielle induite par la spéculation en raison de la crainte de troubles sociopolitiques sans précédent, se sont souvenus les observateurs locaux. Les cautions pour les loyers, autrefois exigées pour trois ou six mois, sont subitement exigées pour un ou deux ans, alors que la bourse du Togolais ne lui permet pas d’honorer cet engagement.

    C’est ainsi qu’en 2005, avec l’élection présidentielle et les violences qui l’ont caractérisée, le phénomène s’est répété avec une flambée des prix qui avaient presque doublé en l’espace de trois mois, février et avril, au regard du présage d’une guerre civile en ce temps. Et les taxes douanières souvent élevées et nombreuses y sont pour quelque chose.

    Mais, les premières augmentations inattendues des prix des denrées étaient intervenues en 1994, à l’issue de la dévaluation du francs CFA, avec des prix qui avaient presque doublé le lendemain de cette décision, sans que les fonctionnaires n’aient bénéficié d’aucune mesure d’accompagnement.

    Malgré de différentes concertations entre des associations et les opérateurs économiques, les vendeurs et les autorités togolaises, en matière de contrôle des prix, les résultats se font attendre et le consommateur continue de crier impuissant devant les prix qui ne cessent de flamber.

    Cette situation constitue, à n’en point douter, la première épreuve du Premier ministre Mally condamné par la Constitution à être le réceptacle de la grogne populaire. S’il donne l’air de ne pas s’en inquiéter, on attend de voir comment il s’y prendra lorsque les populations qui en auront marre de la cherté de la vie descendront dans la rue.


    L. R

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  • Achats de conscience à l’assemblée nationale : Le RPT à la trousse de certains députés UFC

    Golfe Infoe #350 du 28 janvier 2008
    Ce que d’aucuns prédisaient au lendemain de la proclamation des résultats des élections législatives du 14 octobre 2007, risque d’arriver dans les prochains jours. Il s’agit de l’achat par la majorité de certains députés du camp adverse, notamment ceux de l’UFC.


    Selon certaines informations, la majorité parlementaire surprise par les attaques et les tentatives de ‘‘déstabilisation’’ de l’Union des Forces de Changement (UFC), serait en train de lui préparer actuellement la réplique. Et ceci, à prix d’or. Elle aurait proposé à un groupe de  députés de la « minorité non écrasée » des millions (environ 6 chacun), des villas et des moyens de déplacement (véhicules 4X4) contre leur ralliement à la « majorité écrasante ».

    D’après les sources, après avoir été approché par un émissaire du camp adverse, un ancien ministre de la Communication, ce groupe de députés du « Détia », composé pour l’essentiel d’élus de l’intérieur du pays, est allé soumettre un lot de « doléances » aux responsables de leur parti. Ils auraient réclamé des villas et des voitures comme le ca